VISAGES DU CAMBODGE

Au moment où j’allais mettre en ligne un bref bilan du Festival Visages du Cambodge 2012, j’apprends la mort de Sihanouk. Il était, pour le moins, un grand visage du pays khmer. Voici pour le saluer un extrait de la pièce d’Hélène Cixous, L’histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, extrait lui-même repris dans la Lecture qui termina bellement notre Festival. L’histoire vient de s’achever.

Clichés Nicolas Cornet 

Et maintenant, comment oublier le grand rêve qui est devenu moi-même ?                  

Je ne peux plus m’arrêter d’être le Cambodge. Je suis devenu moi-même ces fleuves, ces rizières, ces montagnes, et tous ces paysans qui me peuplent.                              

O mon peuple. O mes enfants !…

Ah ! Mais où est mon peuple ?

Où va mon peuple ?

Et moi où vais-je ? Quand le retrouverai -je ?

 

 

 

 

Festival Visages du Cambodge 2012

Une réussite. Celles et ceux qui sont venus savent que je dis vrai. Résumé et moments forts

.Après la déferlante d’images et de textes de L’ Empire du mileu du Sud,  la gageure relevée par l’historien Alain Forest pour   débrouillers les fils de l’écheveau des guerres d’Indochine où  le petit royaume khmer se retrouva finalement enfermé.

. La prestation de François Roux, l’avocat de Duch, sur lequel Bernard Mangiante a construit son superbe film Le Khmer rouge et le non violent, nous a tous remués. Elle était centrée sur ce qui motive et porte l’avocat : la désobéissance civile. Vous en trouverez bientôt de brefs extraits retrancrits à la rubrique Actus Cambodge.

François Roux, l'avocat de Duch et Bernard Mangiante, le réalisateur

. Le voyage dans le temps que nous ont offert le film Sihanouk, le roi cinéaste et les commentaires, anecdotes, souvenirs,  sensibles et documentés, du khmérologue Alain Daniel, du réalisateur Jean-Baptiste Martin et de la productrice Marie Mitterrand. Oui, les Cambodgiens se régalaient de cinéma avant que les Khmers rouges  en effacent,  croyaient-ils, jusqu’à la trace ; mais ce film et le tout récent et magnifique Le Sommeil d’or du jeune réalisateur Davy Chou  redonnent vie à ce passé . Dans la salle une  spectatrice nostalgique racontait ses séances au cinéma de Battambang, se rappelait ses rêves de princesse en regardant Bopha Devi  danser dans les films de son père le roi  …

. L’éblouissante prestation de Georges Bigot, acteur puis metteur en scène de la pièce d’Hélène Cixous L’histoire tragique mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, qui suivit la projection de A la recherche du Soleil. Georges Bigot avec sa ferveur, ses colères, son amour du pays khmer.   

Georges Bigot raconte "son" Sihanouk après la projection de" A la recherche du Soleil"

. Le ciné-philo animé par Daniel Ramirez, à la suite du film de Bruno Carette Khmers rouges amers. Une séance plutôt agitée mais qui donna à chacun, me semble-t-il, la possibilité de s’exprimer sur le procès des Khmers Rouges.

 

 La lecture Voix du Cambodge, conçue par Brigitte Mougin  qui a clos le Festival. La Galerie de L’Entrepôt était pleine. Les comédiens (Brigitte Mougin, Aline Barbier, Randal Douc) furent justes et pleins de grâce. Une captation audio de ce spectacle devrait être bientôt consultable.

 Hélas à part François Roux, pas d’enregistrement de toute cette belle effervescence  – cette gratuité, cette éphémérité  font peut-être aussi le charme de ces journées ? Difficile en tout cas  de tout assurer malgré l’efficacité exceptionnelle de l’équipe bénévole. Au générique donc avant le baisser de rideau :  Gestion et organisation Françoise Malbezin,  Finances Anne-Marie Allouet,  communication, librairie,  Annie Maarek et  Agnès Roy.

Digression : Vider les prisons de moitié. Le dimanche 7 octobre 2012, sur France Inter, la plaidoirie dominicale de la station était assurée par Pierre Olivier Sur. Je dresse mon oreille khmère car cet avocat a dirigé l’un des groupes de parties civiles au procès n°1 des Khmers rouges et il est l’auteur  d’un livre intitulé Dans les yeux du bourreau (Jean-Claude Lattès) . Le thème de Maitre Sur rebondit sur une phrase de notre ministre de la justice Christiane Taubira :  Nos prisons sont pleines mais vides de sens . Je trouve sa courte plaidoirie – nous sommes à la radio et pas dans un tribunal – pour diminuer de moitié le chiffre de 66 748 détenus, remarquable.. Je n’ai aucune compétence en la demeure et il faudrait sans doute affiner tout cela  mais les arguments avancés donnent au moins à penser :

. 20% des détenus relèvent  d’une pathologie psychiatrique et devraient être soignés  dans un établissement de santé

. 25% sont en détention provisoire en attente de jugement : ils pourraient, sauf danger pour la sécurité publique, être dehors

. 20% sont en fin de peine et pourraient également être dehors avec un bracelet électronique

2 réponses sur “VISAGES DU CAMBODGE”

  1. J’aime ! Forcément ! Cette chronique, puisque j’y étais. Ce festival était un beau et passionnant voyage, et une formidable envie d’aller le voir en vrai ce sacré minuscule et fascinant royaume « né de Kambou… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *