Poor lonesome star

            « Somewhere » de Sofia Coppola                            

Quelque part du côté de Los Angeles, un trentenaire mal rasé, Johnny Marco, (Stéphen Dorff), ne fait rien. Du moins strictement rien qui justifie les égards dont il jouit… dont il somnole serait plus juste. Le beau mal rasé au regard de chat qui aurait les yeux bleu,  mate depuis son lit king size, et sans passion aucune, deux call girls blondes qui virevoltent érotiquement autour d’une barre verticale et télescopique. Il  faut dire qu’il a beaucoup picolé la veille et  s’est  brisé un poignet en s’affalant dans les escaliers de son hôtel. Pas n’importe lequel, d’hôtel,  le « Château Marmont », un palace pour star, apparemment. Sans doute doit-il être un acteur célèbre cet homme là, puisqu’ entre deux soirées éthyliques, après avoir  satisfait  laconiquement les désirs de quelques barbies en rut,  il suscite  l’enthousiasme  de la presse même s’il n’est pas fichu d’aligner  plus de deux monosyllabes  d’affilée.

Bref, il tourne à vide, et nous avec, en temps réel car les plans sont longs, très longs, pendant près d’une heure… Et puis sa fille arrive, à demi larguée par sa mère, Cléo (Elle Fanning),  une merveilleuse enfant femme de onze ans ; aussi laconique que son père ; aussi vive, gracieuse, efficace , adulte, qu’il semble assommé, déliquescent, puéril.

Alors, elle est tellement belle, et forte, et fragile. Elle a ce regard et ce silence, sur son père, quelque chose qui traverse, et intuitivement sait, et souffre, et rit et joue, et pleure, et rit aussitôt, pour lui faire plaisir, parce qu’elle l’ aime  ce père. Alors, nous aussi, on commence à l’aimer. La vie ordinaire d’une star hollywoodienne entre deux tournages ? Le regard tendre-amer d’une grande fille sur son père ?

Et alors quoi ? vous demandez vous ? On y va ou pas ? Si vous appréciez les films d’action, ne supportez pas les séducteurs désabusés, immatures, paumés,  et pleins aux as, fuyez !

Sinon… allez-y. Quelque chose dans ce film m’a charmée, et me poursuit. Vous me direz.

Une pensée sur “Poor lonesome star”

  1. Comment dire … On le sent bien, le vide, le rien, la vacuité, on le plaindrait presque si on ne s’ennuyait pas autant. Et puis pendant les longs plans fixes on a le temps d’avoir l’esprit qui vagabonde, et là, pan, vous voilà en train de penser à votre propre père ! selon qu’il était plus ou moins nul illico si c’est le cas vous avez des regrets de n’avoir pas eu ce père-câlin, même légèrement débile, ce père qui touche sa fille. Et puis, je ne la dirai pas bien sûr, mais la fin rattrape quand même le film, non ?

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