Vintimille : témoignage

Refugi??s ?? la Fronti??re Menton 2015 -5 Refugi??s ?? la Fronti??re Menton 2015 -2Refugi??s ?? la Fronti??re Menton 2015 -4J’ai reçu le témoignage d’une lectrice du blog reproduit ci-dessous. Alors, bien sûr,  ce n’est pas si simple, même Robert Badinter le disait ce mercredi matin 17 juin  sur France Inter. Mais il disait d’abord, en substance,  qu’il y avait un principe majeur qui gouvernait le reste : faire preuve d’humanité. Ce qui n’est de toute évidence pas le cas.

Les pétitions, c’est trés bien; mais je remarque que les gens préfèrent être solidaires de loin….J’habite une moitié de l’année ici, juste à la frontière France-italie, là où tous ces malheureux (et malheureuses!) demandent urgemment une solution à leur problème.
Ils vivent , mangent, dorment dehors, avec des couvertures de survie de la Croix Rouge. Ils sont maigres et désespérés. La police française se livre à une chasse quotidienne , indigne d’une démocratie: fouiller tous les trains, à toutes les gares(bonjour la circulation!) entre Garavan( sortie de Menton) et Nice…. Ceux qui sont sans papiers sont ramenés en Italie. Ce rodéo ridicule a lieu 3, 4, 5 fois par jour. cela dure depuis prés d’une semaine. Des personnes émues de leur situation sont venues leur porter eau et nourriture… dimanche, la police municipale a empêché les voitures de passer, ça devenait plus difficile. La police est omniprésente. Nous avons vu un contrôler de la SNCF signaler des migrants à la police; et quand elle les embarque, nous ne voyons aucune association, aucun groupe, aucune personne demander des comptes, comme nous sommes en droit de le faire. La police est payée par nos impôts, nous avons le droit de savoir à quoi elle sert ! Seul un journaliste s’est obstiné à demander à les accompagner, ce qui lui a été refusé.
En allant faire nos courses en Italie, à trois kms d’ici, nous avons trouvé des familles épuisées avec de jeunes enfants qui campaient dans la gare. les Italiens compatissants avaient visiblement fourni du matériel pour bébés, des jouets, des vêtements des médecins étaient là. Les soir à notre retour, on leur organisait un dortoir dans une aile désaffectée de la gare. Tous les jours nous prenons des photos.
Ce qu’il faudrait , c’est une désapprobation massive et visible de la population, mais elle n’a pas lieu, que des initiatives isolées.
Bien tristement
Michelle Colmard-Drouault
Photos André Leblanc

Une pensée sur “Vintimille : témoignage”

  1. D’abord pour la chaleur, d’accord avec toi, enfin il fait chaud ! et aussi pour l’humanité, mais quoi faire quand on est à Lyon ou à Paris… Je prends le temps de discuter avec des jeunes qui font la manche, assis sur le trottoir, mais souvent je pense qu’ils ne disent pas la vérité. A croire que tous les parents mettent leurs enfants dehors dès qu’ils ne correspondent pas à leurs idées… Il y a peut-être alors des milieux sociaux où ça existe, mais je ne les connais pas… Il n’y a pas que la rupture numérique, il y a la rupture sociale. Mais que peut-on faire en dehors du fait de se dire qu’il faut être plein d’humanité ? Tu as des idées ? Trop tard pour moi pour me transformer en éducatrice de rues ou en assistance sociale ! Mais alors, que de misère…

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