Merveilles et tourments…

 

Laurence Laffon

Un panorama de la danse du XXème siècle, c’est ce que proposait le week-end dernier pour clore sa résidence au Mucem le chorégraphe Boris Charmatz. Quel délice de déambuler dans ce lieu qui peut, qui sait, être magique et de découvrir ou retrouver des solo mythiques interprétés par de grands danseurs. Beau moment que celui où résonnent sur le parquet du toit-terrasse les envoûtantes trépidations d’un flamenco signé Sonia Sanchez. Ou, place d’ Armes, alors que le vent se fait tiède et joueur, des extraits de ballets de Rudolf Noureev, Balanchine, Trisha Brown… Laurence Laffon, de l’opéra de Paris, nous en offre de délicates quintessences et clôt ses performances par une mini master-class. Yann Saïz fait de même avec notamment un extrait de Density 21.5 de Carolyn Carlson (fondateur de sa carrière et qu’il nous encourage à aller voir sur U-Tubes). En bonus il danse, avec là aussi beaucoup de densité, une variation lente de Noureev dans son Lac des cygnes. On est plongé dans la beauté et la simplicité. On dit merci !
Et on ne dit rien d’une danseuse-performeuse  la tête dans un sac plastique qui s’écroule plus que de raison sur le sol. La perfection n’est pas de ce monde…

Révolution caniculaire ce même week-end pour la RTM qui annonce quelques aménagements tels le billet solo valable toute la journée– info qu’elle nous balance sur les quais toutes les deux minutes. On pouffe ! C’est un peu dérisoire pour un plan d’urgence non ? Rien ne nous est dit par contre des augmentations tarifaires qui viennent de tomber. Marseille étouffe sous ses bagnoles : il y a un vrai choix à faire pour donner une vraie place aux transports en commun. Pour la gratuité vaguement, très vaguement, envisagée, a priori c’est raté – voir le dossier de La Marseillaise du lundi 1er juillet. En gros, le coût de 200 millions d’euros devrait être versée par les sociétés de plus de 11 salariés dans le cadre du versement transport. Ce n’est pas possible ! affirme le rapport commandé par la Métropole… Continuons donc gaillardement dans l’asphyxie.
Canicule canicule encore. De quelle protection bénéficient donc les crapules qui explosent nos tympans et ruinent nos nerfs la nuit sur le boulevard Baille nous interdisant les fenêtres ouvertes ? Il est rarement question de la violence de cette agression dans le débat public. De toutes façons le boulevard Baille qui fut si charmant nous racontait Giono ( voir sur ce blog le 17 août 2018) est ruiné : bruyant, sale, royaume des bagnoles encore une fois et des excréments de chiens.

De la climatisation dans les débats sur l’écologie, il est de la même façon rarement, voire jamais, question . Sur France Culture pourtant (Pierre Ropert 27 juin 2019) :
«  Le développement massif de la climatisation individuelle est peut-être une fausse bonne idée : quand vous climatisez à 25° à l’intérieur de votre logement c’est de l’air à plus de 31 degrés qui ressort à l’extérieur en façade, qui va générer de la chaleur pour votre voisin, pour la ville… Si tout le monde s’équipe de cette façon là on va augmenter les températures, renforcer cet effet d’îlot de chaleur urbain. On n’est pas favorable à ce développement massif de la climatisation. (…) On a estimé qu’à Paris, l’augmentation liée à l’usage massif de la climatisation pourrait augmenter la température, lors des canicules, de 2° C », surenchérissait également Valérie Masson, directrice de recherche de l’équipe climat de Météo France à Toulouse. Dans son rapport publié l’an dernier, l’Agence internationale de l’énergie estimait quant à elle que le nombre de climatiseurs dans le monde allait passer de 1,6 milliard d’unités à 5,6 milliards d’ici 2050… ce qui équivaudra, en matière de consommation d’électricité, à la consommation actuelle, tous secteurs confondus, de la Chine. »
https://www.franceculture.fr/environnement/la-climatisation-de-linvention-dun-cingle-a-un-probleme-de-sante-publique.
PS. Soyons honnête ! je suis allergique à la clim…

 

 

 

 

Sakura du printemps…

Visiter le jardin botanique du parc Borély avec Anne Béatrice pour guide n’est pas juste mettre des noms sur les plantes, c’est aussi, c’est surtout, se laisser gagner par sa joie à voir la nature qui chante : les bourgeons impatients, les toutes petites feuilles lovées sur elles-mêmes, les fragiles tulipes – mais peintes par quel artiste ?
Nous nous dirigeons ce dimanche 24 marsvers le jardin japonais du jardin botanique, parc Borély à Marseille, avant un atelier Sakura. Autrement dit avant d’apprendre à dessiner une branche de cerisier japonais. Les deux Sakura du jardin ne sont pas encore fleuris – si vous êtes là ce week-end, ils le seront certainement, offrez-vous ce cadeau. Mais pêchers ou pommiers chinois ont la même gracieuse délicatesse. Nous nous en régalons avant de rejoindre l’atelier. Non ! je ne vous dirai pas comment nous avons réussi NOS charmants dessins, sans mal, sans talent particulier. La prochaine fois qu’Anne Béatrice proposera, entre autres, ce moment délicieux dans le cadre des journées « Animez-vous aux jardins » organisées par la ville de Marseille, n’écoutez que votre curiosité, inscrivez-vous ! (Allo Mairie 0810 813 813)
Cerise sur la branche, un haïku écrit par Issa.  Haïku : poème japonais en trois vers 5,7,5 syllabes), très simple, souvent relié à la nature, de préférence sans rime, qui saisit comme le fait une photo, un instant(ané)

quelle étrange chose
d’être ainsi vivant
sous les fleurs de cerisiers ! Issa

 

Pousser la porte de « La Recherche » …

Toutes celles et toux ceux qui ne sont pas  entrés dans l’univers de Proust ou n’y ont fait que de timides incursions et s’en lamentent … se saisissent de toutes les occasions pour enfin  pousser   cette porte de La Recherche. En voilà une  offerte par Jean Bellorini qui, après Hugo, Dostoïevski, Rabelais, met subtilement en scène l’ une des plus belles langues de notre littérature. Sur le plateau du Grand théâtre de La Criée, un narrateur (Guillaume de la Guilllonnière) écoute une femme âgée (Hélène Patarot dont c’est l’histoire) ) se remémorer son enfance et  les traumatismes de son exil d’Indochine – très joli moment où elle évoque sa madeleine à elle, l’odeur et la saveur des nems. Peu à peu, son récit et le verbe proustien se mêlent, « et Marcel Proust dit la vérité d’Hélène Patarot » écrit justement Christine Friedel (Théâtre du blog). Tous deux ont adoré une grand-mère et s’en souviennent :   beaucoup de nous, spectateurs, sont alors soudain touchés et entrainés sans effort  au cœur du récit.
Le metteur en scène écrit :
Ce spectacle devait rendre hommage au théâtre que j’aime, il rendait donc hommage à tous les fantômes dont chacun est fait, tous les êtres chers qui ne sont plus. On est constitué de ce qui ne nous appartient plus. Après des passages sur la tendre relation de Proust à sa mère, c’est donc ceux sur sa grand-mère et particulièrement sur sa mort qui nous sont donnés. « La vie en se retirant venait d’emporter les désillusions de la vie. Un sourire semblait posé sur les lèvres de ma grand-mère. Sur ce lit funèbre la mort comme le sculpteur du Moyen-Age l’avait couchée sous l’apparence d’une jeune fille. Ce n’est qu’un plus tard que l’adolescent réalisera brutalement que sa grand-mère si chérie  est morte et ressentira enfin l’énorme chagrin de sa perte.  « Car aux troubles de la mémoire sont liées les intermittences du coeur.  »
Photos Pascal Victor

Un instant. D’après A la recherche du temps perdu de Marcel Proust.
Jusqu’au 16 mars 2019. 20h00. La Criée, 30 quai de Rive Neuve, 13007 Marseille. 04 91 54 70 54 – www.theatre-lacriee.com
Avant ou après le spectacle écouter en podcast une belle interview de Jean Bellorini sur France Culture en cliquant sur Bellorini.

Le joyeux carnaval de Marseille !

Je suis aspergée de farine, on m’offre une mûre, en vrai, et en dessin sur mon bras. Et une citation :
(…) « Car moi qui suis joyeux, je vais renverser tes écriteaux, tes règlements et tes murs. » Bertold Brecht, Grandeur et décadence de la ville Mahagonny,

Les mots, maux du cerveau

Encore un « Rendez-vous de demain » bien excitant pour nos petits neurones que le soleil réveille. Il s’agira d’eux et plus largement de faire le point sur l’état des connaissances scientifiques à propos de notre cerveau et des troubles de la parole.
Avec Xavier Alario :
Directeur de recherche au Laboratoire de Psychologie Cognitive, Aix-Marseille Université et CNRS. Il a notamment dirigé Toutes les questions que vous vous posez sur votre cerveau, Odile Jacob, 2011.
Et Anne-Lise Giraud :
Professeur à l’Université de Genève, titulaire en 2019 de la chaire Langage et Cerveau à l’IMéRA, jointe avec l’ILCB. Elle a notamment publié Le cerveau et les maux de la parole, Odile Jacob, 2018.
Conférence animée par Nancy Cattans, journaliste scientifique.
ENTREE LIBRE
Mardi 5 mars à 19h au Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre français, 13001 Marseille
Prochain RDV – mardi 9 avril – Les réfugiés et les migrations.

 

Envie d’apprendre…

Je vous ai parlé il y a quelques longues semaines de l’Université populaire à Marseille. J’y reviens car c’est cadeau de pouvoir assouvir en toute liberté (c’est gratuit et sans inscription), notre belle soif de connaissances, combler des lacunes qui nous chiffonnent, approfondir des sujets qui nous passionnent..
Le prochain cycle est dédié au langage. Et cela commence très fort :
– Le 25 février : introduction à la sociolinguistiqe, le cas marseillais,  avec au pupitre Méderic Gasquet–Cyrus qui tient une chronique culte « Dîtes-le en marseillais » sur France Bleu : érudition, fantaisie et dérision chaque matin à 7h40, chroniques devenues un livre aux éditions Fioupélan.( Ecoutez-donc en podcast celle du 14 février, la saint Valentin : une irrésistible déclaration d’amour à Marseille). Mais ce bateleur de la radio est aussi et surtout , enseignant-chercheur en sciences du langage, maître de conférences en sociolinguistique à l’Université d’Aix-Marseille… Une séance qui promet d’être aussi instructive que gouleyante à la façon d’un vin !
Suite du programme en mars :
– Le 4 mars. Qui souhaite la mort des langues ? Ramdane Touati , attaché temporaire d’enseignement et de recherche, Aix Marseille, docteur sociologique et linguistique IREMAM, Département d’études moyen-orientales, Aix-en-Provence.
– Le 11 mars. Complexité des langues et du lexique : l’aide des technologies du langage dans l’apprentissage d’une langue étrangère. Nuria Gala, Enseignante-chercheur en Sciences du Langage, Directrice du Service Universitaire de Francais Langue Etrangère Aix-Marseille Université.
– Le 18 mars. Chomsky et la grammaire générative. Cristel Portes, Enseignant-chercheur, Laboratoire Parole et Langage Aix-Marseille Université;
– Le 25 mars. Aux origines gestuelles du langage : communication des primates et organisation cérébrale par imagerie IRM. Adrien Méguerditchian, Professeur en psychologie à l’Université Aix-Marseille Laboratoire de Psychologie Cognitive – CNRS / Université Aix- Marseille.
– Le 1er avril. Béatrice Nuselovici, enseignante chercheur, Aix Marseille université. Les influences de la littérature allemande
– Séance hors les murs à l’Alcazar le 30 mars . Robert Guédiguian : un homme une œuvre, Christophe Kantcheff , rédacteur en chef adjoint à l’hebdomadaire Politis.
Les conférences se déroulent à la Casa Consolat – 1 rue Consolat (en haut de la Canebière) ld lundi de 19h à 21h .
Contact : Jean Pierre Brundu Téléphone : 06 11 43 55 79 upop13@free.fr – hHp://upop.info/