Delon : arrogant, un peu autiste, craquant !

Il a toujours ce sourire confus et orgueilleux à la fois qui m’a toujours touchée. Il est  l’invité de « Ce soir ou jamais ». Je renonce à me coucher de bonne heure. Et puis mes amis se sont si souvent offusqués ou au moins moqués de mon attirance (c’est une litote) pour ce beau gosse, acteur surdoué…  Frédéric Taddeï va peut-être m’absoudre de ce péché. Le fait est. Le journaliste – assez doué lui aussi –  réalise une très belle interview (très construite, avec une hypothèse selon laquelle  l’homme et l’acteur ont cultivé un mythe du héros tragique) , un entretien de fan absolu, interrompu sans arrêt par un Delon parfaitement égal à lui-même :  écorché, arrogant, d’une pièce, incompréhensible, légèrement autiste, craquant. J’ apprends des tas de choses : qu’il était un jeune prodige du piano mais que sa carrière s’est interrompue le jour où sa mère lui a claque l’instrument sur les doigts, qu’il jouait aux gendarmes et aux voleurs dans la cour de la prison de Frènes où il entendu la salve qui a fusillé Laval, qu’il a vu « Touche pas au grisbi » rue Catinat à Saigon en 1953,pendant sa rude, et fondatrice dit-il,  période Indochine, sans  savoir qu’il serait bientôt sur les écrans du monde. Les extraits de films sont pur plaisir : Le Guépard qui ressort en salles, Rocco et ses frères ( l’acteur a les larmes aux yeux  en évoquant Annie Girardot qui n’est plus que l’ombre d’elle-même), Mélodie en sous-sol, Borsalino, Notre histoire, Mr Klein. Entre autres. Une sacrée soirée avec un monstre sacré qui n’en est plus un quand il avoue ne plus être de son siècle ou quand il remercie, de tout son cœur on le sent bien,  son intervieweur qui a su mettre en relief ses fragilités et le noyau dur de sa personnalité.

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