L’enfer de la comparaison

J’aime bien La Cie des auteurs sur France Culture, quatre fois une heure avec un écrivain, du lundi au jeudi. L’émission est certes inégale puisque dépendante des intervenants, mais il est bien rare qu’il n’y en ait pas un qui nous mette l’eau à la bouche. Sur Dostoïevski, c’était intéressant  quoique un peu plan-plan. Finkielkraut est arrivé. Et ce fut éblouissant la façon dont il a raconté, avec cette exaltation que personnellement j’adore, sa découverte de la littérature à quinze ans avec Les carnets du sous sol. Passionnante son analyse de ce texte à travers le concept d’amour-propre, différent , nous explique-t-il du bénéfique amour de soi. C’est, dit-il, ce sentiment destructeur qui nous fait nous comparer aux autres, vouloir toujours ce qu’ils ont, vouloir être au-dessus d’eux, vouloir être préféré à tous, vouloir être tout ! Impossible puisqu’il y a les autres… C’est cet enfer de la comparaison qui a pris possession du héros, plutôt de l’anti héros.

Cette histoire d’envie, de place, de comparaison, de reconnaissance m’interpelle… Je cours acheter le livre. Et en chemin, je me souviens comme j’avais moi aussi assez jeune, dix-sept ans peut-être, découvert l’auteur russe et comme il m’avait emportée, bouleversée. Une découverte un peu vite laissée de côté. Et je me souviens aussi d’ Edgar Morin mettant au premier plan de ses éblouissements intellectuels la lecture de Dostoïevski qui l’avait fait entrer dans la complexité de l’être humain. Soyons honnête, la lecture des Carnets du sous-sol, si elle est un fort moment de lecture, ne m’éclaire pas plus que ça. Peut-être le chapitre « L’enfer de l’amour-propre » dans Un cœur intelligent d’Alain Finkielkraut le fera-t-il. A suivre … ou pas !

 

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