Indispensables !

En ce début hivernal, pour sortir des idées gelées sur l’islam, une interview indispensable de Yadh Ben Achour, spécialiste des ides politiques de l’islam, l’un des pères de la constitution tunisienne, paru sur le site du Monde des religions (lien ci-dessous). Tout ce que cet entretien – réalisé dans le cadre des Rencontres d’Averroès à Marseille – m’a apporté a été formidablement complété par l’émission Concordance des temps sur France Culture du 26 novembre. Sur le thème « humanisme et renaissance : l’apport des pays d’islam », un éclairage lui aussi indispensable.
http://www.lemondedesreligions.fr
Faites suivre cette lecture et cette écoute roboratives en cuisinant bien au chaud l’une des recettes si goûteuses mitonnées depuis des années par les Triplettes dans leur merveilleux gîte de Fontlargias . Ah ! vous n’avez pas le livre « Triplette et coups de fourchette » publié aux Editions des 3 Toquées, ce petit bijou culinaire et poétique … Commandez-le, si vous m’en croyez, derechef (bon de commande ci-joint) Un très beau cadeau pour vous. Ou quelqu’un que vous aimez beaucoup.
Bon de commande-2

Et encore de la lumière !

Cliché D. Cuypers

 

La convivencia et Camus

Vous en connaissez beaucoup des lieux où vous écoutez un auteur de BD, Jacques Ferrandez, vous parler de Camus qu’il a couché dans ses albums avec érudition, simplicité, passion, où vous vous régalez pour une somme dérisoire d’ une chorba aux poissons concoctée par un chef, Pierre Gianetti, et où enfin, verre à la main, vous retrouvez sur scène l’auteur camusien flanqué d’une contrebasse, écrivain-musicien dont vous avez peut-être acquis entre temps, sur le mini stand de la librairie Pantagruel, un ou plusieurs livres.

Je n’ai pas résisté à m’offrir L’étranger (Gallimard, paru en 2015). Retrouver l’anti-héros Meursault en images est pour moi, peu liseuse de BD, une belle expérience : l’enterrement, la belle Maria, le mélancolique dimanche soir algérois, le crime, le procès… le récit au « je » dont on sait (ou pas !) comme il est particulier, dépourvu d’affects, bien que nous soyons à l’intérieur de la conscience du personnage (la fameuse écriture blanche), s’efface pour des dialogues. Et ça marche. Je craignais pourtant de ne pas retrouver ma phrase préférée : « (…) je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. « Mais elle était bien là …

Du même Jacques Ferrandez vient de sortir Le premier homme (Gallimard), dont beaucoup estiment que c’est le meilleur roman de Camus. Ferrandez s’est inspiré des nombreuses notes du manuscrit pour compléter et nourrir ce livre inachevé et retrouvé dans la voiture où l’auteur a perdu la vie en 1960. Autre BD du même auteur, l’adaptation d’une nouvelle peu connue :  L’hôte. En l’occurence, l’hôte de ce cocon marseillais c’est Thierry Fabre, fondateur des Rencontres d’Averroès qui se déroulent du 16 au 19 novembre à la Criée, Marseilel.  La convivencia, c’est sous ce signe qu’il place ces soirées où il se sent comme un poisson dans l’eau. Chacun s’y sent bien dirait-on. C’est chaleureux, sans chichi, intelligent, ouvert à l’autre.

Mais restons encore avec Camus pour la parution de la correspondance amoureuse de celui-ci avec Maria Casarès (1944-1959, toujours chez Gallimard). Lettres incandescentes, nous dit Macha Séry, qui embrasent et transportent (Le Monde des livres, 20 novembre 2017) et que Catherine Camus, la fille de l’écrivain, a finalement choisi de publier. Elle écrit dans sa préface «  Leurs lettres font que la terre est plus vaste, l’espace plus lumineux, l’air plus léger simplement parce qu’ils ont existé. » A lire une citation de la comédienne  : «  Je t’aime irrémédiablement, comme on aime la mer. » on a hâte de se perdre dans ces lettres-là… A signaler aussi en folio inédit et pour la première fois réunies les Conférences et discours du Prix Nobel de littérature 1957 – on en fête les 60 ans.

Et enfin, toujours avec Camus et si vous êtes curieux de l’atelier de l’artiste Jacques Ferrandez, paraît au Mercure de France, Entre mes deux rives  « un autoportrait vibrant nourri de dessins et d’illustrations. (…) Il déplie devant nous avec ses pinceaux, ses crayons et ses couleurs toute une mémoire familiale, marquée par l’attachement à l’Algérie mais aussi par l’exil. D’une rive à l’autre de la Méditerranée qu’il aime tout entière depuis l’enfance et qui le constitue… » Dixit Babellio – moi je ne l’ai pas encore lu.

Quelques vidéos et citations de l’amour fou Camus-Casarès sur : https://www.franceculture.fr/litterature/albert-camus-et-maria-casares-une-passion-en-archives.
La Fabrique de Méditerranée et l’U.Percut tous les premiers mardis du mois entre 19h et 22h
127 rue Sainte, 13007 Marseille. 06 60 96 78 88 / 06 51 83 54 87 / contact@u-percut.fr