Poète et chef de gare

Très bel article de Yann Plougastel sur Gianmaria Testa, doux poète et chef de gare qui est mort mercredi 30 avril. Extrait.
« Derrière sa grosse moustache et ses petites lunettes cerclées d’intello se cachait un doux poète, qui chantait, dans ses huit albums enregistrés entre 1995 et 2013, « un monde de vent et de mémoire, de terre et de brouillard, d’objets qui volent d’un ciel à l’autre et de femmes dans les gares qui s’en vont au bras d’un autre sans se retourner ».  »
Pendant ses années universitaires, il milita à Democrazia Proletaria (DP), un regroupement de trotskystes et d’écologistes, qui ne cédèrent pas aux sirènes de la lutte armée et eurent même quelques députés. Lorsque les illusions du « Grand Soir » tournèrent court, cet admirateur de Leonard Cohen et de Bob Dylan devint, pour assurer le quotidien, chef de gare et se lança dans la composition d’un style de chanson artisanale, balancée et pacifique, pour pimenter d’un peu de rêve ce dit quotidien. La nuit, il guidait des trains dans les plaines entre la France  et l’Italie, le jour, il écrivait des chansons d’une limpidité joyeuse.  »
De la limpidité joyeuse, on en a besoin pour oublier le Panama.

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/03/31/gianmaria-testa-doux-poete-et-chef-de-gare-est-mort_4893549_3382.html#L35zMtEoypX3lQh8.99

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