Pathétique…

Cette crise de fou-rires avec deux amies, un jour lointain, pour parler d’une qui en connaissait une qui avait trouvé ou fabriqué ? des  serviettes hygiéniques réutilisables,  ce fou-rire n a plus  lieu d’être, c’est à pleurer . Voilà :  je lis à l’instant un message d’un site dansmaculotte.com (on appréciera l’ineffable bon goût du nom) où me sont proposées des serviettes hygiéniques, flux normal ou abondant, en différentes couleurs ou dans un seyant motif colibri. En  rayon numérique aussi des culottes motif toundra, en coton bio bien sûr. Non mais les gars ( seraient-ce des filles qui ont lancé ça ? oh non please !) , vous croyez qu’on est sorti de cette époque où nos malheureuses arrières grands mères ou grand-mères frottaient, en plus des couches des nourrissons, leurs protections mensuelles, pour retomber là-dedans. On rêve ! C’est écoretro, éconul  ecodélire. Mais  je m’énerve, je m’énerve !  tout va bien : le lavage en machine est autorisé, après débarassage du plus gros à la main dans le lavabo, of course.

 

Mes re-pères

J’ai loupé les défilés de mode numériques  été 2021 et j’en suis fort marrie car j’aime la beauté insolente, provocante de la mode couture. Mais je n’ai pas été épargnée par la laideur de nos rues avec les grilles fermées et taggées et les passants masqués. Personne ne parle jamais à ma connaissance de la beauté des rues. Perdue.
Quelques très jeunes femmes s’en sortent avec des masques tissu (qu’il ne faut plus mettre si j’ai bien compris), des yeux immenses, une démarche souple qu’un manteau léger, mouvant, laisse deviner  (comment font-elles avec le froid ?) . Mais les autres, nous autres, avec lunettes, barbes, écharpes, grosses doudounes et vieux cabas, quelle catastrophe. Il faudra s’occuper des petits qui naissent dans cet environnement hallucinant. Les emmener vite quand le Covid se sera fait la malle dans les ruelles de Gênes, les piazzas espagnoles, les Tuileries de Paris…

Recevant le livre de Pivot … mais la vie continue (Albin Michel) et puis celui de Morin Les souvenirs viennent à ma rencontre ( Fayard/Pluriel et prochainement en poche) et enfin le magazine Causeur de février avec Finkielkraut en couverture, je les mets dehors, sur ma loggia, pour décontamination… Sans espoir !  je suis complétement contaminée par ces  hommes -là. Et puis il y a Tu finiras clochard comme ton Zola de Philippe Val disparu pendant mon déménagement, resurgi ces jours-ci.

A quel point ils me sont chers. Je m’en rends compte bien plus encore avec les dernières tribulations de Finkielkraut. Je ne suis pas toujours d’accord avec ce dernier ni avec Morin et Val mais j ‘ai une confiance foncière dans leur honnêteté et une admiration absolue pour leurs capacités d’analyse. Et je soutiens avec ferveur le créateur de Répliques. Quant à Pivot c’est une autre histoire, plus affective  du côté des rêves de la jeunesse. Les soirées inoubliables d’Apostrophes où bien sûr je serai un jour … Celle sur Albert Cohen évidemment ! que j’ai revisionné pour mon livre Albert Cohen-Marcel Pagnol : une amitié solaire. Je n’irai pas sur le plateau télé, mais Bernard Pivot m’offre pour mon livre en juillet 2020 une chronique dans le JDD; c’est bien aussi… Alors son livre à lui . Je suis d’abord étonnée qu’il puisse faire cohabiter une telle sensibilité littéraire avec un tel réalisme sans concession. Car sur la vieillesse et la sienne en particulier (il met en scène un personnage qui lui ressemble comme deux gouttes de vieux Bourgogne)  il ne cache rien – enfin si sûrement plein de choses, mais il va droit néanmoins au but. Les maladies, les ridicules, les tricheries, la prostate, la sexualité et bien sûr la mort, les membres des  JOP, Les Jeunes  Octogénaires Parisiens,  vivent leur vieillesse et se la racontent au fil des pages. Réaliste voire prosaïque certes mais la bonhommie, la faconde,  la lucidité de Bernard Pivot pour aborder le fameux continent tantôt porté aux nues – la sérénité et tout le bazar – ou abhorré – un « naufrage » selon Chateaubriand –  est  revigorante.  C’est sans doute cette remarquable simplicité (une qualité très peu prisée de nos jours par les pros du micro)  qui permettait l’échange authentique, sans fariboles ni trompettes, quoique percutant,  avec l’auteur interviewé, mais aussi avec le téléspectateur invité à y participer. Retrouvez ce Pivot si amical se moquant de lui-même ou pariant sur l’avenir ( il est un grand tweeter)  est une vraie sinécure.

Mon cher Morin « notre trésor national », ainsi que disait il y a quelques jours Guillaume Erner sur France culture, où il  le recevait pour la journée « jeunesse » pour ses cinq fois 20 ans. Avec Les souvenirs viennent à ma rencontre, le philosophe nous livre comme à l’accoutumée son coeur et son érudition, sa sensibilité et sa pertinence, sa lucidité et sa joie de vivre. Si vous n’avez jamais lu le « journal »  d’Edgar Morin, vous allez découvrir une personnalité passionnante qui vous ouvrira les portes, les siennes, d’un vingtième siècle dont il fut partie  prenante sans réserve en ce sens que rien ne le laissa indifférent.  Sa Résistance, sa rupture courageuse avec le PC, son amitié amoureuse avec Marguerite Duras (une Duras que vous ne connaissez sans doute pas),  ses délectables pages sur l’Italie (il a des origines italiennes), son bouleversant portrait de Robert Antelme ( le mari de Marguerite  et l’auteur de L’espèce humaine), les coulisses de son travail qui le mène à son oeuvre majeure La Méthode et à mille autres choses  (quelle créativité étourdissante), ses immenses joies et ses grandes tristesses … je vous le promets vous ne resterez pas insensible à la la virtuosité, à la tendresse,  à l’humour, à la naïveté aussi de cet homme-là. Vous allez en le lisant beaucoup apprendre et beaucoup vibrer.

C’est également vrai pour le livre de  Philippe Val, qui fut chanteur, directeur de Charlie Hebdo, puis de France Inter. J’avais commencé, avant le covid,  la lecture de Tu finiras  clochard comme ton zola (superbe titre) : il est revenu sur mon bureau comme un remords. ! Je voulais tant lui faire un grand et beau papier. J’en ai été empêchée certes par la pandémie, mon déménagement et la maladie insidieuse de mes poumons, mais pas que. Le poids de l’objet (859 pages) qui empêchait tout transport et la technique narrative choisie par l’écrivain m’avait freinée . Val, je l’ai toujours lu : avec lui aussi je trouve la probité et la finesse rigoureuse des analyses qui calment mon mental. Entrer dans sa vie me souriait bien. Passons vite donc sur ce procédé : un narrateur raconte au fils   la vie de son père, en entrant dans sa tête : c’est pas crédible une seconde et surtout très compliqué – mais comment l’éditeur n’a pas alerté l’auteur ? Incompréhensible. Une fois qu’on dépasse cet obstacle on peut commencer à se régaler. Sur deux plans : la traversée passionnante du vingtième siècle, la sincérité absolue de l’auteur sur ce qu’il a vécu. Dès les premières pages du livre la musique est là avec un phonographe et des 78 tours de John William, Line Renaud, Charles Trenet… Son expérience de compositeur-interprète-auteur et la longue aventure du duo « Font et Val » sont essentiels dans sa vie et dans l’élaboration de sa personnalité. Autre composante forte, son refus absolu, non négociable de tout ce qui ressemble de près ou loin à de l’antisémitisme. C’est Zola qui en est à l’origine et fera dire au père de Philippe Val  la phrase qui a donné le titre au livre. De là, entre- autres mais fondamental, découleront ses  positions sur le conflt israélo-palestinien ou le mouvement altermonialiste et antiraciste.  La suite de son histoire est plus connue, des lecteurs de Charlie Hebdo en tout cas.

Même avec le détour stylistique que j’ai mentionné, l’écriture de Pilippe Val reste profondément nourrissante. Ses amitiés, avec Cabu par exemple, sont bellissimes. Il poursuit la grâce et cette quête tient le livre avec ses longueurs et ses fulgurances :  » (…) se poser la question entêtante des conditions de la grâce et de la  valeur des moyens pour y séjourner, ne serait-ce que quelques instants, et c’est tout l’intérêt des récits concernant une vie humaine.  » (…) chercher l’ivresse de l’amour, du pouvoir, du vin, de la drogue, du travail, de la musique, du jeu, de la science, de la folie, de la mondanité, de la solitude, de la beauté, de la cruauté. (…) Alors mettez ce livre dans votre sac-à-dos et plongez. Vous en sortirez plus fort comme de toute rencontre avec la vraie vie. Même si  vous n’êtes pas toujours d’accord.

Je finis ce texte quand j’apprends la mort de Jean-Claude Carrière. Ecrivain,  scénariste, conteur, créateur de la Femis, l’école du cinéma, je le connaissais mal. J’écoute La Conversation scientifique d’Etienne Klein en podcast sur France culture (12/1/2019). Je suis tout de suite sous le charme. Quel homme ! encore un . Cette conversation tourne autour de son livre La vallée du néant. Il parle de tout avec une simplicité, érudite si nécessaire, de Bunuel dont il fut l’ami pendant 25 ans, d’Umberto Ecco avec qui il a écrit N’espérez pas vous débarrasser des livres, de l’Inde – il y fut 47 fois ! et il est l’auteur du Dictionnaire amoureux de l’Inde.  Il nous fait écouter La folle complainte de Charles Trenet – il n’y a pas de plus belle chanson pour lui. Mais comme il a raison. Je la connais oui mais je la découvre vraiment. Splendide. Il dit : « Si vous m’entendez un jour me plaindre de ma vie vous pouvez me gifler ! ». Et aussi « Le savoir est la joie numéro 1 de ma vie. » Il parle de la mort toujours avec cette même tranquillité. Et il raconte une histoire traditionnelle dans certaines contrées chinoises : Vous êtes à table avec des amis et un garçon vient vous dire : On vous demande sur la terrasse. .C’est une terrasse d’où vous voyez votre vie défiler, vous allez donc mourir… C’est un peu glaçant mais on reste toujours dans l’enchantement. Une sacrée belle heure.

 

 

 

 

Non à une Méditerranée meurtrière

Oui je sais, les infos nous submergent. Mais le sort des migrants en mer, quand on est entrain de prendre un bon petit dej au chaud, , avec au loin vue sur une mer si bleue, si diablement innocente, peut-elle nous laisser de marbre ?

 

Sur franceinfo.fr
Vingt-huit maires ou présidents de collectivités lancent un appel dans une tribune publiée sur franceinfo.fr jeudi 21 janvier pour soutenir SOS Méditerranée et pour « affirmer collectivement l’inconditionnalité du sauvetage en mer.

La Méditerranée est « la route migratoire la plus meurtrière au monde », rappellent les signataires, parmi lesquels figurent la maire de Paris, Anne Hidalgo, les maires de Lyon (Grégory Doucet), Marseille (Benoît Payan), Lille (Martine Aubry), Bordeaux (Pierre Hurmic) ou Grenoble (Eric Piolle). Ils appellent les villes, intercommunalités, départements et régions de France à apporter « leur soutien moral et financier » aux trois missions poursuivies par l’association SOS Méditerranée : secourir les personnes en détresse en mer, protéger les rescapés et témoigner.
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas et appelons les villes, intercommunalités, départements et régions de France à soutenir SOS Méditerranée.
L'Ocean Viking, bateau de SOS Méditerranée, en janvier 2021 (FABIAN MONDL / SOS MEDITERRANEE)
Plus de 20 000 personnes ont péri noyées ces six dernières années en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune. L’Organisation internationale des migrations a dénombré 1 224 morts sur la seule année 2020, dont 848 sur l’axe reliant la Libye à l’Europe. Faute de témoins, le nombre de naufrages et de victimes est en réalité bien plus élevé.
Ainsi, aux portes de l’Europe, la Méditerranée confirme son terrible statut de route migratoire la plus meurtrière au monde.
La suite ICI

Donner ICI

 

 

Le complot : une croyance ordinaire ?

Pas plus tard qu’hier, un adorable technicien hier me change le boitier wifi  pour pallier l’insondable incompétence d’Orange, alors que c’est pas du tout de sa responsabilité. Il est charmant, il a le masque, il n’est pas idiot du tout, a l’air tout à fait  équilibré.  Et  voilà-t’y-pas qu’il me dit alors qu’on parle des masques : Moi le Covid j’y crois pas ! Comment ça ! Je n’en reviens pas. Je lui demande pourquoi. Vous avez vu comment les Gilets jaunes, les problèmes avec les migrants tout ça a disparu , plus rien depuis que le covid est là. On a paralysé la société. Ils nous ont fait rentrer dans nos maisons.  J’insiste :  Dans quel but ? Pour nous calmer, nous guider, nous contrôler. Vous croyez donc à un complot ? Il opine du bonnet.  Mais qui ? Je n’ai pas eu le temps de noter mais il me répond quelque chose comme les gouvernements, les puissants. Je suis abasourdie et tellement désireuse de comprendre, de rentrer dans sa logique folle. Je voudrais qu’il parle encore mais il doit partir, déjà qu’il a eu la gentillesse de me consacrer de son temps sans y être en aucune façon obligé . Il me précise avant de partir qu’il est parfaitement respectueux des consignes sanitaires, n’enlève jamais son masque, change ses vêtements en rentrant etc. Il a trois enfants, une femme enceinte, et une personne âgée à la maison. Il fait tout pour protéger son entourage mais redit-il  : Moi j’y crois pas ! Je lui trousse vite fait un petit speach pour le désabuser. Il m’écoute avec grande attention et me dit qu’il va réfléchir. Je n’en reviens toujours pas.  Il est la première personne « complotiste » que je rencontre. J’en avais une image très négative : des personnalités agressives, butées. Il est tout le contraire : attentif, généreux.  A y réfléchir c’est plutôt inquiétant : cela peut signifier que c’est un vrai courant de fond, une croyance ordinaire qui ne concerne pas  seulement des illuminés ou des retardés.

Cet épisode me pousse à écouter sur France culture « La novlangue, instrument de destruction intellectuelle. » J’ai déjà travaillé ce sujet pour mon livre sur le Cambodge et donc traitant des Khmers rouges. Le processus de la langue matée pour mieux soumettre, ou simplement contrôler comme dirait mon technicien, me passionne – car il n’y a pas  que les dictatures qui sont concernées, pour preuve nos fameux « éléments de langage » . En tout cas ce sont trente minutes fort intéressantes qui tournent autour de Georges Orwell.  Françoise Thom  ( La langue de bois. Julliard) me confirme comment l’abréviation tend à détruire le sens. Le  « je suis dispo  » d’aujourd’hui, entre autres,  m’énerve profondément et j’ai raison !

 

 

On y croit …

C’est précieux  ce moment de l’investiture de Joe Biden,  46ème président des Etats Unis. Sa tâche va être rude mais on y croit.
Amanda Gorman a récité son poème The Hill We Climb, appelant à l'unité nationale, lors de la cérémonie d'investiture du 46e président des États-Unis, Joe Biden, le 20 janvier 2021.Ecouter la jeune poétesse, 22 ans, Amanda Gorman lisant son poème, The hill we climb, appelant à l’unité nationale, écrit pour ce grand jour. Elle était arrivée environ à la moitié de son poème lors que les militants pro-Trump ont envahi le Capitole : restée éveillée cette nuit-là, elle a ajouté des vers  pour décrire ces scènes apocalyptiques qui ont ébranlé les États-Unis.
https://www.franceculture.fr/societe/amanda-gorman-plus-jeune-poetesse-jamais-invitee-a-une-ceremonie-dinvestiture-dans-lhistoire-des

Macha Makeïeff, patronne de La Criée,  lance sur France culture  le souhait, le pari de faire de Marseille la seconde capitale culturelle de notre pays. Beaucoup d’atouts avec énormément d’obstacles mais on y croit.

La clé de la voix – je vous en ai déjà parlé. M’est avis qu’ il faut la mettre derechef dans vos favoris. Ce podcast  nous propose d’aller à la rencontre d’artistes qui dévoilent leurs pratiques vocales. Des expériences, des récits, des confidences et de la musique bien sûr dans une ambiance chaleureuse et naturelle, à l’image  de Clémentine Coppolani, chanteuse et coach, qui a créé et anime ce podcast.
Dernier épisode avec un trio, les LEJ (Lucie, Elisa, Juliette). Outre qu’elles sont éminemment sympathiques, elles ont un talent fou que vous découvrirez en écoutant Pas peur (qui fait le titre de leur dernier album).   A voir aussi des vidéos pour s’entraîner, travailler sa respiration, par exemple  le diaphragme,  ce mystérieux mais  essentiel organe  qui se dévoile enfin.  Ou encore comment libérer sa voix en jouant aux fléchettes !  Vous pouvez commander un très ludique  kit de respiration  avec son sifflet, sa langue de belle-mère, son tourniquet… un inventaire à la Prévert pour s’entraîner sans s’ennuyer -seul bémol : les enfants voudront vous le piquer !
www.lacledelavoix.com/

Et toujours le podcast des Rencontres d’Averroès sur la thématique de la 27e édition, « Cités à la dérive« ,  proposée dans un « objet sonore sensible ».  Depuis le Liban ou le Maroc, à Marseille ou à Istanbul, de Paris jusqu’à Palerme, les paroles de chercheurs, architectes,  artistes,  écrivains invités ont été patiemment récoltées et savamment montées. Cela s’écoute très facilement et on apprend beaucoup tout en rêvant à des voyages dans ces villes où l ‘on n’a pas encore posé ses baskets..
18 invités • 5 épisodes (durée moyenne : 30 minutes/épisode). Un nouvel épisode chaque vendredi jusqu’au 5 février 2021 • Disponible gratuitement sur rencontresaverroes.com et sur toutes les plateformes d’écoute

Enfin merci à Oriane Delacroix (newsletter France culture) pour avoir cité un poème de Mallarmé qui, pour moi, j’ose le dire,  n’était jusque là qu’hermétisme et ennui profond. « Le soleil aux cheveux » et la « fée au chapeau de clarté » vous illumine non ?
Tout cela n’empêche pas une vraie tristesse pour notre ami Jean-Pierre Bacri. Ah comment faire sans lui ?

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
– C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au coeur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.
Stéphane Mallarmé, « Apparition », extrait du recueil Poésies.

 

 

Les Rencontres d’Averroès chez nous !

Oui bien sûr, la joyeuse et si chaleureuse ambiance de La Criée pendant ce temps fort de Marseille que sont Les Rencontres d’Averroès va nous manquer – cruellement – mais réjouissons nous cependant : Grâce à Thierry Fabre et Fabienne Favia nous pouvons les écouter en ligne à partir d’aujourd’hui. Tout sur le lien ci-dessous. Et je vous en dis plus bientôt…
Où et comment écouter le podcast ?

Écoutez le podcast Averroès

 

 

Proust enfin ! Janvier par Nietzsche et Marie Rouanet…

AtmoTsphere vous présente ses voeux  : tenez bon la barre !

photo DC

Ô vous  – c’était mon cas – qui n’avez jamais réussi à entrer dans La recherche du temps perdu ,malgré moult efforts et un désir incontestable, voici que s’ouvre une porte royale. Depuis le 10 novembre les acteurs de La Comédie française vous offre la lecture de Proust. Eh bien j’ai essayé et ça marche. Je suis dedans ! J’ai de plus en plus hâte hâte de retrouver Swann et les autres… Chaque séance dure l’équivalent d’une bonne séance de psychanalyse. Mais c’est gratuit et sans rendez-vous. Merci La Comédie française …

Sur un moteur de recherche tapez :
Comédie française, Proust et 1 ( puis la prochaine fois 2,3,4 etc)
cliquez ensuite sur  YouTube pour le replay. Ou bien Facebook pour le direct
Et c’est parti :
Longtemps je me suis couché de bonne heure

Le Gai Savoir de Nietzsche

Le voyageur contemplant une mer de nuages,.
Caspar David Friedrich

 

Sanctus Januarius – exergue au Livre quatrième (Saint Janvier est le patron de la ville de Naples) :
Toi qui d’une lance de flamme
De mon âme a brisé la glace
Et qui la chasses maintenant vers la mer écumante
De ses plus hauts espoirs :
Toujours plus clair et plus sain,
Libre dans une aimante contrainte :
Ainsi elle célèbre tes miracles,
Toi le plus beau mois de janvier !
Gênes, janvier 1882

 

Exergue suivi par l’aphorisme 276 :
Pour le Nouvel an (…) C’est le jour où chacun se permet d’exprimer son désir et sa pensée la plus chère : et, moi aussi, je vais dire ce qu’aujourd’hui je souhaite de moi-même et quelle est la pensée que, cette année, j’ai prise à coeur la première )- quelle est la pensée qui devra être dorénavant pour moi la raison, la garantie et la douceur de vivre ! Je veux appendre toujours davantage à considérer comme beau ce qu’il y a de nécessaire dans les choses : – ainsi je serai de ceux qui rendent belles les choses. Amor fati (…)
« Oh quel miracle que ce beau Janvier ! «  s’écrie aussi Nietzsche dans une lettre du 29 janvier 1882, le plus beau de sa vie, affirme-t-il. Il passe l’hiver à Gênes dont il tombe amoureux. Il écrit : « Le temps de ce dernier mois est le plus beau et le plus bienfaisant que j’ai jamais connu de ma vie entière – frais, pur, doux : combien d’heures ne me suis-je pas étendu sur la plage ! Combien de fois n’ai-je pas vu le soleil se coucher ! » Nietzsche avait toujours froid et poursuivait dans ses voyages chaleur et soleil … ce qui me le rend très proche ainsi que son amour de Gênes.  Pour le reste je débute… Vous pouvez lire en même temps que Le Gai savoir l’essai éclairant (mais pas facile) Le gai savoir de Nietzsche – Une manière divine de penser. Olivier Ponton. CNRS éditions.

Les Quatre temps du silence de  Marie Rouanet (Payot)
Une  merveilleuse écriture, un  roman de 1998 qui ressort, comme le reste, de mes cartons de déménagement et dont j’extrais ce texte daté du 2 janvier …
(…) une magie née de presque rien, d’un reste que tout autre eût mis à la poubelle, du rejeté, du négligé, faire de même pour la vie. A partir de la lumière qui rosit les pommes, de la glace du bassin épaisse qui sonne comme du cristal quand je la heurte avec un bâton et s’étoile sans se briser, de la couleur des courges qui brillent depuis les étagères dans l’ombre de la cave, d’Henri à qui j’ai raconté la visite de la genette et qui m’a dit qu’il lui était arrivé d’en voir quelquefois à l’extrémité de hautes branches, prenant le soleil comme des chats, de la succulente évidence d’un menu pourtant ordinaire : un bout de saucisse exactement grillé. (…)
« S’il y a urgence c’est de n’être point vide. Il faut vraiment habiter dans la « cella del suo corpo » et là, s’affronter. Je deviens un lieu où passe la mémoire en lambeaux de brouillard inachevés et confus. Ne laissez entrer que ce qui est traînée de lumière, ces moments qui n’ont rien de remarquable sinon leur unicité. Alors dans la maison fermée et silencieuse comme un sommeil, les choses ne sont que ce qu’elles sont. Le bassin n’évoque plus aucun souvenir brûlant. C’est miracle et conquête que rien n’occulte le présent, fait de son bruit cristallin, du rouge de l’osier, du saule prêt à bourgeonner, planté là comme un défi à l’eau.
Offrez-vous en poche son Petit traité romanesque de cuisine. Je vous promets bien du plaisir.

C’est tout pour aujourd’hui …
Ah non encore : exceptionnel  documentaire sur Chaplin, la Cinq

cliquez sur une branche pour vous rapprocher du séquoia

Cliquez sur le séquoia pour être plus près …

 

 

 

A Noël …

.A Noël on donne…  Je vous suggère deux causes qui le méritent.
Des livres dans un tuk tuk. La première au Cambodge, pays que je connais bien ( mon livre Tourments et merveilles en pays khmer, Dane Cuypers, Actes Sud) et que j’ai délaissé ces trois dernières années. Mais quand j’ai vu le mot Ratanakiri sur l’envoi du Sipar je n’ai pas résisté. Le Ratanakiri ,c’est une des régions les plus pauvres à l’est du pays, avec un taux d’illettrisme pouvant atteindre 90%, l’une des plus belles régions aussi. J’ai encore en mémoire des femmes au fier regard, cheveux très courts, enfants sur le dos et parfois pipe à la bouche, à qui j’ai acheté un tissu de leur travail, tissu qui vous transforme n’importe quel banal fauteuil en siège royal.
Quant au Sipar j’ai suivi là-bas cette association qui s’est donné pour objectif de promouvoir la lecture et elle y parvient – j’ai vu des petits Khmers lire assis par terre, donnant, par delà la misère, libre cours à leur imaginaire.
La demande du Sipar ces quelques jours avant Noël est d’offrir un Biblio-tuk tuk à plus de mille enfants pour remplacer un biblio-moto devenu trop exigu. Le tuk tuk transportera plus de 1500 livres, le bibliothécaire et l’assistant .
Vous pouvez soutenir leur campagne de Crowfunding pour collecter 10 000 euros et faire de ce projet une réalité. Plus d’infos ICI
L’enfer en mer. La nôtre, la Méditerranée. Parce que, quelle que soit son opinion sur l’immigration,  on ne peut pas supporter que des êtres humains se noient dans une souffrance, une peur qu’on n’ose à peine imaginer, à laquelle il ne faut pas s’habituer. Il est alors  évident qu’il faut soutenir ceux qui en ont fait leur combat : c’est le cas de SOS  Méditerranée. J’ai donc choisi de relayer sur mon blog leur dernier appel.

La semaine dernière, au moins 100 personnes sont mortes noyées en moins de 72 heures au cours de quatre naufrages distincts, loin des regards. Pour les personnes en détresse, les navires de sauvetage humanitaires sont l’un des seuls espoirs. Depuis le 22 juillet, leurs équipes travaillent sans relâche pour libérer l’Ocean Viking : mise en place d’aménagements pour répondre aux exigences des autorités italiennes qui détiennent le navire : par exemple le remplacement des radeaux de survie par huit radeaux plus grands, d’une capacité de cent personnes chacun.
Sur le lien,  la parole de Mary, marin-sauveteur depuis 2016. « L’association a été une lueur d’espoir pour des milliers de personnes qui ne savaient pas si elles allaient vivre ou mourir en pleine mer. Ces visages de soulagement sont gravés à jamais dans mon esprit … »
Et des témoignages de mineurs dans un dossier »Jeunesse naufragée »
James, 22 ans, dont le rêve est d’aller à l’école. Extrait :
« La gentillesse n’existe pas en Libye. Je recevais des coups de poing ou des coups de bâton. Tout le monde possède une arme là-bas, même les enfants. Il y avait des coups de feu. C’était horrible ». Tout à fait par hasard, il entend parler de bateaux qui partent de Libye.  » Je leur ai demandé de m’emmener. Je ne savais même pas où était la plage et quel genre de bateaux ils avaient. Je ne sais pas nager, mais je voulais seulement quitter ce pays abominable  » . Un matin de septembre, il rejoint deux groupes qui doivent rester sur la plage, quelque part au nord-est de Tripoli.  » Nous nous sommes cachés dans le sable pendant quatre jours. Une nuit, des hommes sont arrivés avec des armes et nous ont forcés à monter sur ces bateaux pneumatiques. On était morts de peur mais pas moyen de faire marche arrière, en plus je ne voulais pas rebrousser chemin. « A 10h du soir l’embarcation quitte la plage, direction le grand large, avec des bidons de 20 litres de carburant. Ce bateau de fortune bondé est équipé d’un petit moteur et dérive lentement vers le nord. L’Aquarius repère l’embarcation en détresse vers 7 h dimanche matin. Tous seront secourus au cours d’une opération de sauvetage qui durera six  heures.
Pour plus d’infos et donner c’est ICI
Poème de Marilou, 14 ans, sur le mode d’un poème de Charlotte Delbo
Ô vous qui savez
saviez-vous que l’on part poussé par la faim, la pauvreté, la guerre…
Ô vous qui savez
saviez-vous que l’espoir d’une vie meilleure va virer au calvaire sur la longue route épuisante et violente
du chemin de l’exil
Ô vous qui savez
saviez-vous qu’on s’en remet à des passeurs sans scrupule qui nous font miroiter un rêve inaccessible
Ô vous qui savez
saviez-vous que l’on est ces ombres entassées sur des canots de fortune dans une longue nuit sans lumière
Ô vous qui savez
saviez-vous qu’on peut voir nos voisins de traversée avalés par la mer boueuse de cadavres
qu’une mère doit rester silencieuse devant le corps de son fils balancé par-dessus bord
Saviez-vous que nos larmes sont plus fortes que les vagues
notre patience plus puissante que la tempête
Saviez-vous que la volonté de réussir est notre seul bagage dans ce parcours en enfer dont
beaucoup ne reviennent pas
Le saviez-vous
Vous qui savez.Dernière heure : L’Océan Viking est enfin libre de poursuive sa mission. En ce début d’hiver, leur présence sur la mer est plus que jamais indispensable et a plus que jamais besoin de vos dons.

Le Mucem en ligne …

Oui je sais, les propositions de se cultiver sur son canapé si nombreuses que la fatigue nous prend et que, finalement, on zappe pour aller faire un gâteau aux petits suisses –  j’en ai 12 dans mon frigo périmés demain et il y a sûrement une recette sur internet…  Cela dit je vous encourage à rejoindre le site du Mucem à Marseille.  Evidemment ça ne vaut pas la déambulation les pieds sur terre mais cela reviendra allez ! et en attendant voici  des photos, videos, interviews des commissaires…  sur des expos bien intéressantes. Par exemple :

Folklore .D’un bocal de noyaux de cerise à une porte de ferme monumentale roumaine en bois, les curiosités ne manquent pas pour montrer en quoi les folkloristes ont redécouvert, modelé, occulté, falsifié le passé comme le présent, et nourri des oeuves de fiction. La porte roumaine dialogue ainsi parfaitement avec la sculpture Maiastra de Brancusi.  Ou bien un oiseau de bois sculpté et peint qui a appartenu à Kandinsky prend  une autre dimension, rapproché de son tableau abstrait,  Ovale 2 , de 1925.

Trop mignon. Sortis des collections du musée,  des objets  trop  mimi, dont ce Voyage en gondole  de Benjamin Rabier,  celui qui a inventé en 1921 l’image de La Vache qui rit. Je suis une inconditionnelle de ce fromage qui n’en est pas vraiment un, mais une valeur sûre c’est sûr !

Le grand Mezzé. Ou le savoir-faire culinaire traditionnel de la Méditerranée. J’apprends que le régime crétois est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité …

L’Orient sonore, passionnant, pour simples curieux comme vrais connaisseurs,  l’exposition « L’Orient sonore  » donne à voir et  à entendre l’histoire des traditions musicales arabes menacées et de leur sauvegarde. Des maisons de disques d’hier aux vidéos d’aujourd’hui, elle nous mène à la redécouverte d’un patrimoine oublié. Le dispositif est diablement efficace. Vous êtes comme devant un juke-box et vous lancez ce qui vous attire. Etant tout à  fait ignorante en la matière, j’ai fonctionné sur les titres dont certains sont irrésistibles : J‘ai aimé une beauté qui m’a refusé ! Mon temps est passé… Ou Que c’est bien la joie, par Houcine Slaoui, un des grands noms de la chanson marocaine lit-on  A chaque chanson correspondent en effet quelques lignes qui vous informent sur l’auteur et/ou l’interprète. Super !
C’est ICI
De plus, démarre cette semaine une série de podscasts culturels (sur toutes les plateformes) en offrant en cette fin d’année 2020 deux collections :
Algérie-France, la voix des objets , un podcast en 4 saisons de 16 épisodes au total. Un cycle de  sur les relations qu’entretiennent depuis près de deux siècles la France et l’Algérie, mais aussi leurs échos dans la vie actuelle de chacun des deux pays. S’appuyant sur le fonds d’objets conservés au Mucem, chercheurs et artistes croisent leurs regards sur ce patrimoine, et questionnent les enjeux d’une telle collection.
Passerelles sonores, autour de l’exposition  L’Orient sonore, ce podcast propose en 4 épisodes d’écouter le regard que portent les différentes générations à Marseille sur le patrimoine des musiques de l’exil. A écouter sur votre plateforme favorite.
Et AUSSI, sachez-le, les Jardins du Fort Saint-Jean sont ouverts (entrée par la passerelle)  tous les jours de 9h à 17 h : ne vous refusez pas, si vous le pouvez, cet oasis d’oxygène et de calme.

Nouvel épisode de La clé de la voix avec la chanteuse Norig. Un régal.
Sur les plateformes d’écoute  : Itunes / Apple Podcast / Spotify / Google Podcast / Podcast Addict / Stitcher / Deezer  / You Tube

Bémol sur les joies d’internet. Je n’en peux plus de voir ça : Accepter et fermer. Je traduis : Acceptez et fermez-la ! Je sature aussi sur les pétitions à signer. Nombre d’entre elles sont louables et utiles et  j’en signe parfois quand je connais assez le sujet. Mais c’est l’inflation et cela me conduit pour ma part  à un certain autisme . La dernière ce matin sur change.org, fort respectable le au demeurant, me propose de prendre fait et cause pour 15 cerfs de Virginie menacés de mort parce que en surpopulation. C’est sympa les cerfs mais voilà,  je trouve gagesque d’apposer ma signature pour sauver des cerfs  depuis Marseille. D’accord ? Pas d’accord ? Laissez un commentaire.

 

 

La clé de la voix …

La Clé de la voix est un podcast qui vous aide à améliorer votre voix. Clémentine Coppolani  chanteuse, coach vocal et formatrice depuis 2008 en est la créatrice. J’ai été plusieurs fois chez elle travailler et je suis repartie  sur un petit nuage vocal et moral…
En rééducation après un accident,  Clémentine n’a pu reprendre son métier qu’elle exerce depuis 12 ans mais elle a trouvé un chemin de traverse  pour continuer à transmettre sa passion du chant, pour nous aider à révéler notre voix. Elle a eu l’idée de recevoir des invités  pour leur demander de raconter l’aventure de leur voix, comment ils l’ont découverte, la façon dont ils la travaillent, les conseils qu’ils peuvent donner à des professionnels, mais aussi à des gens comme vous et moi qui ont ce désir de s’exprimer par le chant. Au programme : astuces,  anecdotes sur la voix,  le trac, la scène, la carrière d’artiste…

Son premier entretien avec la chanteuse de jazz Sarah Lancmann s’écoute avec beaucoup de plaisir. Celle-ci est de toute évidence heureuse de partager son histoire qui commence à 8 ans quand on lui découvre des nodules sur les cordes vocales ! Mais depuis  la jeune femme  a trouvé sa voix  qui coule comme l’eau vive d’une rivière (c’est sans doute la chanson du film L’eau vive qui m’est venue). Elle nous donne ses trucs sur son échauffement, et en l’occurence boire beaucoup d’eau,  chanter dans sa salle de bains où ça résonne bien, nous recommande un site ou bien la Tisane des chanteurs ( chez le  Père Blaise pour les Marseillais), souligne l’importance du corps et des émotions … En bien sûr on écoute deux extraits de son dernier album Parisiennes dont une interprétation de L’hymne à l’amour de Piaf ou
comment se servir de la lecture pour s’approprier une chanson.

Tout cela sur les plateformes d’écoute  : Itunes / Apple Podcast / Spotify / Google Podcast / Podcast Addict / Stitcher / Deezer  / You Tube
On peut aussi  commander un  kit de souffle  ou  avoir des conseils personnalisés d’après un enregistrement audio ou vidéo sur le site La Clé De La Voix. Et c’est l’ occasion de découvrir la magnifique chanteuse corse  qu’est  Clémentine Coppolani

Prochain épisode en ligne mercredi 9 décembre : le lien privilégié de Sarah Lancmann avec le public japonais, ses conseils, ses remèdes pour chanter lorsque l’on est malade, la méditation pour être ancrée avant de monter sur scène…