Sur la route du Festival /2

La maison de l'amant à Sadec

Soirée Duras, vendredi 21 novembre, premier jour  du Festival. Deux films, un thème : les lieux de son écriture. Nous avons choisi de diffuser la partie II du documentaire de Michelle Porte « Les lieux de Duras » qui précisément traitent des années d’enfance de l’écrivaine à savoir le Vietnam et le Cambodge. Les entretiens réalisés en  1976,  de la réalisatrice avec Marguerite, qu’elle connaît de longue date, sont exceptionnels de naturel, de sincérité, de profondeur. Le documentaire qui suit, « Un barrage contre le Pacifique hier et aujourd’hui », de Marie-Pierre Fernandes, nous embarque sur ces mêmes lieux : le lycée du père à Phnom Penh, l‘école de la mère et la maison de l’amant à Sadec, les terres de Prey Nop  envahies par la mer et devenues aujourd’hui des polders. Vous y apprendrez certaines choses qui vous laisseront pantois mais surtout avec l’enchainement des deux films, vous entendrez  encore  mieux la fameuse petite musique durassienne et  comprendrez pourquoi elle vous (ou peut-être elle « va » si vous êtes béotien en la demeure) enchante et vous captive et vous laisse, à la façon de Modiano, peut-être, cette brûlante nostalgie au cœur.

India song, avant ou après le Festival, je vous invite à passer un moment dans cette exposition à la BPI du Centre Pompidou (jusqu’au 12 janvier 2015) . De musique point, mais de passionnants documents de la main de Marguerite, de François Mitterrand qui fut un de ses intimes, des photos, des extraits de journaux ( l’article sur Christine Villemin dans Libération, hallucinant et inadmissible même si on idolâtre Duras), toute cette première partie intitulée « Outside » étant consacrée à l’engagement politique de l’auteur. Une salle nous invite ensuite à pénétrer dans  l’ « Inside » le « dedans » de l’écriture de Duras en six séquences : extraits de films, tapuscrit  intégral (80 feuillets) d’India Song, enregistrements… c’est effectivement une belle immersion dans le pas si mystérieux acte d’écrire où l’on voit, contrairement à l’illusion d’une écriture spontanée entretenue par Duras elle-même, la réalité d’un gros travail solitaire et laborieux.

Lire » Les Lieux de Duras ». Michelle Porte. Editions de Minuit. 1977.
Et aussi Rencontrer Marguerite Duras par  Alain Vircondelet un petit livre léger en poids et en prix (4€) mais dense et très émouvant par celui qui rencontra l’écrivain  tout jeune homme,  « et cette rencontre fut fondatrice » (Edition Mille et une nuits).
Voir, revoir (et je parle pour moi aussi ) « India Song » – une amie me disait hier que, dans sa jeunesse provinciale, elle allait voir le film projeté en permanence dans une petite salle du Quartier latin à chaque fois qu’elle « montait à Paris… »

Rétrospective cinéma Duras au centre Pompidou du 28 novembre au 20 décembre 2014.

 

Photos Marie-Pierre Fernandes
Pour les agrandir, cliquez sur elles

 

 

 

Tout le programme du Festival sur Visages du Cambodge_2014

Une pensée sur “Sur la route du Festival /2”

  1. Et,retrouvez, lors de la lecture du 25 octobre – tissée avec les voix d’Albert Londres, François Bizot, Hélène Cixous, Dane Cuypers et quelques autres – celle de MD : extraits de « Eden Cinéma », « Les Lieux de Duras », « L’Amant de Chine du nord »
    A très bientôt
    Aline B.

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