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ECOUTER. Le prix du silence sur France Culture. Répliques du 16 septembre. Alain Finkielkraut reçoit Alain Corbin pour Histoire du silence – De la renaissance à nos jours (Albin Michel) et Jean Michel Delacomptée, Petit éloge des amoureux du silence (Folio). Me voilà avec trois hommes deux en tout cas (Alain Corbin semble moins attaqué : il a du s’aguerrir dans sa longue enquête !) en manque de silence, autrement dit souffrant du bruit. Les motards qui ont investi ma rue et le chien de ma voisine sont mes souffrances du moment. C’est un chiot il faut qu’il s’habitue à rester seul, me confie, énamourée, la jeune proprio du bébé canin en le couvant des yeux. Oui j’emploie le mot « souffrances » et les philosophes me le confirment : il s’agit de ça. Une pollution très peu prise en compte par les pouvoirs publics. Sans compter le courant, que dis-je ! le raz-de-marée individualiste qui prône la spontanéité, l’expression de soi, la liberté … Le bruit est pourtant ans doute une cause majeure des conflits. Mais c’est pas bien vu de se plaindre du bruit. C’est réac ! conclut Alain Finkielkraut en rigolant…
Bonus.  Nous voulons nous étourdir à force de lampes et de bruit. Tous nos livres, toutes nos actions ne sont remplies plies que du fracas des jours. Pourtant ce qui nous gouverne – instincts, imagination, rêves, passions, pouvoir créateur – plonge dans une ombre sans contrôle. Nous implorons, nous explorons la lumière, alors que par un effet contradictoire, cette obscurité qui nous terrifie nous alimente puissamment. Mais il y a autre chose. Cette nuit si terrible apparait bénéfique si nous l’embrassons, les yeux ouverts, dans la vérité du regard. Jean Tardieu.

VOIR La tortue rouge. Même si deuxième partie est moins forte, éventuellement presque mièvre, la vague de poésie et de beauté qui porte le film nous laisse pantelants et heureux.

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