Tout était en l’air au château de Fleurville…

En convalescence à la campagne, j’ai le temps de  « glaner » des objets-souvenirs comme dirait cette chère Agnès Varda. Et des livres. Sur une étagère je trouve Les vacances, par La comtesse de Ségur, librairie Hachette, une édition de 1954. J’avais donc six ans quand je suis entrée avec grands délices et quelques frayeurs dans le monde de Camille, Madeleine, Sophie…  La couverture (photo) se détache du livre que J’ouvre… Et je retrouve l’incipit comme si c’était hier, une magnifique ouverture pour l’imaginaire : « Tout était en l’air au château de Fleurville. »

Le même jour je vois que « La Compagnie des auteurs » sur France Culture est consacrée à Sophie de Ségur (1799-1874). La première heure est fort judicieusement confiée à Marie Despléchin. Qu’elle soit comme je l’étais fascinée par le « née Sophie Rostopchine »  qui complète la signature me ravit. Je découvre que la comtesse a 57 ans quand commence sa deuxième existence, celle d’écrivain. Je découvre  sa vie avant en Russie, sa mère si dure, son père si séduisant, un peu fou– c’est lui, gouverneur de Moscou, qui fit mettre le feu à la ville pour empêcher les troupes de Napoléon d’y entrer, ainsi qu’à son domaine. Et j’entends chez Marie Despléchin et les autres intervenants une vraie réhabilitation de cette grand-mère qui écrivait, c’est vrai, pour ses petits enfants mais qu’il ne faudrait pas réduire à cela.

Son amour des enfants, sa curiosité, sa gourmandise sont souvent évoquées. Mai aussi sa cruauté. Elle serait bien plus subversive qu’elle n’y paraît. Et pourtant «  tout près de l’enfance ». Elle toucherait donc nos gamins du XXIème siècle malgré qu’elle soit profondément datée, portant des valeurs morales et sociales fort éloignées de notre époque, nous raconte Jean-Michel Jeannenay. Chaque année vingt mille exemplaires des Petites filles modèles sont vendus ! Le général de Gaulle a dit un jour, à la vive surprise de qui l’écoutait, que la phrase la plus mélancolique de la littérature française était à ses yeux celle qui ouvrait l’avant dernier chapitre du livre Les Vacances : « Les vacances étaient tout près de la fin, les enfants s’aimaient de plus en plus… ». (https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/actualite-de-la-comtesse-de-segur-0
Moi qui n’osais pas faire connaître Le général Dourakine, (vous vous souvenez du « knout » ?),  François le bossu, Le bon petit Diable (ah la mère Mac Miche !) et les autres à mes petits enfants, voilà qu’ils ne vont pas y couper au prochain été… En attendant bonne rentrée petits et grands…

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