Du rire aux larmes

Vous êtes comme moi, par moments les plans génialissimaux pour confiner finement,  vous n’en pouvez plus ! La video qu’il vous faut vous attend sur le lien ci-dessous. Hilarant.

 

En même temps que je tape ces lignes, j’écoute distraitement une émission sur Boris Vian. La voix de Trintignant soudain me happe. J’écoute l’extrait de « Je voudrais pas crever » et je vais  chercher sur internet le poème écrit par Vian peu de temps avant sa mort. Superbe.

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j’apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algues
Sur le sable ondulé
L‘herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L‘odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J‘en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…

Boris Vian

Drôle d’atmoTsphère

Sur France Inter ce 22 mars 2020 à 17h40, un infirmier témoigne : il a un  seul  masque qui date de 2001 ! Et il y a tous ceux qui en ont besoin et qui n’en ont pas. Dont je suis. Vraie carence de l’Etat, sans compter celle du matériel pour les tests, dont il faudra qu’ il s’explique un jour. Plus tard. Mais il le faudra.
La société 1083 à Romans produit des masques. Elle n’est ps la seule. Sur Libération.fr, 24 mars, un coup de colère d’un chercheur : :https://www.liberation.fr/debats/2020/03/24/masques-mais-de-qui-se-moque-t-on_1782908

A Marseille ça bouge. Didier Raoult qui dirige l’infectiopole de l’Assistance Publique Hôpitaux de Marseille, à la Timone, membre du Conseil Scientifique dédié au Coronavirus, défend l’usage de la chloroquine – à savoir une banale molécule utilisée depuis 75 ans dans le traitement du paludisme – contre la maladie et faisant suite à des essais concluants réalisés sur des centaines de malades en Chine. Sa prise de position suscite des réserves chez de nombreux autres spécialistes, qui estiment notamment que des essais menés auprès de 24 patients ne répondent pas à tous les critères nécessaires. Samedi 21 mars, le ministre de la Santé, Olivier Véran,  a  demandé à ce que l’étude du professeur Didier Raoult “ puisse être reproduite à plus large échelle dans d’autres centres hospitaliers, par d’autres équipes indépendantes”. Il espère des résultats d’ici 15 jours.

C’est beaucoup 15 jours. Est-ce l’heure de tergiverser ? 
Non, si l’on en croit le professeur ( et moi je le crois après avoir vécu les atermoiements autour des phages , devoir partir en Georgie puis en Belgique, ne pas le pouvoir et vivre avec ma bactérie jusqu’à nouvel ordre * ). « Quand vous avez un traitement qui marche contre zéro autre traitement disponible, c’est ce traitement qui devrait devenir la référence”, affirme Didier Raoult dans Le Parisien. “Et c’est ma liberté de prescription en tant que médecin. On n’a pas à obéir aux injonctions de l’État pour traiter les malades. Les recommandations de la Haute autorité de santé sont une indication, mais ça ne vous oblige pas.” Or le traitement marche. Sur les 24 patients traités avec de l’hydroxychloroquine, 75% présentaient une charge virale négative au bout de six jours, déclare le médecin  : le virus a disparu, le patient n’est plus contagieux. En comparaison, 90% des patients traités sans chloroquine, à Nice et Avignon, seraient encore contagieux au bout de cette même période.
Sa conclusion   : tester massivement et puis donner le traitement.
Ecouter sur France Culture en podcast :  chloroquine, le protocole Raoult. Très clair sur les conditions effectivement insuffisantes des essais du professeur.

* https://www.liberation.fr/france/2020/01/21/phagotherapie-la-revanche-des-virus-guerisseurs_1774404 (on dirait de la provocation, mais non c’est juste la complexité comme dirait Edgar Morin qui a sorti fin 2019 un livre « Les souvenirs viennent à ma rencontre ». Fayard)

Reste – c’est le cas de le dire –  qu’il faut rester chez soi le plus possible.
Comme me textotait Ahsit, un de mes corespondans privilégiés : continuons à  très  prudents : le confinement ne marche qu’avec la peur et le naturel indiscipliné des latins que nous sommes pourrait tout foutre en l’air. Ainsi, disait le maire de Sanary -sur-mer à la radio,  faut-il vraiment aller chaque jour à la boulangerie ? Non.  Une fois par semaine et l’avance au congé ou au frigo dans un torchon. Et quand c’est dur on fait griller ! Ou du pain perdu pour le petit dej.

Il y a une floraison d’initiatives sympas pour que les gens vivent bien le confinement. Et, si effectivement, on a  internet et un balcon ou un jardin, on peut  s’offrir une retraite , avec réflexion, apprentissage, culture, découvertes, gratos. Mais si on n’a que ses quatre murs  ! quelle galère doit être cet enfermement. Pour les enfants c’est kif kif : sans internet, pas d’école. (Entre parenthèses on n’entend rien sur la double peine des parents avec le télétravail et les sales gosses, la visioconférence et  les legos dans le salon…).   Jusqu’au 4 mai !!!!  Là aussi il y aura des leçons à tirer sur la fracture numérique.

www.rosasdanstrosas.be
JE VIENS D’ESSAYER CE PETIT COURS DE DANSE CONTEMPORAINE AVEC UNE CHAISE : UN BIJOU !

 

 

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Correspondances

Je pars en cata, comme beaucoup, dans une maisonnette – refuge de rêve prêté par des amis de La Pointe rouge à Marseille. J’emmène n’importe quoi dans ma ou plutôt dans mes valises et je me souviens une fois encore de Marie au Cambodge partant avec ses trois enfants pour fuir les Khmers rouges. Une heure pour choisir : nourriture, médicaments, bijoux, fringues, crèmes… Je l’ai déjà écrit sur ce blog je crois mais c’est vrai que ça m’avait remuée autant que des choses bien plus terribles dans son récit. (Tourments et merveilles en pays khmer. Actes Sud). Bref j’attrape des livres qui trainent depuis des semaines, des mois. Parmi eux Mouvement de Philippe Sollers (Gallimard) lu aux trois quart. Dans la maisonnette je le feuillette. Décidément j’aime cet écrivain pourtant si souvent hermétique. Je vous livre des morceaux choisis assez en accord me semble-t-il avec l’air du temps.
C’est de Wen Zhengming … sous la dynastie des Ming

Dix jours loin des affaires du monde
A me promener devant ma fenêtre
La lumière du soir succède à la bruine,
Le froid s’attarde sur les terres brumeuses,
Au réveil le café prend une saveur nouvelle
Dans ce calme, les livres ont un sens plus fort
.

Sollers a, précise-t- il, simplement remplacer thé par café

Autre morceau choisi, en fait sans lien avec notre présent sauf que cela traite du passage des saisons et se déroule encore en Chine. Et puis j’aime ce genre d’affirmations péremptoires…

Le pin, le prunier, le bambou, le chrysanthème sont subtils, endurants, indépendants. Les oiseaux qui leur correspondent sont les goélands, les aigrettes, les oies et les canards sauvages. On passe du parfum discret de l’hiver-printemps au parfum tardif de l’automne. La grande fleur concurrente et éclatante est, bien entendu, la pivoine, qui, elle, est comparée au phénix ou au paon. Qui n’a pas vu un massif vibrant de pivoines, en sortant de la visite, en Chine, d’un tombeau froid de l’époque Han n’a rien vu.
Que celles et ceux qui ne sont jamais tombés en pâmoison devant des pivoines quittent ce blog ! Non je plaisante. Vous n’êtes pas assez nombreux pour que je vous vire …

Commentaire de Théi
Je peux rester sur ce blog car je suis tombée en pamoison devant les extraordinaires pivoines du jardin de bagatelle il y a quelques années et je continue d admirer une pivoine arbustive que j ai plante à auriac en 2011 t qui a mis six ans pour donner sa première fleur . Rose , veloutée, charnue j ai joui de ce jaillissement de beauté…

 

 

 

 

C’est ballot !

Il n’y a plus de gels hydroalcooliques en pharmacie mais Alleluia ! le décret – il fallait  au moins ça – autorisant la fabrication par nos apothicaires est sorti. Mais, c’est ballot, il y a  rupture de stock de glycérine. De toutes façons, conclut ma pharmacienne, pour produire du gel hydroalcoolique qui nécessite de l’alcool à 90°, il faut faire une déclaration en douane. Donc basta. Là encore on félicite les responsables de notre santé : des fois que dans nos bonnes officines on se mette à pratiquer la distillation dans un alambic dormant au grenier pour faire de l’eau de vie. Non ! il ne sera pas dit que la « machine à saouler » ressuscite sur notre territoire.
L’alambic, avec ses récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux, gardait une mine sombre ; pas une fumée ne s’échappait ; à peine entendait-on un souffle intérieur, un ronflement souterrain ; c’était comme une besogne de nuit faite en plein jour, par un travailleur morne, puissant et muet. L’Assommoir Zola

L’idée générale c’est : ne prendre aucun risque. L’ère de la précaution. C’est ainsi  que la phagothérapie dont je vous ai déjà parlé (mais je remets le lien sur mon article dans Libération bien qu’il ait été raccourci et soit donc incomplet)  est interdite en France. L’ANMS (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) proteste que  : non elle ne l’est pas ! Il faut faire une demande. Oui sauf que aucun médecin ne s’y emploie ( ils ont peur  me souffle l’un d’entre eux dans un hôpital, peur  d’un procès et même d’aller en prison ! ), exception faite pour des cas où le pronostic vital est engagé, cas très rares et très médiatisés . Je dois donc après la Géorgie aller à Bruxelles  où l’hôpital militaire de la Reine Astrid peut pratiquer cette technique maintenant légale en Belgique.  Sauf qu’ils sont débordés par l’effervescence cororonavirale et ne peuvent plus a priori me recevoir. C’est ballot.

Lien Libération
https://www.liberation.fr/france/2020/01/21/phagotherapie-la-revanche-des-virus-guerisseurs_1774404

 

 

Coucou ! des haïkus …

Photo Brigitte Mougin

Sa;lon en effervescence
jeunes gens concentrés
Coucou !   des haïkus

A la Japan expo, Marseille Chanot,  dans une atmosphère  joyeuse mais peu propice à la réflexion, quelques jeunes gens écrivent pourtant leurs premiers haïkus. L’atelier est menée par Dane Cuypers sous la houlette de l’association Patrimoine en partage. On leur avait souligné le caractère souvent irrévérencieux du petit poème en 3 vers et 17 syllabes (5,7,12). Ils s’en sont saisis.

Une main à la bouche
Pour ne pas le propager
Ce coronavirus

 Arrivé à temps
Un souffle de soulagement
Assis aux toilettes

Pour moi c’est fini
Ces longues soirées éméchées
Jusqu’à la prochaine cuite

 M’assoir fatigué
Aïe ! je l’ai enfin trouvée
Cette télécommande »

Rien n’est éternel
Quand je vois tous ces zéros
Sur mon compte en banque
Daniel

Au milieu de la foule
Une jeune sorcière sans balais
Toute de bleu vêtue
Ambre

Le croissant se noie
Sa forme polyvalente
Perdu dans la nuit
Lucile

Et pour finir, Extrait de Découper le silence, Regard amoureux sur le haïku, de Jeanne Painchaud, Montréal, Éd. Somme toute.
Printemps
une brise embrasse mon visage
au moins elle!
Louis-Philippe Chénier

 

 

 

 

Jean Daniel : entre l’ombre et le soleil

J’ai rencontré Jean Daniel à l’automne  2014. J’écrivais un livre où je racontais les coulisses des grandes interviews que j’avais réalisées tout au long de mes années de travail. Et j’avais eu envie de conclure par un entretien  actuel avec mon modèle  journalistIque : Jean Daniel. Ce fut très  difficile à mettre en place. Je n’avais pas de média mais un projet de livre et le fondateur du Nouvel Observateur  était déjà très affaibli. Mais cela a fini par marcher et je me souviens de mon état mêlé de stress et de joie quand j’ai monté l’escalier qui menait à son appartement.  lI m’a reçu avec  gentillesse et humour. Il a aimé ce que j’avais tricoté  de nos deux heures. L’interview est inédite et je pense par moments émouvante :  ainsi quand il parle de la mer, du soleil, de Camus, d’Edgar Morin, de sa mère, de ses rêves d’écrivain. Mon livre Avec toute mon admiration est paru chez un pseudo éditeur. L’interview est donc quasi inédite. Un extrait ci-dessous et tout le texte en cliquant sur le lien tout en bas

DC. Je reviens à votre écriture. Quand vous parlez de la Méditerranée, du soleil, de la mer, il y a des moments où vous n’avez rien à envier à Camus. C’est la même sensualité, la même ferveur. Vous le savez…

JD. C’est la même genèse. Dans une interview un peu méchante, on m’a demandé : Est-ce que Camus vous gêne ? S’il n’avait pas été là, je ne sais même pas si j’aurais eu la force d’être Camus… d’être lui.

DC. Je ne comprends pas !

JD. Je veux dire que je n’avais pas les atouts. Nous avions les mêmes aptitudes, mais moi à un niveau inférieur.

DC. Ecoutez, je vais prendre un exemple dans « Les Miens « .  Vous parlez dans le chapitre sur Matisse du rapport entre l’ombre et le soleil, avec les persiennes – et cela m’a particulièrement touchée car je suis amoureuse des persiennes. Et vous dites, ce que personne ne dit jamais, que dans ces pays- là on fait semblant de lutter contre le soleil : en fait on joue avec. Quelle belle idée que les femmes jouent avec ça, ferment les volets, les ouvrent à nouveau… je ne sais plus comment vous le racontez mais c’est très bien, très fort.

JD. L’été incarne deux magnificences différentes: la lumière et la chaleur. La magnificence est aussi dans le fait qu’elles sont obligées de lutter l’une contre l’autre.

DC. Ah oui ?

JD. Dans les maisons méditerranéennes que j’ai habitées, rien n’était plus étudié que la protection contre le soleil. Il y avait toutes sortes de persiennes. Le matin, il y avait deux heures où on les ouvrait. Mais le reste du temps ! Vous allez chercher la lumière, vous trouvez la brûlure. Si vous avez la fraicheur, vous n’avez pas la lumière. Si vous n’avez pas la lumière, vous n’avez pas Matisse. Et si vous n’avez pas la chaleur, vous n’avez pas Gauguin. La lumière, Matisse est allé la chercher à Tanger. A Tanger ça change tout le temps. C’est l’Atlantique et la Méditerranée en même temps, les vents changent trois fois par jour de direction. Ça donne une sorte de folie aux gens. C’est l’une des villes les plus déroutantes, les plus attachantes, les plus éprouvantes qui soient.

DC. La mer, l’océan, l’eau, c’est plus qu’important pour vous, c’est essentiel, vital. C’est là, dans les bains à l’aube, en Tunisie ou à Porto Ercole, en Toscane, un de vos lieux chéris, que vous connaissez ce que vous appelez vos « convalescences- renaissances». J’ai noté: «Les bains, à peine trop froids, ressemblent à des rêves d’enfance ». Ou bien : « Ce passage de la nuit lourde et poisseuse à l’aurore à peine fraîche dans une eau vive ; cette évolution dans un élément qui délivre du poids de l’âge, des impuretés, de la chaleur ; cette sensation que l’on fait partie intégrante d’un vaste ensemble, d’un immense équilibre naturel: tout fait de ce moment une grâce. «A bliss» dit Wordsworth.

JD. Il y a un texte que je peux dire réussi, oui, c’est celui sur Marie Susini.

DC. J’ai relu ce chapitre il y a quelques jours. Il est superbe. Parfaitement abouti. Je me souviens d’un passage où vous dites, je crois, que l’écrivain Marie Susini, votre premier grand amour, semble atteindre un moment d’équilibre, que soudain, et de cela je suis sûre, elle « coïncide avec son destin ».

JD. Oui, c’était aussi un moment de grâce dans sa montagne corse. J’en ai d’autres, moins loin, au Musée Rodin. J’habite tout près. Il m’arrive souvent de m’approcher assez près des statues. J’ai toujours admiré les corps. Une fois j’étais à côté de la fameuse et audacieuse statue de femme, dont la chevelure est un prolongement du corps, à la fois abstraite et sensuelle. Ce jour-là il y avait une sœur, une moniale, et je n’ai pas écrit que cette moniale était tellement adorable elle-même, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas osé écrire dans mes Carnets ce moment volé, comme interdit, cette conjonction de la beauté de l’œuvre et de la réalité – son doigt semblait trembler sur la statue. Je suis revenu et j’étais gêné…

interview inédite de JD entière
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Pagnol : aux sources de son écriture

Contrairement aux idées reçues, Marcel Pagnol travaillait beaucoup, même s’il pouvait aller très vite pour boucler un tournage par exemple. Mais la langue était son beau souci. Elle l’est devenue plus encore quand il est rentré dans l’écriture de ses souvenirs. Il a tout de suite senti que le niveau d’exigence se haussait de quelques crans.
Les manuscrits de La Gloire de mon père et du Château de ma mère permettent d’accéder à cette attention sans faille, cette opiniâtreté même, pour être au plus près de ce qu’il veut transmettre : les merveilles et les tourments de l’enfance. C’est à cette découverte – après leur édition aux Saints Pères – que vous invitent le jeudi 27 février Nicolas Pagnol, son petit fils, Karin Hann, l’auteure d’ Un autre regard, un superbe livre sur ce thème, et l’éditrice Jessica Nelson. En présence de la présidente du pays d’Aubagne et de l’Etoile. Cela se passe à Aubagne bien entendu.
Au programme agencé et orchestré par Floryse Grimaud : vernissage, rencontre à trois voix, musique, dédicaces, cocktail. Entrée libre . Le Petit Monde de Marcel Pagnol à 16h. La galerie Argilla à 18h. Entrée libre.

On clique ci-dessous pour plus d’infos
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Un lieu et des sous …

Cinquante minutes vives, vivantes, vivifiantes ! Dernière création d’Edith Amsellem, Virginia à la bibliothèque convoque l’écrivaine britannique Virginia Woolf dans l’un de ses essais les plus célèbres,  Un lieu à soi – c’est ainsi que Marie Darrieussecq a intitulé la récente traduction qu’elle a fait de Une chambre à soi, dommage à mon sens. Mais enfin l’essentiel est que la metteure (ou metteuse ?) en scène donne à ce plaidoyer pour l’éducation féminine beaucoup de force et d’actualité. Elle le fait avec une belle inventivité et plein d’humour et que cela se passe au milieu de vrais livres de la bibliothèque de l’Alcazar pimente le spectacle. Anne Naudon semble se régaler à jouer l’équilibriste sur les étagères, à naviguer entre les piles de bouquins . Nous aussi. J’ai lu et aimé ce texte il y a bien longtemps ( d’où mon attachement au titre) et j’avais oublié que l’auteure de Mrs Dalloway précise : pour qu’une femme puisse écrire il lui faut une chambre à soi … et de l’argent.  Je ne peux qu’opiner opiniâtrement du bonnet.
Dernière soirée ce samedi 8 février, Alcazar, 20h30, 6 à 13 euros

Atelier d’écriture avec Virginia Woolf

J’AI TESTÉ POUR VOUS : C’EST TOUT BON …

Atelier d’écriture La Criée – Virginia à la bibliothèque
Émancipation féminine et place des femmes en littérature

Avec La Plume et l’Image, suivre un atelier d’écriture conçu et animé par Anne-Claude Thevand en écho au spectacle Virginia à la bibliothèque d’Édith Amsellem, d’après Une chambre à soi de Virginia Woolf, représenté les 28 et 29 janvier à la bibliothèque du Merlan et du 4 au 8 février à la bibliothèque de l’Alcazar.

Le thème de l’émancipation féminine est cher à Virginia Woolf. Son essai Une chambre à soi et sa fiction épistolaire et pamphlétaire Trois Guinées en témoignent. En hommage aux écrivaines passées à la trappe parce que femmes, nous écrirons sous forme épistolaire le désir et la nécessité de l’émancipation féminine.
Tous ces ateliers d’écriture La Criée s’adressent à tous, quelle que soit votre pratique de l’écriture. Ou votre absence de pratique !

Jeudi 23/01/2020, 18h30 – 20h30

La Criée, Studio du port, accès par l’entrée des artistes
30 quai de Rive-Neuve, 13007 Marseille
Inscriptions : 06 75 00 51 54 (Anne-Claude THEVAND) – contact@laplumeetlimage.fr
Tarif 12, 10 ou 8 €

Prochains ateliers d’écriture à La Criée

06/02 Giono Hommage à la nature et à l’humanisme – ACT
05/03 Quasi niente Interroger notre mal-être collectif au monde – JPG
19/03 1001 nuits Regards croisés sur le pouvoir de l’imaginaire – ACT

Jean-Paul Garagnon, Anne-Claude Thevand, Michel Martin-Roland
Le programme complet ici.

Mais non …

Mais non ! ce n’est pas foutu du tout pour de bons vrais cadeaux de Noël. A touts âge un livre y a que ça de vrai.
Marseillaises, Marseillais, pour les gamins arrêtez de chercher, vous faites peine… Au Poisson Lune (117 Bd Baille, au métro Baille) Guillaume, Jean-Gabriel  pigeront illico votre demande et feront surgir instantanément les livres qu’il vous faut – ils ont un côté prestigiditateurs ces jeunes gens !

Françaises, Français, pour vos papas-mamans-pépés-mémés-tatas-tontons et potes faites confiance au  Choix livres France culture  sur leur site. On a envie quasi de tout. Ce n’est pas du vu et revu : ce sont les choix très personnels, très enthousiastes des animateurs de la radio.

AtmoTsphère
vous souhaite de douces et joyeuses fêtes

Photo Aline Barbier