« La vague plutôt que l’écume… »

Gibraltar – Un Pont entre deux Mondes, un titre qui fait rêver et qui tient ses promesses. Deux fois par an, récits, reportages, témoignages, fictions, bandes dessinées explorent les deux rives de la Méditerranée : cultures, histoire, sociétés, environnement. Epatant pour l’été, pour,  comme on disait à une époque, ne pas bronzer idiot – mais bronzer n’est plus très in the mood. Par contre les mooks le sont : ces revues riches et de fond et de forme, entre magazine et livre, pour un grand public exigeant et curieux, paraissant deux à quatre fois par an, font florès à la suite de XXI. Le fondateur et rédacteur en chef, Santiago Mendieta, qui fait vivre Gibraltar, sans publicité ni groupe éditorial, soutenu par ses lecteurs et des libraires indépendants, fait sienne la devise de XXI : “S’intéresser à la vague plutôt qu’à l’écume” .
La mer justement. Gibraltar reste pour moi un souvenir lointain d’un voyage en Espagne, et l’image très forte d’un lieu sauvage, ouvert à tous les vents, à tous mes désirs de jeune femme… Un brin nostalgique, je plonge donc dans le numéro 5. Fiction. Alger-Marseille, 1935, 1962 avec deux regards d’écrivains sur l’Algérie : Yasmina Kadra et Benoît Séverac. Enquête. Le Sahara occidental, une histoire qui n’en finit pas et qui n’intéresse  plus personne, hormis les intéressés, à savoir la population sahraouie. Elle désespère d’une résolution du conflit entre nationalistes du Front Polisario et royaume du Maroc, et vit, survit dans une constellation de camps. Belles photos et beau texte de Georges Bartoli. Dossier.  Palestine-Israël,  pour se souvenir, pour faire le point : les dates clés, le mur, le camp de réfugiés de Chattila, le récit de la démolition d’une maison. Mention spéciale « espoir » pour « Les accordeurs de paix », de Marine Vlahodic : Zamir l’israélien et Sameh le palestinien, tous deux accordeurs de piano, échangent par internet depuis des années sans s’être jamais rencontrés jusqu’au jour … Un accord de paix à deux « composé de  marteaux, cordes, chevilles, touches, meubles, mécanismes.. » Citons encore aussi le reportage  Voyage en Pagnolie , d’Hubert Prolongeau qui nous propose une déambulation à travers les sentiers de l’arrière-pays d’Aubagne, sur les pas de Marcel Pagnol. On apprend qu’il n’est pas autant l’enfant chéri du pays qu’on pourrait le croire et qu’il fut carrément oublié dans les festivités de l’année Provence-Marseille 2013 … Il revient en force sur la scène littéraire et cinématographique avec son petit fils Nicolas bien décidé à faire «  souffler un grand coup de mistral » pour redonner à son grand-père la place qu’il mérite sur la terre qui l’a vu naître On apprend aussi que l’auteur de Jean de Florette produisit un documentaire à la gloire du maréchal Pétain… (cela devient très dur de nos jours de pouvoir garder une admiration sans lézarde !).  Errare humanum est,  n’y pensons-plus : la balade dans les collines et dans ses oeuvres est bien une balade enchantée. Et encore :  bande dessinée. Lorsque l’île turque d’Heybeliada vivait son été grec … Et tout le sommaire sur :
http://www.gibraltar-revue.com
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