La Shoah sur écran et sur scène

Je n’avais pas osé il y a quelques années interviewer le sonderkommando avec qui je roulais dans un bus, de retour d’une visite-pèlerinage avec des Juifs et des Arabes à Auschwitz… Il me semble qu’il y a effectivement des choses qui demandent à rester dans le silence. La critique sur Le fils de Saul, le film de Lazlo Nemes qui porte à l’écran l’un de ces juifs chargés des chambres à gaz, est, elle,  enthousiaste, à la seule exception dirait-on de Libé qui aujourd’hui, mercredi 4 novembre, s’interroge sur une telle unanimité et met justement en question une bande-son coup de poing, voire racoleuse, interdisant selon le journal toute réflexion. Hier soir au si joli petit théâtre de Lenche (40 ans d’âge ) à Marseille, j’ai vu un spectacle Schnell Schneller qui mettait en scène la Shoah avec un montage inspiré par les mots de Primo Levi, Robert Antelme, Charlotte Delbo, Pasolini à un jeune metteur en scène Frank Dimech. J’ai d’abord été gêné par la gestuelle des trois comédiens et leur phrasé hâché, syncopé, étouffé, et puis ils ont réussi à me faire entrer dans ces zones infernales où sont broyés les corps et les âmes. Le décor minimaliste, brasero, chaises, clavier d’un piano en hauteur, et sur lequel à tour de rôle les acteurs jouent quelques notes, porte le tout.
Avec : Peggy Péneau, Maxime Reverchon, Laurent de Richemond
Du 3 au 7 novembre 2015. Théâtre de Lenche. 20h30. Réservations : 04 91 91 52 22

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