C’est ballot !

Sur le Vieux-Port, ce 15 juillet 2017,  un  joli feu d’artifice doté, affublé plutôt, d’une bande son tonitruante qui empêche de vibrer aux pétarades, de frémir au sifflement des fusées, de se réjouir des oh ! et des ah ! du gentil public béat. Pffuitt… adieu la poésie des spectacles pyrotechniques !

Montréal sans chichis !

La fraicheur du regard de l’auteure-poète Jeanne Painchaud, regardant avec les yeux de son fils Montréal sa ville adoptive et chérie, fait merveille dans son album ABCMTL. Les photos de son complice Bruno Ricca sont à l’unisson pour une découverte très personnelle, sous forme d’un Abécédaire,. Une découverte joyeuse, légère, sans souci d’exhaustivité et donc sans la litanie des clichés qui collent à Montréal, comme à toutes les villes, où nous rêvons d’aller peut-être un jour. C’est mon cas ! Donc, si j’y vais, je ne raterai pas les meilleurs BAGELS du monde, ni l’EXPLOSION des feux d’artifice pendant le festival d’été qui font ressembler la ville à un immense gâteau de fête, je me régalerai MMM, dans cette ville gourmande, du sirop d’érable et des biscuits Whippet (aucune idée de ce que c’est ! mais ça perdure depuis 1901, c’est bon signe), du dulce de leche, des panettones, des cheesecakes… bref l’univers à portée de papilles, avant de me rendre au Jardin botanique pour avoir une idée de la culture mohawk et des autres Premières NATIONS du Québec, et oui bien sûr,  j’irai QUAI DE L’HORLOGE pour me perdre du regard dans le Saint-Laurent, le « chemin qui marche » sur 3058 kilomètres, et oh ! je me réjouis de voir les escaliers extérieurs en colimaçon – je suis fan de ceux de New York – et peut-être de rencontrer dans cette ville XXXXX, au romantique Parc de la Fontaine, un galant égaré qui m’attendrait…
ABCMTL. Jeanne Painchaud et Bruno Ricca. Editions Les 400 coups.
Pour l’acheter :
Librairie du Québec à Paris
http://www.librairieduquebec.fr/
Ou sur le le site des librairies indépendantes du Québechttps://www.leslibraires.ca/

 

Avec l’Aquarius…

Sauver les migrants, la mer et notre âme …
photo Caroline L.

Une fois n’est pas du tout coutume, je vais vous solliciter pour une «  cause humanitaire ». A ces mots, vous êtes déjà partis. Je comprends. Revenez ! Il s’agit de la Méditerranée, notre mer nourricière, celle des mythes, des croisières, des surfeurs, des coquillages bigarrés, des poissons mordorés, la mer de toutes les aventures, de toutes les beautés… devenue cimetière. Tout a été écrit sans doute sur ces fous d’espoir qui s’embarquent pour « la liberté ou la mort » (un titre de Kazantazakis, écrivain méditerranéen s’il en fût, qui vient sans crier gare sous ma plume). On n’en peut plus de ces récits, de ces images, écoutés d’une oreille, parcourus d’un œil. Et puis survient cet « Appel du 8 juin », à Marseille, lancé par SOS Méditerranée, une soirée de soutien accueillie par La Criée. Objectif : permettre à l’Aquarius, navire de 77 mètres,  27 membres d’équipage, de continuer à sillonner les eaux internationales au large des côtes libyennes. Les marins sauveteurs ont secouru, recueilli et soigné 19 000 personnes au cours de 118 opérations de sauvetage – 46 000 personnes ont péri depuis l’an 2000 en tentant de rejoindre l’Europe.
Sur la scène de La Criée, Macha Makeïeff soulignait à quel point cette aide allait de soi pour son théâtre, un théâtre face à la mer, ouvert à l’ailleurs, à l’autre. Chaque intervenant fut clair, précis, concret. Pas de grands discours, aucun trémolo, des faits, des chiffres. Et une conviction ancrée. François Morel et Daniel Pennac dirent l’essentiel de la tragédie. Laure Adler lut des extraits de La Déclaration des poètes de Patrick Chamoiseau, une invitation à la résistance devant l’intolérance, le racisme, la xénophobie et l’indifférence à l’autre. Et le président de l’association, Francis Vallat, déclara avec la force de l’évidence  : « Aider SOS Méditerranée, c’est militer contre la bêtise. C’est sauver notre âme. »
A écouter ce 8 juin Thomas, venu de Guinée Conakry, on ne peut qu’être d’accord. Secouru le 11 mai 2016, il l nous ivre un récit simple et bouleversant. Quand, à la conférence de presse, il parle de sa dignité perdue en Libye (sévices, esclavage… l’abjection des passeurs n’a pas de limite) il pleure. Brièvement. Et reprend sa narration. Sur le rafiot construit par les migrants eux-mêmes et qui prend tout de suite l’eau, il raconte qu’ils ont eu la chance – la seule dit-il – d’avoir un marin pêcheur sénégalais à bord qui a su regrouper les passagers à l’arrière, les faire écoper avec leur chemise, tenir douze heures jusqu’à l’arrivée de l’Aquarius. Des récits, Marie Rajablat en a collecté beaucoup sur le navire. Certains sont lus ce soir-là, tel celui de Zineb qui raconte les femmes repoussées dans l’eau par les hommes. On retient cette phrase «  Si tu as peur tu meurs » (Les naufragés de l’enfer. Marie Rajablat et Laurin Schmid pour les photos. Digobar éditions). Témoignages encore de deux « sauveteurs de masse », dont celui d’Anthony : le 23 mai dernier, il faisait partie de l’équipe qui a embarqué 1004 personnes à bord, 15 heures de sauvetage…
Je reviens pour finir sur les discours, ceux de la bêtise, auxquels il n’est pas si facile de résister, qui nous enjoignent de nous méfier . Nous nageons en pleine fiction, dans les fantasmes : « Invasion, menace sécuritaire, danger économique, tout cela, selon de nombreux travaux académiques, n’aurait rien de réel. » argumente un excellent papier du Monde du 12 mai 2017. Il nous renvoie sur des livres pour nous dessiller. Notamment ceux signés Babels : De Lesbos à Calais, comment l’Europe fabrique des camps et La mort aux frontières de l’Europe, retrouver, identifier, commémorer. On peut lire aussi Tous sont vivants de Klaus Vogel (Les arênes), l’homme qui a décidé d’agir lorsque l’Italie en octobre 2014 a mis fin à l’opération Mare Nostrum secourant les migrants en Méditerranée. En mai 2015, nous étions trente, se souvient Sophie Beau, la directrice générale France SOS Méditerranée. Pour continuer et parce que la défaillance des états perdure, l’Aquarius (coût : 11 000 euros par jour) a besoin de nous – les dons représentent 98% des fonds. Sur le site, c’est simple comme bonjour de donner. Tout compte même une très petite somme et le président a insisté sur l’intérêt de choisir un virement mensuel, encore une fois même très modeste.
www.sosmediterranee.fr

Vertigineuse Natalie Dessay

On entre dans le joli théâtre du Gymnase à Marseille, on s’affaire pour s’installer, déposer le sac, le portable, le programme, déposer sa journée, ses joies, ses tracas… Alors on lève les yeux vers la scène, vers la silhouette parfaite d’une femme en robe rouge, impassible sous un début d’ averse, tranquille, irrégulier, tombant de longues lamelles de glace suspendues au plafond. Le voyage commence. Il ne vous laissera pas de glace…

On sait que Natalie Dessay à 50 ans a pris la décision de quitter l’opéra dont elle a été l’une des plus grandes interprètes pour rejoindre enfin et complètement sa passion de toujours : le théâtre. C ‘était un vrai défi. Elle l’a relevé avec panache. Dans « Und » cette pièce de Howard Barker, magnifiquement traduite par Vanasay Khamphommala, c’est à une véritable expérience théâtrale que nous sommes invités. Plutôt nous y sommes plongés. Pas le choix ! Le texte, par moments hermétique, mais avec des fulgurances poétiques et une musicalité sublimée par la voix de la comédienne, raconte … Raconte quoi ? L’attente d’un homme, oui bien sûr. Mais aussi la disparition des liens avec les autres (son invisible  domestique ), la perte de repères, transmise de façon vertigineuse par Alexandre Meyer et sa guitare électrique, la marche inexorable vers la fin de tout, l’abandon, la disparition, la mort.

Le passage du temps est non pas symbolisé mais concrétisé par les pans de glace qui au fur et à mesure de le représentation tombent en s’effondrant avec fracas autour de la femme. Arrogante, insoumise, encore coquette, maniant avec brio l’autodérision et le sarcasme, avant de se laisser entamer puis envahir par la panique que scande le son répété d’une cloche, pour petit à petit devenir pitoyable, pathétique, et enfin rompue, défaite à la fin de la pièce quand le lustre tout entier s’écroule à ses pieds… Nous entrons à reculons, mais nous entrons, avec Natalie Dessay dans « ces zones troubles » qu’invente pour nous l’auteur ,et qu’elle fait vibrer  jusqu’au vertige, dans ces zones obscures de notre imaginaire personnel et collectif.

Collectif oui, car le texte est émaillé de références à la judéité. Je suis une aristocrate mais aussi je suis une juive, dit à plusieurs reprises la femme qui se dévêt vers la fin de la pièce de sa robe d’apparat pour rester dans une combinaison sans grâce et qui arrache sa perruque rousse donnant à voir une tête qu’on peut fantasmer tondue, évoquant peut-être une déportée. Et, me disait une fine spectatrice nommée Valérie, un bruitage de passage de trains à un autre moment allait aussi dans ce sens, tandis que les bris de glace pouvaient faire penser aux pogroms de la sinistre Nuit de Cristal.

Il fait froid dans cette pièce ! Comment tient Nathalie Dessay ? L’excès de cette mise en scène, de ce texte même, du jeu de la comédienne, correspondent à son tempérament, à ses désirs profonds. J’aime que ça remue, que ça transporte, que ça perturbe, nous disait-elle en substance après le spectacle, la peau dorée dans une robe à fleurs, drôle, sensuelle, si vivante … Et elle nous expliquait ainsi la référence juive : l’aristocrate c’est celui qui se tient droit, qui contrôle jusqu’au bout ; la juive c’est le doute, la fragilité , la détresse, celle qui va flancher.
Ne résistez pas, laissez-vous porter, emporter dans ce gouffre, par ce maelström de mots et de sensations, et il y a fort à parier que vous garderez longtemps en vous les sons et les images de cet acmé théâtral.

Photo Christophe Raynaud de Lage
Du 30 mai au 2 juin, à 20h30 sauf mercredi 31 à 19h00, Théâtre du Gymnase 4 rue du Théâtre français, 13001 Marseille,
Réservations  0820132013 www.lestheatres.net

 

 

 

 

 

 

 

 

Valse brillante…

Deux allumés, amoureux des mots, sur France Culture,
J’ai nommé Alain Finkielkraut et Fabrice Lucchini dans Répliques samedi 6 mai, à 9h45
Offrez-vous donc en podcast cette valse brillante sur Péguy  avec un usage immodéré de  la figure de style qu’est la répétition. Du coup je vais essayer de lire Péguy…

Merci Ruwen Ogien

Le philosophe Ruwen Ogien est mort hier jeudi 4 mai 2017. Je ne l’ai jamais rencontré mais la douceur malicieuse de son regard sur le petit écran puis la lecture de son livre Mes mille et une nuits (Albin Michel)  m’avaient profondément touchée. (Je l’avais écrit sur mon blog en février 2017 mais le piratage de celui-ci fait que l’article n’est plus en ligne dirait-on). Il y  dénonçait avec force le dolorisme, une idéologie qui pare la maladie de vertus rédemptrices. et racontait avec tellement d’humour sa lutte contre le cancer. J’écrivais que « c’était un très beau livre, vital pour tous, bien-portants ou malades. En tout cas pour moi. Merci Ruwen Ogien . » Je le dis à nouveau et je dis ma tristesse de le savoir parti. Ce mélange de lucidité et de tendresse, cette profonde probité intellectuelle qu’incarnait cet homme adorable, est quelque chose de rare.

SCALP – Série de conversations anti-Le-Pen

Mercredi 3 mai, au théâtre Toursky, à Marseille, le 2ème forum suscité et orchestré par Hervé Castanet de l’Ecole de la cause freudienne  a connu des  beaux moments. Ainsi du  plaidoyer de l’universitaire et auteur Alexis Nuselovici  pour voter Macron qui ne pouvait laisser de marbre.  Extrait.
Que s’est-il passé ? Je crois, hélas, que le FN a gagné au-delà du premier tour. Il a paralysé la pensée. Le fascisme est une pensée de la totalité mais aussi de la sidération, de la capture des esprits. La critique devient muette, les oppositions s’atténuent, le nihilisme, au sens nietzschéen, s’installe comme discours normal et normatif. « Ni-ni », c’est le nid du fascisme. Ne pas voir la différence entre fascisme (Le Pen) et républicanisme (Macron, qu’on le veuille ou non), c’est déjà adopter la posture fasciste, celle qui indifférencie, qui brouille les idées, qui brûle les livres avant de brûler les corps. Celle qui nie l’histoire et qui nargue la mémoire car elle a pour elle un présent éternel.
Pour lire le texte intégral cliquez ci-dessous
texte Alexis Nuselvici

PS. Ce soir jeudi 4 mai, l’émission La grande librairie s’intéresse aux mots de la politique, comme le fait Alexis Nuselovici qui dresse un inventaire du lexique affligeant de cette campagne présidentielle.

Sous le titre La jouissance létale du fascisme, le poète Pierre Parlant a tissé une réflexion poétique  à partir  d’une phrase  de  Gilles Deleuze et de Félix Guattari : Hitler faisait bander les fascistes. Les drapeaux, les nations, les armées, les banques font bander beaucoup de gens.  Et cela en évoquant une scène d’un des plus beaux italiens que je connaisse. Extrait.
Il est hors de question de se demander, précisément parce que nous les aimons, ce qui, pour leur part, fait bander les deux personnages d’Une journée particulière, le film d’Ettore Scola que j’évoque ce soir. Il est hors de question de se le demander car il en va de leur liberté et, en retour, de la nôtre. Pour autant je sais, nous savons, nous qui les avons vu danser et rire, nous qui les avons vu vivre des moments d’une tendresse inouïe et paradoxale — inouïe car paradoxale — que ce n’est pas, que ça ne peut pas être ce pantin criminel qui a pour nom Hitler.
Pour lire le texte intégral, recopiez lien ci-dessous  sur la barre de votre écran :
https://diacritik.com/category/livres/rentree-dhiver-2017/l

 

La réalité au placard…

J’ai tout de suite eu le désir de lire Il se passe quelque chose, le recueil de chroniques parues dans le journal La Croix, de Jérôme Ferrari en l’écoutant sur France Culture. Ses textes s’intéressent tous à « un certain usage du langage, et plus exactement à la façon dont les mots perdent tout contact avec la réalité. » Cela me parait une problématique d’une urgence folle et très peu traitée. Dans sa préface, le prix Goncourt 2012 (Le sermon sur la chute de Rome) cite Hannah Arendt : « Le sujet idéal de la domination totalitaire n’est ni le nazi convaincu ni le communiste convaincu, mais les gens pour qui la distinction entre fait et fiction (c’est-à-dire la réalité de l’expérience) et la distinction entre vrai et faux (c’est-à-dire les normes de la pensée) n’existent plus. »  Et il ajoute : « Ces lignes datent de 1951 et l’on dirait pourtant qu’elles nous décrivent. » Il revient dans une des chroniques sur la philosophe et son concept de « banalité du mal », objet de fréquents contresens, concept né de sa confrontation avec Eichmann et de son « infaillible faculté à ne s’exprimer ( …) qu’au moyen de lieux communs et de phrases toutes faites. »
Les stéréotypes, les clichés, depuis toujours (et comme disait Rolland Barthes) me fatiguent mais je suis sensible à leur malveillance potentielle depuis que j’ai travaillé sur le Cambodge. La réduction du langage, et donc de la pensée, est révélatrice de la dictature : les Khmers rouges en sont un exemple frappant.

De cette nocivité liée à l’aplatissement ou au détournement de la langue, Jérôme Ferrari nous donne donc des exemples au fil de ses réflexions sur l’actualité entre janvier et juillet 2016. Ainsi de la déchéance de la nationalité. Le tollé que la proposition provoque donne lieu à une remouture du texte: la référence à la binationalité a disparu et « une personne » pouvait être déchue si elle était condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la nation. Très bien, exit la stigmatisation. Sauf que si vous ne possédez QUE la nationalité française, on ne pourra vous la retirer puisqu’on ne peut créer d’apatrides. Beau tour de passe-passe…

Autre illustration, celle sur les « éléments de langage » dont les politiques et les médiatiques ne peuvent plus se passer.  « Le lien ténu qui lie tant bien que mal les mots aux choses » se dissout. Et, cela de pair, le sens des mots dans le discours politique   « se trouve désormais totalement occulté par leur connotation psychologique. » Nicolas Sarkozy, parfaite incarnation de « cette personnalisation à outrance, mâtinée de sentimentalisme dégoulinant » en prend au passage plein sa musette. Bref (…) « la langue utilisée dans le « débat » public exhale un parfum fort désagréable, comme si la rigidité des formules toutes faites et lieux communs qui la composent étaient déjà celles d’un cadavre. » Je me demande si le succès de Mélenchon n’est pas dû en partie à ce qu’il parle « vivant »

De façon paradoxale, cette déconnexion de la langue et de la réalité, serait aggravée, selon l’auteur, par les réseaux sociaux et leur tranquille revendication de l’indifférence à la vérité. Dans un autre chronique, il revient sur internet qui en   » matière de contagion de la bêtise a pulvérisé tous les records. » C’est pas faux… Depuis, de plus, il y a eu Trump, ses tweets et les « alternative facts ».

Je disais que Sarkozy était égratigné mais il n’est pas le seul. Alain Finkielkraut en prend aussi pour son grade (cela dit, Jérôme Ferrari, le sait-il ? partage avec ce dernier une idée exigeante de l’éducation) Mais l’allumage est fait avec une bonne dose d’humour teinté d’affection, je trouve, et ce cher Alain Finkielkraut, qui souvent et quoi qu’on en dise, n’en manque pas d’humour, n’a pas dû en prendre ombrage
Car ce que je n’ai pas dit c’est que l’auteur – comme tout chroniqueur digne de ce nom – est drôle et qu’il manie la langue avec maestria : hyperboles, antiphrases, litotes… les effets de son ironie sont aux petits oignons (avec ou sans i ? voyez une autre de ses chroniques) et on rit souvent…

Dans mon Question de style, Dane Cuypers, CFPJ, un chapitre sur les clichés
Voir aussi Tourments et merveilles en pays khmer, Actes Sud

 

VOTER !

Nécessaire. Manif du 1er mai à Castellane, Marseille. Pas mal d’Insoumis. Sur la banderole d’un groupe, ces mots :  « LE VOTE NECESSAIRE ». Mais oui ! Je discute avec un manifestant : C’est pas contradictoire avec la position de Mélenchon ? Il se retourne pour lire, apparemment surpris,  hésite un peu, puis déclare : « En tout cas, moi je le suis : je vote pas ! »

Procuration. Envie de citer Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, dans le Jdd du 30 avril. A l’intention des (très) éventuels lecteurs de ce blog qui ne seraient pas convaincus qu’il faut voter Macron…
Chaque électeur « est porteur de millions de procurations. Ces procurations leur sont confiées par toutes celles qui souffrent ou se battent pour leurs droits, les Salvadoriennes emprisonnées pour avoir avorté, les Nigériennes qui mettent chacune sept enfants au monde, les 200 millions de victimes de mutilations sexuelles…Toutes ont besoin de nous, d’une France féministe et laïque. Et ce n’est pas Marine Le Pen, officiellement soutenue par les activistes anti-IVG et toujours hostile à la parité, qui leur apporterait le moindre soutien. Pour ces femmes, le vote blanc ou l’abstention ne sont pas des options. (…) Pour elles, pour nous, il est vital d’infliger la plus sèche défaite à Marine Le Pen. Pour cela, il faut voter Emmanuel Macron. »

Divan. Les psychanalystes se mobilisent (comme ils l’ont fait avant le premier tour) et s’élèvent contre l’intolérance, l’exclusion, l’arbitraire incarnés par Marine Le Pen. Le forum anti-haine au théâtre Toursky à Marseille sera l’occasion d’entendre 13 intervenants (journalistes, universitaires, artistes, intellectuels) autour du débat télévisé entre les candidats du 2ème tour. Cela se passe mercredi 3 mai entre 18h30 et minuit. « L’idéologie lepéniste sur le divan des psys comme le titrait La Marseillaise, ça ne se refuse pas … parmi les invités Philippe Pujol, auteur de La fabrique du monstre : 10 ans d’immersion dans les quartiers nord de Marseille, la zone la plus pauvre d’Europe, (Les Arènes 2016), Mon cousin le fasciste, (Seuil 2017)
Entrée libre sur inscription : scalp-3mai2017@orange.fr
Théâtre Toursky, 16 passage Léo Ferré. Marseille

Quelque chose de Tennessee…

Photo Elizabeth Carrechio
Soudain l’été dernier de Tennessee Williams
mise en scène: Stéphane Braunschweig
avec Jean-Baptiste Anoumon, Océane Cairaty, Virginie Colemyn, Boutaïna El Fekkak, Glenn Marausse, Luce Mouchel, Marie Rémond

Après le Théâtre de l’Odéon à Paris, Soudain l’été dernier de Tennessee Williams au Gymnase à Marseille. La grande magie du théâtre au rendez-vous. Encore deux jours. Mon papier sur la Théatrothèque ci-dessous :
http://www.theatrotheque.com/web/article4876.html