Carmen derrière les tours…

Photo DC

 Sortant peut-être d’une tour tout proche, Carmen surgit au coin de la rue …
et avec elle le bon temps où on allumait sa clope.
Dans l’air, nous suivons des yeux

la fumée, la fumée,
qui vers les cieux
monte, monte parfumée.
Cela monte gentiment
à la tête, à la tête,
tout doucement cela vous met
l’âme en fête!
L’air des cigarières

Une belle interview à propos de mon livre
Albert Cohen-Marcel Pagnol : une amitié solaire
par Schlomo Malka sur Radio J
Tapez sur un moteur de recherche :  RadioJ  Pont Neuf
et voilà !

Voix de femmes : hommage

Gisèle Halimi. (…) au-delà du Droit et des lois, son profond combat est celui des dominés contre la domination intégrée en eux-mêmes. Toute la beauté de sa vie vient de cette insoumission. Belle, rebelle, battante, son combat pour l’émancipation des femmes continuera de retentir magnifiquement dans toute notre humanité. Daniel Mermet. Et sa voix que j’écoute sur France Culture dans A voix nue ( 5 épisodes en podcast) retentit  certes comme une voix de combat mais aussi d’harmonie, d’équilibre, d’intelligence.
Sur une autre tonalité, Zizi Jeanmaire, disparue peu de temps avant avant ,est à son tour, pour moi,  plus encore  que des jambes de rêve, une voix de femme gouailleuse, sensible, vibrante.
Photo DC La Défense juillet 2020

Vous n’êtes pas un robot !
Bien sûr que si ! je suis un robot, manipulé, trimballé sur des sites qui évoluent sans cesse, plus performants et plus sécurisés qu’ils disent, avec des « espaces personnels »  confinés, des mots de passe à renouveler, des cookies à déguster sans conditions. Vas-y, fais ce qu’on te dit. Ou renonce au numérique. Une expérience particulièrement kakkaïenne quand on déménage.

En belle compagnie …

Ils sont souvent géniaux, parfois un peu nigauds  – mais cela ajoute à leur charme – et toujours irrésistibles. Vous pouvez me croire : j’ai vécu plus de deux ans avec ces hommes-là. Découvrez-les ou redécouvrez-les à l’ombre d’un pin, d’un parasol ou d’un pin-parasol… Bonne lecture solaire
Albert Cohen – Marcel Pagnol : une amitié solaire.
Dane Cuypers (éd de Fallois)
En PJ la chronique de Bernard Pivot dans le JDD et l’article de La Provence
Ecouter Cohen récitant dans le mythique Apostrophes un poème de son copain lycéen Pagnol (cliquer sur Ecouter)

Cie méditerranéenne de films
Dessin de Naïla Djaballah

cliquer ici Pivot

La Provence – copie

Allégresse …

Marseille, Quai des Belges vers 1900 (collection bibliothèque de l’Alcazar)

 

Que mon livre sorte ces jours-ci frémissants  d’espoirs solaires n’est pas pour me déplaire… Alleluia !  il est né ce bébé de papier qui connut bien des aléas. Il s’appelle Albert Cohen-Marcel Pagnol : une amitié solaire (éditions de Fallois). Oui solaire… En arrivant à Marseille  je connaissais très bien le premier, assez peu le second. Cette amitié née en 1906 au Grand Lycée (devenu lycée Thiers) dont je ne savais pas grand chose, m’intriguait.  Deux personnalités, deux écritures si différentes. Albert Cohen le solitaire, l’écorché, Marcel Pagnol le rayonnant, le meneur d’hommes. Cohen, les mots de la démesure, les folies de Belle du Seigneur, l’épopée des juifs ; Pagnol le classique, le populaire, les collines de la belle Manon, la vie des vrais gens. En savoir plus, partir en quête de cette rencontre m’apparut aussi  comme une façon d’entrer dans Marseille, la faire un tout petit peu mienne.
Et voilà c’était parti pour des mois.  Très vite je compris que ce serait passionnant mais  pas facile du tout. Très vite aussi je vis ma chance, celle de vivre  avec deux hommes hors du commun.  Bernard Pivot, qui me fait l’immense plaisir de me consacrer sa chronique dans le JDD  du dimanche 5 juillet dit – et il a raison – que je fais le récit de  cette amitié avec allégresse.
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Or donc, voici, couchée sur le papier,  l’amitié peu connue de deux hommes, nés la même année en 1895, dans la lumière, celle de Corfou pour Cohen, celle de la Provence pour Pagnol, deux Méditerranéens qui adulent l’un et l’autre leur mère et qui aiment férocement la vie, entre autres les femmes … Oui, on peut le dire une amitié solaire qui grandit sur les bancs du lycée et dans leur quartier La Plaine. Devenus adultes, ils se voient peu (Cohen s’installe à Genève, Pagnol vadrouille entre Paris et le midi), mais s’écrivent beaucoup, s’épaulent, s’encouragent, tendres, moqueurs aussi, jusqu’à la fin de leur vie. Une amitié sous le signe de l’enfance. Sans envie, sans rancœur, sans stratégie.

En entrant dans le livre, qui est une sorte de double biographie, de portraits croisés, j’espère que le lecteur aura envie soit de découvrir tout ce qu’il n’a pas encore lu, selon le cas, de Pagnol ou de Cohen, soit de plonger, alléché par les citations, dans le monde de l’auteur qu’il ne connaît pas ou peu. Autre enjeu, « sortir Pagnol de la pagnolade », du régionalisme où il est souvent cantonné (alors qu’il est traduit en 35 langues ! et que ce qu’il raconte est universel ) au prisme de son amitié avec Cohen, l’auteur reconnu par l’intelligentsia parisienne (mais qui a dû attendre d’avoir plus de 70 ans pour rencontrer un vrai succès). Et parallèlement sortir Cohen de son aura tragique. Certaines scènes qui se passent par exemple à Marseille (car oui il y en a même si tout le monde les zappe de son souvenir !) sont drôlissimes. Et le parler marseillais de Cohen vaut celui de l’auteur de Marius.

Enfin le livre tente de ressusciter par petites touches l’âge d’or de la ville : les luxueux hôtels, les cafés baroques sur la Canebière où se croisent carrioles, charrettes, fiacres, premières automobiles, sans oublier surtout le tram : on circule sur 93 lignes et 175 kilomètres de voies… Avec, M’sieurs-dames, un tarif unique à 2 sous… Franck Fernandel écrit : «  Qui n’a pas connu Marseille en 1907 n’a rien connu ! Qu’elle était belle ma ville, quand ce siècle avait sept ans et que les grincements des essieux, les tintements des grelots, les hennissements des chevaux et les engueulades en provençal faisaient une sorte de chœur antique au soleil. C’était le temps où Marseille marseillait. »
Et si ce temps, à sa façon,  refleurissait …

Albert Cohen-Marcel Pagnol : une amitié solaire. Editions de Fallois

Dédicace  (et conversations !) le samedi 18 juillet 2020 de 15h à 18h à la boutique Créations du Sud à Aubagne, en face de la Maison natale de Marcel Pagnol.

 

 

 

 

« Déconfinade »

De la créativité et de l’humour dans le déconfinement beaucoup de Français n’en manquent pas. Ainsi cette petite info sur une fenêtre indiquant au passant qui passe qu’ici on peut acheter des masques aux normes  et l’invitant à  entrer ou bien à se rendre  sur masquesoucrève.com. Ainsi dans une vitrine ces très joiis masques qu’on achèterait presque pour la déco. Cela ne console pas pour autant de ceux qui les balancent par terre : sur France Culture une chroniqueuse  s’étonne que les gens s’en offusquent sur les réseaux sociaux et les  » dénoncent » dit-elle. Ils ne « dénoncent  » pas, ils s’énervent, ils sont en colère. Et il y a de quoi.
Essayez d’écouter en podcast la chronique de Médéric Gasquet-Cyrus  (France Bleu Provence) sur la  » déconfinade ». Quel talent !

Je passe  bd Baille devant une queue d’une vingtaine de personnes  attendant pour acheter des fleurs à leur maman.  Cela me fait peine ! Une telle corvée, un peu à risques en plus, pour la Fête des mères. Merci Pétain. Mais achetez lui un joli masque à votre Môman ou une bouteille de prosecco. Ou du tilleul séché pour ses infusions. Ce tilleul hier  au parc Borély : pure merveille.

C’est bien, ça !

Peut-être avez-vous reconnu dans ce C’est bien, ça une réplique d’une pièce de Nathalie Sarraute, une réplique élogieuse oui sans doute, mais empreinte d’une ironie assez cruelle. Voilà c’est ce qu’on peut dire aux pouvoirs publics qui ont attendu le covid 19 pour prendre la décision d’agrandir les terrasses de café (la queue à La Gitane dans le 19ème parisien pour  avoir une table : inoubliable ) et de multiplier les pistes cyclables.

A Marseille  c’est bien, ça de vouloir donner une place à la bicyclette en ouvrant 9 kms de piste entre Castellane et Le Prado.  Evidemment, à Lyon,  77 nouvelles pistes pour compléter les 1000 km existants, c’est mieux mais ne soyons pas négatifs. Ah mais si on va l’être, car sitôt faite la piste, sitôt défaite. De bonnes raisons, un mauvais choix . Oui sans doute. Mais qu’est-ce qu’ils ont dans le ciboulot nos décideurs …
Donner une place aux bancs, en voilà une autre idée qu’elle  est bonne non ?  Pas de banc à Marseille. Mais pas du tout ! A Paris, moyen, à New York, pas mal, à Tbilissi un rêve  : y en a partout  des bancs dans la capitale de la Géorgie et les gens sont contents de faire une pause sans  dépenser deux euros pour un café dont ils n’ont pas obligatoirement envie. Parfois à Paris je m’asseyais et demandais une tasse de soleil, expliquant au garçon que je lui payais le café mais que je n’en voulais pas ou que je ne boirais pas. Ah soudain je me souviens des bancs supprimés dans le métro pour que les clochards n’y dorment pas. C’était d’une cruauté. Alors que cette occupation – c’est vrai très très dérangeante pour ne pas dire insupportable – aurait du déclencher une prise en charge de ces sans abri, une prise de conscience de cet énorme problème.
Les abribus avec banc c’est bien ça aussi.  Très peu vous l’aurez noté à Marseille. On s’asseoit sur une marche parfois en attendant le 54 à Baille-Castellane dans la circulation infernale du boulevard.

Bon bref, réouverture des terrasses à Marseille rue Lodi comme ailleurs. Je vois une petite famille qui dévore des yeux ses hamburgers, frites, coca qui viennent d’être déposés sur leur table et franchement pour une fois moi aussi j’en ai TRES envie. Mais le serveur n’a pas de masque. Alors c’est non.

Tout est bien ce matin cours Julien à Marseille

Retrouver de vieilles connaissances : les arbres !

Première ouverture du parc des Buttes Chaumont hier samedi matin 30 mai.
On s’est rués avec Colin (7 ans), pas trop de monde.
Mais alors, les arbres ! L’impression de retrouver de vieilles connaissances. L’émotion : les arbres avaient grandi.
L’absence d’élagage leur a rendu épaisseur et verdure.
Les pelouses se sont transformées en matelas d’herbes hautes.
Cinquante bons centimètres.
Les gosses enchaînent les roulades et les fous rires.
Colin a croisé Emile, un voisin : ils ont plongé en haut de la pente.
On les distinguait même plus dans la mer verte.
Quelques mouvements à la surface, c’est tout.
Colin, singulièrement, les voyait petits, les arbres,
tout occupé à reprendre contact avec les canards du bassin.
Le plumage des cols verts renvoyait les rayons du soleil.
Colin les a salués, c’était sa priorité.
Il voulait entrer dans l’eau et marcher vers eux (il sait pas encore nager).
Sophie est arrivée pile pour intercepter la tentative.
L’après-midi  on a pique niqué dans le parc.
Bruno.

Les Buttes Chaumont, Paris,  2016

Ce parc c’était le mien avant que je n’habite Marseille. Je n’ai donc pas résisté en recevant ce mail.
Et vous les Marseillais c’était comment les retrouvailles avec le ciel ?
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Parc du 26ème Centenaire, Marseille, 2020

Oh non pas Bedos

Il y en a , il n’est pas question qu’ils meurent. Je veux dire on refuse, on n’envisage même pas l’idée de leur mort. Desproges, Cavanna, Bedos …
« On l’appelait l’oriental car il était sentimental et tellement drôle. Avec ce chantre de l’irrévérence sous Giscard, un temps interdit d’antenne, notre pays tire sa révérence au rire carnassier et explosif. Bedos mettait le souk au sein même des familles françaises. Il y avait les « Pour » et les « Contre ». L’adjectif « clivant » fut inventé pour lui, à une époque où les corps constitués pratiquaient l’omerta et le calva clôturait les repas. »
Voilà c’est le début du papier de Thomas Morales sur Causeur.fr. Lisez-le. Je ne ferai pas mieux … La lettre de Causeur https://mail.yahoo.com/d/folders/1/messages/AB3cC1wTdHfOXtDRgwk3YK5ZQwI
Sur la même page de Causeur,  un autre bel éloge du même Thomas  Morales sur la disparition de Jean-Loup Dabadie, la plume de Julien Clerc, le scénariste et dialoguiste des Choses de la vie – avec notre grand, merveilleux Piccoli lui aussi parti.
Dabadie, le couturier des mots. Extrait. « Dabadie travaillait dans l’organdi, les interstices, les nuances, jamais dans l’outrance. Cette audace mesurée qui donne une si belle patine à ses dialogues ou à ses sketchs était une marque de respect, une forme de politesse. Un gage aussi de qualité et de longévité. »

 

 

Ouverture et argent faciles…

Des mois que ça dure le stress avec le produit Sanofi. Je vous en ai déjà entretenu le 25 septembre  2019. Rien à voir avec le corona, mais à voir avec la santé. La mienne mais sûrement pas que la mienne. Et l’argent de la sécu. Je résume :  je prends en aérosol pour mes poumons défaillants un antibiotique nommé collimicyne.  Je dois mélanger de la poudre d’antibio contenue dans un petit flacon à une mini dose de dissolvant. Et alors ? Alors y a un souci. Un gros souci qui m’irrite (euphémisme – si j’avais devant moi le gars  qui a conçu l’objet  il passerait un sale quart d’heure) depuis des mois.
D’abord la capsule en caoutchouc est rouge et l’indication pour la  soulever et ensuite tourner  vers la gauche la tirette en aluminium est également inscrite en rouge. Ben oui coco ça fait classe. Toi t’es là avec ton petit flacon Sanofi assorti à ton vernis, c’est super. Faudrait pas dénaturer cette esthétique avec une inscription d’une autre couleur LISIBLE. Franchement  ce serait trop ballot coco. Une fois que vous avez compris qu’il fallait soulever et tourner à gauche, vous zappez l’étape  » lecture rouge sur rouge » et vous attaquez  direct le tournage de la tirette que vous avez entre les doigts. Avec une concentration au zénith car vous savez pour l’avoir expérimenté des dizaines de fois que celui-ci peut se rompre illico et le flacon resté fermé. Ah mais c’est toi  ! qui n’est pas douée, tu n’as jamais été une manuelle.  C’est vrai mais infirmière ou pharmacienne que j’ai vu expérimenter l’affaire  rencontrent la même difficulté. Solution : le tournevis . 2ème gros souci : s’il dérape, vous vous blessez la main. Solution : protéger sa main avec un gant de jardinage . Je l’ai fait, longtemps,  et puis un jour j’en ai eu marre. Si la tirette pète, je jette. Les flacons inutilisés et  inutilisables remplissent un sac poubelle . Il vaut mieux ne pas savoir le prix de ce médicament. Très élevé. On peut remercier les concepteurs qui n’ont pas eu l’outrecuidance  de marquer « Ouverture facile » ….

J’ai fini ce texte hier soir et ce matin jeudi 14 mai j’entends que la recherche de Sanofi sur un vaccin covid-19 est financée par les Etats Unis . Et le directeur général Paul Hudson d’annoncer  sans barguigner que si ce vaccin est trouvé (prévisions pour 2021),  les Américains seront servis en priorité  puisque leur pays partage le risque des recherches. Il y a peut-être des risques, il y a surtout beaucoup de blé à venir. Quant on sait que Sanofi bénéficie en France d’un crédit d’impôt  recherche de 150 millions d’euros, on reste abasourdi. Devant le tollé,  le DG a vaguement nuancé ses propos affirmant que bien sûr les Français auront accès au vaccin. Un commentateur radio soulignait que  ce nationalisme vaccinal – Etats Unis et Chine – tend à remodeler le secteur de la recherche médicale avec le soutien des grands groupes pharmaceutiques. Miser sur la recherche publique plutôt que sur la recherche privée devient un impératif éthique. 

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Signer la pétition pour demander la gratuité pour toutes et tous du vaccin contre le coronavirus ! https://actions.oxfam.org/france/Vaccin-Coronavirus/Petition/

Sortie rue Lodi à Marseille : Drôle d’atmosphère …

Bustes de Gaëlle Germain
Un Petit Prince japonais bien confiné (La Librairie italienne)
Soleil légèrement déglingué d’un très jeune artiste …
Masques : bientôt les soldes. Photos Dane C.

Prière de ne pas développer …

photo Dane Cuypers

Dites-nous de quoi vous avez besoin, on vous dira comment s’en passer… Je ne sais pas de qui c’est mais c’est drôle. Allons,  pas de mauvais esprit : les masques sont là. On passe pour l’instant l’éponge en ces temps de nettoyage frénétique. Lavez-vous comme moi vos fruits, et vos légumes, kiwis avocats, à l’eau et au savon ….

Je vais aller vite car je n’ai pas le temps ! Oui, dans Le grand confinement – chrononyme qui restera peut-être pour qualifier cette période que nous venons de vivre – je fus très occupée. Je décide de ne pas expliquer pourquoi. Ou « Prière de ne pas développer «  comme, je vous le rappelle, disait Albert Cohen à un interlocuteur quand il n’en pouvait plus d’une conversation sans intérêt à ses yeux où il s’ennuyait à périr.
Bref donc. Mes  pépites de ces dernières semaines.

. Edgar Morin. Cette crise devrait ouvrir nos esprits depuis longtemps confinés sur l’immédiat. Morin corona. Le Monde,  19 – 20 avril 2020- une interview menée par Nicolas Truong. Notre philosophe préféré n’a pas de réponses à la crise mais il pose les bonnes questions avec son acuité coutumière.

. Charlotte Delbo. Découvrez sa correspondance avec Louis Jouvet dont elle fut la secrétaire mais bien au-delà. : elle suivait et transcrivait en sténo ses cours. Elle était son amie. C’est lui et Alceste et plus largement les textes de théâtre – elle en connaissait beaucoup par cœur – qui l’aideront à survivre dans les camps ( sur France culture 1er mai 2020 – rediffusion).
Lisez surtout Aucun de nous ne reviendra. Bouleversant et superbe. ( J’ai écrit un grand papier sur ce blog « Le théâtre « avec la peau du ventre » le 11 juillet 2013. Il suffit de taper Charlotte Delbo dans RECHERCHE – colonne de droite pour y accéder.)

. Paul Preciado. Il est reçu par Adèle van Reeth dans  Les chemins de la philosophie. J’écoute deux fois ses propos car c’est passionnant mais complexe. Il explique dans le sillage de Foucault (Je vais lire sans tarder Surveiller et punir) ce que sont les  » techniques disciplinaires » qui régulent, gouvernent  les corps.  En temps  normal et dans l’ensemble nous intégrons   cette discipline, l’art de gouverner les corps libres (on ne parle pas ici des prisons, des lieux de rétention, d’exclusion)  – sans nous en rendre compte. Depuis la crise du covid-19, les techniques de « dressage » ont changé. Confinés dans nos maisons, nous y sommes aussi surveillés. « Nos maisons ne sont plus des espaces clos, nous sommes sous surveillance bio- numérique. » ( cf le télétravail) . Quel est l’objectif : garder la force de travail et la force de reproduction. Le philosophe pense que nous vivons une mutation planétaire comparable à ce que fut l’imprimerie, le passage d’une société orale à une société écrite,  où il fallut apprendre à rester seul,  assis, et à lire  (France Culture, 30 avril 2020. Des articles sur Mediapart : Les leçons du virus. Et Biosurveillance : sortir de la prison molle de nos intérieurs.)

. Eva Illouz : Depuis les ténèbres qu’avons-nous appris ? (La sociologue franco-israélienne dresse un premier bilan en 7 leçons. Pour rester dans la mouvance de Paul Preciado, voici la leçon 1
« Nous vivons à l’ombre d’un Etat puissant« . Extrait : ( Des) milliards de personnes ont de plein gré abandonné les aspects les plus fondamentaux de leur liberté, alors que nous manquons encore, dans les faits, d’informations-clés (par exemple, combien d’individus sont réellement contaminés et donc quel est le pourcentage réel des décès). Elles ont été confinées à leur domicile (à supposer qu’elles en aient eu un), confirmant l’assertion de Thomas Hobbes selon laquelle la peur de la mort est la passion politique la plus puissante, et que nous serons toujours prêts à sacrifier notre liberté pour notre sécurité. Ce que le confinement de ces milliards de personnes a démontré, c’est l’extraordinaire pouvoir de l’État dans le monde entier et, partout, l’extraordinaire capacité d’obéissance des citoyens à ce dernier. (nouvelobs.com 11 mai 2020)
Bien sûr nous n’avons pas le choix et nous avons raison de porter des masques et de nous laver les mains, mais y penser avec un pas de côté est salutaire, comme une brise qui nous fait soudain prendre l’air.

Mauvais esprit !
. « Communiquer avec les Etres de la nature en forêt de Brocéliande » ça vous tente ? Moi ça me donne une idée de l’enfer ce stage qu’on me propose entre des dizaines d’autres tout aussi mièvres … Mais marcher en forêt attentif aux arbres oui.

. Autour de 500 euros pour s’acheter un vélo, ça se passe à à Naples. Et à Paris aussi. Et ailleurs sans doute. Oh mais quelle bonne idée ! Marseille, Marseille, il est temps de t‘y mettre. Il est temps de retirer aux voitures et aux deux roues motorisées leur scandaleuse prédominance dans cette ville, jointe à une arrogance hors du commun . Créer de vraies pistes cyclables pour commencer. Et le petit coup de pouce pour l’achat. Allez !

. Après ce mauvais esprit, de l’esprit tout court. Je  raconte à un ami journaliste et plein d’esprit que je me fais livrer mes courses n’osant pas entrer dans un magasin avec toujours mes poumons pathétiques Je m’y suis prise tard et je suis dans un terrible manque de fromage ! Il lme répond :
Bon, on va pas en faire un fromage comme je le disais à Brie (une amie commune Brigitte dite Bri). Mais tu dois rester solide, un roc fort ! Ne pas imiter ce pauvre Embert qui se came… Le philosophe Edgar Morin est indestructible, il en rend chèvres de nombreux contradicteurs, contempteurs de la raison ! Il faut Comté sur lui encore longtemps, j’espère. Il permet de conserver bon esprit Ementhal au meilleur niveau. Sinon, prends conseil auprès de l’ami Molette qui a la clef du déconfinement (le petit fils de Mamie Rolles). Voilà, j’ai rien trouvé avec St Nectaire, Maroilles, Crottin de Chavignol et multitude autres appellations..
Toutefois, je te dirai les mots bleus… de Bresse
Patrick d,  en improvisation permanente obligée car confiné comme dans un petit pot de cancoillotte à l »ail...