L'homme du parler-vrai

Depuis quelques semaines, j’ai dans mon sac un numéro de L’Obs (7-13 juillet 2016) avec Michel Rocard en couverture. Je voulais écrire sur lui, sur ce qu’il a représenté pour beaucoup d’entre nous dans les années 80/90. Il y avait Delors et Rocard : on s’en sortirait toujours… Je voulais écrire mais je ne me sentais pas particulièrement habilitée. J’avais renoncé et puis déboule il y a quelques jours l’ accusation de Jérôme Cazuac déclarant à son procès avoir ouvert un compte en Suisse pour financer les activités politiques de Michel Rocard. S’il ment, il ne l’emportera pas en paradis, et en tout état de cause l’homme du parler-vrai ne peut plus lui répondre. Et même s’il y a un fondement à son accusation  (et je ne le crois a priori pas), l’ancien ministre du Budget aurait dû la fermer. Dans le dossier spécial de L’Obs, Jacques Julliard écrit : Ces derniers temps, le grand problème de Michel était de savoir si on pouvait encore faire une politique honnête à l’époque de la communication. Cette question revenait continuellement. Avec la communication, la pub et vous autres journalistes, le « parler-vrai » est-il encore possible ? Voilà qui me semble une question primordiale. Dans le même numéro, Jean Daniel, qui était son ami, rappelle tout ce qui l’a lié à Rocard et souligne « le succès insolent » qu’il a rapporté en Nouvelle-Calédonie. Il conclut son édito ainsi : C’est encore plus dur de vieillir lorsque des gens comme toi, cher Michel, ont la mauvaise idée de nous quitter. Moi, ce que j’ai juste envie de dire de cet homme vif-argent, c’est que je me  sentais intelligente en l’écoutant, j’avais foncièrement confiance en lui, la tendresse de son sourire et la malice de ses yeux me faisaient fondre. Des propos de midinette ! Sans doute, mais les midinettes parlent vrai…

 

 

 

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