Dernière heure Festival Visages du Cambodge-Images d'Indochine

Mékong, les pièges du progrès. Samedi matin 22 novembre à 10h30. Le débat qui suivra sera assuré pa rRichard Pétris, fondateur et ex-directeur de l’Ecole de la paix, aujourd’hui administrateur et responsable des activités internationales; il remplacera le réalisateur  Daniel Vin dans l’incapacité  (et désolé de l’être) de venir pour des raisons de santé. L’Ecole de la paix (ecoledelapaix.org)  et la Fondation Charles Léopold Meyer pour le Progrès de l’Homme (fph.ch) sont les producteurs de ce film.
Daniel Vin nous précise que la musique est une interprétation de Bosba Panh, nièce de Rithy Panh, et fille de Panh Meng Heng qui a réalisé les interviews en khmer.

Lecture-mise en espace. Mardi 25 novembre à 19h00. Cette lecture sera portée par trois comédiens, Aline Barbier, Brigitte Mougin et Jean-Baptiste Phou, auteur d’une adaptation du roman de Soth Polin, L’Anarchiste, qui vient de sortir en DVD.  L’Anarchiste retrace la vie de Virak depuis ses jeunes années au Cambodge dans les années 60, son ascension comme directeur du plus grand journal de Phnom Penh, à sa vie de chauffeur de taxi à Paris. Un voyage entre le Cambodge et la France, le passé et le présent, la raison et la folie. Ce DVD sera disponible à la librairie du Festival  samedi 22 eut dimanche 23 et le soir de la lecture.

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 INFOS ET BONUS SUR LE FESTIVAL  A LA RUBRIQUE CAMBODGE / FESTIVAL 2014 CI-DESSUS 

Sur la route du Festival /7

Lecture.  Mardi 25 novembre. Tissée avec les voix d’Albert Londres, Marguerite Duras, François Bizot, Hélène Cixous, et quelques autres … Et par exemple celle de Romel dans Le Bouddha de bronze. Extrait.

Madame Rath somnole dans un hamac accroché dans un coin d’ombre à tribord. Même assoupie, elle dort sans laisser-aller. Il émane d’elle la solidité et le fort caractère des femmes khmères. Corps droit, menton levé, bras tendus le long du corps, paumes des mains ouvertes, son sommeil est sérieux. Les Khmères ne sont ni les mignonnes petites poupées avachies, ni les beauté raides et plates que l’on rencontre ailleurs. Regardez leur port de tête lorsqu’elles pédalent sur un vieux vélo chinois plus lourd qu’elles, vous vous demandez s’il n’y a pas que des reines dans ce pays ?
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A la sortie d'une usine textile près de Phnom Penh
Etudiantes quai Sisowath à Phnom Penh

 Photos Dane Cuypers

Petite vendeuse sur la plage de Sihanoukville
Serveuse dans un restaurant à Phnom Penh
Au bord d'une route
Pêcheuses de crabes à Kep

Sur la route du Festival/ 6

Norodom Sihanouk, roi-cinéaste. Lundi 24 novembre. Personnage fascinant : ce cliché n’en est pas un. Il l’est fascinant. J’ai le souvenir – je le raconte dans Tourments et merveilles en pays khmer (Actes Sud, 2009) , d’une première soirée à Phnom Penh où deux proches du roi, m’en ont brossé un portrait digne d’une formidable saga romanesque.

Devant le Palais Royal à Phnom Penh (photo NC)

Bien sûr Monseigneur-papa avait de farouches ennemis qui avaient pour cela de fort bonnes raisons, mais il aimait profondément son peuple et celui-ci a réellement été en peine quand il est mort le 15 octobre 2012 en Chine où il se faisait soigner . Les photos de Nicolas Cornet témoignent de ce vrai deuil.

 

Photo NC
Photo NC

 

 

 

 

 

Le film de Frédéric Mitterrand, Norodom Sihanouk, roi-cinéaste, éclaire une des facettes d’un personnage shakespearien. Le débat qui suivra sera haut en couleurs puisque c’est Georges Bigot qui l’animera, l’interprète de Sihanouk dans la pièce d’Hélène Cixous en 1985  et le metteur en scène, avec Delphine Cottu , de la reprise de l’ épopée, jouée par  de jeunes acteurs khmers, près de trente ans plus tard au Théâtre du Soleil.

 

Georges Bigot (photos DC)

 

Jeunes acteurs khmers répétant "L'histoire tragique mais inachevée de Norodom Sihanouk roi du Cambodge"

 

 

 

 

 

 Photos D. Cuypers. Pour les agrandir, cliquez sur elles. 

Pour connaitre la très belle et très folle histoire de cette pièce, lisez    « Le Cambodge sur un plateau« , un article de Dane Cuypers, revue XXI en  recopiant le lien dans la barre supérieure de votre ordinateur :
http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/phare-ponleu-selpak/article/le-cambodge-sur-un-plateau?lang=fr

Sihanouk, le roi insubmersibleJean-Marie Cambacérès, homme d’affaires et  homme politique, est un spécialiste de l’Asie. Dans cette  biographie inattendue et fouillée (Le Cherche Midi),  il revient sur le destin peu commun de ce monarque considéré comme l’un des pères de la francophonie et qui fut aussi cinéaste, musicien, chanteur et écrivain. Ecoutez l’ interview  en cliquant ICI :
LIVRE_INTER_20_04_Jean-Marie_CAMBACERES_Norodom_Sihanouk_le_roi_4_20_2013-0Norodom

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Sur la route du Festival 5

L’image manquante. Dimanche 23 novembre. C’est le film le plus abouti et le plus bouleversant de Rithy Panh. Peu de temps avant, en 2012, était sorti le livre que le réalisateur a écrit avec Christophe Bataille « L’élimination ». (Grasset). Le Monde avait titré « Rithy Panh sort de la nuit khmère ». C’était parfaitement cela et le film aussi : s’est enfin réalisé le désir profond, vital, du cinéaste de sortir de la tragédie khmère en faisant œuvre non plus seulement de documentaires (encore qu’ils soient exceptionnels depuis  S21, la machine de mort khmère rouge jusqu’à Duch, le maître des forges de l’enfer programmé dans notre Festival 2012), mais oeuvre tour court.  A la fois complètement personnelle (ce qui n’avait jamais été le cas) et magnifiquement transcendée. Formidable inspiration que celle des figurines d’argile – nées des mains  de Sarith Mang – qui viennent remplacer les images à jamais manquantes de la barbarie du régime. Le beau texte du film écrit par Christophe Bataille est également paru chez Grasset.

Le procès de Nuon Chea et Khieu Samphan. Le 7 août 2014, au Tribunal international, à Phnom Penh, Nuon Chea, 88 ans, bras droit de Pol Pot, et Khieu Samphan, 83 ans, ex-chef de l’Etat du « Kampuchea démocratique », le « nouveau » Cambodge des Khmers rouges, étaient condamnés à perpétuité pour crimes contre l’humanité. Auraient du être aussi sur les bancs des accusés Ieng Sary, ancien ministre des affaires étrangères du régime, décédé en 2013, et sa femme  Ieng Thirith, ex ministre des affaires sociales, qui a été eN remise en liberté pour démence sénile. Je me souviens, enquêtant pour  Tourments et merveilles en pays khmer en 2008  à Phnom Penh du moment où j’ai appris que, cette fois, ça y était, le procès contesté, remis, empêché, depuis des années, aurait bien lieu et commencerait par la comparution de Douch. En février 2013 , le directeur du centre d’extermination S21 était condamné en févier 2012 à la perpétuité.
Quarante après, l’utopie meurtrière, qui dura et trois ans huit mois et vingt jours et tua près de 2 millions de personnes, soit un tiers de la population, est donc entrée, bon gré mal gré, dans la mémoire historique de l’humanité. Ce qui ne saurait, même si les conditions furent plus qu’imparfaites, être un mal. Un avis qui n’est pas partagé par tout le monde. Ce point sera peut-être abordé , comme il le fut au Festival 2012, au ciné-philo qui suivra la projection de L’image manquante.

Mille jours à Saigon. Dimanche 23 novembre. . Prix du meilleur documentaire au Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul 2014, ce film apparemment modeste. sans effet, sans pathos,  vous embarque et vous laisse  une tristesse  et en même temps une douceur au coeur  – car les choses sont enfin dites. En 1961, Marcelino Truong a quatre ans lorsqu’il découvre Saigon. Son père, diplomate vietnamien marié à une Française, vient d’être nommé à la tête de l’agence de presse sud-vietnamienne. Issu d’une famille catholique, anticommuniste, c’est un proche du président Diêm qui dirige avec poigne la jeune république du Vietnam (le Sud-Vietnam), alliée aux Etats-Unis dans sa lutte contre la guérilla « rouge ». Cinquante ans plus tard, Marcelino Truong, devenu un illustrateur réputé, entreprend le récit de ses souvenirs d’enfance à Saigon entre 1961 et 1963 dans un roman graphique . Le film, entre documentaire, reportage et autobiographie, suit le travail du dessinateur sur ce livre, « Une si jolie petite guerre » qu’il est en train de réaliser.
Mille jours à Saigon nous immerge dans cette période peu connue  du début de  la guerre du Vietnam, tout en suivant le cheminement intérieur d’un artiste qui cherche à comprendre l’histoire de sa famille et à travers elle un éclat de la grande Histoire. A cela vient s’ajouter le grand plaisir pour le spectateur d’entrer dans le processus de création, dans les gestes mêmes de l’artiste.

La Colline des anges- retour au Vietnam 1972-1992. Trente ans plus tard, en 1992, le photographe Raymond Depardon et le journaliste Jean-Claude Guillebaud retournent dans ce Vietnam qu’ils ont quitté en 1972 , juste après l’offensive du Giap sur le 17ème parallèle. Extraits du livre réédité chez Points /
« C’est ici que beaucoup d’entre nous sont nés au journalisme. C’est à Saigon qu’ils ont affronté « en grand » les ambiguïtés du témoignage, l’anxiété de ce métier, cette solitude inquiète du reporter qui, par la suite, les a tenus à distance des solidarités militantes, comme en exil. On a tant polémiqué plus tard sur les « erreurs » d’untel, sur les « aveuglements » ou les « tricheries » d’un autre qu’on a peu parlé des silencieux. Les circonspects, les mieux renseignés qui pataugeaient plus modestement dans le doute et n’eurent rien à « confesser ». J’en étais. Quand les reporters revenaient de Saigon jadis, ils étaient trop éclaboussés par les événements pour avoir les idées nettes. les témoignages qu’ils ramenaient étaient pointillistes, incongrus, trop contradictoires pour être enfournés dans la chaudière des manifs. La conscience des militants était impitoyablement limpide : le Bien, le mal, le Noir, le blanc, tout ça… »
(…)
« Sous les arbres, en face du ministère des Affaires étrangères, un grand rassemblement d’hommes, âgés pour la plupart, dénote dans cette ville en liberté surveillée. Assis dans l’herbe, appuyés sur des vélos ou debout, ils s’agglutinent en petits groupes bavards. Manifestation quelconque ? Grève d’employés ? En réalité, ce rassemblement est un rituel quotidien qui fait partie du paysage. Tous ces hommes appartiennent à l’ancienne armée du Sud-Vietnam ou à l’administration proaméricaine que les communistes appelaient « fantoche ». Ils ont séjourné dans des camps de rééducation avant d’être amnistiés. Interdits de travail, empêchés ou insoucieux de réinsertion, ils flottent dans une absence qui les a vieillis. Pendant des années, ils ont vécu dans l’espoir vague d’un visa pour l’Amérique, l’Australie ou la France. On leur disait : « Revenez demain.  » C’est ainsi qu’ils ont pris l’habitude de se retrouver devant le ministère des Affaires étrangères. L’espoir d’un visa s’est évanoui, mais l’habitude est restée. Les voilà devenues les âmes mortes du Vietnam, les « fantoches » du centre-ville, les fantômes inoffensifs du « temps d’avant » (…)  A leur sujet, les Vietnamiens  ont inventé une expression apitoyée et moqueuse : « Ho don bio », textuellement « Ceux qui attendent le vent ». Mais quel vent? Quand ils parlent aux étrangers, les gens du Sud refusent de choisir entre les deux formules :  » chute de Saigon » ou  » libération d’Hô Chi Minh Ville ». Ils disent  » avant 1975″ pour désigner cette période imprécise qui va, grosso modo, des accords de Genève (1954) à la débandade des hélicos Huey sur le toit de l’ambassade US à Saigon (avril 1975). »

Et  si vous voulez comprendre la difficile relation Vietnam-Cambodge, lisez le chapitre « Les frères ennemis  » extrait  de l’Impertinent du Cambodge, François Ponchaud, entretiens avec Dane Cuypers (Magellan) en le chargeant  ci-dessous (disponible dans quelques heures)

Repères historiques  :
26 octobre 1955 : proclamation de le République du Sud-Vietnam
20 décembre 1960 : création à Hanoi du front de libération du Sud
1er décembre 1961 : Kennedy autorise des opérations des « Forces spéciales au Nord.
15 000 conseillers US au Sud
8 février 1962 : création du commandement militaire US au Sud-vietnam
1er novembre 1963 : coup d’Etat à Saigon avec l’assistance des Américains. Assassinat du président catholique Diem
22 novembre 1063 : assassinat de Kennedy. Johnson président des Etats-Unis
6 février 1965 : premiers bombardements US au Nord-Vietnam
30 janvier 1068 : offensive vietcong pendant la fête du Tel
avril 1968 : arrêt total des bombardements US sur le Nord
1er décembre 1968 : 550 000 soldats américains au Sud-Vietnam
3 septembre 1969 : mort d’Ho Chi Minh
30 mars 1970 : opérations américano-sud-vietnamiennes au Cambodge
7 octobre 1970: Nixon propose un cessez-le-feu
30 mars 1971 : offensive communiste au Sud-Vietnam
6 avril 1972 : reprise des bombardements américains
23 janvier 1973 : Accords de Paris
29 mars 1973 : départ des dernières troupes américaines du Sud-Vietnam
17 avril 1975 : entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh au Cambodge
30 avril 1975  : entrée des troupes communistes dans Saigon
(source Le Figaro magazine)

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Visages du Cambodge_2014

 

 

 

Sur la route du Festival /4

Asie, le réveil ouvrier. Samedi 22 novembre. Depuis l’effondrement en 2013 au Bangladesh d’un immeuble d’ateliers de confection, qui a fait plus de mille morts, les ouvriers, essentiellement des ouvrières, qui fabriquent nos tee-shirts ont  droit à notre intérêt.  Le documentaire captivant de Michaël Sztanke, Asie, le réveil ouvrier,  brosse le tableau de la condition ouvrière dans toute l’Asie. On apprend beaucoup de choses.  Ainsi, en Chine, sur les  syndicats indépendants et interdits à côté du syndicat d’état . Les avancées de ces derniers poussent les entreprises vers le Bangladesh, le Cambodge, la Birmanie où les salaires sont plus bas  – ils représentent 1,5% ?? du prix final  ! Faut-il et comment faire pression sur les grandes marques comme GAP,  H et M  ou Zara ? Faut-il arrêter d’acheter ces produits ? Le film et le débat éclaireront un peu (car c’est très complexe) notre lanterne.
L’année dernière, au cinéma Le Nouveau Latina, était également projeté  un  film de 20 minutes intitulé Cambodge, le salaire de la faim. C’était impossible dans le cadre du Festival, mais essayez de voir ce court métrage sur internet : il est également passionnant et bouleversant. Le Cambodge dépend à 80% de son textile et emploie  91% de femmes. Elles gagnent de 50 à 60 dollars : une fois payées la chambre, les vêtements, les produits d’hygiène, reste autour de 30 dollars pour la nourriture. On ne mange pas à Phnom Penh ou dans ses environs avec 1 dollar par jour. J’avais publié un long papier à ce sujet  que vous trouverez sur la page Accueil du blog, colonne de droite, « Anciens articles » en cliquant sur « octobre 2013 ».

Vous pouvez aussi vous procurer  le numéro 35, septembre 2013 d’Altermondes  (www.altermondes.org) pour son dossier « Vivre de son travail, est-ce trop demander ? « Au sommaire,  un article d’Anne-Laure Porée – qui est aussi la réalisatrice du documentaire Le dernier refuge projeté ce même samedi 22 novembre l’après-midi . Dans son papier, Au Cambodge, les ouvrières donnent de la voix, la journaliste dresse le portrait de trois jeunes femmes khmères. Le dossier fait le tour de la question y compris le mouvement pour le « salaire minimum vital ». Le collectif  Ethique sur l’étiquette travaille dans ce sens.   www.ethique-sur-etiquette.org

Mékong, les pièges du progrèsSamedi 22 novembre. Qui a eu  le bonheur de descendre le merveilleux Mékong ne doute pas que le Cambodge est façonné par ce fleuve : il   coule à travers tout le pays khmer jusque dans ses légendes et ses contes. Nourritures spirituelles donc mais d’abord terrestres :  le Cambodgien est le premier consommateur au monde de poissons d’eau douce. Les projets de  barrages – dont certains sont déjà réalisés – vont-ils décimer la faune aquatique et détruire l’écosystème en modifiant l’irrigation ? Nous en débattrons après le documentaire de Daniel Vin et avec lui.

Autre séduction autre piège ? La production de sucre. Un reportage sur France Inter
http://www.franceinter.fr/emission-interception-cambodge-sucre-khmer-sucre-amer

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Sur la route du Festival/3

 

« Le temps des aveux ». Nous avons, il y a plusieurs mois,  essayé de le programmer ce film qui se tournait au Cambodge et dont vous verrez ci-dessous la bande-annonce. Parce qu’il est tiré du livre de François Bizot, Le portail, un sacré livre, et que Régis Wargnier a une vraie sensibilité à l’Asie du Sud-Est. Mais raté ! Il sortira quelques jours après notre Festival, en décembre … Et nous n’en dirons rien car nous ne l’avons pas vu.

http://www.leblogtvnews.com/2014/10/bande-annonce-du-temps-des-aveux-de-regis-wargnier.html

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L’Entrepôt. Le Festival est aussi l’occasion de découvrir un lieu plein de charme…

Sur la route du Festival /2

La maison de l'amant à Sadec

Soirée Duras, vendredi 21 novembre, premier jour  du Festival. Deux films, un thème : les lieux de son écriture. Nous avons choisi de diffuser la partie II du documentaire de Michelle Porte « Les lieux de Duras » qui précisément traitent des années d’enfance de l’écrivaine à savoir le Vietnam et le Cambodge. Les entretiens réalisés en  1976,  de la réalisatrice avec Marguerite, qu’elle connaît de longue date, sont exceptionnels de naturel, de sincérité, de profondeur. Le documentaire qui suit, « Un barrage contre le Pacifique hier et aujourd’hui », de Marie-Pierre Fernandes, nous embarque sur ces mêmes lieux : le lycée du père à Phnom Penh, l‘école de la mère et la maison de l’amant à Sadec, les terres de Prey Nop  envahies par la mer et devenues aujourd’hui des polders. Vous y apprendrez certaines choses qui vous laisseront pantois mais surtout avec l’enchainement des deux films, vous entendrez  encore  mieux la fameuse petite musique durassienne et  comprendrez pourquoi elle vous (ou peut-être elle « va » si vous êtes béotien en la demeure) enchante et vous captive et vous laisse, à la façon de Modiano, peut-être, cette brûlante nostalgie au cœur.

India song, avant ou après le Festival, je vous invite à passer un moment dans cette exposition à la BPI du Centre Pompidou (jusqu’au 12 janvier 2015) . De musique point, mais de passionnants documents de la main de Marguerite, de François Mitterrand qui fut un de ses intimes, des photos, des extraits de journaux ( l’article sur Christine Villemin dans Libération, hallucinant et inadmissible même si on idolâtre Duras), toute cette première partie intitulée « Outside » étant consacrée à l’engagement politique de l’auteur. Une salle nous invite ensuite à pénétrer dans  l’ « Inside » le « dedans » de l’écriture de Duras en six séquences : extraits de films, tapuscrit  intégral (80 feuillets) d’India Song, enregistrements… c’est effectivement une belle immersion dans le pas si mystérieux acte d’écrire où l’on voit, contrairement à l’illusion d’une écriture spontanée entretenue par Duras elle-même, la réalité d’un gros travail solitaire et laborieux.

Lire » Les Lieux de Duras ». Michelle Porte. Editions de Minuit. 1977.
Et aussi Rencontrer Marguerite Duras par  Alain Vircondelet un petit livre léger en poids et en prix (4€) mais dense et très émouvant par celui qui rencontra l’écrivain  tout jeune homme,  « et cette rencontre fut fondatrice » (Edition Mille et une nuits).
Voir, revoir (et je parle pour moi aussi ) « India Song » – une amie me disait hier que, dans sa jeunesse provinciale, elle allait voir le film projeté en permanence dans une petite salle du Quartier latin à chaque fois qu’elle « montait à Paris… »

Rétrospective cinéma Duras au centre Pompidou du 28 novembre au 20 décembre 2014.

 

Photos Marie-Pierre Fernandes
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Tout le programme du Festival sur Visages du Cambodge_2014

"Visages du Cambodge-Images d'Indochine"…Sur la route du Festival – 1-

Allume donc le poste. Vous ne connaissez pas l’Entrepôt à Paris ?
Vous ne savez rien du Festival de cinéma « Visages du Cambodge » ?
Prenez cinq minutes pour écouter la chronique de Dane Cuypers ( « ma pomme » comme dirait Edgar Morin et avant lui Maurice Chevalier – ça me rajeunit pas…)  passée sur la radio belge, Rtbf, le mardi 21 octobre dans l’émission de Didier Mélon « Le monde est un village« . Passage 30 minutes après le début de l’émission.

http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere/podcasts?c=LP-MEV&e=998

Voyage au Cambodge et au Laos   (photos Dane Cuypers)

Sortie d'une usine textile dans la banlieue de Phnom Penh

 

Ecolier au Palais Royal - Phnom Penh
Cours de danse traditionnelle dans un squat - Phnom Penh

 

 

 

 

 

Jeune Khmer à Kep - Cambodge

 

 

 

 

 

 

 

Gym sur le quai Sisowath à Phnom Penh

 

Abri de fortune dans la rue
Le temps de lire avec le SIPAR

Festival "Visages du Cambodge-Images d'Indochine"

La troisième édition de ce  Festival de cinéma  reste fidèle à ce qui présida à sa création : contribuer modestement à redonner au pays khmer sa grandeur et sa fierté . Mais il s’ouvre cette année  aux  pays voisins  dont les destinées par bien des aspects, à commencer historiques, lui sont liées .  S’il s’intitule Festival «  Visages du Cambodge- Images d’Indochine »,  c’est  donc en référence à l’ imaginaire commun à ces territoires qui hantent encore nos mémoires. Et c’est aussi bien sûr, en hommage à l’année France-Vietnam et  Marguerite Duras. 

Du 21 au 25 novembre prochain, sur 4 jours (4 soirées et 2 après-midi), encore une fois dans ce beau lieu propice aux expériences et aux rencontres qu’est L’Entrepôt,  la programmation que propose le Festival, entre cinéma du réel et résonances  littéraires, devrait séduire tous les amoureux de cette région du monde.
Pour en savoir plus, et en attendant d’autres développements sur ce blog, consultez le programme en cliquant sur  Visages du Cambodge_2014