EN NOVEMBRE ECOUTE ARTHUR RUBINSTEIN

Il est temps pour moi de m’y remettre et de m’y tenir ! je parle de ce blog qui désormais prend place dans un site grâce au talent et à la générosité de Katia et Fabrice.

M’y remettre donc. « Vous avez de grands desseins, ayez de petites habitudes ça aide ! » Je tire ça du « Dictionnaire amoureux des petits plaisirs »signé Alain Schifres dont je suis depuis quelques années amoureuse ! (pas de l’auteur, du livre ; encore que.) Ecrivant la nouvelle version de  « Question de style », j’ai retrouvé cette citation et bien d’autres car mon livre est truffé d’extraits délicieux de cet homme talentueux à l’écriture féroce et tendre – qui a parlé comme lui de la nuque des femmes, du petit matin ou du galop  de la vache ? ne cherchez pas, personne.

Cette réécriture m’a occupée bien sûr mais pas tant que le festival « Visages du Cambodge » à L’Entrepôt fin septembre où peut-être vous êtes venus ! Sur le site vous retrouverez les moments-clés de ces quatre jours de cinéma, de débats, de rencontres, de retrouvailles qui ont réuni spécialistes, amoureux du Cambodge et  communauté cambodgienne. Que tous soient remerciés de leur présence et de leur gentillesse – cette dernière qualité étant à mes yeux et  comme j’avance en âge ! de plus en plus essentielle.

Mais c’est pas tout ça : voilà novembre … Je laisse la plume à François Reynaert, à nouveau un extrait de « Question de style » dans le chapitre Figures de style : « Prenons un cas extrême, une béance de tristesse dans la terre déjà aride de notre morne condition humaine, une horreur que les hommes ont à subir depuis la plus haute Antiquité : novembre. »

Cette suite d’hyperboles négatives s’appelle une  tapinose .  Si si. L’évocation de novembre est  un peu excessive – c’est la figure de style qui le veut-  mais finalement pas tant que ça. Enfin, consolons-nous avec  la rousseur des feuilles ( j’étais en forêt ce week-end tout était d’un vert étrangement printanier pourquoi ? ), les flambées dans la cheminée ( dans mes rêves), les poches de marrons brûlants (à ma portée)  et … les livres, les livres, les livres …reportez-vous à LIRE. Le cinéma aussi bien sûr. Si vous n’avez pas vu le film coréen « Poetry », courez-y. Puis-je par ailleurs oser vous raconter que je  me suis ennuyée à « Des hommes et des dieux ». Oui,  on sait, d’accord, c’est comme ça, dans un monastère, la répétition des gestes et des jours,  dans une lenteur sensée vous transformer en une vaste plaine de sérénité que les ouragans du désir ne balaient plus– eh bien non  je n’ai pas été baignée par la « haute spiritualité » qui  émane de ce film,  m’avait-on dit et redit. C’est juste la relation d’une triste affaire, un des nombreux drames des années noires en Algérie. Et la scène finale qui voit les moines  grelottant disparaitre dans le paysage enneigé pour être exécutés  elle apporte quoi ? Sinon l’illustration de la barbarie des hommes renforcée par une foi fanatique.  Michel Lonsdale le dit à un moment fort bien et il est fort bien pendant tout le film d’ailleurs . Quel acteur qui s’en sort avec panache de cette suite de beaux plans sur l’Atlas, les villageois, les travaux quotidiens, entrecoupés avec une fastidieuse régularité de métronome (comme au monastère) par les cantiques qui n’ont pas réussi ainsi que  je le disais à l’instant à élever mon âme – ni celle de ma copine Brigitte encore plus mécréante que moi ! Vous avez le droit de réagir …

PLUS GAI. « Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi heureux que moi » affirmait crânement  Arthur Rubinstein sur Arte lundi 25 octobre. En s’excusant toutefois d’être présomptueux. C’est peut-être la troisième fois que je vois ce film  mais comment s’en lasser ? il disait aussi le grand musicien : «  Un homme ne peut pas être heureux s’il n’a pas été triste. «  Comment saurait-il qu’il est heureux sinon ? ajoutait-il en substance.

 

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