Bertrand Tavernier, notre ami

Bertrand Tavernier nous a quittés le 25 mars 2021 à 79 ans. J’écoute ses interviews sur France Culture. Quel type formidable : l’’intelligence, la culture, l’humanité, la simplicité. Ses combats ont été nombreux. Et je me souviens justement l’avoir rencontré dans celui qu’il a mené contre la double peine.  J’avais assisté à une projection privée de son film Histoires de vies brisées : les double peine de Lyon – la double peine consistant à expulser de France les étrangers ayant fait de la prison. Il y brossait le portrait d’une femme qui m’avait enthousiasmée. Je me suis dit : elle mérite un livre. L’ami qui m’avait invitée à cette soirée m’a présentée au réalisateur et je lui ai dit mon envie, tout de go. Il a répondu sans hésiter : Oui faites-le ! je vous soutiendrai – ou quelque chose comme ça. Je n’ai pas donné suite : trop débordée. Mais quel dommage.

Un dimanche à la campagne

La masterclasse avec Arnaud Laporte (Je fais un cinéma de partage)  est un régal. Il raconte à un moment qu’il lui arrive de décider si une scène en train de se tourner est bonne à l’oreille – et je pense : comme faisait Pagnol ! Et il le dit juste après . Il parle de Sautet dont il fut l’attaché de presse je crois et l’ami. Il se trouve qu’il y a exactement une semaine j’ai jeté une photo de Claude Sautet (conservée depuis des années)  que j’avais interviewé aux studios Eclair à Epinay-sur-Seine dans le camion-cantine du tournage. Encore un homme si touchant. Je n’oublierai jamais comment il parlait de la nuque des femmes, comment il disait aimer filmer celle de Romy Schneider en lui demandant de relever ses  cheveux en chignon.
Sur un autre podcast, j’apprends que Bertrand Tavernier était tuberculeux dans sa jeunesse et qu’il a découvert le cinéma au sana, avec un coup de foudre pour Gary Coopoer me semble-t-il. J’écoute aussi des témoignages vibrants, sincères, de ses acteurs dont celui d’Isabelle Carré qui tourna sous sa direction (ce mot ne lui convient pas ), avec Jacques Gamblin,  Holy Lola, l’histoire d’un couple qui veut adopter un petit Cambodgien.
Sur le site de l’excellente Cinetek, vous trouverez trois de ses longs métrages ( La mort en direct, Coup de torchon, Un dimanche à la campagne), la liste des films qu’il aimait (amis américains, voyage à travers le cinéma français…).  Disons encore qu’il a reçu cinq César au cours de sa carrière, dont deux pour le film Que la fête commence en 1976 : César du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. Et finissons sur cette  « joie sérieuse  » qui était la sienne raconte Philippe Torreton avec beaucoup d’émotion.

 

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