Opinions

Je dis merci à Tahar Ben Jelloun pour sa chronique courageuse, lucide, indispensable, dans Le Monde du samedi 30 juillet qui s’adresse aux musulmans de France et nous touche tous – l’immense sentiment de soulagement quand je la lis. En voici un extrait :  (…)  » Il ne suffit pas de s’indigner verbalement, de s’indigner encore une fois et de dire  « ça, ce n’est pas l’islam », non cela n’est plus suffisant, et de plus en plus de gens ne nous croient pas quand on dit que l’islam est une religion de paix et de tolérance. (…) Nous devons renoncer à tous les signes provocants d’appartenance à la religion de Mahomet. Nous n’avons pas besoin de couvrir nos femmes comme des fantômes noirs qui font peur aux enfants dans la rue. Nous n’avons pas le droit d’empêcher un médecin homme d’ausculter une musulmane. Nous n’avons pas le droit de réclamer des piscines rien que pour des femmes. Nous n’avons pas le droit de laisser faire des criminels qui ont décidé que leur vie n’a plus d’importance et qu’ils l’offrent à Daech. (…)  »

Riposte de l’écrivain, scénariste Mabrouck Rackedi sur le site du Huffington Post. Extrait.
« On rappellera à M. Ben Jelloun que la loi n’interdit pas le port du voile dans l’espace public, qu’il confond le droit français et ses souhaits (qu’il a le doit d’exprimer mais qu’il serait mensonger de faire passer pour des lois). Par ailleurs, il exclut dans son énoncé que les fem mes puissent choisir de se couvrir puisque « nous » les couvrons. C’est très discutable. Quant à la peur que le voile suscite aux enfants dans la rue, nous dirons que M. Ben Jelloun s’est laissé emporter par son imagination de romancier. J’ai tendance à croire que le voile fait plus peur à certains adultes qu’aux enfants. »
Lire son texte dans son entier très argumentés et se faire son opinion …
http://www.huffingtonpost.fr/mabrouck-rachedi/lutte-daech-tahar-ben-jelloun_b_11294166.html

Malodorant

Un papier de Libé du 1er août consacre deux pages confites, avec quelques piques à fleurets mouchetés, à « l’incorrigible plasticien flamand », Wim Delvoye. Ce dernier expose une rétrospective de ses travaux au Mudam à Luxembourg jusqu’au 8 janvier 2017. Ce qui vous laisse largement le temps de vous organiser pour le découvrir. Car, non, vous ne pouvez pas passer à côté de son Trophy, scène de chasse en bronze figurant une biche et un daim en position du missionnaire, ni manquer les empreintes de rouge à lèvres faites par un anus, avant de tirer votre chapeau devant une kyrielle de statues antiques auxquelles un télescope a été incrusté entre les fesses. Commentaire de Libé «  Obscène et grandiose, le parcours du Mudam déroule avec une même cohérence un irrépressible tropisme scato » Comme c’est dit de façon charmante. Et donc, bien sûr, vous pourrez vous délecter du fameux Cloaca, machine à faire de la merde, œuvre odorante sur laquelle j’avais écrit un texte au moment où l’artiste avait expulsé cette chose. Mais le pompon, c’est l’interview du monsieur. Après avoir exposé en Iran, il projette d’y ouvrir un centre d’art. Il a acquis pour ce faire des « maisons protégées » entre Téhéran et Ispahan : « Il y a certes beaucoup de problèmes en Iran, mais en ce qui concerne les droits de l’homme, c’est moins grave là-bas qu’en Belgique (…) », dit-il sans rire. A la remarque de la journaliste Clémentine Gallot « la lapidation y est tout de même légale… » il répond : « Oui mais je n’ai rien vu de tel. Tout est bien organisé et efficace. » Des propos qui puent.

Lire le texte en cliquant ci-dessous
Cloaca