Youn Sun Nah : dans les étoiles !

Bleu-nuit du ciel, divine chaleur et cigales dans le parc du Palais Longchamp pour applaudir la merveilleuse chanteuse coréenne. Visage lunaire, voix envoûtante qui vient du ventre avant de s’envoler dans les aigus et de nous envoyer dans les étoiles. Youn Sun Nah et le Marseille Jazz des 5 Continents, c’est une histoire née en l’an 2000. La chanteuse avait invité Yilian Canizare, violoniste et chanteuse, et le trompettiste ErikTruffaz. La rencontre entre les deux femmes fut un moment d’énergie intense, de douceur explosive. Celle avec le trompettiste une plage d’éternité éphémère. Bravissimo. (Impasse sur le troisième invité, Dhafer Youssef, le métro fermant à minuit et demi…quel dommage !)
Jeudi 26 et vendredi 27 , les deux derniers concerts. On y va ? Oui !  …
programme sur www.marseillejazz.com

Forcené de la vie…

Touchée par la disparition de Claude Lanzmann qui trouvait la mort scandaleuse – comme Cavanna, auteur de Stop-Crève, que j’adorais autant. Lazmann disait détester la mort et ne pas aimer la musique. Déclaration qui laissait ses intervieweurs interdits : ne pas aimer la musique d’accord. Mais oser le dire ! D’ailleurs détester la mort, la sienne, n’est pas non plus très bien vu.. Il faut tout positiver vous savez bien.

Dans le bel article, comme elle excelle à les faire, paru dans Le Monde du 7 juillet, Josyane Savigneau nous le raconte : le cinéaste de la Shoah bien sûr mais aussi le journaliste, le voyageur infatigable, le compagnon de Simone de Beauvoir entre 1952 et 1959, le seul homme avec lequel elle ait cohabité. Elle nous encourage à lire Le lièvre de Patagonie, un livre magistral d’un amoureux forcené de la vie. Je vous y encourage aussi : c’est un de mes meilleurs souvenirs de lecture . Quelle énergie, quelle liberté, quelles luttes aussi. Lire également, en tout cas impérativement si l’on est un jeune journaliste, La tombe du divin plongeur qui regroupe ses articles ( clin d’œil à mes anciens élèves du CFPJ).

 

Le règne du bruit

L’enfer de la soirée du 15 juillet. Klaxons, pétarades, pétards, beuglements, hurlements et sirènes du Samu vers l’hôpital de la Timone tout près. Informe. Chaotique. Il fait chaud. Vous devez fermer vos fenêtres si vous voulez écouter une émission . Ah parce que vous n’en avez rien à badigeonner du foot, cette grande communion populaire ? Rien à badigeonner, non. Horreur des communions, celle dans le ballon étant sans doute une des moins dangereuses. Ce qui est tout à fait insupportable pour moi c’est l’expression des sentiments réduite aux modulations d’un klaxon.

La veille, la débilité, comme l’année dernière,  du feu d’artifice marseillais affadi, dépoétisé par une musique empêchant d’entendre la rumeur admirative de la foule ou les applaudissements.

Il ne faut jamais nous laisser sans  fonds sonore, sans musique, des fois que ça nous laisse sans-voix. Et des fois qu’on se mette à penser… Non mais !

Claude Lanzmann n’aimait pas la musique ….   J’aurais aimé l’interviewer là-dessus.