Forcené de la vie…

Touchée par la disparition de Claude Lanzmann qui trouvait la mort scandaleuse – comme Cavanna, auteur de Stop-Crève, que j’adorais autant. Lazmann disait détester la mort et ne pas aimer la musique. Déclaration qui laissait ses intervieweurs interdits : ne pas aimer la musique d’accord. Mais oser le dire ! D’ailleurs détester la mort, la sienne, n’est pas non plus très bien vu.. Il faut tout positiver vous savez bien.

Dans le bel article, comme elle excelle à les faire, paru dans Le Monde du 7 juillet, Josyane Savigneau nous le raconte : le cinéaste de la Shoah bien sûr mais aussi le journaliste, le voyageur infatigable, le compagnon de Simone de Beauvoir entre 1952 et 1959, le seul homme avec lequel elle ait cohabité. Elle nous encourage à lire Le lièvre de Patagonie, un livre magistral d’un amoureux forcené de la vie. Je vous y encourage aussi : c’est un de mes meilleurs souvenirs de lecture . Quelle énergie, quelle liberté, quelles luttes aussi. Lire également, en tout cas impérativement si l’on est un jeune journaliste, La tombe du divin plongeur qui regroupe ses articles ( clin d’œil à mes anciens élèves du CFPJ).

 

Le règne du bruit

L’enfer de la soirée du 15 juillet. Klaxons, pétarades, pétards, beuglements, hurlements et sirènes du Samu vers l’hôpital de la Timone tout près. Informe. Chaotique. Il fait chaud. Vous devez fermer vos fenêtres si vous voulez écouter une émission . Ah parce que vous n’en avez rien à badigeonner du foot, cette grande communion populaire ? Rien à badigeonner, non. Horreur des communions, celle dans le ballon étant sans doute une des moins dangereuses. Ce qui est tout à fait insupportable pour moi c’est l’expression des sentiments réduite aux modulations d’un klaxon.

La veille, la débilité, comme l’année dernière,  du feu d’artifice marseillais affadi, dépoétisé par une musique empêchant d’entendre la rumeur admirative de la foule ou les applaudissements.

Il ne faut jamais nous laisser sans  fonds sonore, sans musique, des fois que ça nous laisse sans-voix. Et des fois qu’on se mette à penser… Non mais !

Claude Lanzmann n’aimait pas la musique ….   J’aurais aimé l’interviewer là-dessus.

Girafe littéraire

En haut de la Canebière, tout près de l’église des Réformés, une girafe géante qui nourrit son bébé de livres ! Et nous, passant là, on se sert.  Quel plaisir d’y trouver ce matin Le lotissement du ciel de Blaise Cendrars et le premier tome des Mémoires de Churchill . On ne sait pas qui a eu l’idée de cette girafe maternelle et littéraire, mais on le félicite grandement. Demain je  nourrirai  le girafon (?) d’au moins trois livres c’est juré !

Musiques interdites

Moment exceptionnel mardi 26 juin à l’église  orthodoxe , Saint Nicolas de Myre. La munificence du lieu à l’unisson d’un concert  Gustave Malher – Le Cor merveilleux de l’enfant. Treize lieder composés sur des vieilles chansons allemandes. Avec l’ensemble Musiques interdites sous la direction de Jean-Philippe Dambeville et les voix bouleversantes  de la mezzo-soprano Lucie Roche – tant de pureté – et du baryton-basse WenWeiZhang – tant de puissance. La mort, la fatalité, la guerre mais aussi l’amour de la bien-aimée ou le chant du coucou. Graves, légers, drôles, tendres, cruels, ces poèmes populaires mis en musique par Malher  entre  1886 et 1901 nous plongent dans le monde de l’enfance perdue et retrouvée : Petite légende du Rhin, Qui inventa cette chansonnette ,Prêche de saint Antoinde de padoue aux poissons, La vie ici bas, Je t’aime par bêtise ….

Vendredi 29 juin, même décor fastueux et parions-le même excellence, toujours avec l’ensemble Musiques interdites. Sergueï  Bortkiewicz (Sonate n°2 pour piano (1944) et Erich Wolfgang Korngold, Suite pour deux violons, violoncelle et piano main gauche (1930), deux exilés du XXème siècle bannis par les nazis ou par la dictature stalinienne. A découvrir avec Vladik Polionov, piano, Dali Feng et Matthieu Latil, violons, Xavier Chatillon, violoncelle.
Eglise Saint Nicolas de Myre, 19 rue Edmond Rostand. Marseille. 20h30
Renseignements/Réservations
musiquesinterdites@free.fr ou www.musiques-interdite.eu

Truffaz : l’extase

La création La voce della luna le 13 juin à l’Abbaye de Saint Victor fut un ravissement. Trompette et chœur ( Émelthée dirigé par Marie-Laure Teissèdre) pour des pièces inspirées du Moyen-Age. Eric Truffaz Inspiré tout court… Cela se passait dans le cadre du festival Jazz des Cinq continents qui va nous enchanter jusqu’au 26 juillet (beaucoup de soirées gratuites). Orange vélodrome, Théâtre Silvain, Mucem, Jardins du Palais Longchamp.
04 95 09 32 57
contact@marseillejazz.com

Rose trémière à Malmousque

Le Non-Lieu, un cabaret pas si alternatif que ça ! Plutôt « the place to be »… Et tellement sympa. Samedi 23 juin découvrez-le en même temps que Capille Mandineau accompagnée à la guitare par Romain Simeray. Franchement je ne l’ai jamais entendue mais des avis très très autorisés m’en disent de bien belles choses qu’on va résumer ainsi : un répertoire jubilatoire entre groove, rock et blues. Ah jubiler me semble une bonne idée …
Le Non-Lieu, 67rue de la Palud, 13006 Marseille
A 21 h

 

 

La cagnotte d’Archun

Isabelle Hua, Objectif Cambodge, est d’une efficacité redoutable dans les combats qu’elle mène depuis des années au pays khmer. Lisez-la  et suivez-la.

A vos agendas ! Le mercredi 6 Juin, à 20h30, Temple Pentemont, 106, rue de Grenelle, 75007 Paris, ne ratez surtout pas une belle soirée lyrique où la voix de la Soprano Dominique Mézin, accompagnée à l’orgue par Stéphane Eliot, vous fera vibrer d’émotion !
Cette soirée est donnée au profit d’Archun, un jeune enfant cambodgien grand brûlé, difforme et condamné à une mort par étouffement, que nous essayons de sauver. Pot amical avec les artistes à l’issue du concert, tombola très joliment dotée !
Venez avec des amis : si la salle est bien remplie, nous aurons réuni de quoi commencer les soins pour cet enfant ! Et un peu en avance : placement libre.
Je vous remercie de votre solidarité et de votre générosité pour Archun.

Pour réserver vos places (25€, dès maintenant !) cliquez ci-dessous
https://www.weezevent.com/concert-lyrique-pour-sauver-archun

Si vous ne pouvez vous joindre à nous mais souhaitez participer à l’opération de cet enfant, vous pouvez faire un don en cliquant ci-dessous
https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-objectif-cambodge#utm_source=mail_service_fr&utm_medium=participation_fundraiser_ok_fr&utm_campaign=mail_service_participation

 

Avant l’été

LIRE PHILIPPE ROTH. Je finissais de lire La Tâche le jour où l’écrivain est mort. Dans l’interview qu’il a donné au Monde du 24 mai, Alain Finkielkraut, son ami, déclare : « Je voudrais quand même rappeler que Philip Roth a été le non-lauréat annuel du prix Nobel de littérature. Il a payé ainsi l’accusation de misogynie qui a été portée contre lui après la parution de « Ma vie d’homme ». C’est un scandale absolu qui discrédite de façon définitive, à mes yeux, le jury de Stockholm. » Je souscris. Ce serait dommage de passer à côté d’un tel écrivain. Regardez donc en replay sur La Cinq l’excellente Grande Librairie du jeudi 24 mai. Lisez le livre de Josyane Savigneau Avec Philippe Roth. Et surtout achetez, empuntez ou volez La pastorale américaine. Pour commencer.

PENSER THEATRE. Prévoir un budget théâtre (avec de nombreuses et prestigieuses soirées musique et danse) pour la prochaine saison théâtrale à Marseille et à Aix en Provence . La programmation est plus qu’alléchante. Mes premiers choix ci-dessous.
Théâtres Le Gymnase, Les Bernardines à Marseille, le Grand Théâtre et Le Jeu de Paume à Aix-en-Provence.
106 propositions.
Dominique Buzet :
« Nous sommes là pour construire, pour dire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. »
« Mon enjeu prioritaire est de redonner de l’éclat au 1er arrondissement et de faire du théâtre son totem. »

 

Les ladies rock de Jean-Claude Gallotta

Jazz loves Disney. Walt Disney était un grand amateur de jazz et les musiques de ses dessins animés sont devenues des standards . Sur scène les dix-sept musiciens de the Amazing Keystone Big Band, quatre grandes chanteuses de jazz, un orchestre à cordes et un comédien. On sortira de là en sifflotant sous les étoiles, c’est sûr. Grand Théâtre. 22 septembre.
Gravité. Angelin Preljocaj. Une « odyssée charnelle » Les mouvements des corps soumis aux aléas de la pesanteur. D’Angelin le magicien, on peut tout espérer. 3 et 4, 5, 6 octobre Grand théâtre.
Face à la mère. Alexandra Tobelaim. Texte Jean-René Lemoine. Sa mère est morte à Port-au-Prince dans des conditions atroces. Il lui parle : tout ce qu’il n’a pas su ou pas pu lui dire de son vivant. 4,5,6 octobre. Jeu de Paume.

Patrick Timsit

Le livre de ma mère. Albert Cohen et Patrick Timsit. Quasi le même thème. Cohen-Timsit, une alliance inattendue, qui éveille notre curiosité, mise en scène par Dominique Pitoiset. Le texte est magnifique..Et l’acteur en est amoureux depuis trente ans Alors… Les 8, 9 et 10 novembre. Gymnase.
My ladies rock. En 14 chansons, 14 tableaux, Jean-Claude Gallotta rend hommage à Janis Joplin, Patty Smith ou Nina Hagen. On nous annonce un tourbillonnant spectacle. 16,17 octobre. Grand Théâtre.
La fabuleuse histoire d’Edmond Rostand. Philippe Car incarne plus de quarante personnages et rend hommage à un Marseillais qui n’a pas toute la place qu’il mérite. 29 et 30 octobre et 2 au 10 novembre. Bernardines.
Pour connaître toutes les propositions des quatre théâtres, du comique chouchou des Marseillais, Patrick Bosso, à un autre chouchou, Marcel Pagnol, dont le film Angèle sera revisité par le Cartoun Sardines Théâtre, direction lestheatres.net

La Criée.
65 propositions
Macha Makeïeff :
« Partager librement cette fête légère et grave et cette nuit peuplée, fébrile, qu’invente le théâtre inlassablement »
« Donner le plus tôt possible aux enfants de grandes émotions artistiques, les protéger de la médiocrité! »
« Il faut venir au théâtre avec candeur ! »

Ceux qui m’aiment. Hommage à Patrice Chéreau. 20 novembre

La Fuite
(photo by Pascal Victor/ArtComPress)

La Fuite. Mikhaïl Boulgakov. Un spectacle inspiré de Macha Makaeïeff.  Reprise. 29 novembre au 13 décembre. Ma critique sur le site de La  Théatrothèque :
http://www.theatrotheque.com/web/article4979.html
Tempête. D’après Shakespeare par Irina Brook. Ce sera, nous dit-on, extravagant et délectable . 16 au 19 décembre

Miss Knife

Les premiers adieux de Miss Knife.  Olivier Py sur scène qui chante, c’est quelque chose . Vu à Paris, il y a plusieurs années, jamais oublié ! 26 février au 9 mars.

 

 

Saigon. Carole Guiela. Voyage dans l’histoire croisée du Vietnam et de la France. Un grand moment du Festival d’Avignon 2017. 25 au 27 avril.
Tout le programme sur :
théâtre-lacriee.com

 

Do not disturb– Photo Caro Lefresne

DECOUVRIR L’HOTEL RYAD.  27 août : un « beau dimanche de la Canebière » réussi. Retenons pour son originalité la superbe performance Do not disturb proposé par l’Hôtel Ryad. Une adresse luxe, calme et beauté à une minute de la Canebière. Pour papoter ou méditer dans le patio avec thé et douceurs orientales.

 

Vite vu

La crevette, le tofu et l’hostie
Désopilante chronique de Guillaume Erner le vendredi 22 avril lors d’une journée France Culture en Israël. Question : une crevette faite de tofu est-elle kasher ? Est-ce l’idée de la crevette, comme dans l’hostie l’idée du corps du Christ,  qui compte ? Ecouter-voir en replay.

Une sublime journée
Dans la rue, un SDF à qui je ne donne rien me souhaite « une sublime journée ». Une autre à qui je demande comme ça va ou quelque chose de ce genre me regarde, écœurée : je  vais pas vous raconter ma vie pour 40 euros…

Bistro-maison
Je vais beaucoup dans les bistrots ces temps-ci (c’est là que je travaille le mieux, comme Nathalie Sarraute, cela dit sans vergogne !) et je regarde les couples arriver et s’installer. Les gars n’en ont strictement rien à badigeonner de la place, les nanas hésitent, se concentrent et tout à coup foncent : elles choisissent leur « maison » pour ce moment-là, ce n’est pas anodin..

« Les Rendez-vous de demain »


Le dernier « Rendez-vous de demain » de la saison c’est demain… mardi 24 avril à 19h00. Sur le thème : Quels grands défis politiques et internationaux en Méditerranée ?

Sept ans après les révolutions arabes, le monde méditerranéen est en pleine ébullition voire en plein chaos. Que s’est-il passé exactement ? Peut-on faire une histoire de la contre-révolution ? Qu’est-ce qui se joue aujourd’hui, pour demain, entre Europe et Méditerranée ? De nouveaux dispositifs qui favorisent la paix, les libertés et une espérance démocratique peuvent-ils voir le jour ? La mer Méditerranée est-elle condamnée à rester la frontière la plus dangereuse du monde? Quelle place pour le droit et pour les institutions dans les grands défis politiques et internationaux à venir ? Des régulations nouvelles peuvent-elles être créées ?
Rencontre avec Jean-Pierre Filiu,  professeur des universités en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po (Paris) qui a récemment publié « Généraux, Gangsters et Djihadistes – Histoire de la contre-révolution arabe.  aux éditions La Découverte et Rostane Mehdi, professeur de droit public et directeur de Sciences Po (Aix)
Entrée libre à partir de 18h30
Rencontre animée par Stéphane Paoli
Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre français – 13001 Marseille
www.lestheatres.net

Adieu Ferdinand !

 

Philippe Caubère a la grâce. Jusque dans sa façon de saluer. Celle d’un danseur. Désinvolture, élégance et quelque chose de l’ordre d’ une profonde gentillesse qui passe on ne sait trop comment.
Il est le farouche défenseur d’un théâtre populaire intelligent. Ses spectacles ont l’authenticité, la sincérité, la force du travail bien fait, et le public le sait. Ce soir -là encore, au Théâtre du Gymnase, les Marseillais offrent à l’enfant du pays ses rires et ses applaudissements, généreux, heureux, un adhésion sans condition.
Philippe Caubère a la grâce. Elle lui permet de tout traiter, tout oser. N’importe qui d’autre donnant des textes de la teneur de Adieu Ferdinand tomberait dans la vulgarité, sombrerait dans le graveleux. Pas lui. Il frôle, il flirte… Sa finesse naturelle ne peut pas disparaître : elle est le garant de la qualité de notre plaisir. Il a inventé voilà plus de trente ans un autre théâtre. Le sien. De l’autofiction avant l’heure, le récit de sa vie passée à la fois réelle et fantasmée au travers de Ferdinand, son alter ego théâtral, auquel il fait ici ses adieux. « Un testament provisoire. Et jubilatoire » dit-il.

L’acteur est prodigieux, on dit  « un phénomène, » et ce n’est pas un cliché : c’est vrai (encore que le phénoménal c’est sans doute la quantité de travail). Et l’auteur est à la hauteur de la performance. On avance souvent que le comédien sert le texte. Dans le cas de Philippe Caubère, on se demande si ce n’est pas le contraire. Il est déchainé dans le premier spectacle La baleine. Et Le Camp naturiste. Cela commence avec Ferdinand, 30 ans, qui a une envie irrépressible de tromper Clémence avec une comédienne du Théâtre du Soleil. Il me fait penser à Reiser, me disait Valérie, perspicace compagne de théâtre. Il dessine ses personnages dans l’air, particulièrement quand ils sont à walpé  (un mot d’argot qui surgit de ces années-là, les trente Glorieuses, et de mon clavier ! ), il les dessine à la façon de l’inoubliable dessinateur de Charlie Hebdo. La férocité du trait et la tendresse pourtant. Reiser oui – mais bien sûr aussi Fellini pour la jouissance de l’excès – quand l’acteur mime la tromperie de Ferdinand avec la femme-baleine en anorak ou les errances dans le camp de naturistes. Le camp de Montalivet :  Ici on rentre nu. Qui a goûté même de très loin à cette expérience de mise à poils obligatoire se tord de rire quand Ferdinand, catastrophé, excédé, avertit d’emblée que, lui, il dort en pyjama, ou quand l’horrible voisin de bungalow délire sur la petite culotte d’Ariane. Il y a dans le texte et dans l’interprétation une inventivité prodigieuse : ça coule, ça ruisselle, ça dérape, ça rebondit, ça explose…

Photo Michele LaurentC’est une toute autre histoire que nous raconte Le casino de Namur. Dérangeante tant la famille est décrite comme persécutrice, castratrice. C’est de la famille que partent les guerres, affirme Philippe Caubère. Mais c’est aussi, bien sûr, une histoire hilarante. On a envie de dire – alors on le dit ! – au nord y avait les Corons, et en Belgique les champs de betterave. Ah, il s’en est donné à cœur joie l’auteur en campant cette famille, belge donc, mais elle pourrait être de n’importe où, les parents et les deux fils, leurs 18 000 hectares, leur maison tout plastoc. Le sort du fils Jean-Marie voué à la betterave mais voulant désespérément faire du théâtre est terrifiant. Ferdinand et son ami Bruno vont le découvrir. C’est évidemment énorme, il prend des torgnoles, il bosse comme une bête, il est malade – une oreille sans cesse ,saignante due à l’alcool (oui, de betterave) dans le biberon. Mais la betterave mérite tous les sacrifices, elle est le seul horizon, l’argument et la raison de la famille. Les murs sont rose betterave et sur un tableau flamboient deux betteraves, la sucrière, la fourragère : « On dirait des vraies, il ne leur manque que la parole !  » s’exclame Ferdinand. Jusqu’à la grand-mère qui succombe en arrachant un gigantesque pied du dit légume et finit dans la fosse commune, toujours attachée à la plante assassine. On le voit : un peu rude pour les sensibilités frileuses, de l’or en barre pour amateurs de délires burlesques. Quel imaginaire ! celui du langage, celui des gestes. Les addictifs n’auront aucune hésitation. Les autres c’est le moment de saluer Ferdinand ! Et la virtuosité d’un « homme-théâtre ».
Photo 1 Gilles Vidal et photo 2 Michèle Laurent

La baleine et Le camp de naturiste. Le casino de Namur. En alternance
La baleine. Et Le Camp naturiste, 27, 28 mars, 3 et 6 avril, à 20h30 sauf mercredi 28 à à 19h. Théâtre du Gymnase, Marseille.

Le casino de Namur, 30 mars, 4 et 7 avril, à 20h30, sauf mercredi 4 avril à 19h. Théâtre du Gymnase. Marseille.
08 2013 2013 et lestheatres.net