A Noël …

.A Noël on donne…  Je vous suggère deux causes qui le méritent.
Des livres dans un tuk tuk. La première au Cambodge, pays que je connais bien ( mon livre Tourments et merveilles en pays khmer, Dane Cuypers, Actes Sud) et que j’ai délaissé ces trois dernières années. Mais quand j’ai vu le mot Ratanakiri sur l’envoi du Sipar je n’ai pas résisté. Le Ratanakiri ,c’est une des régions les plus pauvres à l’est du pays, avec un taux d’illettrisme pouvant atteindre 90%, l’une des plus belles régions aussi. J’ai encore en mémoire des femmes au fier regard, cheveux très courts, enfants sur le dos et parfois pipe à la bouche, à qui j’ai acheté un tissu de leur travail, tissu qui vous transforme n’importe quel banal fauteuil en siège royal.
Quant au Sipar j’ai suivi là-bas cette association qui s’est donné pour objectif de promouvoir la lecture et elle y parvient – j’ai vu des petits Khmers lire assis par terre, donnant, par delà la misère, libre cours à leur imaginaire.
La demande du Sipar ces quelques jours avant Noël est d’offrir un Biblio-tuk tuk à plus de mille enfants pour remplacer un biblio-moto devenu trop exigu. Le tuk tuk transportera plus de 1500 livres, le bibliothécaire et l’assistant .
Vous pouvez soutenir leur campagne de Crowfunding pour collecter 10 000 euros et faire de ce projet une réalité. Plus d’infos ICI
L’enfer en mer. La nôtre, la Méditerranée. Parce que, quelle que soit son opinion sur l’immigration,  on ne peut pas supporter que des êtres humains se noient dans une souffrance, une peur qu’on n’ose à peine imaginer, à laquelle il ne faut pas s’habituer. Il est alors  évident qu’il faut soutenir ceux qui en ont fait leur combat : c’est le cas de SOS  Méditerranée. J’ai donc choisi de relayer sur mon blog leur dernier appel.

La semaine dernière, au moins 100 personnes sont mortes noyées en moins de 72 heures au cours de quatre naufrages distincts, loin des regards. Pour les personnes en détresse, les navires de sauvetage humanitaires sont l’un des seuls espoirs. Depuis le 22 juillet, leurs équipes travaillent sans relâche pour libérer l’Ocean Viking : mise en place d’aménagements pour répondre aux exigences des autorités italiennes qui détiennent le navire : par exemple le remplacement des radeaux de survie par huit radeaux plus grands, d’une capacité de cent personnes chacun.
Sur le lien,  la parole de Mary, marin-sauveteur depuis 2016. « L’association a été une lueur d’espoir pour des milliers de personnes qui ne savaient pas si elles allaient vivre ou mourir en pleine mer. Ces visages de soulagement sont gravés à jamais dans mon esprit … »
Et des témoignages de mineurs dans un dossier »Jeunesse naufragée »
James, 22 ans, dont le rêve est d’aller à l’école. Extrait :
« La gentillesse n’existe pas en Libye. Je recevais des coups de poing ou des coups de bâton. Tout le monde possède une arme là-bas, même les enfants. Il y avait des coups de feu. C’était horrible ». Tout à fait par hasard, il entend parler de bateaux qui partent de Libye.  » Je leur ai demandé de m’emmener. Je ne savais même pas où était la plage et quel genre de bateaux ils avaient. Je ne sais pas nager, mais je voulais seulement quitter ce pays abominable  » . Un matin de septembre, il rejoint deux groupes qui doivent rester sur la plage, quelque part au nord-est de Tripoli.  » Nous nous sommes cachés dans le sable pendant quatre jours. Une nuit, des hommes sont arrivés avec des armes et nous ont forcés à monter sur ces bateaux pneumatiques. On était morts de peur mais pas moyen de faire marche arrière, en plus je ne voulais pas rebrousser chemin. « A 10h du soir l’embarcation quitte la plage, direction le grand large, avec des bidons de 20 litres de carburant. Ce bateau de fortune bondé est équipé d’un petit moteur et dérive lentement vers le nord. L’Aquarius repère l’embarcation en détresse vers 7 h dimanche matin. Tous seront secourus au cours d’une opération de sauvetage qui durera six  heures.
Pour plus d’infos et donner c’est ICI
Poème de Marilou, 14 ans, sur le mode d’un poème de Charlotte Delbo
Ô vous qui savez
saviez-vous que l’on part poussé par la faim, la pauvreté, la guerre…
Ô vous qui savez
saviez-vous que l’espoir d’une vie meilleure va virer au calvaire sur la longue route épuisante et violente
du chemin de l’exil
Ô vous qui savez
saviez-vous qu’on s’en remet à des passeurs sans scrupule qui nous font miroiter un rêve inaccessible
Ô vous qui savez
saviez-vous que l’on est ces ombres entassées sur des canots de fortune dans une longue nuit sans lumière
Ô vous qui savez
saviez-vous qu’on peut voir nos voisins de traversée avalés par la mer boueuse de cadavres
qu’une mère doit rester silencieuse devant le corps de son fils balancé par-dessus bord
Saviez-vous que nos larmes sont plus fortes que les vagues
notre patience plus puissante que la tempête
Saviez-vous que la volonté de réussir est notre seul bagage dans ce parcours en enfer dont
beaucoup ne reviennent pas
Le saviez-vous
Vous qui savez.Dernière heure : L’Océan Viking est enfin libre de poursuive sa mission. En ce début d’hiver, leur présence sur la mer est plus que jamais indispensable et a plus que jamais besoin de vos dons.