La clé de la voix …

La Clé de la voix est un podcast qui vous aide à améliorer votre voix. Clémentine Coppolani  chanteuse, coach vocal et formatrice depuis 2008 en est la créatrice. J’ai été plusieurs fois chez elle travailler et je suis repartie  sur un petit nuage vocal et moral…
En rééducation après un accident,  Clémentine n’a pu reprendre son métier qu’elle exerce depuis 12 ans mais elle a trouvé un chemin de traverse  pour continuer à transmettre sa passion du chant, pour nous aider à révéler notre voix. Elle a eu l’idée de recevoir des invités  pour leur demander de raconter l’aventure de leur voix, comment ils l’ont découverte, la façon dont ils la travaillent, les conseils qu’ils peuvent donner à des professionnels, mais aussi à des gens comme vous et moi qui ont ce désir de s’exprimer par le chant. Au programme : astuces,  anecdotes sur la voix,  le trac, la scène, la carrière d’artiste…

Son premier entretien avec la chanteuse de jazz Sarah Lancmann s’écoute avec beaucoup de plaisir. Celle-ci est de toute évidence heureuse de partager son histoire qui commence à 8 ans quand on lui découvre des nodules sur les cordes vocales ! Mais depuis  la jeune femme  a trouvé sa voix  qui coule comme l’eau vive d’une rivière (c’est sans doute la chanson du film L’eau vive qui m’est venue). Elle nous donne ses trucs sur son échauffement, et en l’occurence boire beaucoup d’eau,  chanter dans sa salle de bains où ça résonne bien, nous recommande un site ou bien la Tisane des chanteurs ( chez le  Père Blaise pour les Marseillais), souligne l’importance du corps et des émotions … En bien sûr on écoute deux extraits de son dernier album Parisiennes dont une interprétation de L’hymne à l’amour de Piaf ou
comment se servir de la lecture pour s’approprier une chanson.

Tout cela sur les plateformes d’écoute  : Itunes / Apple Podcast / Spotify / Google Podcast / Podcast Addict / Stitcher / Deezer  / You Tube
On peut aussi  commander un  kit de souffle  ou  avoir des conseils personnalisés d’après un enregistrement audio ou vidéo sur le site La Clé De La Voix. Et c’est l’ occasion de découvrir la magnifique chanteuse corse  qu’est  Clémentine Coppolani

Prochain épisode en ligne mercredi 9 décembre : le lien privilégié de Sarah Lancmann avec le public japonais, ses conseils, ses remèdes pour chanter lorsque l’on est malade, la méditation pour être ancrée avant de monter sur scène…

 

 

 

 

 

 

Plaisirs …

avec  :

le site littéraire de Michel Volkovitch : érudit, joyeux, débordant d’infos, un peu foutraque – ça ajoute au charme,. Il a beaucoup aimé Yoga d’Emmanuel Carrère. Moi aussi. J’en profite paresseusement et  le laisse vous en parler.
volkovitch.com

un excellent documentaire sur Arte tv,  L’aventure de l’écriture. Regardez avec vos enfants et proposez leur ensuite, munis de quelques pistes et mots-clés, d’inventer un récit d’aventure (textes et dessins) qui se passe en Egypte ou en Mésopotamie à cette époque. Je l’ai fait il y a belle lurette avec des gamins d’un « centre aéré ». Formidable.

Les chemins de la philosophie d’Adèle van Reeth sur  France Culture : découvrez, peut-être, comme moi,  dans les podcasts de l’émission  la langue merveilleuse de Gaston  Bachelard. La façon dont il évoque les mirabelles … c’est bel et bon.

 

D’accord ou pas ?

La Revue des deux mondes de décembre 2020 propose le dossier :  Contre la bien-pensance des intellectuels, George Orwell plus actuel que jamais.
Extrait  de l »édito de Valérie Toranian :
Désormais, la vérité n’est plus qu’alternative, la novlangue triomphe
partout, notamment dans l’écriture inclusive, illisible, qui creuse encore plus le fossé entre les élites et les classes populaires. L’appauvrissement de l’enseignement de la langue a été théorisé par les pédagogues de la rue de Grenelle depuis quarante ans. « Ne voyez-vous pas que le véritable but de la novlangue est de restreindre les limites de la pensée   », s’inquiétait Orwell dans 1984. Jean-Michel Blanquer aura fort à faire pour persuader son « mammouth » de remonter la pente constructiviste qui a abouti au score désastreux des petits Français dans les classements internationaux. De nos jours, deux et deux font rarement quatre, l’évolution et la raison sont évacuées de l’enseignement sous la pression d’islamistes qui vénèrent un ordre religieux totalitaire. Comble de l’indécence,
A lire pour réagir : d’accord ou pas ? Et laisser votre commentaire en cliquant sur le titre.  Une occasion aussi de  savoir si besoin  ce qu’est cette fameuse et un peu nébuleuse , à mes yeux, « common decency ».
En lire plus

autoportrait nébuleux … DC

Dimanche de semi-confinement sur l’esplanade du Mucem

 

 

 

Reflet .  DC

Trump en chansons …

INSUPPORTABLE ! UNBEARABLE ! était notre gimmick lors de nos conversations à New York dans un petit café au 71 Irving Place, à deux pas d’Union Square. C’est là que nous nous étions rencontrés Steve Radlauer et moi pour des breakfasts à nul autre pareil et nous avions convenus de nous voir pour improve, qui son français, qui son anglais. Tous les matin je rédigeais là un roman et je me sentais une écrivaine  à New York, ce qui me mettait dans un état d’excitation avancé !  Nous sommes restés en lien et j’ai reçu récemment par mail les 12 rock’n roll songs qu’il a écrites et interprétées dans sa chambre pour dire son dégoût de Trump, the plague, dit-il, la peste. Il ajoute que son chant est INSUPPORTABLE … Je ne crois pas ! même s’il n’est pas Sinatra. En tout cas c’est un témoignage musclé de la désolation des Américains qui viennent d’élire Biden d’avoir été affligé d’un tel président. En lien les chansons et en fichier les paroles – bonne occasion de travailler votre américain.
click !
ou
click2
Lyrics — Trump Songs — Steve Radlauer   paroles
Steve Radlauer est écrivain-journaliste. Il m’avait offert un de ses livres The historic shops and restaurants of New York : a guide to century-old establishments in the city. Epatant pour découvrir la ville autrement. Citons aussi Monsters of the Ivy League avec Ellis Weiner et Randy Jones sur les huit universités américaines les plus convoitées d’où sortent des leaders politiques et des géants économiques, mais aussi selon les auteurs des assassins, des pédophiles, des marchands d’esclaves …

New York fut pour moi un choc formidable. Comme pour beaucoup. Comme pour Simone de Beauvoir quand elle y atterrit, ou pour Philippe Sollers qui écrivit : « La ville, oui, est splendide, plaisirs verticaux, ponts, pontons, taxis immédiats, zigzagants, bonne musique de nuit, respiration large (…). J’ai des souvenirs de vitres partout, de joies transparentes, filtres bleus et verts, signaux légers de l’acier ».

New York et ses bancs essaimés un peu partout. Vous avez remarqué l’importance des  bancs, et plus encore quand les bistros ont tiré le rideau – oui je sais je l’ai déjà noté sur ce blog. Et j’avais aussi applaudi à la générosité « bancaire » à Tbilissi, vrai lieu de rencontres pour les Géorgiens. Il n’y en pas du tout assez à Marseille.

Et quand il y en a, ils sont trop souvent pris pour une poubelle. UNBEARABLE.

 

Privilège

Mucem le 11 novembre. Seule. La mer immense devant moi. Grande sensation enivrante de liberté . Privilège. Il se trouve que j’ai dans mon sac Surveiller et punir de Foucault. Et je pense aux prisonniers – une de mes terreurs enfantines, être en prison.  Et je pense aussi à ceux qui étouffent dans un trop petit logement pour le confinement.

Albert Cohen à Marseille : la naissance d’un écrivain

Tous les Marseillais, loin de là,  ne savent pas qu’Albert Cohen habita leur ville. Il avait cinq  ans quand il mit les pieds sur le Vieux-Port, ses parents ayant décidé de quitter la belle Corfou où l’atmosphère et les affaires se dégradaient. Il y restera jusqu’à ses 19 ans. C’est ici qu’il tomba amoureux de la langue française, c’est ici aussi qu’il découvrit la haine par la bouche  d’un camelot, c’est donc là que  son écriture et sa volonté de la consacrer à l’épopée de son peuple prirent racine.  Dans le cadre de L’invitation au voyage (Arte), le film de Renaud Cohen, avec Emmanuel Descombes à l’image,  Marseille, mère méditerranéenne d’Albert Cohen, parvient – en un quart d’heure c’est une prouesse – à nous faire vivre cette histoire. Sans oublier, le titre en atteste,  l’importance de la mère dans la construction du formidable écrivain qu’est l’auteur de Belle du seigneur.
J’y interviens…

Marseille, résume Jacques Gaillard, la ville de la mère, la ville de l’antisémitisme et la ville de l’ami. Si après ces 14 minutes, vous avez envie d’en savoir plus, mon livre vous attend  prêt à être clické et collecté : Albert Cohen , Marcel Pagnol, une amitié solaire, éditions de Fallois. Et si vous n’avez jamais lu Cohen, c’est le moment de commander Le Livre de ma mère ou Solal par exemple.

voir le film
Si le clic ci-dessus ne fonctionne pas, voici le lien à copier-coller
Invitation au voyage – Marseille / République dominicaine / West Hollywood – Regarder le documentaire complet | ARTE
et encore  :  à la télé sur Arte le 11 novembre à 16h30, le 12 novembre à 8h45 ou Arte tv pendant un bon moment.

 

 

De bons liens …

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Colette Renard nous a fait vibrer, elle nous a fait rire, nous a fait pleurer…
Elle nous a quittés le 6 octobre 2010 après une brillante carrière internationale de chanteuse, suivie de nombreuses interprétations au théâtre, au cinéma et à la télévision avec « Plus belle la vie ». Charlotte qui  partage avec elle  cette gouaille et cette tendresse  a  décidé de lui rendre hommage avec un tour de chant le 6 octobre à 21h30 au KIBELE, 12 rue de l’Echiquier, Métro Bonne Nouvelle.

L’entrée est libre,  chapeau à la fin. Consommation  requise; possibilité de dîner sur place avant ou après le spectacle de savoureux plats tuco-kurdes (0148245774)

De Bruno Pfeiffer dont il faut suivre pour leur qualité et leur sensibilité ses critiques blues et  jazz sur son blog, voici une interview de la si jolie môme Gréco, dont il dit qu’elle fut sa meilleure interview … ah Juliette, tu n’es pas près de sortir de nos têtes

http://jazz.blogs.liberation.fr/2009/08/05/juliette-greco-a-donne-le-2-juillet-aux-francofolies-de-montreal-un-concert-de-legende-accompagnee-au-pianode-gerard-j/
Très bel Hommage sur France Culture.  »  Trois petites notes de musique »  et on est parti…

L’écrivain irlandais Colum McCan éblouissant à propos de son dernier livre Apeirogon sur France Culture, (25 février 2020) . Ecoutez-le et et vous saurez ce que ce mot et ce qui agit vraiment un écrivain signifient. Je ne l’ai pas encore lu mais j’en meurs d’envie. En attendant  je vous envoie sur une belle critique des Echos
https://www.lesechos.fr/weekend/livres-expositions/apeirogon-le-livre-de-paix-de-colum-mccann-1240117

Epatant papier  sur le savon de Marseille en ces temps covidés où le petit café au soleil est interdit. Francis Ponge n’aurait pas manqué d’en faire l’éloge. C’est que rien n’est plus précieux que ce grand cube doré ou vert fleurant bon l’huile d’olive qu’il est bon d’avoir sur la table où l’on écrit, à côté d’une grosse pigne, pour en savourer l’odeur, tâter la consistance, caresser les lettres SAVON de MARSEILLE en rêvant au Vieux Port où débarquèrent, il y a longtemps, les Phocéens. La suite sur :

Eloge du savon

Sur Artetv, un passionnant reportage sur l’industrie pharmaceutique :  Big Pharma. Accablant pour Sanofi. Surtout si vous n’êtes pas d’accord ( comme dirait le magazine CAUSEUR),  laissez votre commentaire en cliquant tout en haut sur le titre « De bons liens ».

Chic ! un atelier d’écriture politiquement incorrect… organisé par La Plume et l’Image.
Son thème  : l’écriture sale. « Pour gratter la couche protectrice des paroles bienséantes. Une écriture à fleur de peau, loin de toute convention » commente l’animateur Jean-Paul Garagnon. Un atelier conçu autour du spectacle Mount Average, performance multimédia par Julien Hetzel.
Jeudi 8 octobre de 18h30 à 20h30
Théâtre de La Criée, Studio du port, accès par l’entrée des artistes,
30 quai de Rive-Neuve, 13007 Marseille
Inscriptions : contact@laplumeetlimage.fr  ✆ 06 10 69 15 92 – Tarif 14, 12 ou 10

Passions, un stage de chants traditionnels italiens, pour explorer le répertoire des chants de procession présents dans toute la Péninsule… Et ouvrir la voix à toutes nos passions chantantes. Troisième stage à Marseille proposé par Eléonore Bovon, spécialiste de ce répertoire pour l’avoir longuement étudié et pratiqué sous la direction de Giovanna Marini,et au sein du quatuor vocal Sanacoreau. Ouvert à toute personne passionnée, quel que soit son parcours musical ou vocal. Le travail est basé sur l’écoute, la créativité, la présence, la rigueur, la mémoire, et le plaisir de chanter ensemble, selon les règles de la transmission orale, par la répétition et l’imitation.
Théâtre du Centaure. 2, rue Marguerite de Provence – 13009 Marseille https://www.theatreducentaure.com
du 22 au 25 octobre 2020
Jeudi 22 octobre de 18h30 à 21h00
Vendredi 23 octobre de 18h30 à 21h00
Samedi 24 octobre de 14h à 17h
Dimanche 25 octobre de 10h à 13h
Renseignements : 06 83 55 67 65
eleonorebovon@gmail.com

Marcel et Jacqueline Pagnol

Ce matin 2 octobre, l’article de Patrick Mandon  dans Causeur sur mon livre Albert Cohen-Marcel Pagnol : une amitié solaire. Ed de Fallois, en ligne. Juste un clic.

 

 

 

Sans lien – du tout !
Dans un café (avant la fermeture), un couple change de place parce qu’un gros chien, sympathique au demeurant, vient tourner tout près de leur table.  Le propriétaire s’exclame:   »  Va donc, mon chien , il est plus propre que ton trou du cul ! »  Apparemment, en ces temps de défense légitime de la cause animale, on n’a plus le droit de ne pas avoir envie de partager son croissant avec un chien…

 

 

 

« Tous les bleus sont dans la nature »

Découvrir un lieu délicieux, une oasis à deux minutes de la Canebière, et se saouler de bleu avec Lynda Deleurence, c’est une proposition rafraîchissante de Ryad Boutique Hotel. Vernissage le mardi 15 septembre juillet 2020 de 18h30 à 21h30.
Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris et de Saint-Étienne, Lynda Deleurence vit et travaille à Marseille depuis une quinzaine d’années :
  » Tous les bleus sont dans la nature », j’ai regardé la mer et particulièrement son scintillement, cette lumière indocile en perpétuel mouvement qui ne se laisse jamais attraper. J’ai regardé l’écume, la plage mouillée, la formation des vagues, la densité de l’eau, l’immensité du bleu, ses bruits secs et ses silences. Et toujours la mer scintille, intemporelle, ses bleus sont éternels. »
www.lyndadeleurence.com
Ryad,  16 rue Sénac de Meilhan – 13001 Marseille.

Exposition du 16 septembre au 10 octobre 2020

 

Exit le casse-dalle aux Terrasses du Port

On ne peut plus s’asseoir aux Terrasses du port à Marseille avec la vue sublime (même si oui on sait et on en a marre des cargos-mixtes et car-ferries des lignes de la Corse qui à l’arrêt  continuent de rejeter dans l’air, gaz et particules fines ) et son petit casse-dalle . Les sièges allongés façon jardin du Luxembourg ont été déboulonnés. Non pas pour des raisons d’antiracisme mais de covid. Cela me semble très excessif. D’autant que les restaus, chers,  eux restent bien remplis, avec une distanciation qui là aussi me semble moins respectée. Pas donnés pourtant les restaus.  On ne peut pas non plus acheter son journal ni un livre. La seule librairie-point presse  ferme à 15 heures jusqu’à nouvel ordre.De toutes façons les quotidiens  après être revenus quelques jours ont de nouveau disparu faute de solution avec  le distributeur Presstalis.
La crasse des rues elle s’amplifie, en tout cas dans mon nouveau quartier Arenc. Et les rues,  les lieux publics,  sont de toutes façons très enlaidis par nos visages sous masque. On ne parle jamais à ma connaissance de l’horreur esthétique qu’ils génèrent  mais pourtant c’est un  énorme problème y compris pour le moral. Même si on n’a pas le choix, c’est entendu.

Alors de la beauté pour finir. Cette brassée d’eucalyptus achetée 4 euros au marché des Réformés avec deux lys offerts. Chaque matin mettre son nez  dans ce feuillage odorant, un ravissement.

Tout ça pour ça

A l’heure où s’ouvre le procès  très attendu des attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l’Hyper Cacher, qui se tient du 2 septembre au 10 novembre à Paris, est paru un numéro de Charlie Hebdo titré  Tout ça pour ça Tout ça pour ça, Avec à sa Une la republication des  caricatures de Mahomet, qui en avaient fait une cible du terrorisme islamiste en 2015, il a été épuisé dès le premier jour (200 000 exemplaires, trois fois le volume habituel).  Pour le dessinateur Juin,  ça montre qu’on est soutenus, que la liberté d’expression, la laïcité, le droit au blasphème ne sont pas des valeurs obsolètes et qu’elles sont soutenues par les Français qui ont choisi d’acheter ce numéro.(Ouest France). 200 000 nouveaux exemplaires ont été retirés. Moi je l’ai ce numéro et je trouve sa lecture indispensable. Notamment l’édito de  Riss, directeur de Charlie Hebdo  qui  a pris une balle dans l’épaule le 7 janvier 2015 et a fait (comme Philippe Lançon avec l’inoubliable Le Lambeau et qui signe aussi un témoignage dans ce numéro) le récit de ce calvaire dans Une minute quarante-neuf secondes.
« Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, Elsa, Bernard, Mustapha, Franck, Michel, Frédéric et Ahmed. Et les jours suivants. Clarissa, Philippe, Yohan, Yoav et François-Michel. » Ainsi commence l’édito de Riss qui le conclut avec ces mots : « Le temps de ce procès parviendra, peut-être, à remplacer le silence de leur absence par le murmure de leur souvenir. «  Une double page m’a sidérée. Intitulée « Les charognards du 7 janvier 2015 », elle reproduit des extraits de prises de position bien tièdes ou carrément hostiles à Charlie Hebdo. Si on n’est peu étonné d’y trouver Jean-Marie Le Pen ou Tariq Ramadan, on  reste abasourdi en lisant les propos d’ Emmanuel Todd, Edwy Plenel, Virginie Despentes… Une autre page est particulièrement bouleversante : les témoignages de celles et  ceux qui ont perdu leur père, leur amoureux, leur fils et qui vivent avec ça.

Le jour où je rédige ces lignes, je trouve au fond d’ un carton de déménagement des éditos de Jean Daniel dans Le Nouvel Obs dont un du 9-15 février 2006. S’il dit qu’il n’aurait pas publié les caricatures du journal danois tout en affirmant qu’il avait le droit de le faire et qu’il tenait à ce qu’on protège ce droit. Il écrit aussi : Il s’agit, en fait, d’une différence de culture . Les uns sacralisent la loi, les autres la foi. C’est aussi une philosophie de la raison et de la liberté qui est différente. Elle ne date pas d’aujourd’hui. Au Moyen Age, c’est un grand musulman nourri d’Aristote, Averroès, qui a essayé de cerner les limites de la foi pour libérer la pensée. Les musulmans, par la suite, n’ont pas cru devoir profiter de leur plus grand homme pour résister aux dérives de la pensée théologique.

Le hasard – toujours celui des cartons de déménagement – fait aussi que je termine ces jours-ci le livre de Philippe Val,  directeur de Charlie au moment de la publication le 8 février 2006 des caricatures de Mahomet du journal danois. Sur Tu finiras clochard comme ton Zola (L’observatoire, 2019), je reviendrai, mais je cite ceci extrait de l’avant-dernière page ( le livre en compte 858 ! ), une  blague juive :
Deux juifs morts à Auschwitz évoquent leurs souvenirs en rigolant dans un coin tranquille du paradis :  » Tu te souviens quand Léon a voulu s’échapper et s’est électrocuté contre la clôture ? – Oui, oui, répond son ami entre deux hoquets de rire, et quand on est sortis un matin du cabanon et qu’on a découvert les douze pendus qui se balançaient dans la cour ?  » et ils riaient de bon coeur… Dieu, attiré par la bonne ambiance, s’était approché pour écouter. Il était scandalisé :  » Mais ça ne va pas non ? Ce que vous racontez n’est pas drôle du tout ! Qu’est-ce qui vous fait rire là-dedans ?  » Les deux amis levèrent la tête vers Dieu et le regardèrent en silence quelques secondes avant de lui répondre :  » Tu ne peux pas comprendre, tu n’étais pas là. »