Le Cambodge en Transylvanie !

Que de talents !

Le Centre culturel français de Cluj en Roumanie m’avait donné carte blanche pour une semaine ciné cambodgien. Etaient donc présents Bruno Carette avec son exigeant et  courageux documentaire Khmers rouges amers,  Roshane Saidnattar avec un très sensible témoignage L’important c’est de rester vivant,  Randal Douc pour son interprétation du rôle de  Monsieur Jo dans  Barrage contre le Pacifique de Rithy Panh ; programmés également du même réalisateur Gens de la rizière et Les artistes du théâtre brûlé. La semaine de projections avait démarré avec  un film sur le Vietnam L’Empire du milieu du sud de Jacques Perrin et Eric Deroo d’une grande beauté et passionnant (quoiqu’un peu obscur pour non initiés) et qui s’arrête en avril 1975, à la chute de Saïgon, quinze jours après que les Khmers rouges soient entrés  dans Phnom Penh, réalisant ainsi une de leurs obsessions ( qui serait suivie de tant d’autres) : triompher des Américains avant le frère-ennemi, le Vietnam. (film encore en salles)

Cette semaine fut aussi celle d’un atelier d’écriture et de théâtre sur le thème du voyage mené par votre servante et la comédienne et metteur en scène Brigitte Mougin. Pour finir un extravagant et délicieux week- end en montagne.   Maisons en bois, soupe colorées, beignets, eau de vie à la myrtille, violons et, pour s’installer complètement dans la magie,  l’illusionniste Magic Mouss. Un talent fou. Une énergie hors du commun. Des tours étourdissants et beaucoup d’humour. On s’en est pris plein les mirettes, de la poésie, du merveilleux, des paillettes,  nous et les gamins d’une école roumaine. L’envie d’offrir ça aux enfants khmers.  Si un bienfaiteur veut jouer les magiciens et offrir du rêve qu’il se manifeste…

Enfin Michèle Lesbre qui était venue présenter son dernier livre « Un lac immense et blanc »  (Sabine Wespieser) s’est jointe à nous pour découvrir et la Roumanie et le Cambodge.

Tout ça (et tout ce que je ne vous dis pas) sous la houlette d’un autre  magicien patenté, Bernard Houliat, directeur du centre culturel français de Cluj avec son équipé d’enfer. Le paradis… Merci beaucoup . Okoun tchraeun !

Ci-dessous ou ci-dessus quelques photos sachant que leur montage surréaliste et un tantinet chaotique est l’oeuvre de l’ordinateur qui se rit de mes injonctions de mise en page.

Pour ceux qui ont gardé une âme d’enfant, à savoir tous les lecteurs de ce blog : http://magicmouss.fr

Le pays d'où son écriture vient …

Randal Douc, enseignant-chercheur en mathématiques et néanmoins comédien ( c’était lui Monsieur Jo dans « Barrage contre le Pacifique »), donne sa dernière pièce en lecture. Si vous pouvez libérer votre soirée du samedi 15  ou du lundi 17 janvier, vous ferez connaissance avec une écriture forte et douce, sensuelle et fantasmatique, à l’image de ce pays de tourments et merveilles … dont Randal vient.

Lieu mythique, soirée magique

Photo D. Cuypers

 Paul Dubrule, l’homme qui a créé la chaîne hôtelière Accor est un passionné du Cambodge. En 2002, à la fin d’un voyage de 8000 kilomètres à vélo, il a inauguré à Siem Reap, aux portes du site d’Angkor, une Ecole hôtelière et de tourisme, particulièrement bienvenue dans cet ancien village qui doit maintenant accueillir des millions de touristes.

L’école a déjà formé plus de mille jeunes aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration : cuisine, service, réception, boulangerie, pâtisserie, tourisme, tout au long d’un cursus basé sur des cours et des stages complétés par l’apprentissage du français, de l’anglais et de l’informatique. Après une scolarité d’un an, 95% des élèves ont trouvé un emploi bien rémunéré avec des prises de responsabilité progressive dans l’hôtellerie et le tourisme. Pour la seconde année, la maison Lenôtre recevra un gala en faveur du développement de l’école dans les salons du Pré-Catelan à Paris ;  à deux pas du Théâtre de verdure où Rodin tomba amoureux des apsaras de chair venues danser pour les Parisiens lors de l’exposition universelle de Marseille en 1906 qui accueillit le roi Sisowath …

La soirée se passe le mardi 25 janvier. On y croisera exclusivement des amoureux du Cambodge. On pourra investir dans une sculpture – quel rêve d’avoir dans son salon ou son bureau un exemplaire de l’art khmer par excellence, celui de la pierre – offerte par les artisans d’Angkor et qui sera mise aux enchères. Quant au dîner préparé par les 14 chefs cambodgiens de Lenôtre, il fera sans aucun doute  partie des  plus savoureux souvenirs gustatifs 2011 …

Mardi 25 janvier 2011, soirée de gala de l’Ecole hôtelière Paul Dubrule au Pré- Catelan, Paris 16ème, à partir de 19h30. Montant de la participation individuelle 150 euros

Pour toute demande d’informations et pré-réservations: fabrice.tessier@accor.com de l’école : www.ecolepauldubrule.wordpress.com   – Activitéet www.ecolepauldubrule.org 

 

 
 

Lisez Chatomukh

 

 Chatomukh a consacré son dernier numéro (226) à la catastrophe survenue sur le pont de l’île Koch Pich à Phnom Penh. Selon  bon nombre de Cambodgiens,  elle  « mêle à la fois les injustices des hommes, les risques de la technique et les imprévoyances du progrès qui se surajoutent à une intervention surnaturelle rendant la justice immanente. » Tous les aspects de la tragédie sont ainsi abordés dans ce numéro. tant humains que politiques, sociologiques et spirituels. Ainsi que l’histoire de  Bon Om Touk, La Fête des eaux. On ne perd jamais son temps à lire Chatomukh.

Abonnement 27,50 €

chatomukh@yahoo.fr

A la recherche de la mémoire

Le Cambodge et Le Théâtre du Soleil, une longue histoire. Hasard des programmations,  parallèlement au colloque Le génocide effacé,  se tient un festival  Werner Schroeter au Centre Pompidou. Le film sur  Ariane Mnouchkine « A la recherche du soleil » est une merveille (programmé le 11 décembre dernier et le 30 décembre prochain) : une heure trente pour suivre le fil d’Ariane dans ces mois de 1984 où la troupe s’emparait de la magnifique pièce-fleuve d’Hélène Cixous « L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge ». 

Cixous pleine d’émotion , après la séance et devant les spectateurs,  d’avoir revu le film où, une rose jaune à la main, elle est interviewée par le réalisateur, (le cinéma de Schroeter nous dit-elle est semée de roses jaunes, c’est sa signature !). Un film qui n’est pas un documentaire dit-elle « mais un opéra, une vision, une transfiguration. »  Pleine d’émotion d’avoir revu, dit-elle encore, tant de morts : Cambodgiens évoqués sur scène et peuple du Soleil. Mais Georges Bigot est là qui interprétait alors Norodom Sihanouk,   personnage shakespearien s’il en est  : homme politique hors du commun, monseigneur-papa adulé, tyran détesté,  sans pitié pour ses ennemis, fantasque et génial, insupportable, irrésistible. La performance du comédien était magistrale :  entre autres la voix inimitable de Sihanouk  trouvé précisément sans l’imiter (interdiction lui avait été faite par Mnouchkine de voir et d’entendre des documents) mais en se laissant porter par le rythme des phrases, la musique, les voix  du texte. Sur la « voix », Hélène Cixous a cette image : « J’écris ce que j’ai entendu en collant mon oreille sur la poitrine de tous ces personnages » ( il y en a une soixantaine dans la pièce). Avant ce travail poétique, il y avait eu le travail de fourmi  sur les archives, les documents journalistiques, diplomatiques, politiques, la littérature ancienen khmère … l’auteure avait voulu tout savoir du concret khmer jusqu’au 350 espèces de riz …

Entre le Cambodge, Hélène Cixous et Le Théâtre du Soleil, il y a une histoire d’amour. Elle vit toujours, revit sur un mode majeur  en ce moment, là-bas, à Battambang avec les jeunes de Phare Ponleu Selpak ( je consacrais à cette association un chapitre dans Tourments et merveilles en pays khmer).  Ces 29 jeunes Khmers qui interprètent Sihanouk (le rôle est tenu par une jeune femme), le premier ministre Lon Boret,  l’ambassadeur des Etats unis – et tant d’autres acteurs, marionnettes des complicités internationales cyniques  qui entrainent le Cambodge dans le cataclysme khmer rouge – ces jeunes Khmers très peu scolarisés qui viennent des villages voisins,  certains de l’univers de  la misère, parfois de la drogue, n’ont pas la mémoire de leur pays  et ne savaient même pas  ce qu’est le théâtre. Pourtant, disent l’écrivaine et le comédien, la magie opère. Ils  entrent peu à peu dans ce monde où les mots et les gestes aident à penser, ils retrouvent des fragments, des traces d’un passé qui fut effacé par le régime de Pol Pot et qu’ils n’ont pas connu  : ainsi ce rituel pour les ancêtres qu’ils ont instauré avant chaque répétition et qui sera sans doute intégré dans la pièce. Et c’est celui qui jouait Sihanouk, qui en porte la mémoire dans son corps, c’est  Georges Bigot,  qui 25 ans plus tard,  met en scène la version khmère de la pièce, version allégée ( la version de 1985 faisait huit heures !) et transposée selon les codes sociaux et psychologiques cambodgiens. Le soupçon de nécolonialisme est ridicule selon ce dernier, il s’agit d’art et d’échange.

La pièce sera représentée à La Cartoucherie en 2011 . Mais pourra-t-elle l’être  au Cambodge tandis que  sur une autre scène se jouera à Phnom Penh le deuxième acte du procès des Khmers rouges ? Ce n’est pas certain, elle pourrait déranger  tant la réalité et la fiction, les fantômes et les vivants  sont dans cette histoire intimement mêlées.  

Voir les échos du colloque « Le génocide effacé » dans la rubrique Cambodge – Actu

Rompre le silence (suite)

Soko Phay-Vakalis et Pierre Bayard

Le colloque, Le génocide effacé, s’est poursuivi les 10 et 11 décembre  sur la lancée du premier jour :  d’une grande densité . En voici quelques échos, quelques flashes  (les actes seront publiés : le blog vous en informera).

  • Démonstration dévastatrice de l’aveuglement, du déni absolu de la presse de gauche sur les Khmers rouges (Le Monde, Libération et l’Humanité) magistralement menée par Pierre Bayard, professeur à Paris VIII. Un déni qui persistera jusqu’en  1977. Les journalistes se félicitent : le drapeau de la révolution flotte sur Phnom Penh, une société nouvelle est en gestation, les pauvres sortent de leur misère…  Un florilège surréaliste, pathétique,  qui fait peur. Certes, devait préciser l’orateur comme conscient soudain de l’efficacité de sa charge et peut-être essayant de l’adoucir ! certes le comportement des journalistes n’est rien comparé à la posture des états occidentaux, les Khmers rouges à l’Onu entre autres broutilles . Certes … Pierre Bayard devait ensuite analyser,  au-delà du contexte politique,  idéologique, les raisons psychologiques d’un tel délire généralisé (dans Tourments et merveilles en pays khmer,  je cite le décapant papier de Marie Despléchin, paru dans Le Monde en août 2005, sur l’adolescente enthousiaste qu’elle était : «  Les Khmers rouges sont des camarades comme nous les aimons, des amis du peuple chinois, des victimes de l’impérialisme») . Une fois le délire passé reste la violence qu’il faut s’imposer pour accepter de s’être trompé. J’en profite pour rendre hommage  au courage de  Jean Lacouture qui sut se dédire.  
  • « Peindre l’extrême » la communication de Soko Phay Vakalis , qui a organisé le colloque, fut du même tonneau. Cette si jolie Cambodgienne affûte toujours ses propos dans un langage  d’une grande précision et accessible à tous. Elle souligna le rôle de l’art qui, encore une fois, permet d’appréhender l’horreur, de mettre sous les yeux ce qu’on ne saurait voir ni entendre. Permet aux survivants « de se réapproprier un passé hanté par la destruction ». Soko a mené des ateliers de création à Phnom Penh au centre Bophana avec  deux artistes. Vann Nath, rescapé de S21, qui produit une « peinture de l’effroi  au « réalisme brut et minutieux ». Et  Séra  porteur d’une «  peinture endeuillée », qui procède  dans ces Bd à un tissage de témoignages et de fictions, ses  dessins côtoyant, s’appuyant sur des coupures de presse, des documents photos;  sa peinture étant quant à elle une expression poétique de l’exil et de l’absence, un corps à corps avec la matière (voir la performance et le film de Céline Dréan ). Ces ateliers ont  donné lieu à un livre Cambodge, l’atelier de la mémoire (Sonleuk Thmey, 2010) et à un DVD. Les œuvres réalisées par les jeunes Cambodgiens sont exposés dans le hall de Paris VIII  jusqu’au 15 janvier – l’exposition sera clôturée  ce jour-là par Vann Nath qui viendra spécialement du Cambodge.
  • La thématique « anamnèses corporelles dans Shoah de Claude Lanzmann et S21 de Rithy Panh »  ne peut se résumer ici. Elle fut l’objet d’un exposé de Emmanuel Alloa. J ’ai dit dans mon livre comme les deux  démarches me semblaient proches. A entendre ce spécialiste de l’image, elles  ne le seraient pas tant que ça. En tout cas, me semble-t-il,  l’effet de saisissement pour le spectateur est semblable. Ce sont deux films dont on ne peut pas  faire l’économie si on prend le risque de s’intéresser à ces thématiques du mal.  « Anamnèses » … le mot me replonge dans les ateliers d’écriture : il est en effet le titre d’une séance classique où celui qui écrit restitue à la façon de Roland Barthes le souvenir dans sa précision, mais sans effet, sans le faire vibrer.  Anamnèse c’est au départ l’historique d’une maladie. Reconstituer, retracer la façon dont le mal est arrivé,  ce mal qualifié par la journaliste Laure de Vulpian de « mal-mystère », expression recueillie auprès  d’un prêtre au Rwanda…   on est au cœur du sujet.
  • Bel intermède littéraire – et toujours le leitmotiv de l’art qui permet « d’en parler » –  offert par Suppya Bru-Nut, chercheuse sur le Ballet Royal à l’Inalco avec une lecture par Jean-Baptiste Phou de textes  d’auteurs cambodgiens. Je cite un extrait  de Soth Polin (L’anarchiste) qui dit les mots de l’exil  :
      Je ne suis plus qu’une plaie béante, ambulante, déchiquetée par cette multitude de piranhas que sont les souvenirs. Je suis la proie du temps, de mon univers phnompenhois : de ma femme, de mes belles-soeurs, de mes parents, de mes anciens amis…, du Mékong. Ils ont maintenant disparu, mais ils ressurgissent à chaque instant devant moi sur mon volant, au détour d’un chemin, au fond d’un verre de bière, ou dans la fumée d’une cigarette. Ils me rattrapent comme un petit voleur jusque dans mon sanctuaire parisien : dans mon taxi ou dans un café …Et un autre extrait du poète Kung Bun Chhoeun qui me touche beaucoup car je me souviens d’un   ami cambodgien me racontant précisément ça :  l’horreur que constituait sous le régime de Pol Pot la dérisoire perte d’une cuillère (qu’on portait souvent  autour du cou pour éviter de la perdre)  : Une cuillère / peut vous rendre la vie difficile/ et jamais gaie./Une cuillère que l’Angkar/ A distribué pour qu’on en prenne soin / Afin qu’elle ne se casse pas. /Il faut être vigilant/ Et veiller jour et nuit/ Et en prendre soi/ Car si on la perd,/ C’est la mort assurée,/Car si on la casse,/ C’est la mort assurée.
  • Echo enfin de la brillantissime intervention de Louis Arsac, ancien attaché de coopération au Cambodge. Ce que je vais en dire est un pâle reflet mais enfin… Le sujet :  l’utopie qui dérape, à savoir  une dystopie. La façon de l’aborder de Louis Arsac : un parallèle instauré entre W ou le souvenir d’enfance de Georges Pérec qui a perdu sa mère déportée par les nazis et le fonctionnement et les règles de l’Angkar, l’organisation invisible et toute puissante sous les Khmers rouges .Dans la fiction de Pérec, comme dans la réalité cambodgienne, les canons de l’utopie sont inversés. Par exemple l’idéal sportif dans W et l’idéal du travail sous Pol Pot, en soi louables, deviennent des facteurs de mort. Ce renversement des paradigmes de l’utopie était visible dès 1976 rappelle  l’orateur. Pöurtant on l’a vu aveuglement, déni.

      Le procès qui vient de condamner Duch, le responsable de S21,  et qui va reprendre si tout va bien  en 2011, pourrait, devrait être, nous est-il suggéré, le procès d’un certain nombre d’autres utopies qui, elles, certes « ont réussi » contrairement à celle du Kampuchéa démocratique ( sic ! ) mais à quel prix …On pourrait presque penser, devait conclure Louis Arsac, qu’il y a un degré de sincérité dans le projet utopique de Pol Pot. Pourquoi cette timidité soudaine ? Bien sûr qu’on peut le penser : c’est bien là un des nœuds du drame cambodgien et de toutes les utopies qui ont mal tourné.

Rompre le silence

Hélène Cixous au colloque le génocide effacé

« Entre l’interminable ténacité du silence et l’inimaginable qui dépasse nos possibilités ordinaires de penser »,  voilà où se situe ce colloque affirme l’écrivain Hélène Cixous dans l’amphi X de Paris VIII en cet après-midi glacé du 9 décembre. Sous son drôle de petit bonnet  qu’elle ne quittera pas, la grande dame de l’écriture livre à un public plus qu’attentif  ses souvenirs et son analyse sur un pays et ses habitants dont elle précise à deux reprises avec  émotion et  grâce qu’ils sont « adorables » : «  Il suffit que je vois un krama et mon cœur se met à battre… ».  Interrogée par Ashley Thompson, une autre amoureuse du Cambodge, Hélène Cixous  raconte comment elle écrivit sa pièce L’histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk roi du Cambodge et comment Mitterrand et Badinter assistèrent en 1985 à la représentation au Théâtre du soleil et  les écoutèrent ensuite longtemps, Ariane Mnouchkine et elle, leur parler d’un pays martyrisé et oublié de l’Occident . Un déni qui continue aujourd’hui : « Le peu d’audience accordée au procès des khmers rouges montre à quel point le Cambodge n’intéresse pas » devait souligner  Pierre Bayard, professeur de littérature à Paris VIII.  Lutter contre cet effacement, tel est l’objectif de ce colloque portée par  la détermination de Soko  Phay Vakalis, colloque  qui verra les plus fins spécialistes de toutes disciplines tenter de penser enfin  le « génocide » cambodgien.

La projection de S21, la machine de mort khmère rouge,  fut suivie d’un débat sur le rôle des images. James Burnet, le journaliste et ami  du réalisateur, souligna que le film de Rithy Panh (qui a convaincu les bourreaux de refaire, sous l’oeil de la caméra,  leurs gestes de bourreaux ) a réussi ce tour de force de créer des archives-  archives si manquantes pour la mémoire du Cambodge.

Enfin, l’artiste Séra , auteur d’une splendide trilogie Bd sur les khmers rouges, réalisa pour nous une performance dont vous avez le fruit ci-dessous.

Cambodge  – Le génocide oublié. Colloque à Paris VIII 9, 10 et 11 décembre 2O010. Entrée libre. Métro Saint-Denis université.

La vidéo de la performance de Séra est en ligne sur youtube :

Marché cambodgien

Laissez tomber les grands magasins et faites vos courses de Noël à Versailles le 11 décembre … D’accord Versailles c’est pas tout près mais vous trouverez en toute quiétude de délicieux présents  pour mettre sous le sapin :  soyeux (kramas pour son cou délicat) ou piquants ( le poivre de Kampot, the best in the world). Entre autres petites merveilles. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du Sipar, association qui lutte contre l’illettrisme et qui organise cette vente au profit du Cambodge bien sûr.

http://www.sipar.org

"Le veilleur", un portrait de Séra, un film de Céline Dréan

Un film tendre et fort qui peint Séra avec beaucoup de délicatesse . Immense plaisir quand la caméra nous fait entrer au plus près dans le trait et les couleurs des  BD et des  toiles de cet artiste d’une rare intensité.
C’est un dessin de Séra que vous retrouvez sur l’affiche de Festival du Cambodge – cliquez  sur « Festival » dans « Accueil ».
« Le veilleur » sera diffusé sur France Ô le 1er décembre et Télérama a aimé.
Pour lire l’article cliquez sur : SERA_TRA_271110

Cambodge me voici !

 Une pièce de Jean-Baptiste Phou qui ne mâche pas ses mots pour dire par la voix de quatre femmes la difficulté d’être à la fois d’ici et de là-bas …
Vendredi 10 décembre 2010 à 19h
Lecture publique
Colloque « Cambodge, génocide effacé »
Université Paris VIII – 2 rue de la liberté, 93200 Saint Denis 
Métro : Saint Denis Université (Mº13) 
Entrée libre
 
Les samedis 2, 9 et 16 avril 2011 à 18h30
Le dimanche 24 avril 2011 à 19h
PRODUCTION COMPLÈTE
Théâtre de la Reine Blanche – 2 passage ruelle, 75018 Paris
Métro : La Chapelle (Mº2) ou Marx Dormoy (Mº12)  
18 € / TR 13 €

Plus d’infos sur :