Le diable Mistral. Quand il fait du mistral c’est juste le contraire d’un doux pays ici, car le mistral est d’un agaçant. Mais quelle revanche, quelle revanche , lorsqu’il y a un jour sans vent. Quelle intensité des couleurs , quel air pur, quelle vibration sereine. (…) Malheureusement à côté du soleil bon Dieu, il y a trois quarts du temps le diable mistral. Ce sacré mistral est bien gênant pour faire des touches qui se tiennent et s’enlacent bien avec sentiment (…). Ceci écrit un jour sans mistral – comme, m’est avis, vous l’avez tous noté – est extrait d’un livre exquis Lettres de Provence de Vincent Van Gogh, éditions Aubéron 2010. Acheté (2 euros) à un bouquiniste à l’angle de la Canebière et du boulevard Dugommier à Marseille. Jamais rien lu d’aussi beau sur les couleurs du midi qu’il tente de mettre sur sa toile.

Un peu de courage ! Oui, se prendre  par la main pour aller donner son avis avant le 4 mars sur le PLUI (Plan local d’urbanisme intercommunal). Françoise Verna dans son édito de La Marseillaise du 14 janvier le dit ainsi : « Les Marseillais et les habitants des 17 autres communes concernées seraient bien inspirées de participer en nombre à cette enquête publique et faire entendre leur aspiration pour le droit à la ville. » https//www.registrenumerique.fr/plui-pda-marseille.provence. Ou se rendre à sa mairie.

 Amoureux mais pas trop. Il est drôle, en tout cas pour moi qui ne suis marseillaise que depuis bientôt trois ans, ce « Petit dictionnaire (modérément) amoureux de Marseille », signé Hugues Serraf, illustrations de Jean-Michel Ucciani, paru chez Gaussen. Parfois même très drôle. Parfois un peu moins mais c’est un dico, on saute et on s’arrête par exemple – sans attendre ! – à « BUS »
 Les bus marseillais sont peu fréquents, ne respectent pas les horaires, (ils sont d’ailleurs aussi souvent en avance qu’en retard, ce qui n’est pas non plus un atout à l’usage), ne marquent pas nécessairement tous les arrêts et se pilotent comme des petites voitures sportives à boîte mécanique. De rares abribus on été équipés de systèmes d’affichage des temps d’attente qui, lorsqu’ils ne sont pas en panne, fournissent des informations tellement fantaisistes qu’on ne saurait leur prêter attention. Sur la plupart des lignes, le service s’interrompt aux alentours de vingt heures. Celui de la poignée de « lignes nocturnes » en prenant alors le relais se termine vers minuit. De jour comme de nuit, le paiement est facultatif.  Il y aurait encore beaucoup à dire,  en ce qui me concerne, sur l’outrecuidance de la RTM qui ne répond pas à votre demande de dédommagement pour incident grave et affirme ne jamais avoir reçu votre lettre recommandée alors que vous avez entre les mains l’accusé réception. Et finalement vous écrit une lettre dénuée de sens, signée d’un gribouillis, sans traduction, sous l’intitulé « Service Sinistrosité »…
J’ai aussi beaucoup aimé l’entrée « C’EST MARSEILLE » : Expression d’usage fréquent, simultanément fataliste et indulgente, servant de réponse aux interrogations sur les particularismes locaux quels qu’ils soient : – Mais enfin pourquoi… ? – C’est Marseille ! ». Pas mal non plus le « TOMETTES » : Petits carreaux de terre cuite et de forme hexagonale, généralement rouges, utilisés pour le revêtement des sols des appartements anciens et suscitant l’admiration systématique et clairement surjouée des visiteurs : « Oh, des tomettes, incroyable ! » J’en avais moi-même, je les ai virées pour les remplacer par du parquet flottant de chez Leroy-Merlin. Je sais, je ne respecte rien.