Nuques…

DSC_0312Un bout de phrase m’est venue, revenue – mais d’où et allez savoir pourquoi  – en commençant à rédiger ce papier : « les inflexions dorées de sa voix »… Que la voix suffise pour reconnaître quelqu’un, c’est certain, mais la nuque ? La nuque aussi. Emmanuelle Closse-Chantre a été saisie, s’est saisie, de ce que nous savons sans jamais y songer et elle s’est lancée, avec une certaine audace, dans une série de portraits de dos. De nuques. Comment ne pas être attirée par une exposition sur les nuques, la partie du corps la plus vulnérable, la plus secrète, la plus exposée, porteuse des plus douces tendresses et des plus grandes violences (quasi impossible me semble-t-il de ne pas être traversé par l’expression « une balle dans la nuque »). Et je me souviens de Claude Sautet, au cours d’une interview, me disant que ce qui le touchait le plus chez son actrice fétiche, Romy Schneider, c’était sa nuque et qu’il lui demandait souvent de remonter ses cheveux en chignon.
RaphaelEmmanuelle le dit ainsi : « Le dos, cet inconnu de soi, mais aussitôt reconnu. Nuque, colonne vertébrale, points névralgiques, lieux de fragilité ou de force que chacun sculpte à son insu, au gré de son histoire. » L’exposition nous offre le résultat de son pari : des nuques et des dos sur des fonds vibrants qui transmettent la relation du peintre à son modèle. « les fonds, la couleur, posée, montée, houleuse, comme dans les tableaux de Rothko » écrit Frédéric Worms dans un beau texte « Le dos-portrait d’Emmanuelle C »
Au pavé d’Orsay, 48 rue de Lille, 75007 Paris. Jusqu’au mardi 13 octobre. 12h-18h.
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