BREVES DE QUARTIER

1 € sinon rien ! Brocante dans ma rue. Plaisir fou de vendre enfin la robe vintage Laura Ashley, doux lainage écossais, fronces aux épaules, taille bien prise, mise tant et tant de fois du temps d’antan, sa souple ampleur éteinte dans un placard depuis des années-lumière. Petit pincement puis vif soulagement quand une  jeune et jolie Anglaise l’essaye (elle lui va à ravir), et l’embarque pour 12 €

Plaisir fou de dépenser une partie des sous gagnés. Jouissance absolue de s’offrir un sac Mandarinaduck – je les caresse toujours au BHV, vraiment  trop cher, à trois chiffres,  et voilà je l’ai, pour 1 € ! un peu usé, à peine, et j’ai  l’impression de faire la nique aux  mandarins du bagage à main … Même plaisir avec un sweat Vera Moda, jaune canari, plein de poches, si seyant, à 3 € :  je le négocie à 2,50 à une jeune femme asiatique délicieuse, dommage je rate chez elle une veste en fourrure à 10 € ;  en rentrant, je croise une copine qui frétille dans un manteau redingote du Comptoir des Cotonniers à 7 €.  Si ! Et, pour finir,  un couple charmant me vend 4  livres d’enfants pour 1 € et, ajoute le papa, je vous dirais bien prenez ça (un seau rempli de jouets) pour 1 € de plus ! Marché conclus. Rien que le tracteur majorette qui réjouira mon petit-fils….

D’accord, c’est pas ça qui va relancer la consommation, mais je crois que c’est quand même quelque chose de juste . On recycle et les gens sont heureux , rigolent, discutent.  Etsans doute,  certains en ont vraiment besoin. Alors messieurs les économistes : camembert !

PS. Dans le même trip, j’achète deux coussins à 4,50 € chez Ikéa. Une amie pleine d’humour à qui je le raconte par mail, me répond : Fais gaffe quand même avec les cousins à 4, 50 € !

Intégration. Le lendemain, revenant de la gym toujours dans ma rue, je croise le cordonnier qui m’interpelle avec son accent de l’autre côté de la Méditerranée : T’as pas vu Chantal ? Devant mes yeux écarquillés : Celle qui est malade ! J’écarquille un peu plus : Celle qui est avec Coco ! Je suis obligée d’avouer que Euh non, je ne vois pas qui c’est . Il fait un geste de la main et a un sourire qui traduisent son incrédulité, voire sa pitié. Je fais profil bas : moi qui pensais être bien intégrée dans mon quartier ….

Réclames, sablés et potage Royco.  Le niveau sonore des publicités avant le film est ahurissant. A l’UGC Gobelins en tout cas ce 10 octobre 2012 pour le new Kirikou.  Une invasion absolue sans aucune possibilité de fuite. Quant au niveau débilitant de ces réclames, il reste égal à lui-même, à part quelques rares exceptions – si vous me le dites je veux bien vous croire…

Par contre ce qui a changé c’est que, figurez-vous, on ne trouve plus de sablés dans les boulangeries ni dans les pâtisseries. J’entends quoi par « sablé » ?  Si vous me posez cette question chère lectrice cher lecteur, c’est qu’il y a gros fossé générationnel… Insistons. Les sablés, au beurre, vous savez, dur, friable, fondant . Le contraire du cookie ou de la madeleine, bien que pour moi ils aient la fonction de cette dernière : à la kermesse dans mon école les bonnes sœurs préparaient et vendaient,pour les petits noirs en Afrique ! des sablés au sucre glace. J’en tremblais de convoitise. Un jour j’ai lâché l’objet de mon péché de gourmandise avant même la première bouchée … Vous voulez connaître la fin de l’histoire ?  Procurez-vous Les aventures mystiques d’une toute petite fille, Dane Cuypers,  éditions Melville. Dernière anecdote dans la même veine, je demande à un caissier de Monop (vous trouvez pas crispantes ces abréviations : Je suis pas dispo pour aller au monop ) où sont les soupes. Là bas, il me dit, où dépassent les boîtes Roïco je m’explique : il prononce le bon vieux Royco des familles Roïco, comme le Bolchoi ou comme Roy Lichenstein. Allez bonne journée ! ( oui « à vous ! » pas à la reine d’Angleterre.)

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