Chouette !

Mon écrivain préféré vient d’avoir le prix Nobel de Littérature. Par Françoise Blesson. Quel bonheur pour ceux qui vont le découvrir! Il y a d’abord, cette parole hésitante, ce manque total de prétention à une époque ou l’on aime le clinquant et le verbe brillant; et puis, et surtout, il y a cette oeuvre doucement mélancolique, qui nous invite, à chaque roman, à un mystérieux voyage dans le passé, au travers d’un avis de recherche dans un vieux journal, d’une silhouette croisée dans le métro, d’un numéro de téléphone  au dos d’une photo oubliée.. Et voici qu’au delà du quotidien, on bascule dans l’étrangeté de la vie; cette vie, ce passé,  qu’on appréhende, toujours, de façon morcelée, et dont  Modiano essaie  sans fin, de reconstituer le puzzle – même s’il sait, tout comme nous, qu’il lui manquera, toujours, des pièces. Et c’est dans ce manque que réside la beauté de son oeuvre.

Dernier dimanche d’octobre lumineux. Déjà, dans l’instant, on le regrette. Tous les Parisiens sont là aux Tuileries,  sur la voie royale au sol poudré . Ils ont sorti leurs lunettes de soleil ou ferment les yeux, extatiques, allongés sur les chaises  autour des plans d’eau. Les enfants poussent et tirent les voiliers avec la longue baguette en bois. Je travaille sur Philippe Sollers en ce moment et je repense à cette phrase de lui  :  » Des visages heureux sortent du Luxembourg. Les grands marronniers dans le ciel clair. »

 

 

 

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