Et les musiciens alors !

Oui, dans mes annonces sur le concert Olivier Py, je n’ai pas mentionné les musiciens. Sortie du superbe concert  –  quel talent, quel engagement que celui de cet artiste, bref quel bonheur ! – je me rends compte de cet oubli.  Impardonnable !car  Julien Jolly, batterie, Olivier Bernard, saxophone et flûte, Stéphane Leach, piano, Sébastien Maire, piano, sont  la crème Chantilly du spectacle. J’ajoute aussi que les textes sont d’Olivier Py et les musiques de Stéphane Leach.

Strass et cravate…

Photo Rebecca Greenfield

 

Miss Knife c’est une chanteuse de cabaret, l’autre moi d’ Olivier Py, l’homme de théâtre, le directeur du festival d’Avignon, qui, talons aiguille, strass et plumes, raconte sa vie passée sur les planches, trente ans d’amours détraqués, de désillusions , d’insolences, de dérision, de passion. « Il y a d’autres travestis, chanteurs et chanteuses qui font des choses comparables à ce que je fais. Mais ce qui trouble, avec moi, c’est ma double vie ; que l’on puisse me rencontrer, cravate autour du cou, discutant la journée de convention collective avec les techniciens d’Avignon, et le soir en robe à paillettes. (…) C’est devenu un spectacle gender fluid, ce qui était moins le cas lorsque j’avais vingt ans. Mais j’étais, à l’époque, crédible, désirable et jolie en femme. Maintenant je joue sur autre chose, sur un personnage dont le genre est assez flou. Est-ce une vieille chanteuse ? Un travesti ? On ne le sait pas trop. Peu importe. (entretien avec Joëlle Gayot, Télérama). Oui peu importe, ce qui compte c’est ce décapant spectacle de music hall : des chansons radieuses ou désespérées, du rire, des larmes, la vie qui vibre, libre, du grand art, bien au-delà du genre.
Dans CRI-CRI, la revue du Théâtre de Marseille déjà évoqué (article « Régénérant » ci-dessous), Olivier Py, répondant à Hervé Castanet, donne une des clés de l’émotion suscitée par son spectacle : « On est davantage nu, vraiment seul sur scène (par rapport au théâtre ndlr), on n’a pas l’appui d’une situation, d’un personnage en situation. En réalité, on est beaucoup plus en danger spirituel dans le music-hall – aussi à cause du chant. Un acteur doit se mettre en danger quand il chante, sinon il ne réalise qu’une performance vocale : le frisson, la chair de poule ne sont pas au rendez-vous. »
Ce premier numéro s’ouvre par un beau texte de la philosophe Barbara Cassin sur le souvenir de la lumière rose donnée par le voile du berceau. Elle écrit : Voir la lumière définit parfaitement la vie. Lumière du jour, lumière du soleil : c’est pour moi une souffrance pure, maladive que de ne pas être dans le soleil qu’il y a ; douleur de voir la lumière dans la chambre d’en face, terrasse ou maison, sur l’autre berge, rive ou trottoir, de ne pouvoir me placer dans le rayon, « sous le soleil exactement ». Je me souviens l’avoir interviewée au Vieux-Port et qu’on avait sans se concerter spontanément cherché la seule dernière table du bistro au soleil. Il me semble que cette addiction à la lumière et au soleil est référencée par la faculté, qu’elle est une pathologie ! Tant pis …

Les premiers adieux de Miss Knife, Olivier Py, le 2 février
La Criée, 30 quai de Rive Neuve, 13007 Marseille
04 91 54 70 54 – www.theatre-lacriee.com

 

Construire un pont…

Rue Balbi – Gênes
DC.

C’est l’architecte gênois, Renzo Piano, qui va reconstruire le pont de sa ville natale. Bel entretien avec Nathalie Herzberg dans Le Monde du 28 janvier 2019. Extraits…
« A 8, 9 ans, on a enregistré l’essentiel de ce qu’on sera pendant le reste de sa vie. »
« Les chantiers, lieux d’orgueil et de paix. Qu’ils soient turcs, russes, libanais, ougandais ou français, j’ai des chantiers dans tous ces pays – les gens sont différents mais partagent des valeurs. Ça peut faire des miracles. »
« Construire un pont c’est un geste d’optimisme, l’inverse de la construction d’un mur »
« (…) l’optimisme du bâtisseur (…) à mon âge je continue à croire que les temps qui passe fait le monde meilleur, malgré tout. Même quand je suis malade, je pense que demain, j’irai mieux. »
La mer méditerranée devenue cimetière : «  On ne peut pas laisser les gens dans la mer. Cette mer est une force inouïe, une source d’inspiration et de beauté, une machine à enregistrer des sons, des parfums, des lumières. Mais c’est devenu le théâtre de souffrance à laquelle nous devons tous réfléchir, tous les Européens. »

Régénérant…

Qu’on soit à fond dans le genré ou au contraire un peu dégenré, pardon dérangé, par le concept du genre, l’occasion est belle de s’y délecter ou de s’y confronter. La Criée nous propose en effet une « invasion » ainsi qu’ elle qualifie joliment ses choix thématiques déclinés sur plusieurs jours. Au programme une journée « Genre et transgenre » le samedi 26 janvier : table ronde, ateliers, film, spectacle, bal … Mais aussi du théâtre et du cabaret.
Ce soir, jeudi 24, vendredi 25 et samedi 26, Michel Fau présente sa dernière folie de théâtre et d’acteur avec Névrotik Hôtel. Il y interprète et met en scène une diva, Lady Margaret, une mamie bitchy (chiante, riche et désespérée), aux mains d’un jeune groom dans la solitude d’une chambre d’hôtel très rose. Il/elle chante la vie d’hier, les lendemains incertains :  « chansons inédites de Michel Rivgauche, musiques signées Jean-Pierre Stora, dialogues parfaits de Christian Siméon qui portent haut l’art de l’humour vipérin et de la mauvaise foi accablante. » (Libé). Selon Michel Fau lui-même, « cela ressemble à une vertigineuse mise en abîme des clichés humains, mais c’est aussi un hommage décalé et poignant à la grande chanson française.  »
Michel Fau a joué dans une dizaine de spectacles d’Olivier Py, qui sera, lui, sur scène le 2 février pour Les premiers adieux de Miss Knife. Paillettes, faux-cils et vraie grande voix, un concert époustouflant, remuant, régénérant ! Dans CRI-CRI, le premier numéro de la revue du Théâtre de Marseille que lance Macha Makeïeff, le psychanalyste Hervé Castanet, qui en est le rédacteur en chef, s’entretient avec le metteur en scène. « Qu’appelle-t-on chanter ? est la question centrale de ma vie » affirme Olivier Py. Quand on l’a vu chanter (et ce fut mon cas il y a quelques années à Paris), on en est convaincu.

PSAS (Post Scriptum Après Spectacle)… J’ai écrit les lignes ci-dessus avant de voir Névrotik Hôtel dont je sors. Enchantée. On se laisse emporter ravi et touché que cette « avalanche de clichés », comme le dit Michel Fau, nous raconte si drôlement la vie d’une diva déjantée… mais aussi un peu la nôtre.

Névrotik Hôtel, 24,25 et 26 février. Avec Michel Fau, Angoine Kahan (formidable) et Mathieu El fassi (piano), Laurent Derache (accordéon), Lionel Allemand (violoncelle).
Journée Genre et transgenre le 26 février, entrée libre sauf spectacle Michel Fau
Les premiers adieux de Miss Knife, Olivier Py, le 2 février
La Criée, 30 quai de Rive Neuve, 13007 Marseille
04 91 54 70 54 – www.theatre-lacriee.com
CRI-CRI, la revue du théâtre de Marseille, disponible en librairie, sur internet et au Théâtre.

 

Sérieusement …

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Détonnant. Connectez-vous sur lemondedesreligions.fr  si vous voulez lire l’entretien détonnant que  la philosophe Nadia Tazi  m’a accordé dans le cadre des Rencontres d’Averroès à Marseille. Thème : islam et virilité.

C’est possible ! Une très bonne nouvelle dans Le Monde (vendredi 18 janvier 2019) : il est possible de nourrir 10 milliards d’individus en 2050 tout en améliorant la santé et en protégeant la planète. C’est le résultat d’une étude menée par 37 experts de seize pays (revue The Lancet et fondation EAT). Ces trois objectifs sont congruents. Il nous est rappelé que plus de 820 millions de personnes souffrent de sous-nutrition tandis que 2,4 milliards sont en surconsommation, cause de diabète, hypertension, troubles cardiovasculaires. Et que, dans le même temps, la production agroalimentaire est  le principal facteur de dégradation de l’environnement. Or il est possible de manger de façon à la fois plus saine et plus durable. L’apport journalier préconisé est de 2500 calories (actuellement pays riches 3700, pays pauvres 2200). Le menu type idéal serait 500 grammes de fruits et légumes par jour, 125 grammes de protéines (en majorité d’origine végétale), des céréales complètes, des produits laitiers, quelques cuillerées d’huile végétale. Une vraie mutation donc : un Nord-Américain devrait diviser par six sa ration de viande rouge, un habitant d’Asie du Sud-Est la multiplier par deux. Ce » régime de santé planétaire » est donc possible s’il devient, à l’instar des moins 2% de réchauffement du climat, un véritable objectif prioritaire.

 

 

 

La déferlante Houellebecq !

De la folie. Avec son septième roman Sérotonine, l’auteur est carrément en odeur de sainteté. Tous ou presque, de Jean Birnbaum, Le monde des livres, à Bernard Pivot, des références pour moi à la fois de bon sens et de finesse, sont en pâmoison. Pour le premier « Houellebecq nous aime et nous comprend. » Pour le second c’est le « roman de la liberté ». Il est qualifié « d’auteur suprême » dans Livres Hebdo. On lui doit « gratitude et admiration «, c’est un « visionnaire, un prophète », « l’auteur qui sublime notre vulgarité » … Ce livre apparemment désespérant (comme souvent chez cet auteur, qui rappelons-le s’est fendu récemment d’un éloge de Trump), en l’occurrence un homme marche vers son suicide, devient sous la plume des critiques un chant d’espoir, une litanie d’amour…

Marc Weizmann, qui signe désormais sur France Culture une chronique Signes des temps, s’énerve un peu et parle « d’un aveuglement total d’une presse qui se dope à ses propres mots » et « d’hypnose collective. » Selon lui un tel engouement est du au fait que l’écrivain tient le discours de « ressentiment » que tout le monde a envie d’entendre : ah ouf ! on se sent moins seul. Antoine Compagnon, quant à lui, dans le même Monde des livres du 4 janvier est féroce. Et très argumenté (contrairement aux complimenteurs). Houellebecq est facile à lire, explique-t-il, sa narration au fil des livres s’est simplifiée, ici avec un protagoniste central et des partenaires qui se succèdent sans jamais se croiser : « ils tiennent leur partie pendant quelques pages et puis s’en vont. » Le professeur au Collège de France écrit :  La langue, plate et instrumentale, aide aussi à la lecture (et aux ventes) (…) Le nivellement du récit est voulu, le rabaissement de la langue fait partie du business plan, les écarts de style sont calculés. Ils amplifient l’effet de sinistrose et d’anomie, comme les vannes de potache, les gaudrioles de carabin et les franchouillardises de beauf juxtaposées aux maximes à la Rochefoucauld.

Je ne l’ai pas lu mais je ne suis pas sûre que je vais justifier les 320 000 exemplaires de lancement… L’auteur le plus lu dans le monde peut se passer de moi. A vous dire la vérité, j’ai très envie de le lire mais j’attendrai qu’on me l’offre.

C’est Marseille !

Le diable Mistral. Quand il fait du mistral c’est juste le contraire d’un doux pays ici, car le mistral est d’un agaçant. Mais quelle revanche, quelle revanche , lorsqu’il y a un jour sans vent. Quelle intensité des couleurs , quel air pur, quelle vibration sereine. (…) Malheureusement à côté du soleil bon Dieu, il y a trois quarts du temps le diable mistral. Ce sacré mistral est bien gênant pour faire des touches qui se tiennent et s’enlacent bien avec sentiment. (…). Ceci écrit un jour sans mistral –  comme, m’est avis, vous l’avez tous noté – est extrait d’un livre exquis Lettres de Provence de Vincent Van Gogh, éditions Aubéron 2010. Acheté (2 euros) à un bouquiniste à l’angle de la Canebière et du boulevard Dugommier à Marseille. Jamais rien lu d’aussi beau sur les couleurs du midi que van Gogh tente de mettre sur sa toile.

Un peu de courage ! Oui se prendre par la main pour aller donner notre avis avant le 4 mars sur le PLUI (Plan local d’urbanisme intercommunal). Françoise Verna dans son édito de La Marseillaise du 14 janvier le dit ainsi : « Les Marseillais et les habitants des 17 autres communes concernées seraient bien inspirées de participer en nombre à cette enquête publique et faire entendre leur aspiration pour le droit à la ville. » https//www.registrenumerique.fr/plui-pda-marseille.provence. Ou se rendre à sa mairie .

 Amoureux mais pas trop. Il est drôle, en tout cas pour moi qui ne suis marseillaise que depuis bientôt trois ans, ce « Petit dictionnaire (modérément) amoureux de Marseille », signé Hugues Serraf, illustrations de Jean-Michel Ucciani, paru chez Gaussen. Parfois même très drôle. Parfois un peu moins mais c’est un dico, on saute et on s’arrête par exemple – sans attendre ! – à « BUS »
 Les bus marseillais sont peu fréquents, ne respectent pas les horaires, (ils sont d’ailleurs aussi souvent en avance qu’en retard, ce qui n’est pas non plus un atout à l’usage), ne marquent pas nécessairement tous les arrêts et se pilotent comme des petites voitures sportives à boîte mécanique. De rares abribus on été équipés de systèmes d’affichage des temps d’attente qui, lorsqu’ils ne sont pas en panne, fournissent des informations tellement fantaisistes qu’on ne saurait leur prêter attention. Sur la plupart des lignes, le service s’interrompt aux alentours de vingt heures. Celui de la poignée de « lignes nocturnes » en prenant alors le relais se termine vers minuit. De jour comme de nuit, le paiement est facultatif.  Il y aurait encore beaucoup à dire en ce qui me concerne sur l’outrecuidance de la RTM qui ne répond pas à votre demande de dédommagement pour incident grave et affirme ne jamais avoir reçu votre lettre recommandée alors que vous avez entre les mains l’accusé réception. Et finalement vous écrit une lettre dénuée de sens signée d’un gribouillis, sans traduction, sous l’intitulé « Service Sinistrosité »…
J’ai aussi beaucoup aimé l’entrée « C’EST MARSEILLE » : Expression d’usage fréquent, simultanément fataliste et indulgente, servant de réponse aux interrogations sur les particularismes locaux quels qu’ils soient : – Mais enfin pourquoi… ? – C’est Marseille ! ». Pas mal non plus le « TOMETTES » : Petits carreaux de terre cuite et de forme hexagonale, généralement rouges, utilisés pour le revêtement des sols des appartements anciens et suscitant l’admiration systématique et clairement surjouée des visiteurs : « Oh, des tomettes, incroyable ! » J’en avais moi-même, je les ai virées pour les remplacer par du parquet flottant de chez Leroy-Merlin. Je sais, je ne respecte rien.

Et même si tu revenais
Je crois bien
que ce jour-là j’ai poney
Petite Poissone

Lu sur la vitrine de la jolie boutique de créateurs Casablanca  Cours Julien
et adoré !
Renseignements pris Petite Poissone a un site :
https://petitepoissone.com/

Styles de vie. Vous êtes libre vendredi matin, le 18 janvier ?   L’Imera vous accueille pour une conférence d’un cycle de recherche   « Styles de vie en Méditerranée » –  1ère séance : Styles de vie et questions urbaines. Le cycle, dirigé par Dionigi Albera (Idemec), Thierry Fabre (Iméra) et Mohamed Tozy, sciences politiques à l’université Hassan II de Casablanca (Maroc) et à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, est ouvert au public.
Invités :
Thierry Paquot, philosophe et urbaniste, auteur notamment de « Un philosophe en ville » (Infolio, 2011, réed augmentée, 2016) ; « Désastres urbains. Les villes meurent aussi. » La Découverte, 2015.
Olivier Mongin, philosophe, ancien directeur de la rédaction de la revue Esprit, et directeur de la publication de Tous urbains. Il est notamment l’auteur de « La condition urbaine », Seuil, 2005 ; « La ville des flux : l’envers et l’endroit de la mondialisation urbaine » Fayard, 2013.
Discutant :
Michel Péraldi, anthropologue de l’urbain. Il est notamment l’auteur de « Gouverner Marseille », avec Michel Samson, La Découverte, 2005 ; et de « Marrakech ou le souk des possibles », La Découverte, 2018.
Le thème : à la recherche d’un style de vie, à la méditerranéenne, à travers les formes urbaines et architecturales, à partir des rythmes de vie, du rapport au temps et à l’espace dans les villes méditerranéennes, là où s’invente un possible art de flâner.
Cela pourrait bien être tout à fait passionnant…
10h – 13h à l’IMéRA Institut d’Études Avancées – 2, Place Le Verrier – 13004 Marseille. Entrée libre.

Champagne !

Les vers de Molière, des comédiens divins, une mise en scène pétillante. Du champagne !

Trissotin ou les Femmes savantes, satire de la préciosité ridicule, comédie de mœurs sur les excès du bel esprit… j’y allais sans vrai élan, pour voir, après des années de rejet plus ou moins involontaire, du «  classique ». Je redécouvre la jouissance des alexandrins, je redécouvre la pétulance, l’intelligence, la drôlerie d’un grand texte. Je redécouvre aussi que Molière est dans cette pièce vraiment misogyne quoi qu’on en dise, à commencer par Macha Makeïeff elle même. Mais quelle importance ! Ce que la patronne de La Criée à Marseille réussit c’est à nous offrir une soirée de théâtre pur. Son choix des années 70 pour les décors et les costumes – ces années étant celles d’après 1968 où l’émancipation féminine prenait des formes hallucinées venues des Etats-Unis – lui a inspiré des costumes, un décor, une mise en scène trépidante et fluide pourtant, des effets pyrotechniques époustouflants ( Jean Bellorini) et une direction d’acteurs aux petits oignons. Ils nous embarquent sans nous laisser reprendre notre souffle. Tous ! Quelle vitalité, quelle allégresse … Les mines, les mimiques, la gestuelle, le phrasé… Marie-Armelle Deguy, qui joue Philaminte, la mère toute puissante et déjantée, est irrésistible, une inventivité inouïe dans son jeu ; quant à son époux Vincent Winterhalter qui interprète Chrysale, il nous donne le même plaisir, versant opposé : inquiétudes, tergiversations, faiblesse, sont rendues à merveille par ses tics, son débit, toute la mollesse qui l’habite. Et Louise Rebillaud, la servante, qu’elle est craquante ! Et les deux amoureux ! Tous on vous dit.
Offrez-vous cette soirée-là  et n’hésitez pas à emmener votre progéniture : à côté de moi, une petite fille de six ou sept ans pouffait sans retenue.
Avec Anne-Marie Deguy, Vincent Winterhalter, Geoffroy Rondeau,Philippe Fenwick, Caroline Espargilière, Vanessa Fonte, Jeanne-Marie Levy, Arthur Igual, Ivan Ludlow, Pascal Ternisien, Louise Rebillaud, Bertrand Poncet, Valentin Johner.
Trissotin ou Les Femmes Savantes. Jusqu’au 20 janvier 2019.
Mise en scène, décor, costumes  Macha Makeïeff 
04 91 54 70 54 / www.theatre-lacriee.com
En tournée à La Scala Paris du 10 avril au 10 mai 2019