La danse des mots

 C’était un dimanche très froid que celui du 20 janvier dernier  mais sur scène  voix et  danses d’Afrique et de Chine  réchauffaient le public venu au centre Pauline Rolland. Dans le cadre du festival Les uns chez les autres – une idée épatante pour se connaître et fêter ensemble la ville, que  Julie Navarro adjointe au maire chargée de la culture dans le 19ème  fait vivre une fois par mois – on assistait   à la clôture d’un  événement   intitulé Chinafrique. Videos, atelier raviolis, installations, sculpture en riz gluant… s’étaient succédés sur  un week-end conçu, comme à l’accoutumée,  pour éveiller notre curiosité  des différences mais aussi  favoriser les connivences. 

 Un dimanche chamarré, joyeux et musical donc  – avec  un trop bref passage du musicien d’origine malienne, le talentueux et généreux Pedro Kouyaté –   qui  faisait la part belle aux ateliers d’écriture  que  chaque année, sous la houlette du directeur des animations Henri Ollivier,  je mène avec les femmes d’origine étrangère  accueillies au centre .  Elles écrivent et Brigitte Mougin, comédienne, met en voix et en scène leurs mots. ’Yvan Amar journaliste de RFI était là et il a nourri son émission La danse des mots de cette expérience. En suivant le lien ci-dessous, si le cœur vous en dit, vous en saurez bien plus. http://www.rfi.fr/emission/20130124-chinafrique

 

 

Le Manifeste de la revue XXI

La révolution numérique serait-elle un miroir aux alouettes ? Un autre journalisme est-il possible ? Voilà les thèmes du Manifeste signé Laurent Becaria et Patrick de Saint-Exupéry et que publie en encart la revue XXI  n°21 Hiver 2013.  Deux grandes constatations émergent d’un texte très argumenté. 

La première est que  les journalistes sont en train de perdre sinon leur âme du moins l‘essence de leur métier dans cette course obligée à la réactivité, à l’instantanéité, au buzz. « Nouveaux Shiva à cent bras  et aux compétences multiples »,  on les enjoint à devenir des « techniciens de l’information ».Tandis que la frontière entre citoyens et professionnels disparait engendrant une incohérence – que personnellement je qualifierai de chaotique  Et le journaliste,  le vrai,  celui dont c’est le métier, est de plus en plus rivé à son écran. Résultat : une « déréalisation du monde »  –  XXI rapporte que, pour le journaliste américain Adrian Holovaty, « les journalistes doivent arrêter de raconter des histoires »   et, en gros, ne s’intéresser qu’aux données chiffrées…(data journalism)

 Deuxième  constatation : « La mutation numérique est un gouffre . » Le dieu numérique serait un ingrat ! Deux sites en France sont  rentables, Mediapart et Arrêt sur images, les seuls, expliquent les auteurs de l’article à  ne pas accepter de pub et à vivre uniquement par abonnements, exactement le contraire de ce qui est prôné par les spécialistes du  numérique !  Et de donner moult exemples de cette bérézina.

Mais peut-être faudrait-il aller encore plus loin dans la dévaluation de ce métier et remplacer les journalistes par des logiciels qui fourniraient clés en main des docs tout prêts ?  Kris Hammond, fondateur d’une de ces entreprises qui croisent un maximum de données pour produire des textes,  l’affirme sans vergogne : «  dans quinze ans, 90% des nouvelles publiées par la presse seront générées par un ordinateur  » …

Lisez ce Manifeste – vous ne le trouverez évidemment pas sur internet  -suivi d’ Une petite histoire de la presse également très passionnante . Et découvrez du coup les récits  de XXI (pour mémoire j’y ai publié en janvier 2012 Le Cambodge sur un plateau, en ligne, lui,  sur le site du Théâtre du Soleil). Dans Question de style édition 2012, j’ai consacré un  chapitre à cette question d’un nouveau journalisme :  reportage sur le terrain et travail sur l’écriture. J’en profite… pour signaler qu’il reste des places dans mes ateliers

Le récit journalistique au CFPJ  les 18 et 19 mars et les 8 et 9  avril. http://www.cfpj.com/formation/journaliste/le-recit-journalistique.html

Travailler son style chez Aleph du 11 au 14 mars. Tel : 01 46 34 24 27 et www.aleph-ecriture.fr

 

 

 

 

Bric et broc

Y A UN SOUCI …avec les étiquettes, indiquant le  provenance et  l’entretien, cousues  aux T-shirt et qui prennent de plus en plus d’importance.   Impossible de les découdre, il faut les couper à ras sans entamer le tissu et le reliquat gratte nos fines peaux de princesses au petit pois. L’autre jour, je me suis gourée : j’ai jeté le T- shirt et j’ai rangé les étiquettes dans le tiroir .

ETRE OU PARAÎTRE. Dans ma messagerie je trouve un message de Shiseido. J’ouvre,  des fois qu’ils m’offrent  un échantillon… Que nenni ! de la bonne vieille réclame, rien d’autre. Extraits :

Nouvelle  crème super régénérante intensive bio performance. Cible les cellules-clés. En une semaine les contours  du visage semblent resculptés et la peau parait régénérée. En 4 semaines la peau semble liftée, raffermie et l’apparence des rides profondes est visiblement réduit. En 1 mois votre peau parait 7 ans plus jeune. Ouais… mais pourquoi «  semble » ? pourquoi  « parait » ? C’est resculpté, c’est raffermi ou ça en  a juste l’air ? Si Siheido écrivait « Les contours du visage sont resculptés, la peau est régénérée, liftée « est-ce qu’on pourrait porter plainte pour fausse promesse ? Je rigole, je rigole  mais j’en ai envie de cette crème moi ! Sept ans de gagné…  Je vous tiens au courant du prix.

BONNE HUMEUR. Si vous ne connaissez pas l’émission 28 minutes  qui passe chaque jour à 20h00 sur Arte,  j’ai envie de vous donner envie d’aller y jeter un œil. Mené tambour battant par  Elizabeth Quint, ses cheveux mauves et ses yeux pétillants, c’est un festival d’infos intelligentes, ramassées sans être réduites, avec des intervenants qui sont sommés, avec grâce mais sommés quand même, de faire court et clair. Beaucoup d’humour, de complicité et de bienveillance sans complaisance font de cette demi-heure une fenêtre sur le monde  où souffle un petit vent  de bonne humeur.