Au jardin des citations

La peur est une porte d’ombre. Pousse la et sors dans la vie.
Rumi, poète mystique persan né en 1907.

Le but n’est pas de devenir meilleur mais de devenir de plus en plus vivant. Henri Gougaud à La Grande Librairie. J’ai  également failli travailler avec lui . Après l’avoir interviewé, je lui avais proposé d’écrire des contes de nourriture. D’accord, essayez  ! Ce que je produisis – après avoir travaillé comme une malade- était franchement très moyen sauf celui sur le miel et encore … Il me l’a dit et il a eu raison ! C’est d’ailleurs normal : les contes m’ennuient…

 Renaître n’a jamais été au-dessus de mes forces.
Julia Kristeva sur France culture (février 2021) cite Colette. Ce sera son épitaphe sur sa tombe à l’Ile de Ré.

J’essaie de trouver la beauté là où je ne m’étais jamais figuré qu’elle fut. Dans les choses les plus naturelles, dans la vie profonde des natures mortes. Proust
L’aquarelle est de Joëlle Naïm, le livre Petit traité romanesque de cuisine de Marie Rouanet ( offrez-vous le en poche),  celui qui est caché contient les merveilleuses recettes (faciles) de mes amies du Gîte de Fontlargias. Triplettes et coup de fourchette à commander pour vos régalades printanières.
Trop de bonnes pensées nuit. Un peu de mauvais esprit au jardin des citations !
On peut survivre à tout quand on survit à sa mère
Dalie Farah sur 28 minutes l’a dit avec bravache car son histoire n’est pas toute rose. Elle publie Doigt (Grasset), « un roman autobiographique drôle et narquois sur son rapport à la violence » écrit Le Monde. C’est sûrement vrai : rien qu’à l’écouter on a envie de la lire. Elle est épatante et c’est clairement ce que pense Elisabeth Quin en l’interviewant.

Poésie et bistrots

Mardi 12 janvier à 19h30, à La Maison de la Poésie, venez rencontrer Joëlle Naïm. Je vous ai déjà parlé de son livre « Nappes-mondes – Pour une géopoétique de la relation » : il vient de paraître  aux éditions Artefiz. Non, ce n’est pas un concept de plus qui tenterait de « faire-du-lien »… C’est l’idée géniale  d’une artiste atypique. Longtemps je l’ai croisée dans les petites rues du 19ème arrondissement, aux terrasses des cafés, penchée sur son ordinateur et, souvent, en pleine discussion avec un interlocuteur. Accoudés à une table de bistrot parisien, ils avaient créé, pour un moment éternel et éphémère, un monde à eux seuls – on le sentait rien qu’en passant. Au café donc, où elle travaille et rencontre beaucoup de gens, lui était venue il y a quelques années l’idée de faire de la nappe en papier le support d’une création commune. La nappe ou comment célébrer la rencontre, cette aventure intérieure par excellence, en offrant un lieu peu précieux et ludique, à deux, trois personnes différentes et proches, d’ici et d’ailleurs. La nappe de bistrot  on y griffonne quelque chose, course, idée… Picasso l’échangeait contre un repas . Joelle a voulu sublimer cet espace fragile en faisant se croiser croiser la plume et le pinceau : « On ne sait pas dessiner, on n’est pas écrivain, on a quatre, vingt ou soixante-dix ans, peu importe. Autour de cet ilot en papier gaufré de mille alvéoles, on butine tous les pollens pour produire le miel de ce moment ensemble. Des dessins apparaissent, tirés de notre mémoire culturelle ou enfantine, des lignes sinueuses ou brisées, des ponts, de courts textes d’espoir ou d’humour, des questions, des mains, des étoiles, des yeux, des bouquets ou des nœuds de couleur, des rondes de gamins, des graffitis, des explosions de violence colorées, une profusion sauvage et joyeuse, toute libre. Quelque chose là rappelle les anciennes cartes. Comme si s’ébauchait le relevé topographique d’une relation. ». Le résultat est superbe et nulle doute que la soirée à La maison de la Poésie sera, à l’image de l’auteure, chaleureuse, généreuse. A mardi alors !
Maison de la Poésie, passage Molière, 157 rue Saint-Martin, 75003 Paris. Métro Rambuteau. Lectures par Sophie Bourel et Charles Gonzalès, accompagnés de Saîd Mensnaoui, musicien.