Samedi 1er décembre, je boucle mes cadeaux de Noel !

 

De toutes façons, il faudra y passer…  Alors  la double BA « bonne action -bon achat » ça ne se refuse pas.Tous les articles proposés par le Sipar, qu’on ne présente plus (bibliobus, édition  khmère), ont été achetés au Cambodge (Ong, artisans, marché).  Sacs, chemises, art de la table, articles en soie, en bois, en natte, bijoux en argent, objets pour les enfants…de 3€ à 45€ … un choix délicieux.  Samedi 1er décembre, de 10h à 19h,  à l’Hôtel Pullman, 2 bis avenue de Paris, près de l’Office du Tourisme. sipar@wanadoo.frwww.sipar.org

 

 

De jeunes reporters au pays khmer

Vous partez au Cambodge ou simplement ce pays vous intéresse…  ne passez pas à côté de Cambodge année 32 – reconstruction d’un royaume meurtri. Le titre ne reflète pas complétement la richesse de ce livre-guide conçu, rédigé et publié par Typo, qui depuis bientôt quinze ans mène une formation à la presse au sein des lycées de l’Académie de Dijon. Dont la production de Hors-Séries.  Mali, Québec, Vietnam, Bombay … les jeunes partent en reportage et travaillent dur pour aboutir à la publication.  La livraison sur le Cambodge est tout simplement passionnante. Le regard des deux reporters, Alexis Hontang et Quentin Guillet, remarquablement encadrés par Dominique  Gaye, est pertinent et sensible. Il a aussi une fraîcheur revigorante.
Tant les articles que les superbes photos invitent à un voyage passionnant qui ne laisse aucun sujet de côté : « le génocide khmer rouge » avec des interviews de Somanos Sar (auteur de Apocaplypse khmère), de Sothik Hok, directeur du Sipar, de Kem Kimlang, directrice d’Enfants d’Asie, et bien d’autres dont un grand entretien avec François Bizot (auteur de Le portail et Le silence du bourreau) ou avec François Ponchaud  (Cambodge, année zéro) qui, comme d’habitude, ne mâche pas ses mots ; « le Cambodge aujourd’hui »   passe en revue les droits de l’homme avec des propos très éclairants de  Pung Chhiv Kek, directrice de La Licadho, sur les expropriations,  nous balade dans Phnom Penh, dans les rizières ou sur le Tonlé sap  (et me fait l’honneur d’un papier intitulé  Le regard de Dane) ; les ONG ne sont pas oubliées (Friends, le Sipar, Handicap International et Phare Ponleu Selpak à Battambang  (qui est partie prenante de l’aventure  de la pièce L’histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge ); l’art khmer n’est bien sûr pas oublié ; ni la savoureuse cuisine. Bref c’est un réservoir d’infos et de pistes pour entrer au pays khmer de belle et intelligente façon.

Pour l’acheter, envoyez un mail à  domgaye@gmail.com. Il vous en coutera 7 euros (frais de port inclus, en timbres, par chèque ou virement). Et allez faire un tour  sur www.typolemag.info.  Qu’attend l’Education Nationale pour multiplier ce type d’actions ? La fin du monde le 21 décembre prochain peut-être …

 

KISSKISSBANKBANK

Je pourrais vous dire que Marc Mangin écrit le monde avec son appareil photo, une très élégante écriture en noir et blanc, je pourrais vous dire  qu’il nous raconte le monde –, l’Europe d’abord, puis, dans l’ordre et parfois dans le désordre, l’Afrique du Nord, l’Afrique noire, le Proche et le Moyen-Orient et, enfin, l’Asie  – je pourrais vous dire qu’il nous en donne à voir ses merveilles et ses souffrances, son ordinaire aussi, avec une formidable sensibilité,  je pourrais vous dire qu’il a un regard à la fois distancié et empathique. ..Oui je pourrais vous dire tout cela mais je préfère vous envoyer sur  le diaporama de 3,30 minutes mis en musique par Ry Cooder  et qui présente son travail. Vous aurez alors, je crois, vraiment envie de  participer à la réalisation de son projet : une grande expo à Milan, Milan Image Art Fair,  dans la Lombardie de ses ancêtres. Le stand, les tirages, le transport et le reste …. bref il fallait réunir 5000 euros. Voilà qui est fait. Ou presque ! Comme toujours la dernière côte est la plus dure . Tout se passe sur kisskissbankbank, un lieu virtuel où chacun peut lancer son projet pour récolter de l’argent bien réel . Le côté tontine,  pied de nez du circuit économique alternatif et indépendant, est très séduisant. A partir de 2 euros, vous pouvez en être, financer un photographe de grand talent,  et recevoir une contrepartie (affiche, livres etc) .Cliquez sur le gros bouton bleu : « Soutenir ce projet,  enregistrez-vous et effectuez votre paiement en ligne. Ou bien adressez un chèque libellé à l’ordre de Artgentique : 16, boulevard Drion, 59580 Aniche.

 

PREMIER AMOUR

 Laure Adler reçoit Sami Frey sur France Inter vendredi 9 novembre. L’entretien est centré sur deux textes de Beckett portés sur scène par l’acteur au théâtre parisien de L’Atelier.  Cap au pire est une lecture.  Sami Frey adore l’idée de cap au pire !  : drôle et terrible…  une sorte de rêve de masochiste. Il rit en disant qu’il applique chaque soir cette façon de  rater mieux ! Je ne connais pas le texte, je comprends à travers les commentaires de l’acteur qu’il s’agit d’une tentative d’aller au-delà, en deça ? du langage, quelque chose de très fort, des mots en collusion qui emportent mon adhésion, dit l’acteur.  Se laisser emporter, sans être arrêté par le fait de ne pas comprendre grand-chose, n’est pas mon fort. Si vous avez tenté l’expérience, dites-le nous… Reste que  cap au pire !  pourrait bien devenir l’une de mes expressions favorites – remplaçant le pédant et très usé  tomber de Charybde en Scylla  – quand  tout se barre en sucettes et qu’on accumule mauvais choix sur mauvais choix…

Le deuxième texte de Beckett, Premier amour (écrit quelque 45 ans avant l’autre),  je l’ai découvert avec une amie. Deux femmes d’âge respectable venues, en toute candeur, sur le seul titre et son interprète, entendre un « beau »texte, Une approche virginale ! riait ma commère après la pièce.  Deux femmes qui  s’attendaient à être émues, à tendrement vibrer, et qui ont été bousculées, basculées sans sommation dans un univers drôle et désespèrant, féroce et délirant.

Sur scène, Sami Frey se produit, sans accessoire hormis un banc et une besace sur l’épaule : Je n’ai rien.  Rien. Je me présente, avec Becket, nu. Et avec sa voix ! On la retrouve en frissonnant : l’acteur n’est plus cet homme, mystérieux, irrésistible, au charme étrange, mais la voix est la même : enveloppante, envoûtante, intelligible.

C’est l’histoire  terrible mais magnifique d’un homme d’une sincérité totale, en proie à la découverte du sentiment amoureux,  explique-t-il aux auditeurs de France Inter, lovés peut-être, comme je le suis, après un jour harassant,  au creux de leur lit avec Sami Frey – quelle chance j’ai ! C’est un personnage  magnifique d’une sincérité totale. L’acteur dit clairement  l’histoire de cet homme qui cherchait le rien, la supination cérébrale, l’assoupissement de l’idée du moi, une quête obstinée, entravée par la rencontre de l’amour qu’il n’aura de cesse de rejeter ; cet amour qui représente à ses yeux le malheur absolu mais  qu’il regrettera  jusqu’à la fin de ses jours. Le lendemain je prends une demi-heure pour lire le texte de Beckett (Les Editions de minuit, 5,50 euros) qui s’éclaire des mots de l’acteur. Quand on est amoureux, on ne s’appartient plus :  (…) c’est pénible de ne plus être soi-même, encore plus pénible que de l’être, quoi qu’on en dise. Car lorsqu’on est on sait ce qu’on a à faire, pour l’être moins, tandis que lorsqu’on ne l’est plus on est n’importe qui, plus moyen de s’estomper. L’homme lutte : (…) j’eus à me défendre contre un sentiment qui s’arrogeait peu à peu, dans mon esprit glacé, l’affreux nom d’amour. Constatant qu’il peut, paradoxalement, enfin cesser de penser à cette femme (jusqu’à une demi-heure par jour, songez donc !) quand il est avec elle (Je ne me sentais pas bien à côté d’elle, sauf que je me sentais libre de penser à autre chose), il finit par habiter dans son appartement  une chambre dont il ne sort jamais. Le monologue obsessionnel du personnage nous capte jusqu’à la sidération. On frémit plus d’une fois. Mais on rit aussi car la langue – l’emploi de lieux communs,  le mélange d’ un idiome  administratif et des dérapages grossiers – crée un effet décalé et une distance qui nous permettent de reprendre notre souffle…( Poadcaster l’émission est sans doute  encore possible – je viens d’expérimenter ce miracle binaire avec succès et je n’en reviens pas ! L’espace de 48 heures, je me suis sentie  maîtresse du temps… (Premier amour.  A L’Atelier jusqu’au 1er décembre).

Pour clore lestement, je chope au vol dans Passion classique (sur Radio Classique tous les soirs de 18 à 19 h, une jolie émission qui souffre d’avoir été amputée de trente minutes ) une citation de Beckett extraite du dictionnaire amoureux de l’humour ( Plon ?)  Mais que foutait Dieu avant la création ?

ENTRER DANS LA LUMIERE…

 

Délicatesse de la lumière d’Houlgate où j’ai passé quatre jours délectables. Lumière que reflète  le visage de cette jeune femme sortie d’un temps perdu et retrouvé.

de BRIC ET de BROC

 Foule sentimentale. Le jour des élections américaines, quand j’ouvre mon ordinateur, Yahoo m’accueille avec une photo de Michelle Obama enlacée par son homme. Je craque. So cute …Et j’envoie un mail lyrique à mes proches. Le soir-même sur « 28 » (super émission d’infos d’Elizabeth Quint sur Arte tous les soirs à 20h00), j’apprends que la photo date du mois d’août dernier ! Pas grave d’accord; en l’occurrence ça n’a même aucune importance et ne m’empêche pas de trouver le couple présidentiel irrésistible et porteur d’une image de l’Amérique qui me plait. C’est juste qu’il faut être très vigilant quand on nous raconte de belles histoires, surtout quand cela se passe sur internet. La technique du » racontage d’histoires », qui est désormais au cœur de la communication, se pare du nom branché et prétentieux de storytelling. Lisons donc Storytelling – La machine à fabriquer des histoires de Christian Salmon (La Découverte) pour au moins savoir comment on nous paul loup sulitzer

Dimanche matin…Une fois  le cabas lesté au marché, le miel bio et les poireaux jouxtant le carnet pour noter ou croquer, direction le bistro. Selon l’heure, café allongé ou bien ballon- sardines, mais de toutes façons lecture du JDD et de son supplément Femina : 1,50 euro le lot.  Le journal est intelligent, bien écrit, avec une bonne vue des infos de  la semaine. Et le Femina : une quintessence de Elle, Marie Claire et tous les autres magazines du genre. Ce n’est pas un bottin de la beauté – dont vous allez sortir rincée – que vous feuilletez mais une petite chose légère, sans prétention … Une soixantaine de pages et tout est là : du  frivole avec une mode gaie, accessible, ou en tout cas qui en a l’air ; des trucs beauté qui ne servent jamais mais quel plaisir d’y croire un instant (cette semaine une page « chignon » – avec une  erreur non pas capillaire mais linguistique : on ne dit pas  des pinces-neige, ça  fait pince-nez ! mais des épingles-neige  ; une touche de culture vite faite bien faite avec un choix bien clair sur les préféfences de la rédaction ; cette semaine, Après mai d’Olivier Assayas, un  livre L’herbe des nuits de Modiano,  un DVD Les femmes du bus 678 (si on avait dommageablement râté  le film, c’est mon cas) ; une BD alléchante La patience du tigre  ; une interview de Christophe Honoré , l’auteur de Nouveau roman qui passe à La Colline – tiens j’irais bien. Tout ça  n’est pas révolutionnaire  d’accord,  mais c’est dimanche et les neurones n’en demandent pas plus qui ronronnent tranquillement. Ah j’oublie le meilleur ! le dossier coups de folie, soit 50 petits luxes :  acheter un vêtement en plusieurs couleurs, s’offrir un parfum rien que pour soi ( les fragrances de notre enfance et de nos émois mises en flacon – j’avais interviewé Francis Kukdjian à ce propos, c’est génial mais hors de prix); un thé grand cru tous les matins  le thé Juko (palais des thés) ; prendre son petit déj dans un palace ; ne pas mettre le réveil ; acheter une parcelle de la forêt amazonienne … Non, pour investir, j’ai mieux … Voir kisskissbankbank