Andy Warhol au Théâtre Joliette

Un si joli spectacle : allègre, enlevé. Vous rentrez un peu chiffonné (ça arrive), vous sortez tout défroissé. Cela se passe à New York dans La Silver Factory d’Andy Warhol entre 1964 et 1968* – silver parce que ses murs sont recouverts de peinture argentée. Des années où une créativité débridée autorise tout et à tout le monde. Aucun code, ni électronique ni vestimentaire, ni social : on pousse la porte, on entre. C’est une fête perpétuelle mais on bosse aussi : des sérigraphies, de la musique, des films…

Clara Le Picard a visionné un peu par hasard des vidéos de cette époque et elle a été embarquée dans cette utopie collectiviste qui laisse rêveur en nos temps actuels où la tendance serait plutôt au repli sur soi (enfin c’est que tout le monde dit, j e n’en suis pas si sûre…), en ces temps plutôt précautionneux, frileux en tout cas. Son texte nous donne l’atmosphère de cette fabrique de création effervescente en une succession de flashes : court récits, anecdotes, souvenirs personnels et musique live (chansons de David Bowie John Cale et Lou Reed, Petula Clark – impossible pour moi de ne pas reprendre le refrein « down town ! – Judy Garland, Bob Dylan, Rolling Stones, Velvet Underground) . Les deux interprètes, Valentine Carette, qui incarne outre la narratrice, des égéries de Warhol, et Frank Williams, sont comme des poissons dans l’eau scintillante et   bondissante de cette époque. On en sort donc, je vous l’ai dit, tout ragaillardi…

* L’auteure n’a pas fait l’impasse sur les dérives et les suites de cette entreprise (overdoses, suicides …) hors normes mais fait le choix de ne pas en parler en s’en tenant à ces années magiques.

Encore deux soirées :
Jeudi 21 novembre 19h  ( en prime un concert pour une joyeuse prolongation après le spectacle)
Vendredi 22 novembre 20h
Tel : 04 91 90 74 28 ou résa@theatrejoliette.fr