Mazette quel régal !

clichés S. Marchal et A.Jerocki

Il aura fallu que j’attende d’avoir l’âge qu’a aujourd’hui Philippe Caubère pour le voir sur scène … Ce n’est sûrement pas le cas de la majorité du public au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence ce jeudi 6 février 2018. Public qui réagit au quart de tour dans les adresses que lui fait l’acteur l’encourageant à expliquer aux autres, les petits nouveaux à mon image, d’anciens épisodes – sinon ajoute-t-il y a les DVD… Mais à la sortie il me rassure : contrairement à une légende tenace, à chaque représentation beaucoup de gens le découvrent. Cela fait 35 ans pourtant que ce fils du Soleil grandi chez Ariane Mnouchkine déroule sur un plateau le fil de sa vie en mettant en scène les personnages de son existence et d’abord sa mère.
il n’est jamais trop tard pour se régaler et quel régal mazette quel régal ! que ce Bac 68 où Claudine, atteinte de paraphasie (occasion de formidables glissements du langage) et de logorrhée, monologue, si l’on peut dire, avec son fils Ferdinand, dans l’espoir de le voir s’intéresser à cet examen sensé lui éviter de devenir coiffeur. Mais Ferdinand s’en fout : il veut être comédien. Caubère, affublé d’un châle écossais, est sa mère qui se raconte et raconte l’histoire de France, la nôtre : De Gaulle, Malraux, Louison Bobet, Halliday, la lutte des classes, les prêtres-ouvriers…  Avec des apparitions d’Ariane, surmonté de sa touffe de tifs. Avec la bonne, pardon la femme de ménage, pardon l’employée de maison : elle sait tout, un vrai moteur de recherche ! Avec les manifs : pendant trois semaines les étudiants-diants-diants se sont levés avant midi, ils s’en souviennent encore !
On rit beaucoup pendant cette première partie, mais peut-être encore plus dans la seconde où le candidat Faure passe  l’épreuve orale du bac. Matière : géographie. Sujet : la Sibérie. Irrésistible : Soljenitchine, Moiuchkine (ou quelque chose du genre), les rennes qui bouffent du lichen sur le transsibérien en passant par la Lorraine ( ou quelque chose d’approchant). Philippe Caubère s’amuse, je crois, autant que nous  de son texte drôlissime, écrit comme le reste à partir d’improvisations. N’attendez donc pas, ô vous peuple des  non initiés, d’avoir son âge pour l’applaudir. Courez au Théâtre du Jeu de Paume, jusqu’au 10 février. Et en mars c’est à Marseille que le génial Marseillais donnera Adieu Ferdinand, un testament, peut-être provisoire, deux spectacles inédits en tout cas.

Le bac 68. Du mardi 6 au samedi 10 février à 20h30 sauf mercredi à 19h Théâtre du jeu de Paume. Aix-en-Provence.
Adieu Ferdinand ! Du vendredi 30 mars au samedi 7 avril. Théâtre du Gymnase. Marseille.
08 2013 2013 et lestheatres.net

 

 

 

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