J'aimerais assez …

Il neige. Décembre. Je ne sais pas vous mais moi j’aimerais assez cette atmosphère, j’aimerais assez regarder les gens qui pressent le pas tout emmitouflés – on a envie d’écrire avec des clichés et d’illustrer avec un dessin pour un livre de lecture années cinquante –   j’aimerais assez les marrons chauds et la neige. Seulement voilà, il y a les SDF. Il fait trop froid. Je ne vois pas comment ils peuvent supporter ça. Vous leur parlez, vous leur donnez une pièce, le Samu neuf fois sur dix ils en veulent pas et quand ils veulent,  le 115 vous n’arrivez pas à le joindre. Vous réessayez. Et puis vous oubliez. Cet après-midi j’ai été acheter un rouge à lèvres aux Galeries Lafayette, la fille a proposé de me maquiller gratuitement, c’était chouette elle m’a fait des cils de Betty Boop. J’ai oublié le vieux qui tremblait à quelques mètres du Café de la paix à l’Opéra.  Je ne sais pas s’il voulait qu’on vienne le chercher , il ne parlait pas un mot de français, il était vieux et il tapait du pied pour se réchauffer.  J’y ai repensé ce soir.  J’ai appelé. On m’a informé de huit minutes d’attente qui se sont transformés en quinze. J’ai réessayé deux fois et puis j’ai fait cuire des patates sautées

Il doit y avoir quelque chose à faire : un impôt volontaire une seule fois  pour construire des lieux où il y ait des psy, de la bonne cuisine, de la gym et tout le reste …

J’ai eu un gars du 115  à 22h00. Ils ont quinze véhicules pour sillonner Paris. Oui ils arrivent à aller sur tous les signalements. Non il n’y a plus assez de place à cette heure-là dans les centres d’hébergement.

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