Un obus dans le coeur

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Ténèbres et lumières dans un cœur d’enfant : conjurer la peur
Il est arraché au sommeil par un coup de téléphone : sa mère est en passe de mourir : elle ne me fera plus chier ! celle, adorée, détestée, dont la maladie l’obsède, qui a investi ses nuits. Il dérape dans les rues glacées sous la neige. Il souffre, il rage. Il est jeune. Violent. Ambivalent. A la télé, quand on perd sa mère, on est triste – L’étranger de Camus au coin de la rue… Sa mère adorée, détestée qui a changé un jour de visage après sa fugue, il avait 14 ans. Il est fragile. Il tombe des lames de rasoir. C’est le froid. Le grand froid de l’hiver qui nous décharne le visage, les doigts, les pieds. L’âme tremble, mais c’est pour autre chose. Il prend un bus pour l’hôpital. Et c’est un autre bus qui déboule de sa mémoire. Il a sept ans. Un bus immobilisé aspergé d’essence, les voyageurs brûlés vifs, la vision hallucinée d’une femme vêtue de noir, aux bras de bois qui saisit à la gorge un garçon avec qui s’était nouée un dialogue éphémère. Puis plus rien qu’une carcasse rougeoyante.
Il faut y aller maintenant. L’hôpital, la chambre où une tante obèse psalmodie à la mourante des grotesques «  Tu es belle ma chérie, on est avec toi !  » La salle d’attente – une salle pour attendre la mort de sa mère ! – aux pathétiques décorations de Noël. Retour dans la chambre. Le râle de sa mère, son ventre qui se soulève et s’abaisse, ce ventre dont il est sorti. Communion soudaine avec l’agonie. Sa mère qui autrefois parlait de ce pays lointain, pays des ancêtres, des cèdres et de l’eau, des montagnes et du soleil, pays perdu, pays vaincu (…). Et l’enfant, écoutant, imaginant une grande promenade ensoleillée au bord de la mer, les passants pantalons aux bords roulés jusqu’en haut des genoux, marchaient en tenant leurs souliers dans leurs mains. Images du bonheur tandis que sa mère meurt.

Tous les thèmes de l’auteur sont là : les liens du sang, la quête existentielle, le rêve, la guerre. Et pour les porter le généreux talent de Guillaume Séverac-Schmitz, artiste accompagné par Les Théâtres depuis 2015, acteur, musicien, metteur en scène et compagnon de route de Wajdi Mouawad. Né au Liban, exilé en France puis au Québec, Wajdi Mouawad a connu le succès avec sa trilogie Littoral, Incendies, Forêts ; sa collaboration avec le chanteur Bertrand Cantat fit couler beaucoup d’encre,  il dirige depuis 2016 le Théâtre national de La Colline à Paris.
On ne vous dit pas la fin d’ Un obus dans le cœur, comment des loups entrent dans la chambre et dévorent la peur de l’enfant, comment sa mère retrouve son vrai visage. N’hésitez pas ! Prenez place…
Un obus dans le coeur. Du 14 au 16 décembre, à 20h30
Théâtre des Bernardines, 17 boulevard Garibaldi, 13001 Marseille
Réservations  08 2013 2013
www.lestheatres.net

 

 

 

 

 

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