Proust enfin ! Janvier par Nietzsche et Marie Rouanet…

AtmoTsphere vous présente ses voeux  : tenez bon la barre !

photo DC

Ô vous  – c’était mon cas – qui n’avez jamais réussi à entrer dans La recherche du temps perdu ,malgré moult efforts et un désir incontestable, voici que s’ouvre une porte royale. Depuis le 10 novembre les acteurs de La Comédie française vous offre la lecture de Proust. Eh bien j’ai essayé et ça marche. Je suis dedans ! J’ai de plus en plus hâte hâte de retrouver Swann et les autres… Chaque séance dure l’équivalent d’une bonne séance de psychanalyse. Mais c’est gratuit et sans rendez-vous. Merci La Comédie française …

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Comédie française, Proust et 1 ( puis la prochaine fois 2,3,4 etc)
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Et c’est parti :
Longtemps je me suis couché de bonne heure

Le Gai Savoir de Nietzsche

Le voyageur contemplant une mer de nuages,.
Caspar David Friedrich

 

Sanctus Januarius – exergue au Livre quatrième (Saint Janvier est le patron de la ville de Naples) :
Toi qui d’une lance de flamme
De mon âme a brisé la glace
Et qui la chasses maintenant vers la mer écumante
De ses plus hauts espoirs :
Toujours plus clair et plus sain,
Libre dans une aimante contrainte :
Ainsi elle célèbre tes miracles,
Toi le plus beau mois de janvier !
Gênes, janvier 1882

 

Exergue suivi par l’aphorisme 276 :
Pour le Nouvel an (…) C’est le jour où chacun se permet d’exprimer son désir et sa pensée la plus chère : et, moi aussi, je vais dire ce qu’aujourd’hui je souhaite de moi-même et quelle est la pensée que, cette année, j’ai prise à coeur la première )- quelle est la pensée qui devra être dorénavant pour moi la raison, la garantie et la douceur de vivre ! Je veux appendre toujours davantage à considérer comme beau ce qu’il y a de nécessaire dans les choses : – ainsi je serai de ceux qui rendent belles les choses. Amor fati (…)
« Oh quel miracle que ce beau Janvier ! «  s’écrie aussi Nietzsche dans une lettre du 29 janvier 1882, le plus beau de sa vie, affirme-t-il. Il passe l’hiver à Gênes dont il tombe amoureux. Il écrit : « Le temps de ce dernier mois est le plus beau et le plus bienfaisant que j’ai jamais connu de ma vie entière – frais, pur, doux : combien d’heures ne me suis-je pas étendu sur la plage ! Combien de fois n’ai-je pas vu le soleil se coucher ! » Nietzsche avait toujours froid et poursuivait dans ses voyages chaleur et soleil … ce qui me le rend très proche ainsi que son amour de Gênes.  Pour le reste je débute… Vous pouvez lire en même temps que Le Gai savoir l’essai éclairant (mais pas facile) Le gai savoir de Nietzsche – Une manière divine de penser. Olivier Ponton. CNRS éditions.

Les Quatre temps du silence de  Marie Rouanet (Payot)
Une  merveilleuse écriture, un  roman de 1998 qui ressort, comme le reste, de mes cartons de déménagement et dont j’extrais ce texte daté du 2 janvier …
(…) une magie née de presque rien, d’un reste que tout autre eût mis à la poubelle, du rejeté, du négligé, faire de même pour la vie. A partir de la lumière qui rosit les pommes, de la glace du bassin épaisse qui sonne comme du cristal quand je la heurte avec un bâton et s’étoile sans se briser, de la couleur des courges qui brillent depuis les étagères dans l’ombre de la cave, d’Henri à qui j’ai raconté la visite de la genette et qui m’a dit qu’il lui était arrivé d’en voir quelquefois à l’extrémité de hautes branches, prenant le soleil comme des chats, de la succulente évidence d’un menu pourtant ordinaire : un bout de saucisse exactement grillé. (…)
« S’il y a urgence c’est de n’être point vide. Il faut vraiment habiter dans la « cella del suo corpo » et là, s’affronter. Je deviens un lieu où passe la mémoire en lambeaux de brouillard inachevés et confus. Ne laissez entrer que ce qui est traînée de lumière, ces moments qui n’ont rien de remarquable sinon leur unicité. Alors dans la maison fermée et silencieuse comme un sommeil, les choses ne sont que ce qu’elles sont. Le bassin n’évoque plus aucun souvenir brûlant. C’est miracle et conquête que rien n’occulte le présent, fait de son bruit cristallin, du rouge de l’osier, du saule prêt à bourgeonner, planté là comme un défi à l’eau.
Offrez-vous en poche son Petit traité romanesque de cuisine. Je vous promets bien du plaisir.

C’est tout pour aujourd’hui …
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