Malodorant

Un papier de Libé du 1er août consacre deux pages confites, avec quelques piques à fleurets mouchetés, à « l’incorrigible plasticien flamand », Wim Delvoye. Ce dernier expose une rétrospective de ses travaux au Mudam à Luxembourg jusqu’au 8 janvier 2017. Ce qui vous laisse largement le temps de vous organiser pour le découvrir. Car, non, vous ne pouvez pas passer à côté de son Trophy, scène de chasse en bronze figurant une biche et un daim en position du missionnaire, ni manquer les empreintes de rouge à lèvres faites par un anus, avant de tirer votre chapeau devant une kyrielle de statues antiques auxquelles un télescope a été incrusté entre les fesses. Commentaire de Libé «  Obscène et grandiose, le parcours du Mudam déroule avec une même cohérence un irrépressible tropisme scato » Comme c’est dit de façon charmante. Et donc, bien sûr, vous pourrez vous délecter du fameux Cloaca, machine à faire de la merde, œuvre odorante sur laquelle j’avais écrit un texte au moment où l’artiste avait expulsé cette chose. Mais le pompon, c’est l’interview du monsieur. Après avoir exposé en Iran, il projette d’y ouvrir un centre d’art. Il a acquis pour ce faire des « maisons protégées » entre Téhéran et Ispahan : « Il y a certes beaucoup de problèmes en Iran, mais en ce qui concerne les droits de l’homme, c’est moins grave là-bas qu’en Belgique (…) », dit-il sans rire. A la remarque de la journaliste Clémentine Gallot « la lapidation y est tout de même légale… » il répond : « Oui mais je n’ai rien vu de tel. Tout est bien organisé et efficace. » Des propos qui puent.

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Cloaca

Une pensée sur “Malodorant”

  1. Intriguée par tes commentaires, je n’ai pas manqué d’aller voir les oeuvres du Monsieur, bien sûr, bon c’est un artiste… dans le sens où ce que j’admets des artistes est qu’ils sont (forcément) hors normes, (très) souvent provocateurs, qu’ils se fichent en règle générale de ce qu’on peut penser d’eux surtout si ça peur leur rapporter de l’argent, et que leur ego est ma foi relativement conséquent. J’ai noté une de ses oeuvres pour le moins originale, comme le reste : un homme vivant… Sa femme ne pourra même pas le faire empailler.
    Bon été !
    TIM STEINER (Suisse, 31 ans) 2008

    Pour faire suite aux cochons tatoués, Wim Delvoye est allé jusqu’à faire du dos d’un homme, une œuvre d’art. Il a fait faire sur son corps, le même tatouage qu’un de ses cochons. Le travail a duré 35 heures pour dessiner une madone surmontée d’une tête de mort. L’oeuvre a été vendu à un collectionneur Allemand, pour la valeur de 150 000 euros. Son acquéreur peut disposer de l’oeuvre 3 fois par an pour l’exposer et il peut le léguer ou le revendre contre n’importe quel autre bien. Apres le décès de Tim Steiner, la surface de son dos tatoué sera détaché afin de pouvoir la conserver.

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