Ils sont ICI !

Ils sont ici, ils sont là nos 29 acteurs khmers, sur scène, à la Cartoucherie  jusqu’au 23 octobre. Je l’ai déjà écrit sur ce blog  …. alors je le dis dans ma chronique Paris est une fête, sur la radio belge La Première, dans l’émission de Didier Mélon Le monde est un village. Si ça vous tente c’est ICI

Le salaire de la faim

Sortie d’usine, environs de Phnom Penh, dans le bus (photo D. Cuypers)

Au Nouveau Latina, (cinéma à fréquenter : sa programmation, son engagement, son délicieux café à l’étage, rue du Temple), j’ai vu fin septembre deux films sur la condition ouvrière en Asie. Le premier, Cambodge –  Le salaire de la faim, celui  des ouvrières textiles, réalisé par le collectif Ethique sur étiquette, en dit beaucoup en vingt minutes. Vous pouvez le visionner sur https//vimeo.com/49592343. Le second, 45 minutes,  « Asie, le réveil ouvrier », de Michaël Sztanke,  brosse un tableau  plus large et plus analytique –  le film  est sur les réseaux sociaux, me dit le réalisateur qui s’emploie à le commercialiser

La soirée se déroulait sous l’égide d’Altermondes – revue trimestrielle de solidarité internationale. Je ne l’avais jamais lue : c’est mieux que bien. (www.altermondes.org,  tel 01 44 72 89 72)  A la une du  numéro 35 qui vient de sortir, un excellent dossier : Vivre de son travail, est-ce trop demander ?

Moins cher qu’une barquette de fraises. La revue et les deux films nous font réfléchir à nos achats de fringues : un tee-shirt moins cher qu’une barquette de fraises voire qu’un pamplemousse, c’est irrésistible, pas la peine de le nier. Il ne s’agit pas de renoncer au « made in Cambodia ou Bangladesh », mais au moins de savoir de quoi tout ça est tissé. Et peut-être d’agir. Dans toute l’Asie du sud-est,  les salaires sont scandaleusement bas qui  représentent 1,5 à 3% du prix du vêtement ! En Chine, bien que les syndicats libres soient interdits, ils tentent d’exister et  les rémunérations  sont passées sous la pression sociale grandissante à 200 euros par mois. (Un des intervenants nous informe que FO est en France le seul syndicat à entretenir des relations avec les syndicats chinois libres…).  Cette augmentation et la baisse de l’activité économique ont amené des centaines d’entreprises à fermer leurs portes. Et à délocaliser : au Cambodge par exemple où le salaire tourne autour d’une soixantaine de dollars avec des conditions de travail exécrables, et souvent des contrats de trois mois. Les ouvrières (91% des employés sont des femmes ) ne peuvent pas s’en sortir  : une fois payées la chambre, les vêtements, les produits d’hygiène, reste autour de 30 euros pour la nourriture .

Des évanouissements dans les usines. On ne mange pas à Phnom Penh ou dans ses environs  avec 1 dollar par jour. Les ouvrières, qui  travaillent 10 à 12h et pèsent autour de  50 kilos, devraient bénéficier de 2200 calories.  Elles en sont loin. On a relevé beaucoup d’évanouissements dû à un taux de glycémie trop bas –  un rapport de la marque H&M (qui se fournit au pays khmer) les  a mis  sur le compte d’une hystérie collective  et du stress ! Le stress, elles vivent avec et pour le reste, les imprévus, les maladies, l’argent à la famille, elles empruntent. On voit dans Le salaire de la faim une très jeune femme qui pleure de ne  pas se sortir de ses dettes – et puis soudain une camarade lui dit quelque chose de drôle sans doute  et n u adorable sourire à la cambodgienne éclaire de façon enfantine tout son visage.

Cambodge, Corée, Bangladesh, et sans doute bientôt la Birmanie,  sont donc devenus les sous-traitants des patrons chinois. Au Bangladesh, l’opinion avait été alertée par  l’incendie de l’usine de Tazreen en novembre 2012, puis l’effondrement en avril 2013  de Rana Plaza à Savan tuant plus de 1200 personnes. Selon Eglises d’Asie, le Bangladesh, deuxième exportateur mondial de vêtements (après la Chine), emploie dans ses 4500 usines textiles plus de 3 millions d’employés (dont 70 % de femmes) représentant  80% de ses exportations annuelles. Mais les ouvriers  ne gagnent qu’un salaire de base mensuel de 3 000 taka (28 euros) – soit l’un des plus bas au monde, un montant dérisoire qui a pourtant été obtenu de haute lutte en août 2010 après des mois de manifestations très violentes. Les ouvriers demandent aujourd’hui un salaire de 100 dollars par mois (73 euros) ; les industriels affirment ne pouvoir accorder qu’une augmentation de 20 % (soit 5 euros) en raison de la conjoncture économique mondiale. « Une famille de quatre personnes a besoin d’au moins 182 euros par mois, pour seulement survivre et ne pas mourir de faim » s’indigne un économiste bangladais. Au moment où j’écrivais ces lignes, des manifestations étaient violemment réprimées. Pour en savoir plus, suivre  le lien avec un Ctrl +clic  http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/bangladesh/2013-09-25-les-ouvriers-du-textile-poursuivent-leurs-protestations

Les femmes s’affranchissent. Pour revenir au Cambodge, M&V – sous-traitant entre autres de  H&M et Zara – emploie près de 10 000 ouvrières  payées trois fois moins cher qu’en Chine. En octobre 2011, cependant, l’usine a dû faire face aux 5000 ouvrières  en colère d’une de ses deux usines. Car, malgré tout, le Cambodge bénéficie de la liberté syndicale et, petit à petit, ces jeunes femmes, venues de la campagne, et peu habituées à prendre la parole et encore moins le pouvoir dans une société qui ne leur donnent pas volontiers, s’aguerrissent, s’affranchissent. Dans le dossier d’ Altermondes,  la journaliste Anne-Laure Porée,  rapportant les propos  de trois d’entre elles, rappelle  que cette population – 500 à 700 000 sur 14 millions d’habitants – a  pesé  dans les élections législatives fin juillet où l’opposition, qui  a  connu une percée historique, a mis dans ses promesses le salaire des ouvriers à 150 dollars par  mois.

La pression sur les marques. Que pouvons-nous faire nous, consommateurs ? Pas de boycott, qui serait la pire des solutions, mais des actions auprès des grandes marques (1). Par exemple auprès de H&M, Zara, Levis, Gap qui se fournissent massivement au Cambodge. Le Collectif Ethique sur l’étiquette affirme qu’elles ont les moyens d’améliorer la situation des travailleurs même si elles avancent de nombreuses excuses pour ne pas augmenter les salaires à un niveau vital (2). Le collectif  se mobilise pour  demander aux entreprises présentes en France et aux grandes marques françaises et internationales de veiller aux conditions de production des marchandises qu’elles commercialisent. Allez faire un tour sur le site www.ethique-sur-etiquette.org. Il y a peut-être moyen d’être un jour fiers de nos jolis tee-shirt made in Cambodia.

(1) ce que  David Eloy rapporte dans le numéro 35 d’Altermondes nous y encourage :  C’est parce qu’en réaction à la tragédie de Rana Plaza, plus d’un million de personnes, à travers le monde, ont signé la pétition relayée par Avaaz et Change.org que, le 23 mai, 38 multinationales se fournissant au Bangladesh ont signé, avec IndustriALL et sept fédérations syndicales bangladaises un accord contraignant sur la sécurité des usines textile.

(2) Le salaire minimum vital – Asia floor wage – est une campagne forte de 18 pays membres qui établit un salaire minimum standard à travers l’Asie, calculé en fonction des monnaies et du coût de la vie.

Une rentrée très théatrale

Ateliers-théâtre.  Croyez-moi, vous passerez des moments riches, formateurs… et joyeux avec la Compagnie des Hommes Papillons. Pour tout savoir sur le meilleur plan ateliers-théâtre de la rentrée, cliquez atelier-théâtre 2013-2014

Delbo-Riva. La diffusion de la lecture de « Spectres mes compagnons » de Charlotte Delbo  par Emmanuelle Riva aura lieu le dimanche 27 octobre de 21h00 à 23h00 dans Théâtre et Cie/France-Culture. Il s’agit de l’enregistrement réalisé à Avignon que je vous avais promis cet été et qui avait été annulé au dernier moment. Après avoir vu ou revu Hiroshima mon amour d’Alain Resnais ( ah si! il faut y aller) avec la jeune Riva, laissons-nous emporter par la voix de la comédienne d’aujourd’hui sur les mots de Charlotte Delbo

Colette Renard. Elle a ses fans. Très nombreux. Si vous en êtes, allez écouter Charlotte qui la campe et la chante avec une fraîcheur et un charme fous. En première partie et au piano le sensible Michel Melcer.  La Vieille Grille, 1 rue du puis de l’Ermite. Paris 5ème.(métro Place Monge=. Dimanche 6 octobre à 17h30. Au chapeau. Il est prudent de réserver. 01 47 07 22 11. Non pas au chapeau ! quelle erreur que je corrige ce jour mais 18 euros – parce qu’elle les vaut bien …

 Cambodge, le retour. Ils sont revenus. Ils sont tous là : les 29 jeunes acteurs Khmers de Battambang. Ils ont travaillé dur  pendant un an, dont deux mois avec les metteurs en scène George Bigot et Delphine Cottu pour nous présenter – v rai tour de force –  au Théatre du Soleil du 3 au 26 octobre les deux époques de L’histoire terrible mais inachevée de Sihanouk, roi du Cambodge. Si vous avez vu la première époque , pas besoin de vous convaincre : vous irez à la Cartoucherie retrouver la magie, la folie, la violence, le lyrisme de cette histoire-là portés par des jeunes gens encore plus professionnels et habités que l’an dernier. La Cartoucherie sera à chaque représentation  un royaume khmer en miniature où vous pourrez gouter à la délicieuse cuisine cambodgienne. Une véritable immersion surtout si vous vous offrez l’expérience inoubliable de l’intégrale : 7 heures …

Réservations de 11h00 à 18h00 au 01 43 74 24 08

Mon article paru en janvier dernier dans la revue XXI ), ainsi que les notes des metteurs en scène, sur le site du Théâtre du Soleil : Le Cambodge sur un plateau. Et – vrai cadeau – posez votre souris sur l’interview d’ Ariane Mnouchkine  réalisée il y a quelques jours sur le « Sihanouk » et aussi sur la Ronde de nuit de la troupe afghane Aftaab en voyage qui reprend du 6 novembre au 1er décembre et dont je vous avais dit le plus grand bien.

 

Un livre très attendu…

C’est chez Magellan, qu’on se le dise et qu’on le lise !

« La Vérité vous rendra libres ! »

Comment se dessine une vie ? Au fil de quelles rencontres, de quelles
émotions, de quels détours ?
Enfant d’une famille modeste mais heureuse, brillant à l’école, François
Ponchaud grandit avec le destin tout tracé de devenir prêtre, chez lui, en
Savoie. Mais la vie s’en mêle. Un temps parachutiste pendant la guerre
d’Algérie, son karma de missionnaire l’envoie au Cambodge pour une longue histoire d’amour. L’homme est passionné, toujours en action, entre rebellion contre l’injustice, d’où qu’elle vienne, et compassion pour les faibles. En 1977, le père Ponchaud est le premier à dénoncer le crime inouï des Khmers rouges avec Cambodge année zéro. Il est le témoin stupéfait de ce moment dramatique de l’Histoire, mais son livre se heurte à l’incompréhension du monde.

Au fil d’entretiens menés en France et au Cambodge par Dane Cuypers,
auteure de Tourments et merveilles en pays khmer (Actes Sud, 2009), la
personnalité et l’engagement de ce missionnaire pas comme les autres se
dévoilent : avec ses colères contre l’arrogance des puissants, avec son infini amour pour le peuple des rizières, avec les exigences de son apostolat chrétien en milieu bouddhiste, avec la gageure intellectuelle de traduire la Bible
en khmer…
Lorsqu’il parle du Cambodge où il vit depuis 1965, François Ponchaud
sait de quoi il parle. Il aborde sans détour les sujets les plus délicats, dans le seul but de redonner aux Cambodgiens qu’il côtoie la dignité de l’existence. Pour qui s’intéresse à ce pays parmi les plus attachants du monde, ce livre est peut-être le meilleur des guides par l’un de ses plus fins observateurs.

Marc WILTZ

Quand Hone dessinait au camp de réfugiés

 J’ai connu Hone à à Chinon, où elle vit avec son mari français et ses quatre adorables enfants, en rédigeant « Tourments et merveilles en pays khmer » et je lui ai consacré un chapitre. Son histoire, elle me l’avait racontée avec une vérité, une simplicité qui donnait à voir la petite fille qu’elle avait été sous les Khmers rouges et dans le camp  de Sakeo. Nous ne nous sommes pas perdues de vue et ces jours-ci elle m’a envoyé l’affiche d’une exposition qui lui est consacrée dans sa ville. Avec un texte d’elle où elle raconte comment ça – le dessin – lui est venu, là bas dans le camp de réfugiés… Sur la photo  prise au camp, Hone est avec son amie Jeannick, la fille de Marie – Marie que j’ai longuement interviewée dans mon livre et qui m’a fait rencontrer Hone.

C’était en 1979, j’avais douze ans quand j’ai découvert que je faisais un dessin sur un petit morceau de papier blanc de 10 cm sur 10 cm. C’était dans un camp de réfugiés en Thaïlande ! Je n’avais jamais dessiné de ma vie… A l’époque des Khmers Rouges, il était interdit d’être un intellectuel ou un artiste. Mais dans le camp un jour j’ai aperçu  une dame blanche aux cheveux frisés qui venait de très loin. Cette dame distribuait du papier et des crayons de couleur aux enfants pour dessiner. Elle nous explique de faire un dessin pour exprimer ce que nous avions dans la tête !

Un garçon avait dessiné une maison brûlée par les khmers rouges avec sa famille dans le village puis un autre garçon a dessiné des fusillades ! c’était très violent. Une petite fille assise à mes côtés a dessiné une maison sur pilotis extraite de ses rêves… Et moi je n’avais jamais fait de dessin auparavant : alors j’ai dessiné des fleurs, c’était pour illustrer la NON VIOLENCE ! des clochettes .Voila quand un enfant s’exprime par le dessin, c’est toute sa personnalité qui parle à travers le dessin !

Dans ce camp de réfugiés il y avait des lits en métal alignés les uns aux autres. Je me rappelle que ces lits métalliques faisaient du bruit car il y avait des ressorts. Nous les enfants nous étions entassés et très nombreux à dormir sur des nattes à même le sol ! On était habitués à dormir à la dure avec les khmers rouges ! Cela grouillait de monde, il y avait beaucoup de monde avec beaucoup d’enfants, nous étions très proches les uns des autres. J’ai vu beaucoup de bébés orphelins qui attendaient du lait, des nourrissons, il y avait beaucoup de bruit…C’était comme çà l’ambiance du camp.

J’ai quitté le camp de Sakeo, j’ai voulu partir chez les Barangs (les Blancs), oui les Français avec leur long nez, la peau blanche qui mangent du pain ! Et bien cette dame blanche c’est Christine Chenevez qui m’a accueillie par la suite en France, grâce à la Croix Rouge, ah oui une Maman et un Papa, Bernard Chenevez ! A Annecy, où mes nouveaux parents vivaient on nous a appelés les « enfants de Noël » ! C’était en plein hiver, avec plein de neige .

Un peu plus tard mes parents m’ont inscrite à un atelier  de dessin à Annecy (après les cours). C’est comme cela que le dessin est arrivé chez moi !

Hone

J’ai raconté mon histoire dans un livre « Tourments et Merveilles en pays khmer » éditions ACTES SUD, livre écrit par Dane CUYPERS

 

 

 

Chatomukh spécial Sihanouk

Le triple numéro de Chatomukh sur le Roi-Père est une mine pour qui s’intéresse au Cambodge et veut mieux comprendre certains ressorts propres à ce pays. Comme toujours dans ce journal, l’information particulièrement complexe – car le destin de Sihanouk est étroitement liée à celle de son royaume – est traitée de la façon la plus complète possible avec un texte clair assorti de repères chronologiques et  d‘extraits de témoignages ou d’analyse, et d’une riche bibliographie. A chaque page, une iconographie magnifique (et souvent inconnue du grand public)  fait revivre Monseigneur-Papa et son Cambodge.

Le journal tient ses ressources uniquement des abonnements. Vous ne regretterez pas de contribuer à on indépendance et à sa qualité. Abonnement France : 27,50 (chéque à l’ordre de Chatomukh).Chatomukh, BP 60269, 75625 Paris cedex 13. chatomukh@yahoo.fr

 

La mort de Ieng Sary

Après la mort de Ieng Sary, l’un des inculpés du Procès des Khmers rouges, voici deux témoignages transmis par le réalisateur Bruno Carette. Plus d’infos sur son site http://khmersrouges.blogspot.fr/

L’Histoire n’est ni juste, ni injuste. Elle est seulement la résultante d’une confrontation perpétuelle des idées et des désirs. C’est sa force qui fait le mouvement, celui qui emporte nos destins dans sa course vers un lendemain qui n’est jamais écrit d’avance, brisant sur son passage des vies, des rêves et l’amour des êtres qui auraient voulu que la veille eût été écrite autrement, que la justice n’ait jamais à être invoquée. Car lorsque l’on demande justice, c’est que des fautes ont déjà été commises. C’est qu’il est trop tard. Parce que la justice n’est qu’une part, une conséquence de l’Histoire, un sillage fait forcément de sang, de larme et de désolation. La justice, parfois, elle triomphe, parfois elle se trompe et parfois elle échoue, comme c’est le cas ici.

Ieng Sary, s’en est allé, comme l’a fait Pol Pot des années auparavant, sans avoir à rendre compte de cette tragédie qu’ils ont eux-mêmes écrite sur les pages de l’Histoire.

Je n’ai pas de larme, pas de peine, pas de haine ni de rage non plus, même pas de vide. Seulement cette petite envie de dire qu’il faut toujours se relever, qu’il faut vivre debout. C’est le plus grand héritage que m’ont laissé mon père et ma grande sœur. Ieng Sary, lui, ne se relèvera plus, plus jamais, après avoir vécu couché et caché sous la lâcheté, l’incapacité intellectuelle à assumer ses erreurs. Peu importe. Si le tribunal n’a pu le juger à temps, l’Histoire, elle, le jugera, en son temps, pour tout le reste du temps que les hommes auront à vivre. Somanos Sar

Ieng sary est mort le jeudi 14 mars à l’âge de 87 ans. Ma première pensée va aux victimes qui croyaient en lui, et notamment  les Cambodgiens  de l’étranger qui n’ont pas encore pu accomplir leurs deuils. De nombreux Cambodgiens ont exprimé leur frustration au rythme de la cour des Chambres Extraordinaires auprès du Tribunal cambodgien, soutenus par l’ONU. Ils ont peur que les accusés restants disparaissent à leur tour avec leur mystère. La mort de Ieng Say est une sonnette d’alarme. En tant qu’individu, Ieng Sary était borné, brutal, vaniteux, dissimulé, lâche et manipulateur. Comme dirigeant politique, un partisan des idées extrémistes, les plus rétrogrades possibles. Pour lui, la fin justifie les moyens. Il ne voulait pas voir le puissant mouvement  de mutation qui commençait à secouer le monde et notamment celui de la Chine post-révolution culturelle.

Ni humainement ni intellectuellement, Ieng Sary et ses complices ne furent à la hauteur de ce tourbillon de l’histoire de leur époque.  C’est là le drame du Cambodge et de son peuple.Pour beaucoup des familles des victimes des Cambodgiens de l’étranger, Ieng Sary restera dans l’histoire comme l’homme responsable de la mort de mille cinq cents sur mille sept cents d’entre- eux qui sont rentrés au pays à son appel.

Là est sans doute l’un des faits marquant de sa vie. Il serait injuste de le lui dénier. Ong Thong Hoeung

LECTURES. Le Piège Khmer rouge, Laurence Picq – Buchet Chastel- 2013. Pourquoi les Khmers rouges, Henri Locard – Vendémiaire -2013. Un juge face aux Khmers rouges, Marcel Lemonde – Seuil – 2013

 

 

Samedi 1er décembre, je boucle mes cadeaux de Noel !

 

De toutes façons, il faudra y passer…  Alors  la double BA « bonne action -bon achat » ça ne se refuse pas.Tous les articles proposés par le Sipar, qu’on ne présente plus (bibliobus, édition  khmère), ont été achetés au Cambodge (Ong, artisans, marché).  Sacs, chemises, art de la table, articles en soie, en bois, en natte, bijoux en argent, objets pour les enfants…de 3€ à 45€ … un choix délicieux.  Samedi 1er décembre, de 10h à 19h,  à l’Hôtel Pullman, 2 bis avenue de Paris, près de l’Office du Tourisme. sipar@wanadoo.frwww.sipar.org

 

 

De jeunes reporters au pays khmer

Vous partez au Cambodge ou simplement ce pays vous intéresse…  ne passez pas à côté de Cambodge année 32 – reconstruction d’un royaume meurtri. Le titre ne reflète pas complétement la richesse de ce livre-guide conçu, rédigé et publié par Typo, qui depuis bientôt quinze ans mène une formation à la presse au sein des lycées de l’Académie de Dijon. Dont la production de Hors-Séries.  Mali, Québec, Vietnam, Bombay … les jeunes partent en reportage et travaillent dur pour aboutir à la publication.  La livraison sur le Cambodge est tout simplement passionnante. Le regard des deux reporters, Alexis Hontang et Quentin Guillet, remarquablement encadrés par Dominique  Gaye, est pertinent et sensible. Il a aussi une fraîcheur revigorante.
Tant les articles que les superbes photos invitent à un voyage passionnant qui ne laisse aucun sujet de côté : « le génocide khmer rouge » avec des interviews de Somanos Sar (auteur de Apocaplypse khmère), de Sothik Hok, directeur du Sipar, de Kem Kimlang, directrice d’Enfants d’Asie, et bien d’autres dont un grand entretien avec François Bizot (auteur de Le portail et Le silence du bourreau) ou avec François Ponchaud  (Cambodge, année zéro) qui, comme d’habitude, ne mâche pas ses mots ; « le Cambodge aujourd’hui »   passe en revue les droits de l’homme avec des propos très éclairants de  Pung Chhiv Kek, directrice de La Licadho, sur les expropriations,  nous balade dans Phnom Penh, dans les rizières ou sur le Tonlé sap  (et me fait l’honneur d’un papier intitulé  Le regard de Dane) ; les ONG ne sont pas oubliées (Friends, le Sipar, Handicap International et Phare Ponleu Selpak à Battambang  (qui est partie prenante de l’aventure  de la pièce L’histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge ); l’art khmer n’est bien sûr pas oublié ; ni la savoureuse cuisine. Bref c’est un réservoir d’infos et de pistes pour entrer au pays khmer de belle et intelligente façon.

Pour l’acheter, envoyez un mail à  domgaye@gmail.com. Il vous en coutera 7 euros (frais de port inclus, en timbres, par chèque ou virement). Et allez faire un tour  sur www.typolemag.info.  Qu’attend l’Education Nationale pour multiplier ce type d’actions ? La fin du monde le 21 décembre prochain peut-être …