Que demande le peuple ?

Non je ne vais pas vous entretenir des bienfaits et méfaits du référendum mais…  du collagène de méduse. Il est bio-assimilable, il aide à la réorganisation de la matrice extracellulaire du derme, augmente la tonicité et l’élasticité de la peau avec un effet filmogène protecteur. (lu dans Femina) Tout ça pour la modique somme de 42 euros) Si vous préférez la bave d’escargot, j’ai aussi ça en rayon. A 29 euros.  H’elixir sublissime ça s’appelle. Et surtout pas d’inquiétude : la bave du gastéropode est purifiée.
Que demande le peuple ? La gale pour se gratter …comme me disait récemment Catherine, cuisinière émérite que j’interviewais pour un livre gourmand dont je vous reparlerai.

Duras encore et toujours

Duras lors d’une belle soirée de juin à la Maison de la Poésie à Paris pour la sortie du livre Le dernier des métiers, au Seuil, réunissant les entretiens de l’auteure de L’amant avec la presse, sous la direction de Sophie Bogaert.. Je vous en reparle sans doute.

Duras au détour d’une page du très joli livre d’Anne Berest , Sagan 1954 (Stock). Entre biographie, autofiction et roman, elle mêle sa vie à celle de l’auteure de Bonjour tristesse et tisse un texte sensible et délicat. Extrait du moment où Sagan vient de dédicacer son livre pour la presse chez Julliard . « Il n’ y a plus rien à faire , qu’à allumer une cigarette ( fumer seule, une habitude maintenant), traverser la rue, marcher quelques pas et passer voir « Flo » (Florence Malraux) dans son bureau chez Gallimard – lui proposer d’aller boire un bock sans limonade. Devant la porte d’entrée de la prestigieuse maison d’édition, une femme s’est assoupie dans une voiture, Françoise l’a reconnue à son rouge à lèvres rouge et à ses paupières de bouddha. Françoise a tant aimé la torpeur de son dernier livre, la chaleur délétère des petits chevaux de Tarquinia, il faudrait oser lui dire mais la reine Marguerite, ainsi endormie, offre le visage radieux d’une jeune noyée qu’on n’oserait déranger. » Les petits chevaux … je me souviens de l’été où je le lus et de m’être divinement, presque dangereusement, perdue dans cette torpeur.

Cet été fais ce qu'il te plaît …

Suivre un atelier stylé
« Il y a littérature quand l’essentiel de ce qui se dit dans un texte est dans la manière de le dire. On a tous tendance à vouloir faire joli…. Le vrai style c’est le naturel, mais le naturel ça s’apprend. » Régis Debray sur France Culture en juin 2016
L’atmosphère, la couleur, la respiration, le rythme : accoucher d’un style n’est pas si facile. Il y faut, comme toujours, de la sensibilité et du travail. Il faut à la fois laisser place au flux, à l’émotion, et jouer le jeu de travailler cette matière comme une pâte, avec ténacité et une bonne dose de patience.
Pour suivre ce stage avec profit, il faut avoir une pratique régulière de l’écriture, que cette pratique soit personnelle, ou qu’elle se soit construite au cours de deux années d’atelier régulier d’écriture. Il faut aussi désirer entrer dans un véritable travail du style : réécrire, autant que la phrase le demande.
Au programme : Chercher le tempo, les mots qui roulent. Travailler les figures de style et mener la chasse aux clichés. Redécouvrir les modes et les temps. Faire le point sur la ponctuation. S’approprier quelques ficelles de bons auteurs…
Aleph-Ecriture, 7 rue Saint-Jacques, Paris 5ème
22-26 août 2016 – 540 euros
Animatrice Dane Cuypers
Inscription auprès d’Aleph 01 46 34 24 27

Ecrire aux Buttes Chaumont
Moins exigeant mais plein de promesses, un atelier dans le parc des Buttes Chaumont sur le thème des jardins et de la cuisine, deux espaces pour une écriture des sens Pour vous mettre en appétit une mise en bouche de Marie Rouanet :
La cuisine ouverte sur le soir d’été, un peu fumeuse de friture, devient ce lieu d’où on réorganise le monde. L’esprit s’élance hors du corps rassasié vers le firmament pur où brillent les astres.
Parc des Buttes Chumont
Samedi 6 août 2016. 10h00-13h00
40 euros, café ou thé offert si envies ou intempéries
Animatrice Dane Cuypers
Inscription au 06 09 18 45 59 ou sur danecuypers@yahoo.fr avant le mercredi 5 août

Marcher et jeûner
Une expérience proposée par Capucine
J’organise un séjour jeûne et séjour jeûne et randonnée en Touraine la 2ème semaine d’août et un autre la 3ème semaine de septembre.Je démarre dans cette activité après avoir moi-même vécu plusieurs jeûnes.  J’ai été tellement fascinée par ses bienfaits que j’ai souhaité partager cette expérience avec d’autres, j’ai donc suivi une formation pour être habilitée à vous accompagner.
Si vous avez le désir de jeûner, si vous avez des questions, j’y répondrai avec plaisir au 06 05 24 47 16 12 ou capdesach@gmail.com

 

Gardiens des cimes

michel eisenlohr Michel Eisenlohr, je l’ai rencontré au monastère de Saorge dans le cadre d’une délectable résidence d’artistes. C’était un plaisir de le voir tôt le matin poser un regard toujours un peu inquiet, intense, sur ce lieu exceptionnel. L’exposition qui suivit sur le site même était magnifique. Architectures patrimoniales mais aussi contemporaines, paysages marqués par l’histoire ou en mutation, cet artiste est particulièrement touché par la mémoire des lieux. Marseille, sa ville de jeunesse, fait partie de ses tropismes. Elle fait l’objet d’un carnet de route intimiste « Aime comme Marseille. En 2015, le Centre des Monuments Nationaux lui confie un reportage « Paris by night » qui dresse un portrait en 16 tableaux du patrimoine et de la création architecturale remarquable à la Française, destiné à être exposé sur l’Avenue of Stars de Hong-Kong…
Michel Eisenlohr me fait décoller, partir, me retrouver, repartir.
Ses photos me racontent des histoires, les miennes …
Les ombres qu’ils traquent, la lumière qu’il capte m’ouvrent les yeux et l’âme.

_DSC5544-2Sa dernière itinérance photographique l’a emmené dans les vallées de Roya et Bevera à la croisée de la mer et de la montagne, le long de la frontière italienne. L’exposition « Gardien des cimes » se déroule en extérieur dans les jolies localités de Tende et de Sospel  Du 6 juillet au 20 septembre. Inauguration le 6 juillet à Sospel à 18 heures

Et découvrez-le sur son site :  www.micheleisenlohr.com

Glanerie de printemps

Rêves.
fleurs étoiles blanchesCe sont des rêves que Patti Smith glane. On ne comprend pas tout mais on s’en fout. Elle nous embarque dans ses délires d’enfant. Un bouquet de fleurs des champs. Glaneurs de rêves, Patti Smith. Folio

 

 

 

Roses.
pivoines et rosesEt, dans les charmilles vertes
Les roses dorment debout,
Et sont des bouches ouvertes
Pour ne rien dire du tout
Victor Hugo Les Contemplations

 

Capucines
Découper_le_silence
une abeille butine
les capucines du jardin
et celles de la nappe
Jeanne Painchaud

 

Coquelicot [kklk]
coquelicots

 

sa couleur au bord des champs
et dans la bouche
le mot explose
GF

Marseille au coeur

C’est un très joli livre que ce Marseille au cœur -Souvenirs des vieux quartiers, publié chez l’éditeur Gaussen. J’avais envie de le tricoter ici avec Marseille d’Albert Londres (un régal), mais mon exemplaire a disparu ces jours-ci, sans doute oublié sur un table de bistro ou dans le métro. Le premier, je l’ai sous les yeux et sous la main. Marcel Olive y raconte son enfance dans les années trente, quartier Saint Jean, « sur cette butte Saint- Laurent où s’enracine Marseille. » Fils d’ouvrier il a réussi, poussé par ses instituteurs, à étudier au lycée Thiers (celui où Albert Cohen et Marcel Pagnol devinrent les plus grands amis du monde). Sa plume est vive et il fait revivre avec une grande sensibilité, dans ce texte écrit à la fin des années 90 et que son fils Jean-Louis Olive a publié après sa mort, ce Marseille du Panier d’alors qui fut réduit à néant par les Allemands en février 1943. On prend la rue Château-Joly qui n’existe plus, on pousse la porte du logement familial où la tinette fait office de WC, on monte sur la « terrasse » – le Vieux-Port et sa forêt de mâts étaient à nos pieds. On s’arrête Place de Lenche, où il fait toujours si bon le matin prendre un café avant l’arrivée des touristes. Le cinéma (devenu un très intéressant mini-théâtre) a disparu comme le «  Refuge » et le « Provence » où les enfants avaient parfois droit à une pochette-surprise. Disparu aussi tout un petit peuple : marchands ambulants de brousses du Rove, de beignets ( les chichis-fregis), de « glacés », de pistaches, de pépins de courge grillés… et artisans : le vitrier, l’Amoulaïre ( l’aiguiseur) poussant sa carriole, le cardeur de laines, l’Estrassaïre, autrement dit le chiffonnier. (Parenthèse sur une passionnante série « Les chiffonniers littéraires » par Antoine Compagnon dans « Eloge du savoir » à partir du 18 avril 2016, France –Culture.)

Marseille au coeurCe texte illustré de photos est une invite à une flânerie intelligente, émouvante, dans ces vieux quartiers qui continuent, comme l’écrit Jean-Louis Olive, d’être l’un des liens sacrés de Marseille avec son passé prestigieux. Un passé pas si éloigné : (…) les mômes qui dévalent les petites rues (…), le petit Maghrébin qui court dans les caniveaux de la rue Baussenque ou des Accoules, avec son dénuement et son insolence, ressemble finalement comme un frère aux garnements que nous étions à son âge.
La vie s’invente
Ou s’évente
(lu sur un mur de Marseille)

Bric et broc

Pépites.
Faites abstraction du terrible titre Mr. Gaga et offrez-vous cent minutes de pure jouissance avec ce film de T. Heymann qui ouvre les portes de l’univers de Oharad Naharin, chorégraphe israélien, artiste engagé, et quel beau gosse ! Tient la comparaison avec les deux documentaires sur Pina Bausch.

Pourquoi écrire ? « «Donner une forme littéraire à l’informe de notre existence, traverser les époques, en tout cas durer un peu plus que nous même. » Extrait de l’interview d’un Régis Debray au mieux de sa forme sur France Culture le 3 juin 2016 à 15h.

Déceptif.
Sur une radio NKM trouve un événement (j’ai oublié lequel) très déceptif. Déjà qu’elle a un ton pincé. Hé Nathalie ! décevant c’est pas mal non plus…

Interloquée.
Vendredi 10 juin demain au moment où j’écris ces lignes démarre je ne sais pas exactement quoi, mais enfin je sais qu’on va nous bassiner avec le foot un mois durant. Dans Le Monde supplément Sport du même jour, je lis un édito qui m’interloque. Il (le chef de l’Etat) sait qu’une victoire de l’Equipe de France donnerait une bouffée d’oxygène à un pays au bord de l’asphyxie sociale, hanté par le spectre du terrorisme depuis les attaques du 13 novembre 2015 et prêt, selon les mêmes sondages, à qualifier le leader du Front national au second tour de la présidentielle. «  Stéphane Mandard est complètement d’accord avec cette opinion : un ballon rond, on se retrouve tous ensemble dans la rue et la vie est belle… Le lendemain du jour où j’ai rédigé ces lignes, les hooligans à Marseille. Sans commentaires.