Un drôle d’oiseau !

Cher Edgar Morin, bien désolée de ne pas avoir signalé à mes fidèles lecteurs l’interview que vous avez donnée à Hélène Fresnel de Psychologies de septembre 2019. Le numéro traînait sur un fauteuil et je ne savais pas que vous nous attendiez avec une superbe « accroche » en guise de titre : « A 98 ans la perspective de la mort s’éloigne« . .. Comment vous résister ? Résister à votre gaieté, votre humour, votre tendresse, votre intelligence mâtinée de naîveté ? Pourtant vous parlez d’angoisse et cela fait des siècles que vous tirez des sonnettes d’alarme  : dégradation de la biosphère, multiplication des armes nucléaires, économie dérégulée, source de grandes inégalités. Oui ! mais il y a « les forces de participation, d’enthousiasme, d’émerveillement, d’amitié, d’amour.  » Et donc elles vous habitent et vous font dire sans tergiverser : « Jusqu’à l’âge de 90 ans, j’avais le sentiment que ma disparition était proche. Mais comme les années se succèdent, je me suis habituée à rester vivant. « J’adore ! Alors certes vous regrettez toujours  que votre « pensée complexe » à savoir le croisement des connaissances, une autre façon de connaître la réalité, reste ignorée : Je suis dans une situation paradoxale, à la fois célèbre et totalement méconnu. Mais vous avez tant de fans dont je suis sans réserve. Votre dernier livre Les souvenirs viennent à ma rencontre (Fayard) va les enchanter .

Vous pouvez aussi, chers amis du blog,  lire le chapitre que j’ai consacré à Edgar Morin à la suite de nos rencontres  paru dans Avec toute mon admiration
Edgar Morin, un drôle d’oiseau, page 59