Question de souffle…

Le Café Panorama dans la vieille ville de Briançon : enchanteur…

Pour mon coming out je vais commencer par vous parler de Catherine. C’est ma Chloé à moi. Chloé, vous savez, la chirurgienne de Philippe Lançon dans Le Lambeau que vous devez lire, si ce n’est fait, sous peine de louper un sacré livre, quasi un livre sacré. Sans doute encore plus pour les malades que les bien portants, mais, de toutes façons, ne pas passer à côté (Atmotsphere 16 février 2019).

Catherine est aide-soignante aux Acacias, à Briançon, dans un établissement pour les personnes atteintes de maladies respiratoires, asthmatiques, bronchiteux, bref tous ceux qui ont Le souffle coupé – titre du  beau livre de François-Bernard Michel (Gallimard) qui raconte les écrivains souffrant des poumons (à commencer par Proust évidemment).
Eh bien voilà : j’y suis moi aussi dans ce lieu de convalescence  avec le Parc national des Ecrins pour décor. Je suis en train de tenter de gravir ce que j’appelle ma petite montagne magique… prétentieuse que je suis. Et je découvre une compassion, une attention à l’autre qui m’époustoufle (y a du souffle dans ce mot !). Celles d’autres patients, celles extraordinaires du personnel. Avec une mention spéciale pour mon aide-soignante, Catherine. Efficacité, douceur, patience hors du commun. Elle voit tout, elle comprend tout, elle anticipe tout. Combien gagne-t-elle par mois ?  1300 euros avec 19 ans d’ancienneté .. Envie aussi de me souvenir d’une infirmière  un soir calmant mes angoisses  avec tant d’ intelligence et de sensibilité – pas mièvres du tout. Reste que la bouffée d’oxygène dont je rêvais s’est transformée en une mise sous oxygène permanente. Je suis très peu « patiente » et je vous épargnerai mes entourages, mes entortillages, mes nouages, mes pètages de plomb,  avec le fil, le tuyau, qui relie mes narines à la bonbonne.

Tout ça se passe donc à Briançon et sa si jolie vieille ville qui programma un concert d’orgue à La Collégiale donné par un jeune et brillant musicien Emmanuel Culcasi (il travaille aussi à l’enseignement de la musique aux personnes handicapées); tandis que dans le parc de La Schappe se tenait une expo en plein air. Perrine Fliecx pratique l’ « urbex » (urban exploration : exploration urbaine c’était pas mal non plus mais enfin…) : il s’agit de photographier des lieux abandonnés par l’homme, souvent interdits, difficiles d’accès.

La pratique de ces photographes aventuriers est encadrée par un délicieux règlement  : ne prendre que des photos, ne laisser que des empreintes de pas, ne briser que le silence.Nous entrons avec Perrine Fliecx dans les chambres, des salons, des terrasses, un théâtre, des espaces dévastés et poignants. Les photos se regardent en marchant dans le parc, on imagine des vies enfuies, des moments engloutis par le temps. Une sensation forte qui mêle la nature splendide, éternelle, à notre impossible désir de durer …

Pour l’instant il s’agit d’endurer… A l’hôpital comme ailleurs j’ai cependant le pervers plaisir de maudire les concepteurs des objets quotidiens essentiels. Exemple : vous êtes tenue de faire deux aérosols par jour. Le flacon qui contient votre traitement en poudre est fermé par un bouchon rouge que vous soulevez afin d’accéder à l’amorce d’une tirette en aluminium – tirette que vous devez tirer dans le bon sens pour ouvrir le bouchon. Quel sens ? C’est indiqué ma bonne dame : une petite flèche rouge. Oui, le même rouge que le rouge du reste du bouchon. Quasi invisible. Vous y arrivez pourtant. Las ! une fois sur deux la tirette pète. Utilisez donc un tournevis de la main droite en protégeant la main gauche avec un gant de jardinage en cas de dérapage. Pourquoi cette aberration ? Pour faire beau bien sûr. Eh coco ! t’as vu mon projet, on voit même pas la flèche, c’est clean, c’est top, c’est classe. Nickel.

Pour clore le chapitre Briançon je vais faire mon Françoise Busnel en tirant mon chapeau à la Librairie de la Gargouille dans la vieille ville, 5 Grande rue. Toute petite, toute cosy, choix épatants : on réfléchit à ce qu’on va acheter au creux d’un canapé avec coussins douillets. J’y dégotte un Cesare Pavese, La Spiaggia, La plage, en bilingue pour me relancer sur la langue italienne.

Pour revenir dans la vraie vie, je retrouve Finkielkraut sur France Culture. Dans son dernier Répliques (samedi 21 septembre), il recevait Régis Debray pour répondre à la question posée par la présidence de la République à la Société des gens de lettres : « Quel est notre écrivain national ? «  Stendhal ont répondu les consultés, loin devant Hugo. Debray n’est pas d’accord. A son sens Stendhal c’est superbe mais un peu trop égotiste : « Hugo ça sent le vent, l’iode, le ciel. » Il le redit et ajoute : « C’est bon pour les poumons non ! » Je vais rajouter Hugo à mon traitement… (Ce serait un canular l’histoire du scrutin auprès de la Société des gens de lettre, canular qui ouvre le dernier livre de Régis Debray, Du génie français, chez Gallimard, mais peu importe)

Vraie vie aussi celle de la rentrée théâtrale à Marseille. On va se régaler. Il faudra vous débrouiller sans moi encore un peu pour tout savoir sur la programmation de La Criée, du Théâtre du Gymnase, de La Joliette. On va se régaler me semble-t-il … (allez sur leur site en bas de l’article).

Et au Mucem, toujours à Marseille,  je vous signale – car j’aimerais tant y aller –  la soirée du 3 octobre à 19h  consacrée à Robinson Crusoé, roman d’aventures publié en 1719 par Daniel Defoe devenu un mythe universel. En écho à l’exposition « Le temps de l’île », avec artistes et philosophes, il s’agit de questionner ce mythe dans ses métamorphoses successives aussi bien que dans son actualité : du tourisme de masse à la question migratoire et de la société individualiste à la société hyper-connectée. Table-ronde, lecture, spectacle.
Théâtres  Saison-2019-2020
www.theatre-lacriee.com
https://www.lestheatres.netspectacles et concerts à Aix et Marseille au Jeu de Paume, au Grand Théâtre et au Gymnase-Bernardines.
https://www.theatrejoliette.fr

 

 

En boucle…

La lutte jamais finie, les espoirs qui tournent court, les épuisantes et dérisoires stratégies mises en place pour vivre une vie normale, la peur d’avoir l’air étrange, bizarre … tout cela Céline Lefève (directrice de la chaire coopérative Philosophie à l’hôpital – Assistance publique – Hôpitaux de Paris , auteure de plusieurs ouvrages sur le soin) le décrypte, avec une précision et une empathie exceptionnelles, dans un article où elle dresse un tableau de ce qu’est la maladie chronique. Toutes choses qu’on ignore sauf si on est soi-même atteint, car, il faut bien le reconnaître, ce n’est pas très palpitant ces symptômes récurrents, cette évolution qui n’en est pas une, ces répétitions incessantes…Difficile de s’y intéresser, de compatir alors qu’on le peut, assez spontanément, pour les « maladies graves »
Or… Or les 20 millions de personnes en France qui sont concernées vivent un petit enfer souvent peu spectaculaire, mais enfer quand même. On le sait : la vie est alternance. Oui, mais dans la maladie chronique cette alternance est permanente, si l’on peut dire ! C’est l’expérience d’un conflit sans fin « entre une tendance au chaos et à l’usure et la résistance et l’inventivité du malade. » L’enjeu de cette lutte : contrer la tendance de la maladie à vous déposséder de votre propre vie, à vous empêcher dans vos décisions, vos actes des plus banals, plus quotidiens, aux plus cruciaux. Une double vie, « une délibération permanente » Un combat pour rester dans la normalité, pour ne pas se laisser réduire à son agenda médical.
Cette lutte, ce combat ne peuvent pas se mener seul. La médecine doit certes soigner mais aussi soutenir ce travail de « construction de la vie avec la maladie » – et là il y a encore bien du pain sur la planche : il n’est pas sûr que cet aspect de la mission fasse partie de la formation des médecins. Céline Lefève rejette toute notion de dolorisme (ouf ! merci). La maladie facteur de dépassement de soi : non. Ce n’est pas la souffrance qui est riche et formatrice, ce sont les pratiques et les relations, mises en œuvre pour l’endiguer, entre soigné et soignants, entre le malade et les êtres chers.
Une consolation selon l’auteure : cet état favoriserait l’invention de sa vie, une manière réévaluée de la vivre où petit à petit se dégage ce qui importe profondément. Autre constat : il est difficile de faire le récit d’une vie ou même d’un moment de vie avec la maladie chronique tant l’alternance souffrance et soulagement, chute et relève s’enchaînent… Allez, on tente ?
La maladie chronique révèle les liens affectifs qui nous tiennent en vie. Céline Lefève. Le Monde. Mardi 21 août

La lutte à bras le corps, encore,  Le Lambeau. Ne passez pas à côté de cette lecture. Toutes les critiques enthousiastes que vous avez pu lire ou entendre sont encore en deça de la réalité. C’est un très grand livre qu’a écrit Philippe Lançon, journaliste à Libération et Charlie Hebdo, survivant de l’attentat du 7 janvier 2015. Sa vie saccagée, la mémoire de ses amis morts qui le taraude, la reconstruction du tiers de son visage détruit (sa mâchoire), ses 17 interventions chirurgicales, son combat quotidien pour survivre puis revivre puis vivre … tout nous est dit, sans pudeur mais sans pathos, sans dolorisme encore une fois, sans rage, au contraire avec une douceur vis-à-vis de lui-même et de tous ceux qui l’accompagnent. C’est d’une vérité et d’une beauté confondantes, on y perçoit l’essence même de la vie. On voudrait tout raconter, ses relations avec Chloé sa chirurgienne, les sonneries, les « merles noirs »  des chambres voisines la nuit, son retour vers les vivants par l’écriture d’un article suivi d’autres (celui qui écrivait n’était plus, pour quelques minutes, pour une heure, le patient sur lequel il écrivait : il était reporteur et chroniqueur d’une reconstruction), ses descentes au bloc avec La montagne magique de Thomas Mann, Les lettres de Kafka, La Recherche du temps perdu et plus précisément le passage sur la mort de la grand-mère, sorte de « prière préopératoire ».

Je rédige ces lignes et le soir même j’écoute sur France Culture le Répliques de Finkielkraut du 1er septembre intitulé « La mort de la grand-mère  dans La Recherche du temps perdu »  – que ces correspondances sont réjouissantes ! L’émission se déroule avec Philippe Lançon et Antoine Compagnon, et leur échange sur Proust est passionnant. Comp gnon rappelle à Lançon que la musique, Bach, l’accompagne aussi dans son épreuve : Le clavier bien tempéré par Sviatoslav Richter, les Variations Goldberg par Glenn Gould ou Wilhem Kempff, L’Art de la fugue par Zhu Xiao-Mei. (Dans le livre il y a aussi un superbe passage sur un ami violoniste qui vient lui jouer la Chaconne dans sa chambre. )
Sur les ondes, le journaliste insiste sur l’importance dans son histoire de la famille, des amis, des médecins – il n’est pas d’accord avec le partis-pris proustien, agacé par son pessimisme et sa mise en scène permanente de la solitude, du mensonge et du malentendu. Mettant en avant le besoin vital de cette chaîne de bienveillance, il rejoint le propos de Céline Lefève . Et me renvoie vers un autre ouvrage (que je n’ai pas encore lu)- Le care monde de Pascale Molinier qui défend un mouvement en train de prendre de l’importance, celui du développement éthique de la sollicitude, mouvement venu des Etats-Unis. Comme nous est venu, à l’inverse, le pathétique raz-de-marée de la psychologie positive et du développement personnel qui font peser sur l’individu l’entière responsabilité de sa condition et dont rend compte Happycratie sous la plume d’Edgar Cabanas et Eva Illouz (que je n’ai pas encore lu non plus). Enfin ! un contre-pied aux innombrables déclarations sur cet impératif du bonheur. L’incompréhension teintée de mépris qui vous tombe dessus si vous vous insurgez contre cette dictature… Dans Le Lambeau on lit : « Je suis hermétique aux méthodes Coué et à la méditation

Le Lambeau. Philippe Lançon. Gallimard
Le care monde. Trois essais de psychologie sociale. Pascale Molinier. Lyon, ENS Éditions, coll. « Perspectives du care .
Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies. Edgar Cabanas et Eva Illouz . Premier Parallèle.

Avant l’été

LIRE PHILIPPE ROTH. Je finissais de lire La Tâche le jour où l’écrivain est mort. Dans l’interview qu’il a donné au Monde du 24 mai, Alain Finkielkraut, son ami, déclare : « Je voudrais quand même rappeler que Philip Roth a été le non-lauréat annuel du prix Nobel de littérature. Il a payé ainsi l’accusation de misogynie qui a été portée contre lui après la parution de « Ma vie d’homme ». C’est un scandale absolu qui discrédite de façon définitive, à mes yeux, le jury de Stockholm. » Je souscris. Ce serait dommage de passer à côté d’un tel écrivain. Regardez donc en replay sur La Cinq l’excellente Grande Librairie du jeudi 24 mai. Lisez le livre de Josyane Savigneau Avec Philippe Roth. Et surtout achetez, empuntez ou volez La pastorale américaine. Pour commencer.

PENSER THEATRE. Prévoir un budget théâtre (avec de nombreuses et prestigieuses soirées musique et danse) pour la prochaine saison théâtrale à Marseille et à Aix en Provence . La programmation est plus qu’alléchante. Mes premiers choix ci-dessous.
Théâtres Le Gymnase, Les Bernardines à Marseille, le Grand Théâtre et Le Jeu de Paume à Aix-en-Provence.
106 propositions.
Dominique Buzet :
« Nous sommes là pour construire, pour dire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. »
« Mon enjeu prioritaire est de redonner de l’éclat au 1er arrondissement et de faire du théâtre son totem. »

 

Les ladies rock de Jean-Claude Gallotta

Jazz loves Disney. Walt Disney était un grand amateur de jazz et les musiques de ses dessins animés sont devenues des standards . Sur scène les dix-sept musiciens de the Amazing Keystone Big Band, quatre grandes chanteuses de jazz, un orchestre à cordes et un comédien. On sortira de là en sifflotant sous les étoiles, c’est sûr. Grand Théâtre. 22 septembre.
Gravité. Angelin Preljocaj. Une « odyssée charnelle » Les mouvements des corps soumis aux aléas de la pesanteur. D’Angelin le magicien, on peut tout espérer. 3 et 4, 5, 6 octobre Grand théâtre.
Face à la mère. Alexandra Tobelaim. Texte Jean-René Lemoine. Sa mère est morte à Port-au-Prince dans des conditions atroces. Il lui parle : tout ce qu’il n’a pas su ou pas pu lui dire de son vivant. 4,5,6 octobre. Jeu de Paume.

Patrick Timsit

Le livre de ma mère. Albert Cohen et Patrick Timsit. Quasi le même thème. Cohen-Timsit, une alliance inattendue, qui éveille notre curiosité, mise en scène par Dominique Pitoiset. Le texte est magnifique..Et l’acteur en est amoureux depuis trente ans Alors… Les 8, 9 et 10 novembre. Gymnase.
My ladies rock. En 14 chansons, 14 tableaux, Jean-Claude Gallotta rend hommage à Janis Joplin, Patty Smith ou Nina Hagen. On nous annonce un tourbillonnant spectacle. 16,17 octobre. Grand Théâtre.
La fabuleuse histoire d’Edmond Rostand. Philippe Car incarne plus de quarante personnages et rend hommage à un Marseillais qui n’a pas toute la place qu’il mérite. 29 et 30 octobre et 2 au 10 novembre. Bernardines.
Pour connaître toutes les propositions des quatre théâtres, du comique chouchou des Marseillais, Patrick Bosso, à un autre chouchou, Marcel Pagnol, dont le film Angèle sera revisité par le Cartoun Sardines Théâtre, direction lestheatres.net

La Criée.
65 propositions
Macha Makeïeff :
« Partager librement cette fête légère et grave et cette nuit peuplée, fébrile, qu’invente le théâtre inlassablement »
« Donner le plus tôt possible aux enfants de grandes émotions artistiques, les protéger de la médiocrité! »
« Il faut venir au théâtre avec candeur ! »

Ceux qui m’aiment. Hommage à Patrice Chéreau. 20 novembre

La Fuite
(photo by Pascal Victor/ArtComPress)

La Fuite. Mikhaïl Boulgakov. Un spectacle inspiré de Macha Makaeïeff.  Reprise. 29 novembre au 13 décembre. Ma critique sur le site de La  Théatrothèque :
http://www.theatrotheque.com/web/article4979.html
Tempête. D’après Shakespeare par Irina Brook. Ce sera, nous dit-on, extravagant et délectable . 16 au 19 décembre

Miss Knife

Les premiers adieux de Miss Knife.  Olivier Py sur scène qui chante, c’est quelque chose . Vu à Paris, il y a plusieurs années, jamais oublié ! 26 février au 9 mars.

 

 

Saigon. Carole Guiela. Voyage dans l’histoire croisée du Vietnam et de la France. Un grand moment du Festival d’Avignon 2017. 25 au 27 avril.
Tout le programme sur :
théâtre-lacriee.com

 

Do not disturb– Photo Caro Lefresne

DECOUVRIR L’HOTEL RYAD.  27 août : un « beau dimanche de la Canebière » réussi. Retenons pour son originalité la superbe performance Do not disturb proposé par l’Hôtel Ryad. Une adresse luxe, calme et beauté à une minute de la Canebière. Pour papoter ou méditer dans le patio avec thé et douceurs orientales.

 

L’enfer de la comparaison

J’aime bien La Cie des auteurs sur France Culture, quatre fois une heure avec un écrivain, du lundi au jeudi. L’émission est certes inégale puisque dépendante des intervenants, mais il est bien rare qu’il n’y en ait pas un qui nous mette l’eau à la bouche. Sur Dostoïevski, c’était intéressant  quoique un peu plan-plan. Finkielkraut est arrivé. Et ce fut éblouissant la façon dont il a raconté, avec cette exaltation que personnellement j’adore, sa découverte de la littérature à quinze ans avec Les carnets du sous sol. Passionnante son analyse de ce texte à travers le concept d’amour-propre, différent , nous explique-t-il du bénéfique amour de soi. C’est, dit-il, ce sentiment destructeur qui nous fait nous comparer aux autres, vouloir toujours ce qu’ils ont, vouloir être au-dessus d’eux, vouloir être préféré à tous, vouloir être tout ! Impossible puisqu’il y a les autres… C’est cet enfer de la comparaison qui a pris possession du héros, plutôt de l’anti héros.

Cette histoire d’envie, de place, de comparaison, de reconnaissance m’interpelle… Je cours acheter le livre. Et en chemin, je me souviens comme j’avais moi aussi assez jeune, dix-sept ans peut-être, découvert l’auteur russe et comme il m’avait emportée, bouleversée. Une découverte un peu vite laissée de côté. Et je me souviens aussi d’ Edgar Morin mettant au premier plan de ses éblouissements intellectuels la lecture de Dostoïevski qui l’avait fait entrer dans la complexité de l’être humain. Soyons honnête, la lecture des Carnets du sous-sol, si elle est un fort moment de lecture, ne m’éclaire pas plus que ça. Peut-être le chapitre « L’enfer de l’amour-propre » dans Un cœur intelligent d’Alain Finkielkraut le fera-t-il. A suivre … ou pas !