Plaine ô ma plaine

La Plaine à Marseille, une place un peu chaotique certes mais si vivante. Elle a besoin d’être rénové ? Oui. Mais, comme le dit Thierry Durousseau dans un entretien paru mercredi 31 octobre dans La Marseillaise, sans  gommer l’identité de ce lieu, ilôt urbain dont l’essentiel date du XIXe siècle avec des immeubles « Trois fenêtres »  : « On est là devant un espace d’usage. (…) Il fallait mettre l’usage en premier plan. Qu’il y ait plus d’espace pour les terrasses ne me gêne pas, sans envahir toute la place non plus. Il aurait fallu renouveler le sol, le mobilier… Mais dans une stratégie plutôt spartiate. Il fallait faire quelque chose de simple sur la Plaine, pas des sols durs car on sait que ce n’est pas un lieu bourgeois (…). Et bien non ! On refait tout, on vire les arbres et les forains. Les premiers disparaissent dans un fracas silencieux, les autres se rebiffent haut et fort. Résultat : on érige « le mur de la honte », comme titrait à la une le journal,  pour que les travaux se fassent  : « Ce mur de béton est le symbole, dur et visible, de la frontière qui sépare le Marseille populaire, son âme véritable, du Marseille fantasmé par ses élites politiques. L’histoire de la ville est jalonnée de ces coups de force poussant toujours plus loin, aux franges de la cité, les gens de peu. » écrit Françoise Verna dans son éditorial.

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