Simplicité de bon aloi

J’écoute la fin de Passion classique sur Radio Classique. Olivier Bellamy reçoit Patrick Besson. Je n’ai jamais lu cet auteur (un refus bien ancré et  tout à fait irrationnel)  qui est aussi  brillant chroniqueur au Point.  C’est le moment des  « petites madeleines » ou il est demandé à l’invité de de se remémorer trois morceaux de musique qui ont compté : des souvenirs vont remonter comme le dit le charmant animateur– c’est pas terrible comme formul, un peu stomacale, faudrait changer, mais, à part ça  c’est une très bonne émission, moins bonne cela étant depuis qu’elle a été réduite à une heure au lieu de une heure trente. Bref Patrick Besson nous fait écouter Biche ô ma biche par  Frank Alamo, puis Cat Stevens et il parle très bien de cette génération écoutant avec ferveur Salut les copains en faisant ses devoirs, il en parle sans aucun mépris, avec tendresse. Troisième morceau :  Ce soir je serai la plus belle pour aller danser. Je chante à tue-tête avec Sylvie Vartan évidemment ! et  je suis toute bouleversifiée quand l’écrivain raconte  qu’il n’a jamais entendu chanson plus érotique , que c’était une émotion très forte chez lui et que d’ailleurs sa femme ressemble trait pour trait à Sylvie… Je suis touchée par  cette simplicité. Je vais lire Patrick Besson. Je retrouve la même émotion de l’ordre de l’authenticité, du « stop frime »,  le lendemain avec Michel Houellbecq, une belle interview dans Libé pour la sortie de son recueil de poésie « Configurations du dernier rivage » (Flammarion). Je l’ai longtemps voué aux gémonies  lui aussi pour des raisons trop longues à dire ici,  mais j’ai bien dû admettre que La carte et le territoire était un excellent livre . Dans cette interview, il parle avec une belle simplicité donc de la poésie. Sur Verlaine : «  Il y a une grâce réelle. Et une bizarrerie : « Dans le vieux parc solitaire et glacé/Deux formes ont tout à l’heure passé. » L’une des modalités du poétique, avance Houellbecq, c’est une espèce d’étrangeté (…) Ou bien parfois un simple abandon enfantin (…) « Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là simple et tranquille. » C’est juste beau., dit-il » Libé donne un extrait de son recueil : C’est la face B de l’existence/Sans plaisir et sans autre vraie souffrance/Autres que celles dues à l’usure/Toute vie est une sépulture. «  Ok c’est pas gai. Mais c’est juste, au sens d’une « phrase juste » dont parlent souvent les bons écrivains et qui était aussi ce que disait Patrick Besson chez Bellamy.

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