Moutons

Charles Dantzig était sur France Culture (vendredi 29 septembre 2017) pour parler de son livre Traité des gestes (Grasset). Comme d’habitude avec cet auteur la forme est celle des fragments, sur un sujet peu traité et très riche. Il est futé ce Dantzig ! et doué. L’extrait qu’il nous lit sur les applaudissements est un régal qui me convient parfaitement car je suis sur le point de m’offrir Désobéir de Frédéric Gros (Albin Michel). Il nous raconte des spectateurs qui se lèvent à un concert ou un opéra, je ne sais plus, pour applaudir alors que a priori la prestation était très mauvaise. Mais la presse dithyrambique. J’ai trop souvent vécu cela pour ne pas le croire. C’est navrant cette conformité, cette forme d’obéissance or donc à un diktat culturel. Cette façon de rester dans le troupeau, de ne pas penser avec son « je ».

D’ailleurs je l’expérimente le lendemain à une projection de cinéma esperimentale où j’espère améliorer mon italien. Les films sont muets c’est ballot, mais surtout d’une nullité telle qu’on en reste tétanisé sur son siège à regarder pendant vingt minutes une ampoule nue pendue par un fil au plafond, navrante vision, agrémentée de quelques vues sur un ballon, de rugby je crois, sur de tristounettes maisons dans la campagne, sur une femme qui ouvre les jambes et les referme aussitôt, façon Courbet. Mais ici on est plutôt dans l’origine de l’ennui que dans celle du monde. Quand, ouf, l’ampoule s’éteint, les spectateurs applaudissent. Si.

 

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