De la lecture

Un ange passe. C’est un petit livre de Carol Beaudoin, des nouvelles sur le thème de la rencontre. L’auteure dit formidablement l’univers de la famille. Eclat de porcelaine a la force d’un Festen qui finirait bien. Le récit démarre en douceur avec l’arrivée devant la maison familiale pour l’anniversaire du père :  Pas d’appréhension particulière quoique, à bien y regarder, un manque de légèreté, un effort pour être heureux, peut-être … Elle dit tout aussi bien celui des sentiments amoureux, une rencontre lumineuse et fugitive dans un bal ou cette autre dans un bus aux couleurs du passé et qui se termine  ainsi : Ils se disent le silence, l’histoire et les détours, comme sur du velours, leur langage n’a pas de mots. Il a la couleur du bonheur, fripé et fragile comme un coquelicot.  On se coule avec elle dans le cours des jours ordinaires de ses personnages qu’une rencontre va déranger voire bouleverser mais on la suit encore quand elle se risque dans l’univers de la guerre ou  de la prison . Oh déjà fini ? Dommage.  Un ange passe. Carol Beaudoin. Edilivres classique. 

« A 11 ans ils sont 33,5% à lire des livres tous les jours, ils sont 9% quand ils arrivent à 17 ans.» Le Monde des Livres du 30 novembre s’inquiète du désintérêt des jeunes pour  la lecture. C’est pas, à mon sens, le Salon du livre et de la presse de jeunesse à Montreuil qui les a rattrapés.  C’est vrai que j’ai arpenté ce temple de la consommation livresque avec deux petits, sans avoir vraiment préparé mon coup. Mais quand même. Des centaines de livres à acheter. Pas un endroit pour les lire : un tapis, des poufs, des bancs et pourquoi pas des hamacs ? puisque le thèmedu Salon  était « l’aventure », pour que les enfants puissent ouvrir, feuilleter, toucher, voire lire ! des livres qu’auraient mis à disposition les éditeurs. Qui s’y retrouveraient sans doute : les parents les achèteraient ensuite. Témoin Jokin, 5 ans, qui a réussi à repérer deux titres et s’en est souvenu pour sa commande au Père Noël. Donc nous voilà à errer, quémandant des infos sur de possibles animations : trop tard, trop tôt, hier, demain. Je parcours une nouvelle fois le programme et j’y trouve surtout  des rencontres, des tables rondes, des parlottes sûrement passionnantes mais pour les parents, les éducateurs, les auteurs … De toutes façons les fauves ont faim !  On avale des sandwiches dans un lieu improbable comme diraient mes collègues  les journalistes : c’est bruyant, les rares tables et chaises sont occupées, les enfants s’asseoient par terre pour manger, impression d’attendre un bus dans le tiers monde, comme on ne dit plus –  le thème de l’aventure d’accord…

Bref, tout ceci  me confirme dans le sentiment croissant qu’il n’y a pas grand-chose pour les mômes à Paris ni en banlieue a fortiori. Oui, je sais, j’achète Libé le premier mercredi du mois avec son supplément bourré  de propositions  alléchantes … et payantes. Quand c’est gratuit, comme le parcours enfants de la dernière Nuit blanche, c’est d’une pauvreté.  Je reconnais qu’il pleuvait des cordes … mais le stand Télérama avec trois crayons qui se battent en duel pour un concours de dessins sur la ville de tes rêves ou genre, y a plus inventif non ? Et même quand c’est payant, c’est pas si facile. Vous téléphonez  à la Cité de la musique pour une visite-atelier d’une heure sur Django Reinhardt : « Mais y a longtemps que c’est plein ma bonne dame ! »

5 réponses sur “De la lecture”

  1. Oh ! ben c’est pas vrai ! Paris est-il si pauvre en manifestations pour les enfants ? Tu veux que j’envoie « TOPO » le magazine des bibliothèques de Lyon pour donner des idées ? Dans toutes les bibliothèques d’arrondissement il y a l’heure du conte, bébé bouquine-bébé comptine, des clubs de lecture pour les 11-15 ans et même une heure du conte bilingue ! Venez vivre « en province » ha ha !
    Après il faut voir qui vient…

    1. C’est vrai chère Madeleine que je n’ai pa smentionné les bibliothèques qui font un beau travail gratuitement, mai,s là aussi il faut s’y prendre très à l’avance. Deux fois je n’ai pas pu accéder à des animations; la troisième fois je me suis organisée très en amont et cela a marché. Et cela prouve bien que ce que dis reste vrai : l’offre est faible !
      Il y a quelques jours, un mercredi, j’ai renoncé à la queue (présumée – soyons honnêtes !) à la Cité des enfants au Parc de La Villette et nous avons emmené les loupiots 3 et 5 ans (entrée gratuite) au musée de la Cité de la musique, toujours parc de la Villette. Un régal pour nous et celui de 5 ans que ce voyage dans l’univers musical avec le balladeur (compris dans l’entrée) et en choisissant bien sûr le commentaire « enfants ». Il y a de plus dans le parcours une halte en live : nous avons ainsi passé une demie-heure avec un musicien qui nous a fait une démonstration de percussions brésiliennes. Même Mattin, 3 ans, a été séduit. Dane

  2. Pour me galérer tout les mercredi dans les squares pourris,pour slalomer entre les merdes de chien aromatisés aux gaz d’échappement qui jonchent les trottoirs de la plus belle villes du monde, désespérant de trouver une occupation abordable pour mes petites tetes blondes;pour avoir participé à cette visite du salon du livre pour la jeunesse ,oui j’approuve pleinement ce que Dane exprime beaucoup mieux que moi « Il n’y a pas de place à Paris pour les enfants.

  3. Pour me galérer tout les mercredi dans les squares pourris entouré de mères dépressives ,pour devoir slalomer entre les merdes de chiens aromatisées aux gaz d’échappement qui jonchent les trottoirs de la plus belle villes du monde, désespérant de trouver une occupation abordable pour mes petites tetes blondes;pour avoir participé à cette visite du salon du livre pour la jeunesse ,oui j’approuve pleinement ce que Dane exprime beaucoup mieux que moi « Il n’y a pas de place à Paris pour les enfants.

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