I have a dream

C’est un tout petit livre à 3 €, édition bilingue ( Points 2009) qui donne le discours de Martin Luther King le 28 août 1963. Prononcé au terme d’une marche pacifique vers Washington pour soutenir la proposition de loi de Kennedy en faveur de l’égalité civique entre les blancs et les noirs, les mots « I have a dream «font partie de la mémoire de l’humanité. (JFK est assassiné le 22 novembre 1963 et en juillet 1964 sous la présidence de Lyndon B. Johnson, le civil Rights Act est voté.) Et comme c’est réjouissant, pour ceux qui comme moi ne l’avaient jamais entendu en entier, de le lire intégralement dans les deux langues :

« I say to you today, my friends, and so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream .
I have a dream that one day … »

Des repères historiques et un discours de Renan sur la nation et la race de 1882 complètent la lecture. Trente minutes passionnantes.

Zone extrême : ni fait ni à faire !

Très en retard mais quand même ! quelques mots sur le jeu de la mort, Zone extrême, le documentaire de Christophe Nick.

1 – Il s’agissait en s’inspirant de l’expérience de Stanley Milgram – menée aux Etats-Unis entre 1960 et 1963 dans le but de comprendre les horreurs nazies – de démontrer le pouvoir énorme et néfaste de la télévision. Le processus est très semblable : les participants sont invités à punir les mauvaises réponses faites par un candidat ( retenir une association de mots ). Chez Milgram l’expérience se targuait d’une caution scientifique, avec Zone extrême elle est présentée sous la forme d’un jeu télévisé où le candidat interrogé peut gagner beaucoup d’argent. Dans les deux cas ce qui est démontré c’est la terrifiante propension à l’obéissance et à la soumission, à l’encontre de ses propres valeurs, dès lors que l’institution qui se déclare responsable est reconnue comme légitime à donner des ordres. L’argument du réalisateur : que 81% des cobayes de ZoneXtrême contre 62%¨de ceux de Milgram aient été jusqu’au bout en infligeant des décharges électriques jusqu’à 480 volts à un concurrent (en fait un comédien) prouverait la nocivité particulière de l’institution télé.

C’est faux ! Pourquoi ? Dans le cas du jeu télé les candidats étaient mis au courant du deal dès leur recrutement– vous serez amené à envoyer des décharges électriques pour punir les mauvaises réponses. Ce n’était pas le cas pour Milgram. L’échantillon retenu pour le jeu était donc déjà trié, les « questionneurs » étaient avant même de commencer dans un processus d’obéissance et de renoncement à leurs valeurs. Ce n’est pas du tout pour défendre la calamiteuse télé- réalité mais ce qui est démontré là c’est simplement qu’il est temps de prôner l’insoumission car cette liberté et ce droit à la différence que nous réclamons dans tous les domaines sont toujours aussi dramatiquement absents dès lors que, répétons-le, une autorité estimée légitime se manifeste.
Cette confusion est fâcheuse.

2 – Plus fâcheux encore l’émission – l ’annonce de la soirée, le documentaire, le débat – a fonctionné sur ce qu’elle dénonçait : la fascination télévisuelle, le voyeurisme . Nous étions de fait avec un ami scotchés à l’écran lorsque les candidats ont eu des fou-rires nerveux certes mais tout de même fou-rires, lorsque, entendant les cris du faux supplicié, ils demandaient timidement la possibilité d’arrêter et lorsque l’animatrice raide comme la justice leur assénant « Ne vous laissez pas impressionner », ils tiraient la manette pour envoyer la décharge !
On a peur oui … mais pas plus de la télé que d’autre chose

3 – Et non pas fâcheux mais inadmissible la légèreté pour traiter le traumatisme des malheureux bernés confrontés à leur comportement, avec pour couronner l’affaire le film de leur débâcle projeté à une heure de grande écoute ! Naturellement on les rassurait, on leur assurait qu’ils étaient parfaitement normaux – tout en félicitant chaudement ceux qui s’étaient levés et avaient dit non.
Milgram avait d’ailleurs donné lieu à de sévères critiques. Un lecteur du Monde Magazine du 20 mars cite la psychologue Diana Baumrind évoquant à l’époque « le risque élevé de nuire à l’estime de soi des participants, ce qui pourrait provoquer des dégâts psychologiques à long terme. »

En résumé : un projet sans rigueur intellectuelle ni précaution minimum . Ou comme disait ma grand-mère : ni fait ni à faire.

Un jour d'épaules nues où les gens s'aimeront …

16 mars . C’est le printemps. Presque. Dans la rue de Belleville, mon pote Jacques et moi on se met à chanter « La matinée se lèèèève/ Quel printemps nous avons ! » Ce qui est beau dans la chanson me dit Jacques c’est que la matinée passe trop vite et ils n’ont pas assez de temps pour l’amour !
Jean Ferrat a été enterré aujourd’hui dans l’Ardèche. Retransmission à la télé. C’était d’une maladresse bouleversante : le maire d’Entraigues avait essayé d’écrire en vers et le frère s’empêtrait dans sa timidité et sa tristesse. Isabelle Aubret a chanté « « Que c’est beau la vie » que Ferrat lui avait écrit après son accident. Elle a toujours ses yeux de biche aux abois et sa voix un peu embrumée avec ce délicat tremblé : « Tout ce que j’ai cru trop vite à jamais perdu pour moi, aujourd’hui me monte aux lèvres en cette fin de journée ».
La veille l’émission hommage télé était belle . Je faisais partie des 5 millions de Français qui l’ont regardée et qui ont chanté sur leur canapé. Dieu ! les images de Jean Ferrat ( l a inventé son nom en étant ébloui par St Jean Cap Ferrat !) avant la moustache décidée en voyage à Cuba : la perfection de sa bouche, la flamme rieuse de son regard. Peut-on être plus jeune, plus confiant, plus entier ? Sa solide sensualité, sa virilité affirmée et en même temps, affleurant, le lait et le miel, la tonne de tendresse : une femme peut se laisser aller, elle ne risque rien.

Il était né Tenenbaum, son père était mort en déportation. « Nuit et brouillard » fut un temps interdit à la radio. Pourquoi ? Trop forte peut-être pour l’époque yé yé ? La réentendre et une fois encore être parcouru du même effroi. On connaissait toutes ses chansons par cœur et on ne le savait pas s’étonne Jacques ! Les mots les musiques tapissent notre mémoire, nourrissent les souvenirs de nos émois. « Mon amour ce qui fut sera… » « Nous dormirons ensemble… » « Changer la vie et puis abolir la misère… » « Un jour d’épaules nues où les gens s’aimeront… » Cette dernière phrase est un petit chef d’œuvre ; portée par Jean Ferrat elle touche au sublime : l’ampleur, la chaleur de sa voix la font vibrer des rêves de chacun, unique, et de tous, ensemble, les mots scintillent dans la palpitation de la lumière.
Cet homme était sincère jusqu’au fond des tripes et les gens de peu, comme on dit, le savent bien.

PS « Il dit ô femme et qu’il taise /le nom qui ressemble à la braise/A la bouche rouge à la fraise » …j’avais mis ces vers du chanteur en exergue à mon premier livre, le recueil de nouvelles « Parasols suivi de Intérieur Nuit » (qui a fini pilonné par les éditions Climats rachetées par un plus gros).

Dérive

Déçue – une fois n’est pas coutume – par mon émission chérie « Ce soir ou jamais … « sur les tribunaux internationaux. On doit y parler du TPI pour l’ex-Yougoslavie, avec Florence Hartmann qui en fut le porte-parole, du TKR (Tribunal des Khmers Rouges), avec Jacques Vergès, avocat de Khieu Samphan (ancien chef de l’Etat khmer rouge) et du Tribunal Russel pour la Palestine, avec l’Ambassadeur de France Stephane Hessel et Gisèle Halimi qui en sont tous deux membres.
Le Tribunal Russel pour la Palestine? Dans la lignée du Tribunal Russel sur les crimes de guerre au Vietnam il s’agit « d’un acte citoyen qui vise à réaffirmer la primauté du droit international comme base de règlement du conflit israélo-palestinien, et à éveiller les consciences sur la responsabilité de la communauté internationale dans la perpétuation du déni du droit du peuple palestinien. » (extrait du site www.russeltribunalionplestine.com)(*)
J’aurais appris ça mais c’est la seule chose que je vais apprendre. L’émission dérive rapidement vers l’éternel et stérile débat sur le conflit israélo-palestinien. Comme sur le plateau il y a aussi Denis Charbit, maître de conférences en sciences politiques à Tel-Aviv et Gilles-William Goldnadel (président d’Avocat sans frontières, qui dirige l’alliance France-Israël) le dit-débat vire évidemment au vinaigre.

Goldnadel écume en écoutant Halimi qui ne fait pas, il faut le dire, dans la nuance. Et qui soupire avec des mines excédées, quand Goldnadel prend la parole. Bref ça n’a aucun intérêt si ce n’est celui d’une excitation très médiatique à laquelle il est d’ailleurs difficile de résister. En tout cas ça prend du temps et le Cambodge passe à la trappe. Frédéric Taddeï fait deux timides tentatives pour souligner qu’il s’agit du premier tribunal international avec des parties civiles. Eh oui c’est vrai ! (même s’il y a des râtés) mais pas que : le TKR est un véritable laboratoire pour la justice internationale. Et, par ailleurs, qu’on juge 31 ans après un massacre qui a tué 1,7 million de Khmers, soit près du tiers de la population, mérite plus que la remarque de Vergès se demandant si François Bizot auteur du « Portail ») a témoigné au procès de Duch, (le directeur du centre de tortures et d’extermination S21 , verdict en avril 2010). Oui ! maître Vergès oui ! faudrait suivre un peu… Deux minutes donc en tout et pour tout sur le sujet.

Trois conseils à mon animateur toujours préféré ! et à vous, amis du Blog Atmotsphère, si ce procès vous intéresse :
– Lire mon livre « Tourments et merveilles en pays khmer » (Actes sud 2009) mais c’est déjà fait …
– Ecouter la video de l’expertise psychologique de Duch sur le lien ci-dessous :

– Aller sur le blog d’Anne-Laure Porée www.proceskhmersrouges.net qui depuis phnom Penh en suit au jour le jour les péripéties.

  • Je ne sais quoi penser de ce tribunal qui n’en est pas un. Le fait qu’il y ait, dans les soutiens, Noam Chomsky, révisionniste notamment sur le génocide khmer rouge, n’est pas emballant. Mais il y a Stephane Hessel …

Pêle-Mêle

LES COUCHES LAVABLES -SUITE

Rose-Anne, Clémentine, Aude et Sabine ont créé leur entreprise en Bretagne , une Scop qui fabrique des couches-culottes lavables en coton. Bio le coton évidemment. Et la lessive pour laver les couches dans le lavoir elle est bio ? Notez c’est bien que ce soit en Bretagne, région qui recèle plein de vieux lavoirs en plein vent. Info lue dans un dossier du Monde Magazine du 13 mars qui met en vedette des entreprises solidaires – hé a rédaction en chef faut relire un peu. C’est pas ça qui va me donner envie de passer mes vacances dans le Finistère …

JE T’AIME EDOUARD !
Il y a quelques jours à La Gitane, mon bistrot-bureau, j’ai vu Edouard. En hiver, voir Edouard c’est rare. Au printemps et l’été, le matin, il est souvent installé à la minuscule terrasse se chauffant au soleil comme un vieux lézard, allumant sa clope avec une jouissance délicate. Il connait tout le monde, il s’intéresse à tout, sa culture littéraire, musicale, historique est immense ; qu’il parle de la Toscane, d’Aragon, des femmes ou de la révolution russe, il est toujours précis, concret, jamais pédant ni pesant. Ses yeux rieurs – comme jamais j’ai vu des yeux rire et j’en ai vu – sa chevelure blanche et le cuir de sa peau lui donnent l’air d’un vieux loup de mer. Vieux il l’est, loup de mer non. Il exerça la profession de plombier et fit profession de bonne vie. J’ai eu une bonne vie, c’est ce qu’il dit. Et il ne remercie pas le ciel parce qu’il est un fieffé mécréant. S’il faut remercier quelqu’un c’est la chance et sa nature. La vie n’a pas de sens, dit-il, que celui qu’on lui donne. Ce matin là il m’a cité Shakespeare. «La vie est une histoire dite par un idiot pleine de fureur et de bruit et qui ne signifie rien ». La vieillesse, Edouard pense que c’est une saloperie mais il n’en fait pas une histoire. C’est comme ça. Il dégage le sujet et il pose une autre question sur vous. Au bout d’un moment il vous dit : Allez je te laisse travailler. Il vous balance le rire de ses yeux et il repart à son journal. Avoir vu Edouard c’est comme avoir entendu une très belle musique : la journée est sauvée ! (je crois que je pique ça à Sollers qui m’avait dit ça dans une interview )

LES NAUFRAGES DU « FOL ESPOIR »
Ma critique du spectacle d’Ariane Mnouchkine sur www.theatrotheque.com

MES POÊLES LES SEDUISENT …
C’est dans le métro, une affiche géante avec un post-soixante-huitard, dread locks poivre et sel, lunettes de soleil, gueule pleine de poils…
C’est une pub pour les poêles à bois Invicta
« Mes poêles les séduisent … » c’est Jean-Pierre Lepire , le PDG de la boîte qui le dit et qui s’exhibe.
On peut soit lui prêter beaucoup beaucoup d’humour ( mais autant d’autodérision est-ce possible ?), soit lui décerner le prix de la pub La Plus Pire du mois ( venant ainsi détrôner celle de Wall Street English, mais si vous savez bien celle qui donne envie de gerber avec un drapeau british à la place de la langue). Ah la délicatesse du monde enchanté de la publicité …

Burqua encore : une interview de Rayhana

Rayhana est l’auteur d’une superbe pièce féministe et anti-islamiste « A mon âge je me cache encore pour fumer » qui va faire l’objet d’un long métrage produit par Michèle Gavras. Le 12 janvier 2010, quelques jours avant la fin des représentations à La Maison des Métallos à Paris, insultée et aspergée d’essence dans la rue, elle a sans doute échappé au pire en parvenant à s’enfuir. Pas suffisant pour lui faire parler la langue de bois.

DEGUISEMENT
Quand mon père a su ce qui m’est arrivé, il m’a appelé et m’a dit : Ma fille ne sors plus comme tu es d’habitude, cache toi, mets le voile ou coupe tes cheveux (Rayhana a une magnifique chevelure flamboyante. ndlr). Papa tu sais bien que c’est impossible ! Alors achète toi une perruque, mets des talons hauts et un tailleur. Il sait bien que je ne m’habille jamais comme ça et au fond il me disait : déguise toi ! Mon père a fait la guerre d’Algérie . Il m’a raconté comment un maquisard allait dans les casernes françaises avec un voile. Les « indigènes » comme disaient les Français ! se déguisaient pour mettre des bombes …c’était légitime d’une certaine façon. Mais, dans les années noires, ceux qui allaient tuer des intellectuels, des artistes, des gens du peuple, se cachaient aussi sous le voile, le voile intégral celui où on ne voit que les yeux. Pour moi le voile est incompatible avec une société ouverte et libre.

PEINE DE MORT
Un jour en France, un vrai barbu avec sa djellaba et tout le reste m’a craché dessus . Il m’av ait entendu parler arabe avec une copine, et mes vêtements mes cheveux l’ont sans doute rendu fou. Je me suis dit : j’ai supporté ça en Algérie, je ne veux pas le revivre en France. Pendant les années noires, on a d’abord vu un voile, puis deux, puis trois, puis de plus en plus. Au début c’étaient des choix – et pour les vieilles femmes c’était quasiment une libération de troquer le grand voile blanc qui entravait leurs gestes contre le voile simple. Mais après ? Après j’ai connu une jeune institutrice qui a été tuée parce qu’elle ne portait pas le voile.

BONNES A MARIER
Mon père et ma mère m’ont interdit de mettre le foulard alors qu’ils ont obligé ma sœur des années plus tard à le porter. Pourquoi ? Pour être mieux vu par les voisins, pour se marier plus facilement. C’est pareil ici dans les cités : les filles qui portent le foulard sont sérieuses, bonnes à marier. Et cela se passe là où il y a eu des tournantes, une violence terrible des hommes, des frères. Elles mettent le voile et comme ça elles ont la paix ! En ce moment les Afghanes et les Iraniennes se battent pour sortir à visage découvert et, en France, dans une société laque et démocratique, on voit des femmes disparaitre sous le voile intégral pour être tranquilles…

NONETTES ET FRISETTES
Je suis venue en France en 2000. J’ai connu pratiquement toutes les années noires en Algérie. Voilà pourquoi je suis farouche ! voilà pourquoi je rejette tout signe d’oppression – même les cornettes des nonnes et les frisettes des Loubavitch, je n’ai pas envie de les voir ! Pour moi la religion c’est le bonheur, la fête. Je ne garde que ça. Je fête l’Aïd, je fais Ramadan à ma façon : je prends mon café et je fume et je jeûne et le soir je festoie avec mes amis ! Mais je fête Noël aussi et je voudrais connaitre les fêtes israéliennes où on danse … Je préfère prendre ce qui est beau, l’humanisme des religions. Tout ce qui est oppressant c’est : « dehors » – oui c’est terrible mais c’est ce mot qui me vient.

DES FEMMES LIBRES
C’est très dur de dire tout ce que je viens de dire mais ce que j’ai vécu en Algérie m’y force. Je rêve qu’on interdise le voile en Algérie ( jusqu’à la trentaine en tout cas) . Le jour de l’indépendance, la première chose que les femmes ont faites c’est d’enlever leurs voiles . Il n’y avait plus d’hommes et de femmes ce jour , il n’y avait que des êtres humains libres. Elles arrachaient leurs voiles, libéraient leurs cheveux, dansaient, chantaient…

SERPENTS BIBLIQUES
Le chant, la danse, sont interdit par les intégristes. La femme fait la cuisine, élève les enfants, chauffe le lit de son mari , baise quand le mari le veut , « sinon les anges l’insulteront toute la nuit ». L’histoire que je raconte dans « A mon âge je me cache encore pour fumer » se passe au hammam. Le hammam est interdit aux femmes par les intégristes : une femme pieuse ne montre pas son corps, même pas à une autre femme. Ce n’était d’ailleurs pas mieux dans la religion catholique – voire encore plus répressif; la phrase que j’ai mis dans la pièce « les serpents creuseront des tunnels dans votre sexe » je l’ai prise dans la Bible en transposant l’interdit de l’adultère à la masturbation !

POUR LA LOI
La plupart des femmes qui portent le voile en France l’ont choisi, je le crois vraiment, mais il y en a quelques unes, je ne sais pas combien , qui y sont contraintes et rien que pour elles je dis non ! Je suis contre la burqa et je suis d’ailleurs aussi contre le foulard . Et je suis pour une loi interdisant le voile intégral dans les services publics et les transports. Une telle loi existe depuis des années en Tunisie. Mais je suis aussi pour une autre loi, celle qui réglerait le problème de la discrimination sociale dans les quartiers pauvres, qui ne laisserait pas des jeunes se débattre dans de telles difficultés qu’elles les poussent dans les mosquées, qu’elles les mettent dans les griffes des islamistes.
J’ai toujours été « soutien critique » en Algérie et je veux continuer à l’être pareillement en France. C’est un devoir de rester moi-même. Je ne veux plus avoir peur.

Propos recueillis par Dane Cuypers

Delires

Non vraiment regardez Ce soir ou jamais… sur la 3 si vous êtes couche-tard. Fallait voir ce jeudi 12 février Frédéric Taddeï interviewer Daniel Prévost qui vient de sortir un livre intitulé « Délires ». Toujours aussi rigoureux pour mener son entretien, malgré un interlocuteur bien délirant – minimum ! – et si ravi en même temps. Prévost a réussi à lui faire avouer qu’il avait eu « un peu peur » de la grippe A. Craquant Taddeï ! Mais qu’est-ce qu’il attend pour m’inviter ? « Tourments et merveilles en pays khmer »chez Actes Sud 2009), je lui rappelle au cas où il tomberait sur mon blog !

Rien à voir avec ce qui précède : actuellement en ligne sur www.theatrotheque.com ma critique sur la pièce « Alexandra David-Néel-Mon Tibet ». Excellente la pièce, j’ai donc renconcé à mon projet d’écriture théâtrale sur ce magnifique personnage. Heureusement je n’avais écrit qu’une scène. Ah ma bonne dame, la vie d’artiste ! je vous dis pas …

De l'encre, de l'eau et des coquilles

Stéphane Demorand (le matin sur France Inter) est excellent et il le sait. Un peu trop depuis quelques temps peut-être. Sa surchauffe permanente, efficace la plupart du temps, l’a fait déraper jeudi 19 février avec BHL. Lui balancer que toutes ces histoires avec les médias, à propos de son dernier livre, le font jouir, et encore, a-t-il insisté, je ne dis pas le mot que j’ai en tête – tous les auditeurs ont compris « masturbation » – était carrément insultant. Bernard Henri-Lévy n’a pas très bien réalisé sinon il lui aurait rétorqué que c’était lui l’animateur qui, à l’instant présent, était dans la jouissance.
Je ne sais pas si l’écrivain prend son pied mais en tout cas il en prend plein la tête. Pour pas grand-chose. Son cafouillage à propos du nom d’un écrivain (dont j’ai oublié le nom parce que franchement c’est le cadet de mes soucis) fait couler beaucoup plus d’encre – mais beaucoup moins d’eau – que les 300 ans d’erreur du GIEC à propos de la fonte des glaciers de l’Himalaya. Son dernier rapport en prévoit la date en 2035 au lieu de 2350 ! On peut parier que c’est une coquille, on peut dire que l’erreur est humaine … Oui, il faut se forcer un tantinet mais on peut. Si on le peut pour les neiges qui ne sont pas éternelles mais qui ont encore de belles années devant elles, alors on le peut aussi pour notre BHL non ?

PS DU LENDEMAIN
Une lectrice me signale que ce n’est pas Stéphane Demorand mais Nicolas ! Evidemment … Une erreur de ma part comme en écho au début de l’interview sur France Inter : « Bonjour Bernard Henri Botul  » (le philosophe qui n’existe pas dont j’ai retrouvé le nom et qui a piégé BHL)avait attaqué direct le journaliste… Le philosophe avait répondu : « bonjour Olivier Demorand. » Quel embrouillamini ! Une poule n’y retrouverait pas ses petits.

Ouf …

« Main basse sur l’info ». Le titre racoleur de l’émission du 9 février 2010 sur Arte ne laissait pas présager une très bonne soirée télé. Erreur . Un premier film « Les effroyables imposteurs » de Ted Anspach met à plat les théories du complot. D’abord pour le virus H1N1. Les interviews de l’avocat de Grenoble (( dont je n’ai pas noté le nom) dans son valeureux combat sont un bijou. En gros : on relance l’économie en déclenchant une épidémie. Et bonnes gens écoutez bien : peut-être même que le virus ( comme celui du sida ) a été créé en labo. Yes. Les arguments de l’avocat fan de karaoké ont été démontés vite fait bien fait.
Même impitoyable démontage pour le 11 septembre fomenté par les Américains. Où l’on voit l’ahurissante complaisance d’un journaliste sur TV 7 à propos du film ReOpen. Bref serrons les fesses ! L’objet du complot est en effet toujours le même : « éliminer une partie de la population mondiale » Il n’y a pas qu’à la télé qu’on dit ça je l’ai entendu dans une salle de sports, au bistrot …D’ailleurs 11% des Français estimeraient que le 11/9 a été organisé par les Etats Unis eux-mêmes ; en Chine ils seraient 56% à penser qu’on ne connait pas la vérité sur les twin towers. Orwell et Huxley – il mérite mieux pour sortir de son purgatoire littéraire que cette récupération-là – sont doctement cités par des grands malades du complot. Un type raconte qu’il a passé quatre heures par jour pendant deux ou trois mois à s’informer. Ce n’était pas très normal ,commente-t-il – pour le moins !

Traité également dans le film le thème : « nous sommes tous des journalistes ». Argument pour : les manifestations et répressions en Iran par exemple qui se savent. Contre : tout et n’importe quoi sur la toile. Sauf si on passe, disent certains, au journalisme participatif : es lecteurs sont tous de potentiels journalistes mais il faut que s’exerce un contrôle par des professionnels. Il s’avère que ce contrôle est difficile : exemple édifiant de lepost.fr dont le Monde serait un des actionnaires avec des dérives anti -sémites parfaitement incontrôlés.
Deuxième film : Huit journalistes en colère. Où l’on découvre ( moi en tout cas) un David Pujadas(le journal de la 2) inhabituel qui décline un « halte à la bien-pensance, au journalisme des bons sentiments », à savoir le faible a toujours raison contre le fort. Assez gonflé, il donne l’exemple des suicides à France Télécom : le nombre est-il supérieur à la moyenne des autres entreprises ? Allons juste voir dit-il Peut-être qu’on se laisse rouler par la vague.

Même discours chez Philippe Val, ex directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, de France Inter maintenant : « Le pire ennemi du journaliste : être au service du bien (…) faire primer la thèse sur les faits. Il faut penser contre son opinion ». Idem encore chez Ellkabach journaliste peu en odeur de sainteté : Opposé clairement au journaliste-citoyen, il déplore la tendance à considérer les affaires du monde comme une bataille entre le bien et le mal. Edwy Plenel, ex du journal Le Monde, fondateur de Mediapart, n’est pas d’accord : Internet dit-il en substance nous remet, nous journalistes, à notre juste place , le reportage, tandis que l’opinion appartient à tout le monde.

Vaste sentiment de soulagement à entendre tout ça.
Tandis que sur le site de Reopen, la controverse rebondit violememnt. La puissance d’Internet quoi qu’on dise.

Ouf encore en écoutant Elizabeth Badinter sur les ondes. Souvenir d’une interview d’elle dans son appartement, avec vue sur un Luxembourg enneigé me semble-t-il : précision, finesse, rigueur des propos. Directement de la bande enregistrée au texte, ou presque. Son « conflit » ( publié chez Flammarion) fait polémique. Super ! De l’obligation d’être mères avant tout en est a priori le propos ( je ne l’ai pas lu). Ouf, oui, ouf quand je l’entends épingler cette opinion verte qui m’avait fait voir rouge un matin dans ma salle de bains : les couches jetables ne sont pas respectueuses de l’environnement ! En voilà une idée qu’elle est bonne : revenir aux couche lavables, et pourquoi pas à l’authentique poésie du lavoir communal. C’est un exemple mais révélateur de la liberté d’esprit de la plus intelligente de nos féministes.

Colloque …ou coloc

A mes amis perplexes je le dis- ou plutôt je l’écris car c’est précisément l’oral qui prête à confusion : je suis dans un plan coloc et non dans un projet colloque… Ah oui ! car il n’y a pas que les nourritures spirituelles, dont certes je fais mes raffoles ( une vieille expression ravissante qui vient je ne sais d’où ), il faut aussi payer le loyer, la crème anti-rides et les meilleures pâtes de Paris « Chez Vincent », fameux restaurant italien désormais installé dans le parc des Buttes Chaumont.