Un cri dans le ciel …

Connaissez-vous Vladimir Vissotsky ? Avant qu’un hasard professionnel ne me mette entre les mains un livre sur lui, je n’en avais jamais entendu parler. Découvrant la personnalité hors du commun de cet homme né à Moscou en 1938, mort en 1980, chanteur, compositeur, acteur et avant tout – en tout cas c’est ce qu’il désirait de toute son âme – poète, marié en 1970 à l’adorable Marina Vlady, je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté à côté.Je viens donc de finir Vladimir Vissotsky – Un cri dans le ciel russe (éditions Transboréal), magnifique essai d’Yves Gauthier qui connaît (et a vraiment connu) son sujet à fond et qui a écrit un livre à l’image du dit sujet : survolté, lyrique, enflammé. On est embarqué dans une vie qui brûle tous ses vaisseaux avec des moments de grande douleur et d’autres d’une absolue beauté. Le très joli Incipit du livre : « Il entre en poésie par la porte de la chanson canaille » donne envie de suivre ce « titi moscovite » aux talents multiples : chansons, radio, cinéma (il sera associé à quelque 35 films du cinéma soviétique, films de propagande mais aussi formidable art populaire) et surtout théâtre. Sa rencontre avec La Taganka, le théâtre du génial Lioubimov est sa grande chance. Il y chantera ses compositions, il y interprétera de grands auteurs : Brecht avec La vie de Galilée, Tchekhov avec La Cerisaie, Shakespeare avec Hamlet …Chanteur ou acteur sa voix transporte, remue : « la rape de sa voix singulière, ce rugissement, ce grondement de loup. » Le loup est l’animal fétiche du chanteur – il écoutera en boucle Les loups sont entrés dans Paris de Reggiani ! Extrait de La chasse aux loups «  Course éperdue, j’ai les tendons qui craquent/Aujourd’hui encore comme hier déjà,/Ils m’ont pris à la traque, pris à la traque/Et rabattu sur des tireurs en joie »

Cette biographie nous fait entrer « dans le cratère d’une œuvre-volcan », mais aussi aussi au cœur d’ un pays et d’un peuple dont on sait le sens de la démesure : de la bohême des années 1970 – « des nuits à refaire le monde dans les cuisines de Moscou, chez des amis d’un jour ou de longue date, à la russe, entre le sifflet de la bouilloire et les arpèges de la guitare », jusqu’au fin fond de la Sibérie – Tout petits, nos mères nous faisaient peur:/Qui désobéit va en Sibérie,/Et malgré la force de leur fureur/Elles redoutaient telle barbarie. Vissotskiy rêvait de faire un film avec Depardieu d’après l’histoire vraie d’un pilote de chasse russe prisonnier évadé puis récompensé par dix ans de goulag…

Son image est inséparable de sa guitare : « Je possède une guitare, « écartez-vous les murs/Adieu ô ma liberté, quel destin affligeant…/Tranchez-moi la carotide, brisez-moi le fémur…/mais surtout ne coupez pas mes sept cordes d’argent. » Elle est avec lui quand il parcourt le monde  : l’Extrême-Orient, Arkhangelsk, l’Asie centrale, New York , le Canada, Tahiti… et la France bien sûr. Marina Vlady a écrit  Vladimir ou le vol arrêté dont je pressens que c’est un très beau livre (Fayard 1987), celui d’une femme qui forma avec cet écorché vif un couple qu’on aurait aimé croiser dans les rues de Paris. Il y enregistra aux éditions Le chant du monde des 33 tours dont un en voix croisées avec la comédienne. Celle-ci fera tout pour l’aider à lutter contre l’alcool. En vain. Son ultime poème fut pour elle. A ses obsèques, au théâtre de La Taganka, sur scène dans le décor d’Hamlet « afflue la foule océanique et grave » Le mythe est né.
https://www.youtube.com/watch?v=v7wMviku8sk
La ballade de l’amour.

 

 

 

 

Mesure de nos jours

D’abord et avant tout Charlotte Delbo est un grand écrivain. Communiste et résistante, elle fut arrêtée le 2 mars 1942 et déportée à Auschwitz-Birkenau le 24 janvier 1943 avec 230 autres femmes. Naturellement – si l’on peut dire car on sait comment les mots se dérobent à cette narration-là – ce qu’elle a écrit parle de « ça ». Longtemps ignorée, exception faite pour quelques grands lecteurs clairvoyants- et son éditeur Minuit – elle sort vraiment de l’ombre en 2013, année du centenaire de sa naissance, avec des manifestations, des spectacles et la publication de neuf pièces et écrits (inédits ou introuvables depuis plusieurs décennies) « Qui rapportera ces paroles ? » ainsi qu’une une belle biographie de Violaine Gelly et Paul Gradvohl (Fayard). La formidable trilogie« Aucun de nous ne reviendra » a été publiée par les Editions de Minuit.
Claude-Alice Peyrottes, comédienne, qui a créé avec Patrick Michaëlis la compagnie Bagages de sable, faisait partie de ces clairvoyantes qui vouent depuis de nombreuses années une vénération à celle qui fut la secrétaire de Louis Jouvet. En 1993, elle se lance dans une entreprise folle : « 320 comédiennes, deux ans de nos vies pour une nuit de lectures qui se déroule simultanément dans 154 communes en France ».Une nuit pour que résonnent les voix des compagnes de Charlotte, là-bas dans les marais d’Auschwitz, mais aussi au retour, qui ne fut pas, qui ne pouvait pas être, comme elles le rêvaient. Elle leur avait promis de parler pour elles, de leur donner la parole, à toutes et surtout à celles qui ne sont pas revenues – elles furent 49 rescapées. C’est ce retour que dit la pièce Mesure de nos jours (Editions de Minuit) mise en scène par Claude-Alice Peyrottes sur le plateau de L’Epée de bois à la Cartoucherie.
Saisissez l’occasion d’une rencontre avec une femme et un auteur exceptionnel, mise en scène par une autre femme de théâtre douée d’une empathie elle aussi exceptionnelle et qui porte haut l’art de la scène : « Qu’ils nous fassent rire ou pleurer, les comédiens travaillent toujours avec l’absence. Mais quand il s’agit de prêter sa voix aux mots qui disent l’horreur, l’humiliation de ceux qui peuvent encore aujourd’hui en témoigner, l’enjeu dépasse le jeu, c’est alors qu’il se produit une sorte d’effacement de soi ; avec gravité et légèreté, les comédiens deviennent des passeurs. D’une rive à l’autre, leur corps tout entier traverse, relie le monde des morts et des vivants ».

 Mesure de nos jours. Avec Sophie Amaury, Sophie Caritté, Marie-Hélène Garnier, Claude-Alice Peyrottes, Maryse Ravera et Maud Rayer.
Théâtre de l’Epée de bois, Cartoucherie de Vincennes.
Jusqu’au 22 mars.
Tel : 01 48 083974 ou www.apeedebois.com
18 euros, tarifs réduits 12 euros

Et si vous voulez en savoir beaucoup plus, lisez le papier « Le théâtre avec la peau du ventre » que j’avais écrit en 2013 en cliquant sur le lien ci-dessous ou en cherchant dans les archives de ce blog le mois « Juillet 2013 ». Redac Delbo bon-3

 

 

 

 

 

Embrasons-nous …

http://www.rtbf.be/lapremiere/emissions_le-monde-est-un-village?programId=262
copier ce lien si vous voulez tour savoir sur la belle expo « Magie, anges et démons dans la tradition juive » au musée d’art et d’histoire du jusdaïsme : chronique de Dane Cuypers dans Le Monde est un village, sur la radio belge RTBF

photo 4photo 3Splendeur des ciels de l’Aubrac
Photos de Théi prises il y a quelques jours

Vie brûlante
Connaissez-vous Vladimir Vyssotski ? Avant qu’un hasard professionnel ne me mette entre les mains un livre sur lui, je n’en avais jamais entendu parler. Découvrant la personnalité hors du commun de cet homme né à Moscou en 1938, mort en 1980, chanteur, compositeur, acteur et avant tout – en tout cas c’est ce qu’il désirait de toute son âme – poète, marié en 1970 à l’adorable Marina Vlady, je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté.

Je viens donc de finir Vladimir Vyssotski – Un cri dans le ciel russe (éditions Transboréal), magnifique essai d’Yves Gauthier qui connaît (et a vraiment connu) son sujet à fond et qui a écrit un livre à l’image du dit sujet : survolté, lyrique, enflammé. On est embarqué dans une vie qui brûle tous ses vaisseaux avec des moments de grande douleur et d’autres d’une absolue beauté. Le très joli Incipit du livre : « Il entre en poésie par la porte de la chanson canaille » donne envie de suivre ce « titi moscovite » aux talents multiples : chansons, radio, cinéma (il sera associé à quelque 35 films du cinéma soviétique, films de propagande mais aussi formidable art populaire) et surtout théâtre. Sa rencontre avec La Taganka, le théâtre du génial Lioubimov, est sa grande chance. Il y chantera ses compositions, il y interprétera de grands auteurs : Brecht avec La vie de Galilée, Tchekhov avec La Cerisaie, Shakespeare avec Hamlet … Chanteur ou acteur sa voix transporte, remue : « la rape de sa voix singulière, ce rugissement, ce grondement de loup. » Le loup est l’animal fétiche du chanteur – il écoutera en boucle Les loups sont entrés dans Paris de Reggiani ! Extrait de La chasse aux loups «  Course éperdue, j’ai les tendons qui craquent/Aujourd’hui encore comme hier déjà,/Ils m’ont pris à la traque, pris à la traque/Et rabattu sur des tireurs en joie »

Cette biographie nous fait entrer « dans le cratère d’une œuvre-volcan », mais aussi au cœur d’ un pays et d’un peuple dont on sait le sens de la démesure : de la bohême des années 1970 – « des nuits à refaire le monde dans les cuisines de Moscou, chez des amis d’un jour ou de longue date, à la russe, entre le sifflet de la bouilloire et les arpèges de la guitare », jusqu’au fin fond de la Sibérie – Tout petits, nos mères nous faisaient peur:/Qui désobéit va en Sibérie,/Et malgré la force de leur fureur/Elles redoutaient telle barbarie. Vyssotski rêvait de faire un film avec Depardieu d’après l’histoire vraie d’un pilote de chasse russe prisonnier évadé puis récompensé par dix ans de goulag… «

Son image est inséparable de sa guitare : « Je possède une guitare, « écartez-vous les murs/Adieu ô ma liberté, quel destin affligeant…/Tranchez-moi la carotide, brisez-moi le fémur…/Mais surtout ne coupez pas mes sept cordes d’argent. » Elle ne le quitte jamais  quand il parcourt le monde  : l’Extrême-Orient, Arkhangelsk, l’Asie centrale, New York , le Canada, Tahiti… et la France bien sûr. Marina Vlady a écrit  Vladimir ou le vol arrêté dont je pressens que c’est un très beau livre (Fayard 1987), celui d’une femme qui forma avec cet écorché vif un couple qu’on aurait aimé croiser dans les rues de Paris. Il y enregistra aux éditions Le chant du monde des 33 tours dont un en voix croisées avec la comédienne. Celle-ci fera tout pour l’aider à lutter contre l’alcool. En vain. Son ultime poème fut pour elle. A ses obsèques, au théâtre de La Taganka,  dans le décor d’Hamlet « afflue la foule océanique et grave » Le mythe est né.

https://www.youtube.com/watch?v=v7wMviku8sk
La ballade de l’amour.
photo 1

 

 

 

y m'font rire…

Jean-Louis Poitevin présente ici le dernier volet du séminaire qu’il a consacré à La chambre claire de Roland Barthes, ce livre « de magie » qui a si durablement influencé la lecture française des images photographiques et si durablement aveuglé les tenants du « studium » et du « punctum » comme du « Ça a été » au point de les conduire à produire une sorte d’idéologie fantasmatiquement indicielle de leur relation au monde.
Et vous comment ça va votre relation indicielle au monde ?
Ce galimatias, qui aurait ravi Molière, se niche dans le numéro 43 de la revue TK-21 qui me l’adresse par mail (quelle ingrate je fais)

Dans Télérama, deux pages entières sur un gars qui réalise des videos silencieuses: Sdf pliant ses affaires, stade de foot abandonné, monsieur fumant une clope sous une plante verte… Dans la pénombre évidemment et allongé sur de « confortables poufs » (pour s’allonger un pouf c’est moyen mais enfin on va pas chipoter) le visiteur s’endort – non ça c’est moi qui le dit. L’expo s’appelle «  »Above and below, l’artiste canadien, Mark Lewis, et ça se passe au Bal, impasse de la Défense, Paris 18. Notez peut-être que c’est formidable mais moi quand je lis  « De longs plans-séquences fixes de situations banales, d’où jaillissent l’insolite, l’inattendu… » je me carapate , tiens ! voir Zorba le grec (d’après le livre de Kazantzakis, avec l’irrésistible Athony Quinn) qui repasse au cinéma Mac Mahon ces jours-ci  50 ans après sa sortie  : truculence, jouissance, insolence…

Bouffées d'air frais…

photo 1Théi nous offre ce souffle d’air pur de l’Aubrac
« On respire à fond »,  comme disait ma maman, et la vôtre je suis sûre …

Et c’est Hélène Delavault, délicieuse cantatrice et bien connue des fans de l’émission culte  « Des papous dans la tête » qui nous offre une autre bouffée d’air frais  avec Les « Nuits de France-Culture » du 7 au 8 mars de  minuit à 6h. Cette  sélection d’ archives de la radio choisies par une personnalité sera faite cette nuit-là par la belle Hélène.  « Vous pourrez y entendre les voix de Romain Rolland en 1936, Yvette Guilbert dans sa dernière interview, Michel Simon râlant contre le cinéma, Paul Veyne comparant les stoïciens à des scaphandriers, J.S. Bach dans ses cantates, Hubert Reeves amoureux des comètes, Francis Blanche et Pierre Dac faisant « chauffer la colle », A. Finkielkraut dans un exercice d’humour (eh! oui, c’était en 1979) et Kurt Tucholsky, chansonnier et journaliste de la république de Weimar ».
Si vous n’êtes pas un nocturne, vous pouvez télécharger pendant
un an et écouter pendant 1000 jours sur le site
http://www.franceculture.fr/emission-les-nuits-de-france-culture-1

Et sur la radio belge, La première,  dans Le Monde est un village, « Magie, anges et démons dans la tradition juive » au Musée d’Histoire et du judaïsme à Paris par Dane Cuypers. Passionnante  expo jusqu’au 28 juin.
http://www.rtbf.be/lapremiere/emissions_le-monde-est-un-village?programId=262
émission du 3 mars

Négociable ?

Je lis dans la foulée un papier de Pascal Bruckner dans Le Monde du 26 février et une interview d’Abad Al Malik dans Télérama du 18 février. Tous les deux font un sort au mot « négociable » et touchent, il me semble, le coeur du débat. Que dit le philosophe connu pour ses positions souvent politiquement incorrectes que personnellement je trouve courageuses et lucides ? D’abord son ton est très modéré : « On peut comprendre l’embarras d’un musulman, d’un juif, d’un chrétien, écrit-il,  dans un environnement qui ne l’est pas« . Mais le brillant polémiste qu’il est reprend vite la plume. Alors certes, il s’emballe, dans la forme, mais sur le fond il a raison :  » Tel qu’il (le mode de vie occidental)  existe pourtant dans son imperfection, il semble préférable à ce qui se faisait jadis. Nous n’allons pas reléguer les femmes au foyer, couvrir leurs têtes, allonger leurs jupes, embastiller les homosexuels, interdire l’alcool, limiter la liberté d’expression, bannir les caricatures religieuses, censurer le cinéma, le théâtre.  Selon Pascal Bruckner le vrai moteur des djihadistes serait le refus – parce qu’ils en ont peur – de tous les progrès de la liberté. Il conclut ainsi :  » Il ne s’agit pas d’islamiser l’Europe mais d’européaniser l’islam : en faire une religion parmi d’autres, dotée des mêmes droits et devoirs. (…) Pour cette tâche de longue haleine, il faut commencer par ne pas capituler, ne pas renier le coeur de notre héritage : l’esprit d’examen, l’égalité des sexes, la discrétion religieuse, le respect des droits et des libertés individuelles. Ces principes là ne sont tout simplement pas négociables. »

Abd Al Malik, de son côté, est interviewé par Télérama pour le petit livre qu’il vient d’écrire, « Place de la République, pour une spiritualité laïque » .  Il parle de la cité :  « On intègre vite le sentiment d’être des Français de seconde zone« . Mais il ajoute très vite aussi qu’il a rencontré des enseignants qui ont cru en lui. Et sur France Inter, il y a quelques jours, il soulignait avec force qu’il avait été sauvé par la spiritualité laïque telle que son titre la revendique : Camus par exemple. Pourtant quand on lui demande pourquoi, tout en condamnant les attentats, il accuse Charlie Hebdo d’avoir  » contribué à la progression de l’islamophobie » et s’il souhaite des limites à la liberté d’expression, voici ce qu’il répond : « J’écris aussi que les caricatures sont un acte démocratique par excellence, un éclatant symbole de la liberté. Mais je veux parler de responsabilité : ce n’est pas parce qu’on peut tout faire que l’on doit tout faire. La liberté d’expression est un principe mais j’estime qu’elle n’est pas « non négociable ». Sur France Inter, il précisait   : « Que vaut une liberté d’expression qui menace la fraternité ?  » Et quand Patrick Cohen lui faisait remarquer que l’obsession du journal satirique sur l’islam n’était pas vraiment justifiée sachant qu’il y avait eu sept « unes » sur ce sujet en dix ans, il ne répondait rien revenant au contexte actuel pour justifier  son appel à la modération.

Ce n’est pas faux, le contexte est lourd mais quand même je me suis sentie un peu mal à l’aise avec les propos du jeune écrivain. Il m’embrouillait. Oui ! les caricatures sont un éclatant symbole de la liberté, mais non ! il ne faut pas en faire sur l’islam… J’ai brièvement pensé à l’habileté de Tariq Ramadan et j’en ai eu plutôt mauvaise conscience. Et voilà que, dans le Télérama suivant,  le courriel d’un auditeur l’exprime clairement faisant cette  comparaison en soulignant  la  virtuosité du double langage,  avant d’écrire  : « (…) la liberté d’expression est un principe MAIS… », toujours ce MAIS qui revient à dire que l’islam ne doit pas être critiqué, finalement que les assassins avaient raison (…) ».  J’ai connu le jeune rappeur, il n’était pas célèbre à l’époque, en 2003, lors d’un voyage à Auschwitz à l’initiative d’ Emile Shoufani, arabe, curé de Nazareth : il s’agissait d’emmener sur les lieux de la Shoah un groupe de jeunes  Arabes israéliens et juifs accompagnés de rescapés. Objectif : faire entendre la grande peur historique des juifs encore présente aujourd’hui. Le voyage avait donné lieu à un livre chez Albin Michel « « Un Arabe face à Auschwitz » (livre qui à l’origine avaient pour rédacteurs Victor Malka et moi-même avant que Jean Mouttapa ne récupère le bébé) ). Abd Al Malik faisait partie du voyage. Dans le bus qui nous emmenaient à Cracovie, les jeunes, juifs et musulmans, avaient énormément discuté. J’entends encore Abd Al Malik expliquer à quel point les deux cultures étaient proches. Il s’en était suivi un joyeux charivari avec des chants, des blagues, des échanges de recettes … C’était très chouette ! Je m’étais dit que ce jeune Français qui avait tout pour lui – physique, voix, charisme, intelligence, générosité – irait loin…  La langue de bois n’est pas pour vous cher Abd Al Malik…

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un commentaire de Tisha
Je ne résiste pas à livrer ici le commentaire de l’un des membres de mon comité de rédaction qui manie la dérision avec un certain talent. « Pas d’accord avec Pascal (les ressemblances de nos pères respectifs m’autorisent cette familiarité) et tout à fait d’accord avec Abd Al : la liberté d’expression oui, mais dans les limites de la république des croyants… Mon coeur saigne à chaque représentation du Père Noël car chacun sait qu’à l’instar de son collègue, Dieu, le Père Noël est invisible et ne peux être représenté. Et pourtant chaque année c’est le miracle : il est en même temps dans toutes les cheminées sans que personne ne le voit pour nous déposer des cadeaux à la con.  Et sans se brûler le cul.  Formidable non ?  »

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un commentaire  de May
Merci Dane, pour la diversité stimulante de tes articles . Je te signale l’excellent hors-série « Le Coran » publié par Philosophies Magazine …je retourne d’ailleurs actuellement vers les basiques de la philo et son incontournable exigence d’ ‘affuter notre esprit critique .
************************************************************************************ un commentaire d’Annick
Ce n’est pas parce qu on a le droit de tout faire qu on peut tout faire »: évidemment!
Mille raisons de moduler, d’adapter , de patienter même, en fonction de l évolution des choses; en un mot de réfléchir, et notamment aux autres, avant de foncer dans le mur.
Parfois on se demande si le bon sens, ça existe!
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