« Tous les bleus sont dans la nature »

Découvrir un lieu délicieux, une oasis à deux minutes de la Canebière, et se saouler de bleu avec Lynda Deleurence, c’est une proposition rafraîchissante de Ryad Boutique Hotel. Vernissage le mardi 15 septembre juillet 2020 de 18h30 à 21h30.
Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris et de Saint-Étienne, Lynda Deleurence vit et travaille à Marseille depuis une quinzaine d’années :
  » Tous les bleus sont dans la nature », j’ai regardé la mer et particulièrement son scintillement, cette lumière indocile en perpétuel mouvement qui ne se laisse jamais attraper. J’ai regardé l’écume, la plage mouillée, la formation des vagues, la densité de l’eau, l’immensité du bleu, ses bruits secs et ses silences. Et toujours la mer scintille, intemporelle, ses bleus sont éternels. »
www.lyndadeleurence.com
Ryad,  16 rue Sénac de Meilhan – 13001 Marseille.

Exposition du 16 septembre au 10 octobre 2020

 

Exit le casse-dalle aux Terrasses du Port

On ne peut plus s’asseoir aux Terrasses du port à Marseille avec la vue sublime (même si oui on sait et on en a marre des cargos-mixtes et car-ferries des lignes de la Corse qui à l’arrêt  continuent de rejeter dans l’air, gaz et particules fines ) et son petit casse-dalle . Les sièges allongés façon jardin du Luxembourg ont été déboulonnés. Non pas pour des raisons d’antiracisme mais de covid. Cela me semble très excessif. D’autant que les restaus, chers,  eux restent bien remplis, avec une distanciation qui là aussi me semble moins respectée. Pas donnés pourtant les restaus.  On ne peut pas non plus acheter son journal ni un livre. La seule librairie-point presse  ferme à 15 heures jusqu’à nouvel ordre.De toutes façons les quotidiens  après être revenus quelques jours ont de nouveau disparu faute de solution avec  le distributeur Presstalis.
La crasse des rues elle s’amplifie, en tout cas dans mon nouveau quartier Arenc. Et les rues,  les lieux publics,  sont de toutes façons très enlaidis par nos visages sous masque. On ne parle jamais à ma connaissance de l’horreur esthétique qu’ils génèrent  mais pourtant c’est un  énorme problème y compris pour le moral. Même si on n’a pas le choix, c’est entendu.

Alors de la beauté pour finir. Cette brassée d’eucalyptus achetée 4 euros au marché des Réformés avec deux lys offerts. Chaque matin mettre son nez  dans ce feuillage odorant, un ravissement.

Tout ça pour ça

A l’heure où s’ouvre le procès  très attendu des attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l’Hyper Cacher, qui se tient du 2 septembre au 10 novembre à Paris, est paru un numéro de Charlie Hebdo titré  Tout ça pour ça Tout ça pour ça, Avec à sa Une la republication des  caricatures de Mahomet, qui en avaient fait une cible du terrorisme islamiste en 2015, il a été épuisé dès le premier jour (200 000 exemplaires, trois fois le volume habituel).  Pour le dessinateur Juin,  ça montre qu’on est soutenus, que la liberté d’expression, la laïcité, le droit au blasphème ne sont pas des valeurs obsolètes et qu’elles sont soutenues par les Français qui ont choisi d’acheter ce numéro.(Ouest France). 200 000 nouveaux exemplaires ont été retirés. Moi je l’ai ce numéro et je trouve sa lecture indispensable. Notamment l’édito de  Riss, directeur de Charlie Hebdo  qui  a pris une balle dans l’épaule le 7 janvier 2015 et a fait (comme Philippe Lançon avec l’inoubliable Le Lambeau et qui signe aussi un témoignage dans ce numéro) le récit de ce calvaire dans Une minute quarante-neuf secondes.
« Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, Elsa, Bernard, Mustapha, Franck, Michel, Frédéric et Ahmed. Et les jours suivants. Clarissa, Philippe, Yohan, Yoav et François-Michel. » Ainsi commence l’édito de Riss qui le conclut avec ces mots : « Le temps de ce procès parviendra, peut-être, à remplacer le silence de leur absence par le murmure de leur souvenir. «  Une double page m’a sidérée. Intitulée « Les charognards du 7 janvier 2015 », elle reproduit des extraits de prises de position bien tièdes ou carrément hostiles à Charlie Hebdo. Si on n’est peu étonné d’y trouver Jean-Marie Le Pen ou Tariq Ramadan, on  reste abasourdi en lisant les propos d’ Emmanuel Todd, Edwy Plenel, Virginie Despentes… Une autre page est particulièrement bouleversante : les témoignages de celles et  ceux qui ont perdu leur père, leur amoureux, leur fils et qui vivent avec ça.

Le jour où je rédige ces lignes, je trouve au fond d’ un carton de déménagement des éditos de Jean Daniel dans Le Nouvel Obs dont un du 9-15 février 2006. S’il dit qu’il n’aurait pas publié les caricatures du journal danois tout en affirmant qu’il avait le droit de le faire et qu’il tenait à ce qu’on protège ce droit. Il écrit aussi : Il s’agit, en fait, d’une différence de culture . Les uns sacralisent la loi, les autres la foi. C’est aussi une philosophie de la raison et de la liberté qui est différente. Elle ne date pas d’aujourd’hui. Au Moyen Age, c’est un grand musulman nourri d’Aristote, Averroès, qui a essayé de cerner les limites de la foi pour libérer la pensée. Les musulmans, par la suite, n’ont pas cru devoir profiter de leur plus grand homme pour résister aux dérives de la pensée théologique.

Le hasard – toujours celui des cartons de déménagement – fait aussi que je termine ces jours-ci le livre de Philippe Val,  directeur de Charlie au moment de la publication le 8 février 2006 des caricatures de Mahomet du journal danois. Sur Tu finiras clochard comme ton Zola (L’observatoire, 2019), je reviendrai, mais je cite ceci extrait de l’avant-dernière page ( le livre en compte 858 ! ), une  blague juive :
Deux juifs morts à Auschwitz évoquent leurs souvenirs en rigolant dans un coin tranquille du paradis :  » Tu te souviens quand Léon a voulu s’échapper et s’est électrocuté contre la clôture ? – Oui, oui, répond son ami entre deux hoquets de rire, et quand on est sortis un matin du cabanon et qu’on a découvert les douze pendus qui se balançaient dans la cour ?  » et ils riaient de bon coeur… Dieu, attiré par la bonne ambiance, s’était approché pour écouter. Il était scandalisé :  » Mais ça ne va pas non ? Ce que vous racontez n’est pas drôle du tout ! Qu’est-ce qui vous fait rire là-dedans ?  » Les deux amis levèrent la tête vers Dieu et le regardèrent en silence quelques secondes avant de lui répondre :  » Tu ne peux pas comprendre, tu n’étais pas là. »

 

 

 

 

Ateliers d’écriture avec La Plume et l’image

 

La soirée de présentation , lundi 7 septembre,  à 18h30, de la Saison 2020-2021 de La plume et l’image est complète,  le nombre de participants étant limité pour des raisons de sécurité sanitaire. On peut cependant  la suivre  en direct dès 18h30 sur Youtube à cette adresse :

https://youtu.be/_Y1Aa-l3o1o
Il est possible  d’intervenir en direct par téléphone en appelant le 06 10 69 15 92 lorsque la discussion sera ouverte. Et de s’inscrire aux ateliers d’écriture par des messages dans le chat Youtube ou par  mail à contact@laplumeetlimage.fr

 

 

 

Admirations…

Devant ma fenêtre (Windows), il m’arrive d’espérer qu’une panne de logiciel me procure une nappe de joli ciel à la fenêtre (l’autre)… » Je découvre le blog littéraire Le Lorgnon mélancolique, de Patrick Corneau qui, « pour tenter de prêter un semblant de sens et d’ordre au monde, fait le pari de la littérature, maîtresse de connaissances et de vérités humaines. » Il vient de consacrer à mon livre un papier d’une générosité mais surtout d’une  intelligence (au sens de comprendre) qui me laisse pantoise. Pour le lire cliquez ICI
Patrick Corneau est écrivain. Récemment paru , Un souvenir qui s’ignore, éditions Conférence. Je ne l’ai pas lu. Sur le site de Causeur, Roland Jaccard est enthousiaste : « Chaque fragment de l’essai de Patrick Corneau, « Un souvenir qui s’ignore », est une source d’émerveillement. Lecteur de Cioran et de Gombrowicz, il espère que l’homme, plutôt que d’être une hyène dotée d’un idéal ou un mutant, choisisse de se reconnaître « cousu d’enfant ». Mûrir, c’est pourrir un peu. Les gens mûrs m’effraient, écrit-il. »

Sur le blog Le lorgnon mélancolique

Charles Ficat dans La revue des deux mondes n’est pas moins enthousiaste :  (…) « le regard ne porte jamais de jugement déplacé ou désobligeant. En particulier lorsqu’il est question de l’omniprésence des outils technologiques dans nos existences. Si parfois le constat est désabusé, il aspire toujours à une forme de liberté perdue ou à une quête du beau. »

 

 Envie d’écrire en cette rentrée atypique ? Suivez le Masque et l’Image. Portes ouvertes sur les ateliers d’écriture le 7 septembre.
Infos sur le lien
https://mail.yahoo.com/d/folders/1/messages/AEwlu1QwaaOMX0uVWgITQHnP2bM

Ceci est un zeugme …

La  Présidente de la RTM, Catherine PiIa, a décidé d’augmenter la fréquence des lignes de bus les plus fréquentées, par exemple le 83 qui longe la Corniche . Merci madame Pila, il était temps . Surtout quand on étale sur les murs un sondage des usagers  ravis  des services de la RTM. Celle-ci, apprend-on, va revoir ses fermetures automatiques, dont l’une m’a fêlé une côte sans que je n’obtienne jamais une réponse à mes demandes (lettre recommandée) de dédommagements.

Dans le cadre des récriminations, cela devient très très très lourd de ne pas avoir de journaux à Marseille : trois mois ! Les kiosquiers n’en peuvent plus. Il y en a d’ailleurs de moins en moins. Sur les Terrasses du port, un malheureux point presse qui ferme à 15h, en tout cas en août. Je le trouve clos quand je veux acheter La Marseillaise du 18 août où paraît un papier sur mon livre ! (PJ) Quel bonheur d’être dans La Marseillaise. Achetons-la : on a besoin d’un tel journal qui évolue, s’ouvre – se réinvente peut-être – et va continuer, on imagine, sur cette voie avec Le Printemps marseillais.
Je suis donc dans le bordel (puisque je viens de déménager) et dans La  Marseilllaise. Ceci est un zeugme, figure de style qui ravit nos amis du Masque et la Plume, c’est-à-dire l’alliage qui unit deux termes disparates.

LA MARSEILLAISE-Cohen-D.CUYPERS.Cohen Pagnol une amitié solaire.2020

 

Carmen derrière les tours…

Photo DC

 Sortant peut-être d’une tour tout proche, Carmen surgit au coin de la rue …
et avec elle le bon temps où on allumait sa clope.
Dans l’air, nous suivons des yeux

la fumée, la fumée,
qui vers les cieux
monte, monte parfumée.
Cela monte gentiment
à la tête, à la tête,
tout doucement cela vous met
l’âme en fête!
L’air des cigarières

Une belle interview à propos de mon livre
Albert Cohen-Marcel Pagnol : une amitié solaire
par Schlomo Malka sur Radio J
Tapez sur un moteur de recherche :  RadioJ  Pont Neuf
et voilà !

Voix de femmes : hommage

Gisèle Halimi. (…) au-delà du Droit et des lois, son profond combat est celui des dominés contre la domination intégrée en eux-mêmes. Toute la beauté de sa vie vient de cette insoumission. Belle, rebelle, battante, son combat pour l’émancipation des femmes continuera de retentir magnifiquement dans toute notre humanité. Daniel Mermet. Et sa voix que j’écoute sur France Culture dans A voix nue ( 5 épisodes en podcast) retentit  certes comme une voix de combat mais aussi d’harmonie, d’équilibre, d’intelligence.
Sur une autre tonalité, Zizi Jeanmaire, disparue peu de temps avant avant ,est à son tour, pour moi,  plus encore  que des jambes de rêve, une voix de femme gouailleuse, sensible, vibrante.
Photo DC La Défense juillet 2020

Vous n’êtes pas un robot !
Bien sûr que si ! je suis un robot, manipulé, trimballé sur des sites qui évoluent sans cesse, plus performants et plus sécurisés qu’ils disent, avec des « espaces personnels »  confinés, des mots de passe à renouveler, des cookies à déguster sans conditions. Vas-y, fais ce qu’on te dit. Ou renonce au numérique. Une expérience particulièrement kakkaïenne quand on déménage.

En belle compagnie …

Ils sont souvent géniaux, parfois un peu nigauds  – mais cela ajoute à leur charme – et toujours irrésistibles. Vous pouvez me croire : j’ai vécu plus de deux ans avec ces hommes-là. Découvrez-les ou redécouvrez-les à l’ombre d’un pin, d’un parasol ou d’un pin-parasol… Bonne lecture solaire
Albert Cohen – Marcel Pagnol : une amitié solaire.
Dane Cuypers (éd de Fallois)
En PJ la chronique de Bernard Pivot dans le JDD et l’article de La Provence
Ecouter Cohen récitant dans le mythique Apostrophes un poème de son copain lycéen Pagnol (cliquer sur Ecouter)

Cie méditerranéenne de films
Dessin de Naïla Djaballah

cliquer ici Pivot

La Provence – copie

Allégresse …

Marseille, Quai des Belges vers 1900 (collection bibliothèque de l’Alcazar)

 

Que mon livre sorte ces jours-ci frémissants  d’espoirs solaires n’est pas pour me déplaire… Alleluia !  il est né ce bébé de papier qui connut bien des aléas. Il s’appelle Albert Cohen-Marcel Pagnol : une amitié solaire (éditions de Fallois). Oui solaire… En arrivant à Marseille  je connaissais très bien le premier, assez peu le second. Cette amitié née en 1906 au Grand Lycée (devenu lycée Thiers) dont je ne savais pas grand chose, m’intriguait.  Deux personnalités, deux écritures si différentes. Albert Cohen le solitaire, l’écorché, Marcel Pagnol le rayonnant, le meneur d’hommes. Cohen, les mots de la démesure, les folies de Belle du Seigneur, l’épopée des juifs ; Pagnol le classique, le populaire, les collines de la belle Manon, la vie des vrais gens. En savoir plus, partir en quête de cette rencontre m’apparut aussi  comme une façon d’entrer dans Marseille, la faire un tout petit peu mienne.
Et voilà c’était parti pour des mois.  Très vite je compris que ce serait passionnant mais  pas facile du tout. Très vite aussi je vis ma chance, celle de vivre  avec deux hommes hors du commun.  Bernard Pivot, qui me fait l’immense plaisir de me consacrer sa chronique dans le JDD  du dimanche 5 juillet dit – et il a raison – que je fais le récit de  cette amitié avec allégresse.
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Or donc, voici, couchée sur le papier,  l’amitié peu connue de deux hommes, nés la même année en 1895, dans la lumière, celle de Corfou pour Cohen, celle de la Provence pour Pagnol, deux Méditerranéens qui adulent l’un et l’autre leur mère et qui aiment férocement la vie, entre autres les femmes … Oui, on peut le dire une amitié solaire qui grandit sur les bancs du lycée et dans leur quartier La Plaine. Devenus adultes, ils se voient peu (Cohen s’installe à Genève, Pagnol vadrouille entre Paris et le midi), mais s’écrivent beaucoup, s’épaulent, s’encouragent, tendres, moqueurs aussi, jusqu’à la fin de leur vie. Une amitié sous le signe de l’enfance. Sans envie, sans rancœur, sans stratégie.

En entrant dans le livre, qui est une sorte de double biographie, de portraits croisés, j’espère que le lecteur aura envie soit de découvrir tout ce qu’il n’a pas encore lu, selon le cas, de Pagnol ou de Cohen, soit de plonger, alléché par les citations, dans le monde de l’auteur qu’il ne connaît pas ou peu. Autre enjeu, « sortir Pagnol de la pagnolade », du régionalisme où il est souvent cantonné (alors qu’il est traduit en 35 langues ! et que ce qu’il raconte est universel ) au prisme de son amitié avec Cohen, l’auteur reconnu par l’intelligentsia parisienne (mais qui a dû attendre d’avoir plus de 70 ans pour rencontrer un vrai succès). Et parallèlement sortir Cohen de son aura tragique. Certaines scènes qui se passent par exemple à Marseille (car oui il y en a même si tout le monde les zappe de son souvenir !) sont drôlissimes. Et le parler marseillais de Cohen vaut celui de l’auteur de Marius.

Enfin le livre tente de ressusciter par petites touches l’âge d’or de la ville : les luxueux hôtels, les cafés baroques sur la Canebière où se croisent carrioles, charrettes, fiacres, premières automobiles, sans oublier surtout le tram : on circule sur 93 lignes et 175 kilomètres de voies… Avec, M’sieurs-dames, un tarif unique à 2 sous… Franck Fernandel écrit : «  Qui n’a pas connu Marseille en 1907 n’a rien connu ! Qu’elle était belle ma ville, quand ce siècle avait sept ans et que les grincements des essieux, les tintements des grelots, les hennissements des chevaux et les engueulades en provençal faisaient une sorte de chœur antique au soleil. C’était le temps où Marseille marseillait. »
Et si ce temps, à sa façon,  refleurissait …

Albert Cohen-Marcel Pagnol : une amitié solaire. Editions de Fallois

Dédicace  (et conversations !) le samedi 18 juillet 2020 de 15h à 18h à la boutique Créations du Sud à Aubagne, en face de la Maison natale de Marcel Pagnol.